La Commission de Coordination place Paris 2024 comme un modèle de référence

Ce vendredi 08 mars 2024, la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) chargée du suivi des préparatifs des Jeux de Paris 2024 a effectué sa dernière visite in situ avant l’ouverture de l’événement planétaire, le 26 juillet prochain.

Visuel de célébrations sur les Berges de Seine à Paris (Crédits – Paris 2024)

De la phase de candidature à la dernière ligne droite des préparatifs d’organisation des Jeux, Paris 2024 se sera immanquablement distingué par l’engagement continu des parties prenantes engagées derrière la mise en œuvre d’un projet majeur qui aura métamorphosé des secteurs entiers de la Seine-Saint-Denis et façonné de nouveaux équipements, à l’image du Village des Athlètes bâti sur 52 hectares et à l’instar du Centre Aquatique Olympique.

De bout en bout et en dépit des alternances politiques survenues à la tête du pays en 2017, mais aussi à la présidence de la Région Île-de-France dès 2015, le projet olympique et paralympique a ainsi su fédérer les forces politiques et institutionnelles, même si des tensions – prévisibles à l’aune de l’envergure d’un tel projet – ont pu émailler le cheminement des préparatifs.

Aussi, à l’occasion de l’ultime venue en France de la Commission de Coordination pour les Jeux de 2024, son Président, Pierre-Olivier Beckers-Vieujant a tenu à mettre l’accent sur un point fort de Paris 2024 qui avait déjà été souligné par le Président du CIO, Thomas Bach, en décembre 2015.

Ainsi qu’il l’a affirmé :

Paris 2024 est en bonne voie pour concrétiser sa vision de Jeux exceptionnels.

Avec le soutien sans faille des parties prenantes, les organisateurs sont extrêmement concentrés sur ce qui les attend et sur l’objectif ultime, à savoir offrir des Jeux spectaculaires, responsables et à fort impact.

Vue du Village des Athlètes de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis en février 2024 (Crédits – SOLIDEO / Dronepress)

Par ce propos, Pierre-Olivier Beckers-Vieujant a souhaité marquer la confiance renouvelée de l’instance olympique à l’égard des organisateurs et ce, quelques mois après une précédente visite au cours de laquelle la Commission avait fait part de sa satisfaction quant au degré d’avancement des chantiers.

Il faut dire que Paris 2024 avait placé le curseur à un niveau encore jamais atteint dans le cadre des Jeux d’été, avec la promesse de 95% de sites existants ou temporaires.

De fait, hormis le Village des Athlètes et le Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) construits de manière pérenne, les autres sites destinés à accueillir les Jeux ont été mobilisés de façon éphémère – comme l’Aréna du Champ-de-Mars (7e arrondissement) – ou en tenant compte de leur dimension iconique et patrimoniale (Esplanade des Invalides, Grand Palais, Versailles, etc.).

Cette promesse – maintenue malgré les changements de sites opérés en sept ans – s’est également couplée avec l’ambition conjointe du CIO et de Paris 2024 pour établir les premiers Jeux à respecter la parité femmes-hommes, autrement dit, avec un même nombre de place allouées aux athlètes féminines et aux athlètes masculins.

Un peu moins d’un an avant les Jeux d’été de Tokyo 2020, la Commission Exécutive du CIO avait en ce sens entériné l’engagement de Jeux paritaires, avec une parité stricte annoncée pour 28 des 32 sports au programme et un accroissement du nombre d’épreuves mixtes, passant de 18 pour l’édition nippone à 22 pour Paris.

Comme un symbole, la parité olympique qui fera son apparition pleine et entière cette année intervient 124 ans après la toute première participation féminine lors des Jeux modernes. A l’époque, pour la première édition orchestrée dans la capitale, le CIO avait alors vu la participation de 22 femmes et 975 hommes. Cet été, ce seront 10 500 athlètes qui prendront part aux Jeux de 2024, avec une contingence de 5 250 femmes et de 5 250 hommes.

Ce pas en avant considérable n’a évidemment pas été le seul chantier réalisé au cours des sept dernières années.

(Crédits – Paris 2024)

En lien avec les réformes adoptées par le CIO, Paris 2024 a en effet proposé un schéma d’organisation prenant en considération l’Agenda 2020, l’Agenda 2020+5 et la Nouvelle Norme pour des Jeux plus vertueux et responsables.

La durabilité a bien sûr été un argument fondamental – renvoyant en cela à la promesse de Jeux reposant sur 95% de sites existants ou temporaires – tout comme la mutualisation des moyens et des infrastructures entre plusieurs sports et disciplines olympiques et même paralympiques.

L’ouverture des Jeux vers un public plus jeune a aussi été un élément-clé du projet qui s’est matérialisé dès 2020 par l’entrée du breakdance, du skateboard, de l’escalade et du surf et avec de surcroît l’installation d’une partie de ces sports au cœur de la « Ville Lumière ».

Si l’escalade se déroulera en lisière du Village des Médias à Dugny-Le Bourget (Seine-Saint-Denis) et tandis que le surf prendra position sur la vague de Teahupoo en Polynésie française, le breakdance et le skateboard trôneront quant à eux sur la Place de la Concorde (8e arrondissement) où un stade temporaire doit être agencé.

Le souci de concevoir des Jeux qui garantiront un héritage matériel et immatériel a également constitué un credo majeur pour les équipes du Comité d’Organisation (COJO), notamment au travers de l’initiative « 30 minutes d’activité physique par jour » qui bénéficie aujourd’hui à deux millions d’enfants, des 1 100 projets d’impact social soutenus à hauteur de 50 millions d’euros par le Fonds de dotation de Paris 2024, mais encore via les aménagements de nouveaux équipements sportifs de proximité qui ont profité de l’élan des Jeux.

Cela s’est par exemple formalisé par la construction ou la réhabilitation de piscines dans le département de la Seine-Saint-Denis qui, à la fin de l’année 2024, comptabilisera quelques 39 bassins.

Vue intérieure du Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis, Seine-Saint-Denis, en mars 2024 (Crédits – Métropole du Grand Paris)

Ces marqueurs importants de Paris 2024 ont en outre été complétés par la volonté des organisateurs de proposer des Jeux populaires.

Le COJO n’a pas échappé aux critiques formulées quant à la tarification d’une partie des compétitions et qui se sont développées en nombre sur les réseaux sociaux, mais le succès de la billetterie témoigne toutefois de la forte attente autour de Jeux qui succéderont à l’édition de Tokyo 2020 modulée en raison de la pandémie mondiale de Covid-19.

Preuve de cet engouement, plus de 8,6 millions de billets ont d’ores et déjà été écoulés et les relâches régulières de nouveaux billets devraient encore venir confirmer la dynamique qui a aussi été perceptible sur les divers programmes de mobilisation déployés par Paris 2024.

De l’enclenchement du processus de recrutement des 45 000 volontaires à la sélection des 10 000 Relayeurs de la Flamme Olympique et des 1 000 Relayeurs de la Flamme Paralympique, en passant par l’organisation de la Journée Paralympique en octobre dernier, les derniers mois ont permis de constater une participation croissante du public à l’approche des Jeux.

Pour le COJO, la dernière ligne droite des préparatifs se traduit d’ailleurs par des séquences régulières pour à la fois retenir l’attention du public et amorcer l’arrivée des Jeux.

La récente présentation du « Marathon pour tous », la révélation des médailles olympiques et paralympiques et le dévoilement des Affiches Officielles font partie de cette stratégie. Il en est de même avec la mise en œuvre prochaine du Relais de la Flamme Olympique dont l’arrivée en France, le 08 mai 2024, s’accompagnera d’une grande fête dans le « Vieux-Port » de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Comme l’a en ce sens résumé le Président de la Commission de Coordination :

Alors que nous entrons dans la dernière phase des préparatifs, le Relais servira de catalyseur, représentant une étape importante des activités opérationnelles du Comité d’Organisation, et renforçant la mobilisation et l’enthousiasme, lesquels ne cessent de croître à mesure que nous approchons des Jeux.

Vue du chantier d’aménagement du site olympique de l’Étoile Royale au cœur du Parc du Château de Versailles, Yvelines, en mars 2024 (Crédits – EPV / Thomas Garnier / Didier Saulnier)

D’ici l’ouverture des Jeux, le 26 juillet en présence de plus de 326 000 spectateurs rassemblés sur les quais de Seine, plusieurs chantiers demeurent à conduire, alors que 55% des places de qualification ont été attribuées au 05 mars 2024, soit un contingent fort à date de 5 779 athlètes.

Concrètement, les premières répétitions autour de la Cérémonie d’ouverture doivent débuter en ce mois de mars 2024 selon les plans travaillés par Thomas Jolly et les équipes mobilisées.

La poursuite des épreuves-tests représente aussi un autre temps-fort des préparatifs restant à accomplir pour s’assurer de la solidité du dispositif prévu sur les sites et pour améliorer le cas échéant les points de blocage.

La réouverture de sites et l’agencement de certaines installations doivent par ailleurs être menés dans les semaines et mois qui viennent. Cela concernera notamment le Parc du Château de Versailles (Yvelines) où le réaménagement de l’Étoile Royale pour les épreuves équestres a débuté il y a peu. Cela concernera aussi le Champ-de-Mars où doit être monté un stade éphémère en contrebas de la Tour Eiffel, mais encore le Grand Palais dont la remise des clés est annoncée pour le 19 avril.

Au cours du printemps, les organisateurs enclencheront également l’installation de la plateforme officielle de revente des billets, ce qui devrait possiblement susciter un nouvel engouement autour de sports et de disciplines jusqu’alors présentés comme étant sold-out.

En parallèle de ces chantiers, les organisateurs devraient par ailleurs veiller à préserver le cadre des Jeux de toute interférence extérieure et ce, alors que plusieurs syndicats – CGT en tête – tentent de parasiter à leur façon l’événement à venir en laissant planer la menace de grèves dans des secteurs stratégiques comme les transports.

Sous cette pression ubuesque selon les observateurs étrangers, et alors que des négociations doivent encore avoir lieu dans certains secteurs, le gouvernement a d’ores et déjà annoncé le versement de primes allant de 500 à 1 500 euros pour les fonctionnaires qui seront sur le pont durant la période des Jeux.

Sur ce point, et après que le Président du COJO, Tony Estanguet ait tenté d’appeler à une trêve dans la perspective des Jeux, la Commission de Coordination du CIO n’a pas semblé craindre une menace sociale récurrente en France dont l’issue sera forcément politique et, finalement, économique.

Ainsi que l’a affirmé Pierre-Olivier Beckers-Vieujant :

Non, nous n’avons pas de crainte […] car le dialogue est ouvert.

Nous sommes très conscients que des solutions seront trouvées.

Pour la Commission de Coordination, les réunions habituelles avec les organisateurs et la séquence de questions-réponses avec les journalistes n’ont pas été les seuls rendez-vous de la venue parisienne.

Les membres de ladite Commission ont en effet pu se rendre sur les sites de deux installations des Jeux, à savoir le Village des Athlètes en Seine-Saint-Denis, inauguré le 29 février 2024 en présence du Président de la République, ainsi que l’Adidas Arena ou – selon la dénomination qui prévaudra pendant les Jeux – l’Aréna Porte de la Chapelle (18e arrondissement).


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