Mitt Romney, futur Secrétaire d’État de Donald Trump ?

Malgré des déclarations franchement hostiles à l’endroit de Donald Trump durant la campagne des Primaires Républicaines puis lors de la campagne présidentielle américaine, Mitt Romney pourrait finalement rejoindre l’administration du Président élu.

Le 19 novembre dernier, soit onze jours après le scrutin présidentiel, l’ex-Gouverneur du Massachusetts s’était entretenu avec Donald Trump et avait notamment échangé sur la politique étrangère américaine.

Depuis lors, celui qui fut candidat à l’élection présidentielle de 2012 fait figure de favori pour décrocher le poste stratégique de Secrétaire d’État, l’équivalent du Ministère des Affaires étrangères.

Mitt Romney, lors d'une conférence de presse en février 2001 (Douglas C. Pizac / AP)

Mitt Romney, lors d’une conférence de presse en février 2001 (Douglas C. Pizac / AP)

Le 29 novembre, une nouvelle rencontre a été organisée entre les deux leaders politiques.

Ensemble, ils ont pu échanger à nouveau sur la politique étrangère des États-Unis et ce, dans le cadre du restaurant français « Jean-Georges » situé dans la Trump Tower à New York.

Dans les prochains jours, Donald Trump annoncera officiellement son choix quant à la nomination du prochain Secrétaire d’État.

Si son choix se porte sur Mitt Romney, ce ne serait pas seulement un ancien candidat – et adversaire – que Donald Trump parviendrait à convaincre. Ce serait aussi une personnalité importante du Parti Républicain mais aussi un homme d’affaires expérimenté, notamment dans le domaine des Jeux Olympiques.

En effet, et pour rappel, Mitt Romney fut le Président du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002.

Faisant suite aux dérives et révélations qui avaient ébranlé les premiers mois d’existence du Comité, Mitt Romney était parvenu à s’imposer comme l’homme de la situation en redressant les comptes et ce, afin de remettre sur les rails l’organisation des JO.

Bien qu’il se soit ensuite tourné de nouveau vers la sphère politique – en devenant Gouverneur du Massachusetts en 2003 – Mitt Romney a conservé un intérêt singulier pour l’Olympisme.

Ainsi, dès novembre 2013, il avait apporté son soutien à Boston, ville candidate à la nomination américaine pour l’organisation des Jeux d’été de 2024.

« Je serais ravi de voir les Jeux revenir aux États-Unis et je pense que Boston serait le meilleur endroit imaginable pour accueillir cet événement.

Je serais ravi de pouvoir apporter mes suggestions et mon expérience aux promoteurs de la candidature » avait alors affirmé l’homme politique.

Mitt Romney avait par ailleurs exprimé son attachement à une éventuelle candidature de Salt Lake City (Utah) pour l’accueil des Jeux d’hiver de 2026. In fine, les États-Unis – déjà engagés dans la campagne 2024 – ne devraient pas, sauf retournement de situation, se mobiliser pour l’échéance hivernale.

Quelques mois avant ses deux prises de position, l’homme politique avait déjà fait parler de lui dans la course aux JO 2024.

Sollicité par l’alliance américano-mexicaine San Diego / Tijuana, Mitt Romney avait finalement décliné l’invitation, sans doute conscient des faiblesses de cette entreprise.

« Il n’a pas l’intention de prendre un poste de direction auprès du Comité de Candidature, [mais il serait] heureux de fournir des conseils » avait fait savoir son conseiller, Eric Fehrnstrom.

En amont de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi 2014, Mitt Romney s’était encore illustré dans le domaine olympique, en exprimant son avis sur les Jeux et sur l’image de ces derniers. Il avait alors affiché son opposition à l’attribution de l’édition 2014 à la Russie.

Une intervention comme un message de politique étrangère.

« Si j’avais eu à choisir, je n’aurai jamais attribué à la Russie l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver [de février 2014], sans parler d’éventuels Jeux Olympiques d’été, en raison du message politique que le pays diffuse.

[…] Les Russes sont un acteur sur la scène mondiale. Ils ont le droit de présenter une candidature, mais ils ne trompent pas des gens comme moi concernant leur vision de l’esprit olympique. [Les dernières mesures législatives] ont dépouillé les valeurs qui sont censés représenter les Jeux Olympiques.

[…] La présence d’Hitler lors des Jeux Olympiques de Berlin 1936 avait miné le message olympique » avait notamment déclaré Mitt Romney dans une critique acerbe à l’encontre de la Russie de Vladimir Poutine.

Si Mitt Romney est choisi par Donald Trump dans les jours à venir, il n’est pas impossible d’imaginer qu’il pourrait aussi être un conseiller de l’ombre pour le Président élu et pour le Comité de Candidature de Los Angeles 2024.

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Dopage : Le Comité International Paralympique suspend la Russie et écarte ses sportifs de Rio 2016

Contrairement au Comité International Olympique (CIO), l’institution paralympique a choisi de frapper un grand coup, en annonçant la suspension pure et simple du Comité Paralympique de Russie.

Autrement dit, toute la délégation russe est exclue des Jeux Paralympiques qui se dérouleront à Rio du 07 au 18 septembre 2016.

Le Comité International Paralympique (IPC) – fondé en 1948 – avait précisé son intention d’ouvrir une procédure afin de dialoguer avec les autorités sportives russes et de lancer le réexamen de plusieurs dizaines d’échantillons issus des dernières compétitions.

De fait, c’est à l’aune de ces éléments que l’IPC a pris sa décision.

« Au cours des 16 derniers jours, nous avons connu un certain nombre de nuits sans sommeil, notre priorité étant d’établir tous les faits à l’égard du sport paralympique.

Une décision de cette ampleur doit être fondée et non influencée par les vues multiples et variées d’autres personnes ou d’organismes extérieurs à l’IPC et au Mouvement Paralympique » a d’ailleurs justifié Sir Philip Craven, Président de l’institution.

(Crédits - IPC)

(Crédits – IPC)

Tout d’abord, et comme il l’avait annoncé le 22 juillet dernier, pas moins de 35 échantillons ont été réexaminés. Mais à ces échantillons mentionnés dans le Rapport McLaren, l’IPC a obtenu des informations complémentaires sur 10 autres échantillons.

Parmi ces 45 échantillons – provenant de 44 sportifs identifiés – 27 sont liés à des compétiteurs dont le sport est inscrit au programme des Jeux Paralympiques, soit pour l’événement estival (cinq sports), soit pour l’événement hivernal (trois sports).

En outre, l’IPC a demandé un réexamen minutieux portant sur 21 échantillons de 7 sportifs russes ayant participé aux Jeux Paralympiques de Sotchi 2014. Sur ces 21 échantillons, le laboratoire a retiré 2 flacons dont les bouchons présentaient des dépôts pouvant fausser l’analyse.

Le 06 août, l’IPC a reçu les résultats de ce réexamen. Ces derniers sont sans appel : les flacons ont tous été échangés sur le même modèle que ceux des Jeux Olympiques de Sotchi.

Au regard de ces résultats, l’IPC a fait le choix – là encore exceptionnel – de demander le réexamen de tous les échantillons russes des Jeux Paralympiques 2014. Les résultats devraient être connus et communiqués dans les prochains mois.

Enfin, le Comité Paralympique de Russie a pu s’exprimer à deux reprises devant le Bureau exécutif de l’IPC, une première fois par l’envoi de documents écrits (29 juillet) et une seconde fois par l’audition de sept représentants (03 août).

Ces deux rendez-vous ont permis de finaliser la décision de l’IPC qui a été prise à l’unanimité par les membres de son instance exécutive.

« Le Comité Paralympique Russe est actuellement incapable d’assurer le respect et l’application du Code Antidopage de l’IPC et du Code Mondial Antidopage. Par conséquent, il ne peut pas remplir ses obligations fondamentales en tant que membre de l’IPC.

Le Bureau exécutif a donc décidé de suspendre le Comité Paralympique Russe avec effet immédiat.

Cela signifie que ce dernier perd tous les droits et privilèges des membres de l’IPC. Cela inclut l’interdiction de présenter des sportifs paralympiques dans les compétitions organisées sous l’égide de l’IPC et l’interdiction de participer aux activités de l’institution.

Par conséquent, le Comité Paralympique Russe ne sera pas en mesure de présenter ses sportifs aux Jeux Paralympiques de Rio 2016″ précise le communiqué de l’IPC.

Le Comité Paralympique de Russie a désormais la possibilité de faire appel – d’ici le 28 août 2016 – de cette décision sans précédent et qui devrait avoir un impact sur les épreuves.

Le pays avait raflé pas moins de 102 médailles – dont 36 titres – lors des Jeux Paralympiques de Londres 2012 qui avaient vu concourir 164 nations. La Russie était alors arrivée à la deuxième place derrière la Chine.

Il y a deux ans, la Russie avait largement dominé les débats en terminant première du tableau des médailles, avec 80 breloques dont 30 en or.

Le Président de l’IPC a en tous cas porté un jugement particulièrement sévère et virulent à l’encontre des autorités russes qui ont mis en place le système de dopage organisé.

« Je crois que le Gouvernement russe a catastrophiquement échoué avec ses sportifs paralympiques. La volonté de médailles sur la morale me dégoûte.

La corruption complète du système antidopage est contraire aux règles et frappe au cœur même de l’esprit du sport paralympique. Cela montre un mépris flagrant pour la santé et le bien-être des sportifs, et ceci n’a pas sa place dans le sport paralympique.

La soif de gloire à tout prix a gravement endommagé l’intégrité et l’image de toutes les disciplines, et a certainement abouti à un résultat dévastateur sur les athlètes paralympiques » a notamment affirmé Sir Philip Craven, qui est par ailleurs membre du CIO.

Dopage : Le Comité International Paralympique engage une procédure de suspension contre la Russie

Deux jours avant la réunion exceptionnelle de la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) concernant la Russie et une suspension éventuelle de la délégation pour les Jeux de Rio 2016, un autre acteur majeur du sport mondial vient de prendre une décision importante.

Le Comité International Paralympique (CIP) a en effet annoncé l’ouverture d’une procédure de suspension du Comité Paralympique de Russie, ce qui préfigure un possible écartement des sportifs russes des prochains Jeux Paralympiques qui auront lieu du 07 au 18 septembre 2016.

Cette décision a été prise à la suite de la publication du Rapport McLaren de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et de la révélation de cas relatifs à des sportifs paralympiques russes.

(Crédits - CIP)

(Crédits – CIP)

Le CIP reproche au Comité Paralympique de Russie de ne pas respecter la règlementation en vigueur et de ne pas assumer ses responsabilités et ses obligations en qualité de membre du Comité International.

L’ouverture de la procédure de suspension doit permettre aux autorités russes de répondre aux questions du CIP, en particulier sur les échantillons dont les données ont été mentionnées dans le Rapport McLaren.

Selon ce dernier, 35 athlètes paralympiques russes seraient concernés, ce qui a conduit le CIP a demandé le réexamen de 19 échantillons issus des Jeux Paralympiques de Sotchi 2014.

Une suspension pourrait être actée dès la semaine prochaine. Le Comité Paralympique de Russie aura alors 21 jours pour faire appel de la décision et espérer – si suspension il y a – une participation aux Jeux de Rio.

« Le CIP tient à remercier sincèrement Richard McLaren pour son Rapport qui a été remis au milieu d’un calendrier incroyablement serré. Nous soutenons pleinement sa demande de poursuite et de finalisation de son travail.

Le Rapport a révélé un dopage institutionnalisé d’une ampleur inimaginable dans le sport russe et qui a été orchestré au plus haut niveau de l’État. Les conclusions du Rapport McLaren sont très préoccupantes pour celles et ceux qui sont engagés pour un sport propre et honnête.

Nous avons entamé une procédure contre le Comité Paralympique de Russie. Cette décision n’a pas été prise à la légère, mais après avoir évalué pleinement le Rapport McLaren et au regard des informations supplémentaires dont nous avons eu accès, le CIP estime que l’environnement actuel du sport russe rend le Comité National Paralympique incapable de remplir ses obligations de membre du CIP.

Nous continuons en outre d’explorer une série d’autres mesures et d’actions en vue de prendre des sanctions les plus énergiques possibles pour garantir la protection et l’intégrité du sport paralympique » a affirmé Sir Philip Craven dans un communiqué.

Dopage : L’AMA demande aux Fédérations Internationales et au CIO de prendre leurs responsabilités

Quelques jours après la publication de l’explosif Rapport McLaren, l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) continue d’être au devant de la scène dans l’affaire du scandale de dopage organisé en Russie.

L’Agence basée au Canada s’est en effet déclarée satisfaite ce soir de la décision prise ce matin par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) concernant le Comité Olympique Russe (ROC) et l’appel de 68 athlètes suspendus par la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF).

WADA

Pour Sir Craig Reedie, Président de l’AMA, « il est essentiel de veiller à ce que tous les sportifs soient en compétition sur un niveau égal ».

Mais l’AMA maintient aussi la pression sur les Fédérations Internationales et plus encore, sur le Comité International Olympique (CIO).

L’Agence, présidée par celui qui est aussi membre de l’institution olympique, demande ainsi aux organisations internationales de prendre leurs responsabilités sur le cas de la Russie et en conséquence, d’engager des sanctions fermes contre les sportifs russes.

« Il revient aux autres Fédérations Internationales d’assumer leurs responsabilités, en vertu du Code Mondial Antidopage, en ce qui concerne les Fédérations Nationales Russes ; et au CIO, conformément à sa déclaration de presse du 19 juillet, de prendre également ses responsabilités en vertu de la Charte Olympique«  affirme avec force le communiqué de l’AMA.

Le CIO examinera en tous cas le dossier russe dans le cadre d’une réunion de la Commission exécutive, dimanche 24 juillet.

D’ores et déjà, plusieurs mesures ont été actées par l’institution de Lausanne (Suisse), parmi lesquelles le refus d’accorder les accréditations pour les Jeux de Rio 2016 aux officiels du Ministère des Sports de Russie ou encore la mise en place de nouvelles analyses et d’une enquête approfondie sur la participation des sportifs russes aux Jeux d’hiver de Sotchi 2014.

L’AMA pour sa part aura à gérer l’après-JO.

Que les sportifs russes soient ou non éligibles aux Jeux de Rio 2016 – ce qui apparaît aujourd’hui peu probable – une refondation du système de la lutte antidopage devra être engagée.

Le Comité Olympique des États-Unis (USOC) fait d’ailleurs pression sur l’AMA pour qu’une telle entreprise soit mise en œuvre dès le début de l’année 2017. Le CIO demande également à ce que le chantier de la refondation soit acté au plus tôt.

Pour l’exemple, le CIO doit exclure la Russie des Jeux de Rio 2016

Ce mardi 19 juillet, la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) devait statuer sur le sort de la Russie et de ses sportifs avant les Jeux d’été de Rio 2016.

Finalement, ladite Commission a préféré se laisser du temps… à un peu plus de 15 jours de l’ouverture des JO 2016.

Si elle a tout de même pris quelques mesures symboliques et procédé à la nomination d’une Commission disciplinaire chargée d’examiner les faits et d’avoir recours à des auditions, la Commission exécutive – qui se compose du Président du CIO, de quatre vice-Présidents et de dix membres – s’est montrée prudente, justifiant sa volonté d’attendre la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) sur l’appel déposé par plusieurs dizaines d’athlètes russes suspendus par la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF).

(Crédits - IOC / C.Moratal)

Réunion de la Commission exécutive du CIO, en juin 2016 (Crédits – CIO / C. Moratal)

Néanmoins, cette attente traduit avant toute chose un malaise – sans doute profond – et un dilemme au sein du CIO.

L’institution organisatrice des Jeux peut-elle se permettre, en 2016, d’écarter une nation aussi importante que la Russie de la grand messe olympique ?

La question mérite d’être posée au regard du poids de la Russie dans les dernières compétitions, et en particulier lors des Jeux Olympiques, ainsi que de l’influence des pouvoirs publics à commencer par le Président Vladimir Poutine.

Depuis l’éclatement du bloc soviétique, la Russie a en effet glané pas moins de 397 médailles aux Jeux d’été et 124 aux Jeux d’hiver. Sur les dernières éditions olympiques, les sportifs russes ont ramené 81 médailles des Jeux de Londres 2012 (quatrième nation avec 23 médailles d’or), et 33 breloques des Jeux de Sotchi 2014 disputés à domicile (première nation avec 13 titres olympiques).

Mais sur l’ensemble de ces médailles et titres remportés, combien ont été obtenus après falsification des échantillons et la mise en place du système organisé de dopage entre 2011 et 2015 ?

Le Rapport McLaren de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) est éloquent en ce sens, et démontre que la fraude a concerné tous les sports inscrits au programme des Jeux d’été et un total démentiel de 30 sports.

Cérémonie de clôture des Jeux d'hiver de Sotchi 2014 (Crédits - CIO / Matthew Stockman / Getty Images)

Cérémonie de clôture des Jeux d’hiver de Sotchi 2014 (Crédits – CIO / Matthew Stockman / Getty Images)

Compte tenu de ces éléments à charge, il apparaît nécessaire que le CIO prononce l’exclusion de toute la délégation russe des prochains Jeux et – même si cette décision pourrait intervenir bien plus tard – décide de la nullité d’une partie ou de la totalité des médailles obtenues lors des Jeux de Sotchi 2014 voire de Londres 2012.

Les conséquences d’une telle décision seraient multiples et pourraient engendrer la colère et la protestation des autorités politiques russes.

Mais dans sa quête de transparence et afin de garantir sa crédibilité aux yeux de l’opinion publique et des dirigeants internationaux, le CIO doit être en mesure de frapper un grand coup en prenant des mesures historiques.

Certains sportifs russes potentiellement non-impliqués dans les affaires révélés par le Rapport McLaren pourraient évidemment se retrouver pénalisés par pareil acte, mais il en va de l’intégrité des Jeux Olympiques, un événement regardé par plus de 4 milliards de téléspectateurs et qui contribue à la naissance de rêves et d’ambitions parmi les plus jeunes.

Quel exemple donnerait le CIO au monde et en particulier à la jeunesse en ne prononçant que des sanctions à minima ? Quelle crédibilité aurait le CIO en ne prenant pas de mesures coercitives et ce, alors même que son Président souhaite une tolérance zéro à l’égard des tricheurs ?

« Les dopés n’ont nul endroit où se cacher.

Nous conservons les échantillons pendant 10 ans afin que les tricheurs sachent bien qu’ils ne pourront jamais être tranquilles » avait ainsi affirmé Thomas Bach, en mai 2016.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l'Agenda 2020 (Crédits - CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Aujourd’hui, l’institution fondée par le Baron Pierre de Coubertin ne peut plus se cacher derrière ce vieux principe de neutralité. Avec l’Agenda 2020 et la Charte Olympique à sa disposition, elle doit agir pour la protection des sportifs propres et, disons-le clairement, pour la survie du modèle Olympique.

En exigeant de l’AMA d’engager au plus vite une refonte du modèle antidopage, le CIO ne fait que déplacer un problème qui le concerne grandement.

Certes, il est impératif de redéfinir les contours du système actuel – comme le demande d’ailleurs les autorités sportives américaines – mais il est tout aussi nécessaire de mettre en osmose ses paroles et ses actes.

Le CIO a la possibilité de marquer l’histoire du sport. Reste à savoir de quel côté penchera la balance olympique.

Commission disciplinaire du CIO sur la Russie : Qui est Guy Canivet ?

Ce mardi après-midi, après une conférence téléphonique de plusieurs heures, la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) a finalement décidé de mettre en place une Commission disciplinaire.

Cette dernière sera chargée d’examiner les faits relatifs à la Russie et au système de dopage organisé, et d’avoir recours à de possibles auditions et ce, dans l’optique de proposer les sanctions adéquates et appropriées concernant la Russie et sa place dans le concert des nations sportives. Ces sanctions pourraient aller jusqu’à une exclusion totale de la délégation russe pour les Jeux de Rio 2016.

Pour diriger et conduire les travaux de ladite Commission, le CIO a choisi d’accorder sa confiance à Guy Canivet.

(Crédits - Archives / Le Monde)

(Crédits – Archives / Le Monde)

Présent depuis plusieurs années au sein des arcanes du pouvoirs olympiques, ce Français de 72 ans – diplômé de l’École Nationale de la Magistrature et spécialiste en Droit Privé et Sciences Criminelles – a occupé quelques unes des fonctions les plus importantes de la magistrature.

Débutant sa carrière comme Auditeur de justice en 1967, Guy Canivet devient par la suite Juge d’instruction à Chartres (1972) et Substitut du Procureur de la République de Paris (1975). Trois ans plus tard, il accédera à la fonction de Secrétaire Général de la Présidente du Tribunal de Grande Instance de Paris (TGI) puis Premier juge en 1983, avant de devenir vice-Président du TGI de Paris (1985-1986).

Conseiller à la Cour d’Appel de Paris entre 1986 et 1991, Guy Canivet se voit confier les commandes d’une Chambre de cette même Cour d’Appel en 1991, avant de prendre la direction de la Cour de Cassation en qualité de Conseiller (1994-1996).

C’est d’ailleurs en 1996 qu’il effectue son retour à la Cour d’Appel et ce, pour prendre les fonctions de Premier Président. Il aura ce titre dès 1999 pour la Cour de Cassation.

Parallèlement à sa carrière dans les hautes juridictions françaises, Guy Canivet enseigne à l’Université Paris V-René Descartes (1994-2004) puis à l’Institut d’Études Politiques de Paris (2004-2007).

Fondateur et Président de l’Association des Présidents des Cours Suprêmes Judiciaires de l’Union Européenne (2004), il est nommé membre du Conseil Constitutionnel en 2007, un poste qu’il occupe jusqu’en mars dernier.

Au sein du CIO, Guy Canivet a été nommé membre de la Commission d’éthique en 2007, en remplacement d’une autre figure de la justice, l’ancien Garde des Sceaux, Robert Badinter.

(Crédits - Ian Jones / CIO / Flickr)

(Crédits – Ian Jones / CIO / Flickr)

En nommant aujourd’hui Guy Canivet comme Président de la Commission disciplinaire chargée de trancher le cas russe, le CIO démontre bien sûr sa confiance dans une personnalité reconnue, mais aussi sa volonté d’assurer une procédure transparente, objective et intègre et qui ne saurait être remise en cause.

L’objectif est que les sanctions qui seront certainement prononcées à l’issue de la procédure disciplinaire ne puissent souffrir d’aucune contestation quant à leurs motivations.

Un objectif vain au regard des déclarations du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, qui conteste l’ensemble des investigations menées dans le cadre du Rapport McLaren.

Russie : Le CIO va « explorer les options juridiques » et nomme Guy Canivet à la tête d’une Commission disciplinaire

La Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) avance à petits pas.

Dans une déclaration rendue publique peu avant 16h30 ce mardi, l’instance indique avoir pris une première batterie de mesures après les révélations du Rapport McLaren concernant le système de dopage organisé en Russie.

Consciente que le temps est désormais compté avant l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio 2016, la Commission exécutive souhaite la poursuite du travail d’investigations mené par Richard McLaren, tout en annonçant l’ouverture d’une procédure disciplinaire au regard de l’implication de plusieurs officiels du Ministère des Sports et des institutions russes.

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Conformément aux dispositions de la Charte Olympique – dont « Sport & Société » a précédemment fait mention – le CIO a décidé de mettre en place une Commission disciplinaire afin d’établir les faits et de conduire toutes auditions nécessaires à la prise d’une décision définitive.

Pour mener à bien la procédure, l’ancien membre du Conseil Constitutionnel et actuel vice-Président de la Commission d’éthique du CIO, Guy Canivet, a été nommé Président de la Commission disciplinaire.

Il sera épaulé dans sa mission par les personnalités suivantes :

  • Robin Mitchell, vice-Président de la Commission médicale et scientifique du CIO, membre de la Commission d’éthique du CIO,
  • Yang Yang, représentante des athlètes au sein de la Commission d’éthique du CIO,
  • Andrew Ryan, Directeur exécutif de l’Association des Fédérations Internationales des Sports d’été (ASOIF),
  • Wolfang Schobersberger, représentant des Fédérations Internationales des Sports d’hiver, membre de la Commission médicale de la Fédération Internationale de Ski (FIS).

Outre la mise en place de cette Commission, l’institution de Lausanne (Suisse) a également annoncé l’examen du Rapport McLaren.

« Le CIO explorera les options juridiques à disposition entre sanction collective par l’interdiction pour tous les athlètes russes de participer aux Jeux Olympiques de 2016 et droit à la justice individuelle.

A cet égard, le CIO devra prendre en considération la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) attendue le 21 juillet 2016 concernant les règles de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF), ainsi que le Code Mondial Antidopage et la Charte Olympique » précise ainsi le communiqué officiel.

En clair, le CIO préfère attendre quelques jours et ce, sachant que le TAS doit examiner les demandes formulées par des athlètes russes aujourd’hui suspendus de toute participation aux Jeux de Rio de Janeiro.

L’institution, considérant toutefois l’urgence de la situation, a d’ores et déjà adopté des mesures provisoires. Ces dernières sont les suivantes :

  • Le CIO n’accordera son patronage à aucune rencontre ou événement sportifs en Russie. Ceci s’applique notamment au projet de Jeux Européens organisés en 2019 par les Comités Olympiques Européens (COE).
  • Le CIO n’accordera aucune accréditation aux officiels du Ministère des Sports de Russie ou à toute personne citée dans le Rapport d’enquête indépendante pour les Jeux de Rio 2016.
  • Le CIO a décidé d’entreprendre de nouvelles analyses, « y compris de criminalistique », ainsi qu’une enquête approfondie concernant la participation des sportifs russes et le rôle des entraîneurs, officiels et personnels lors des Jeux de Sotchi 2014. Une Commission disciplinaire spécifique – conduite par Denis Oswald – sera chargée de fournir les informations adéquates avant que le CIO n’inflige des « sanctions appropriées ».
  • Enfin, le CIO demande à toutes les Fédérations Internationales de mener une enquête approfondie avant de possibles sanctions contre les Fédérations Nationales Russes. En outre, et il s’agit sans doute de l’une des décisions les plus spectaculaires, le CIO demande aux Fédérations Internationales de Sports olympiques d’hiver de « geler leurs préparatifs pour les grands événements en Russie, tels que les Championnats du Monde, les Coupes du Monde, ou d’autres grandes compétitions internationales sous leur responsabilité, et de rechercher activement d’autres organisateurs ».

Dopage : Quelles sanctions à l’égard de la Russie et de ses sportifs ?

Ce mardi, la Commission exécutive du Comité International Olympique (CIO) se réunira en conférence téléphonique afin d’examiner le sort de la Russie à un peu plus de 15 jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio 2016.

Cette réunion exceptionnelle fait suite à la publication du Rapport McLaren de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), Rapport qui a mis en évidence un système de dopage organisé et coordonné avec l’appui des autorités politiques et des services secrets russes.

Deux options s’offrent au CIO :

  • L’exclusion totale de la délégation russe des JO 2016,
  • L’étude au cas par cas en fonction des éléments fournis par chaque sportif.

Dans le premier cas, l’institution olympique frapperait un grand coup en prenant une décision sans précédent, d’autant à l’égard d’une nation aussi importante sur l’échiquier sportif international.

Dans le second cas, chaque sportif russe souhaitant participer aux Jeux de Rio de Janeiro devra fournir des documents et des éléments permettant de lever les soupçons sur une participation active ou passive au programme de dopage.

Charte Olympique

Hier, l’AMA a préconisé la première option, en indiquant notamment que le système soulevé par le Rapport McLaren, avait été utilisé au bénéfice de l’ensemble des 21 sports inscrits au programme des Jeux d’été.

Pour prendre sa décision, le CIO se basera sur quelques points issus de la Charte Olympique, et plus précisément sur ceux du Chapitre 6, article 59.

« En cas de violation de la Charte Olympique, du Code Mondial Antidopage ou de toute autre réglementation, selon le cas, les mesures ou les sanctions qui peuvent être prises par la Session, la Commission exécutive ou la Commission disciplinaire à laquelle il est fait référence […] sont […]

1.4 A l’égard des CNO :

a) la suspension (Commission exécutive du CIO) ; en pareille hypothèse, la Commission exécutive détermine dans chaque cas les conséquences pour le CNO concerné et ses athlètes ;

b) le retrait de la reconnaissance provisoire (Commission exécutive du CIO) […] ».

L’institution de Lausanne (Suisse) disposera en outre d’une redoutable arme comme l’indique l’article 61 du même Chapitre.

« 1. Les décisions du CIO sont définitives. Tout différend relatif à leur application ou interprétation ne peut être résolu que par la Commission exécutive du CIO, et dans certains cas, par arbitrage devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).

2. Tout différend survenant à l’occasion des Jeux Olympiques ou en relation avec ceux-ci sera soumis exclusivement au TAS, conformément au Code de l’arbitrage en matière de sport ».

Même si les conséquences des révélations concernant les Jeux d’hiver de Sotchi 2014 devraient être examinées ultérieurement, le CIO a là-encore des prérogatives exceptionnelles issues de la Charte Olympique.

Comme le mentionne ainsi l’article 59, point 2, « Dans le cadre des Jeux Olympiques, en cas de violation de la Charte Olympique, du Code Mondial Antidopage, ou de toute autre décision ou réglementation applicable édictée par le CIO ou une FI ou un CNO, y compris, mais sans s’y restreindre, le Code d’éthique du CIO ou toute autre législation ou réglementation publique, ou en cas d’une forme quelconque d’inconduite :

2.1 A l’égard de concurrents individuels et d’équipes : l’inadmissibilité aux Jeux Olympiques ou l’exclusion de ceux-ci à titre temporaire ou permanent, la disqualification ou le retrait de l’accréditation ; en cas de disqualification ou d’exclusion ; les médailles et diplômes obtenus en relation avec la transgression de la Charte Olympique seront restitués au CIO ».

Au regard de ces éléments, le CIO a donc toutes les cartes en mains pour appliquer des sanctions appropriées – ce que demande d’ailleurs le Comité Olympique des États-Unis (USOC) – voire même pour redistribuer des médailles et des titres olympiques glanés lors des Jeux de Sotchi 2014.

Une chose est sûre : en fonction de la teneur de la décision à venir du CIO, la Russie ne devrait pas rester immobile.

Elle en a déjà donné un aperçu avec la longue déclaration du Président Vladimir Poutine.

Dopage : Le Kremlin critique l’objectivité du Rapport McLaren et dénonce le rôle des États-Unis

La réponse des autorités politiques russes aura été rapide après la publication du Rapport McLaren de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA).

Dans une longue déclaration officielle publiée sur le site du Kremlin, le Président de la Fédération de Russie en personne dénonce un Rapport aux ambitions politiques. Surtout, il attaque directement l’ex-Directeur de l’Agence Antidopage de Russie ainsi que l’Agence Antidopage des États-Unis (USADA).

Vladimir Poutine lors d'une parade militaire sur la Place Rouge, le 09 mai 2016 (Crédits - Présidence de la Fédération de Russie)

Vladimir Poutine lors d’une parade militaire sur la Place Rouge, le 09 mai 2016 (Crédits – Présidence de la Fédération de Russie)

Vladimir Poutine donne d’ailleurs le ton dès le début de son propos où il évoque directement la période des boycotts olympiques entre les Jeux de Moscou 1980 et ceux de Los Angeles 1984.

« Les événements récents et l’atmosphère tendue autour du sport international et du Mouvement Olympique rappellent involontairement la situation du début des années 1980.

A l’époque, de nombreux pays Occidentaux, citant le déploiement des troupes soviétiques en Afghanistan, avaient boycotté les Jeux Olympiques de Moscou. Quatre ans plus tard, l’Union Soviétique avait riposté en boycottant les Jeux Olympiques de Los Angeles, en utilisant le prétexte d’un niveau insuffisant de sécurité pour l’équipe soviétique.

Le résultat fut le suivant : de nombreux athlètes soviétiques et américains ainsi que d’autres pays, ont perdu la possibilité d’ajouter leurs noms à l’histoire sportive du monde. Leurs années de long et laborieux effort et de formation ont été vains. En bref, les gens ont vu leurs rêves brisés et sont devenus les otages d’une confrontation politique » estime ainsi le maître du Kremlin.

Pour Vladimir Poutine, le Rapport McLaren n’aurait donc qu’une visée politique ayant pour objectif d’instrumentaliser la Russie et d’affaiblir cette dernière.

« Nous assistons à un retour dangereux de l’interférence politique dans le sport. Oui, l’intervention actuelle est différente, mais l’essence reste la même : faire du sport un instrument de pression géopolitique et utiliser cet instrument pour créer une image négative d’un pays et de son peuple.

Le Mouvement Olympique, qui est une force énorme pour l’unification de l’humanité, pourrait une fois encore se retrouver au bord de la division » déclare notamment Vladimir Poutine sur un ton à la fois provocateur et menaçant à l’égard de la Famille Olympique.

En clair, la Russie n’entend pas se laisser faire et pourrait choisir la confrontation directe avec le Comité International Olympique (CIO) ainsi que les organisations ou pays ayant conduit à la réalisation du Rapport McLaren.

La Russie pourrait dès lors être tentée par la création – à l’échelle fédérale ou avec l’appui des pays amis de la Russie et de l’ancienne URSS – d’une compétition concurrente aux Jeux Olympiques. L’idée n’est pas nouvelle. Elle pourrait refaire son apparition au regard du contexte actuel.

Fidèle à sa réputation, celui qui avait personnellement œuvré à l’élection de Sotchi comme Ville Hôte des Jeux d’hiver de 2014, estime que les conclusions du Rapport de l’AMA ont été dictées par les déclarations d’une personnalité sulfureuse dont il dresse un portrait au vitriol.

Pour Vladimir Poutine, « les accusations portées contre les athlètes russes sont basées sur les informations fournies par une seule personne, une personne ayant une réputation notoire.

Des accusations criminelles ont été ouvertes contre lui en 2012 pour violation des lois antidopage, mais il n’y a pas eu assez de preuves contre lui à ce moment-là et l’affaire fut classée sans suite. Le 17 juin de cette année, suite à des allégations portant sur son implication dans l’utilisation de substances et de produits interdits, une affaire pénale a été ouverte à son encontre. L’un de ses proches, qui travaillait sous sa direction, a déjà été condamné en Russie pour commerce illégal de stéroïdes anabolisants.

La question se pose donc de savoir à quel point nous pouvons avoir confiance dans des arguments fondés uniquement sur les allégations d’une personne de ce genre, et quel est le poids de telles allégations ? »

Mais Vladimir Poutine va plus loin encore et pointe les agissements des États-Unis, tout en critiquant l’objectivité même du Rapport McLaren.

« L’USADA et plusieurs organismes de lutte contre le dopage issus d’autres pays, sans attendre la publication officielle de l’AMA, se sont empressés d’exiger que toute la délégation russe soit interdite de participation aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro.

Qui est derrière cette précipitation ? Est-ce une tentative pour créer une atmosphère médiatique basée sur la pression ?

Nous avons l’impression que les experts de l’USADA ont eu accès à ce qui n’était qu’un Rapport non publié ou, à tout le moins, ont eu connaissance de la teneur dudit Rapport. Si tel est le cas, cela serait la preuve que l’organisation nationale d’un pays essaye à nouveau de dicter sa volonté à l’ensemble de la communauté sportive internationale » dénonce ainsi le leader russe.

Vladimir Poutine et son Ministre des Sports, Vitaly Mutko, lors d'un entretien le 16 juin 2014 (Crédits - Présidence de la Fédération de Russie)

Vladimir Poutine et son Ministre des Sports, Vitaly Mutko, lors d’un entretien le 16 juin 2014 (Crédits – Présidence de la Fédération de Russie)

Enfin, si le Président de la Fédération de Russie annonce que des mesures seront prises concernant les fonctionnaires et responsables impliqués dans le scandale de dopage organisé, il demeure droit dans ses bottes, estimant que son pays est prêt à coopérer pour améliorer la détection du dopage et la réglementation en vigueur.

Cette promesse semble toutefois utopique et s’apparente surtout à une tentative de la dernière chance pour éviter de lourdes sanctions.

Déjà pénalisé au niveau de l’athlétisme, le sport russe pourrait en effet être mis hors-course de toutes les compétitions internationales y compris lors des prochains Jeux de Rio 2016.

Une telle décision – qui pourrait intervenir rapidement – aurait à n’en pas douter un retentissement mondial et de possibles répercussions, sur le plan sportif bien sûr, mais aussi diplomatique, les deux éléments étant depuis bien longtemps particulièrement imbriqués.

Rio 2016 : L’USOC espère des « sanctions appropriées » après la publication du Rapport McLaren

Comme un goût de Guerre Froide.

Après la publication du Rapport McLaren concernant la gestion du dopage en Russie, le Comité Olympique des États-Unis (USOC) n’a pas tardé à réagir afin de réaffirmer son positionnement et ses attentes.

Il faut dire que les États-Unis sont en première ligne depuis les révélations de dopage liées à l’athlétisme russe.

Faisant suite aux demandes de l’USOC, l’Agence Américaine Antidopage (USADA) avait d’ailleurs demandé l’exclusion de l’ensemble de la délégation russe des Jeux d’été 2016.

(Crédits - USOC)

(Crédits – USOC)

Dans un communiqué publié peu avant 17h30, Scott Blackmun, Directeur Général de l’USOC, estime en tous cas que « le Rapport McLaren confirme ce que nous avons dit précédemment : le système antidopage actuel est cassé et nécessite l’attention de toutes les personnes intéressées par la protection des athlètes propres.

Nous sommes impatients de travailler avec le Comité International Olympique (CIO), l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et l’ensemble de la Famille Olympique pour faire face aux défauts du système actuel et pour proposer une approche uniforme nouvelle dans la lutte contre le dopage.

En attendant, nous nous concentrons sur la préparation de l’équipe américaine pour les prochains Jeux de Rio, et nous comptons sur le CIO, l’AMA et les Fédérations Internationales pour imposer des sanctions appropriées au regard de l’ampleur des infractions constatées. Cela permettra de donner un message aux athlètes propres qui participeront aux Jeux de Rio ».

Les prochains jours seront déterminants.

Le CIO pourrait prononcer de premières sanctions dès demain à la suite d’une conférence téléphonique de la Commission exécutive. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pourrait lui aussi intervenir dès jeudi, après l’examen des demandes d’athlètes russes suspendus.

Quoiqu’il en soit, à moins de trois semaines de l’ouverture des JO 2016, les réactions des autorités sportives et politiques de Russie devraient être scrutées avec la plus grande attention.