JO 2024 : Gianni Alemanno critique violemment Virginia Raggi pour sa gestion de la candidature de Rome

L’annonce du retrait de la candidature de Rome 2024 n’aura pas tardé à faire réagir au sein de la classe politique locale.

Si la réaction du prédécesseur de Virginia Raggi – Ignazio Marino (Parti Démocrate) – est bien sûr attendue, c’est un autre ancien Maire de Rome qui a exprimé son sentiment sur les réseaux sociaux.

Gianni Alemanno, Maire de la capitale italienne de 2008 à 2013, a critiqué le renoncement de Virginia Raggi, renvoyant d’ailleurs cette dernière dos-à-dos avec Mario Monti, Président du Conseil Italien qui avait enterré la précédente candidature, à savoir celle de Rome 2020.

(Crédits - Gianni Alemanno / Page Facebook)

(Crédits – Gianni Alemanno / Page Facebook)

« Aujourd’hui, Virginia Raggi a commis un délit très grave à l’encontre de la ville de Rome, en effaçant sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024.

Comme Monti, la Maire brûle ainsi la possibilité d’obtenir des investissements publics et privés de plusieurs milliards d’euros pour la ville, et des dizaines de milliers d’emplois pour nos jeunes.

De cette façon, Rome va perdre 10 ans, en ayant la possibilité de se représenter seulement à compter de l’échéance 2028 ou même 2032, et ce, alors que sous mon mandat, nous avions la possibilité d’obtenir les Jeux de 2020. Aujourd’hui, nous laissons partir ceux de 2024.

C’est une décision dommageable et grave sur la durée, une décision qui dépasse les problématiques municipales de ces derniers mois.

Après ce choix, tous les Romains, de chaque bord politique, doivent avoir la certitude qu’il est déjà temps de tourner la page d’une administration municipale qui représente une catastrophe pour la capitale » estime celui qui fut partisan de l’ambition olympique italienne.

Dès la fin de l’année 2012, quelques mois à peine après le retrait forcé de Rome 2020, Gianni Alemanno avait indiqué son intention d’épauler les responsables du Comité Olympique Italien (CONI) pour soumettre un nouveau projet.

Au printemps 2013, alors en pleine campagne pour les élections municipales, l’ancien Ministre de Silvio Berlusconi (2001-2006) avait à nouveau encouragé le dépôt d’une nouvelle candidature, mais à la condition que l’élection de la Ville Hôte des JO 2020 soit favorable à l’Europe et de surcroît, à l’Italie.

Gianni Alemanno s’était ensuite félicité des propos tenus par Thomas Bach, vice-Président et futur Président du Comité International Olympique (CIO).

« [Les déclarations de Thomas Bach ne font que confirmer] la confiance que peut avoir notre ville.

Aujourd’hui, nous sommes déterminés à relancer l’application pour les Jeux de 2024″ avait ainsi affirmé le Maire de l’époque.

Cette déclaration faisait suite aux propos de l’ex-Président du Comité Olympique Allemand (DOSB), des propos qui aujourd’hui, à la lumière des événements, peuvent apparaître cruels pour les responsables de la candidature de Rome 2024.

« [Une candidature de Rome pour 2024 serait forte et très appréciée [par le CIO car] l’Italie est un grand pays, avec une grande culture sportive.

La tentative avortée pour les JO de 2020 a été un mauvais signal, car cette candidature aurait pu constituer une grande opportunité pour l’Italie, qui aurait ainsi été en mesure de démontrer que les Jeux Olympiques peuvent apporter croissance et prospérité » avait déclaré Thomas Bach.

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JO 2024 : Avec le retrait de Rome, l’hécatombe olympique se poursuit

Elles étaient initialement cinq à postuler à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Rome (Italie) fut la première à se positionner officiellement – dès le 15 décembre 2014 – suivie par Boston (États-Unis), puis Hambourg (Allemagne), Paris (France) et Budapest (Hongrie).

La course promettait alors d’être passionnante, au moins autant que pour l’attribution des JO 2012.

Cette ferveur s’accompagnait il faut dire de l’adoption d’un important projet de réformes, intitulé Agenda 2020, et ayant pour objectif de moderniser la procédure des candidatures, tout en rendant plus transparent les règles et les modalités d’attribution de l’événement olympique.

(Crédits - Boston 2024)

(Crédits – Boston 2024)

Toutefois, les premières secousses se sont manifestées au printemps 2015 avec les déboires de la candidature américaine et les multiples changements opérés à sa tête ainsi que dans son projet. Après plusieurs mois de sondages en baisse et d’une contestation populaire croissante, les autorités du Massachusetts et celles du Comité Olympique des États-Unis (USOC) avaient finalement convenu de cesser l’aventure olympique.

La ville de Los Angeles (Californie) fut alors et sans surprise repêchée après avoir été éliminée par la cité étudiante de la côte Est quelques mois auparavant. Celle qui fut deux fois Ville Olympique (1932 et 1984) se relança alors dans la course pour incarner à la fois l’héritage des Jeux et la rupture avec les pratiques passées.

Malgré ce changement de ville – qui aurait été impossible à compter du 15 septembre 2015, date de la clôture officielle des candidatures par le Comité International Olympique (CIO) – la course aux JO 2024 se poursuivait avec cinq concurrentes.

Mais dans la foulée de Boston, une autre ville s’est retrouvée peu à peu empêtrée entre les exigences de son projet, le coût éventuel de l’organisation, et la fronde populaire. Faisant figure de modèle novateur, Hambourg avait multiplié les initiatives pour promouvoir son concept compact, peut-être à l’excès, ce qui finalement a conduit au rejet de la candidature par la voie du référendum, le 29 novembre 2015.

Exit donc Hambourg et l’Allemagne.

(Crédits - Mutabor / Hamburg 2024)

(Crédits – Mutabor / Hamburg 2024)

Seules quatre Villes Candidates ont franchi la fin d’année 2015, non sans se questionner sur l’opportunité de donner la parole aux citoyens et surtout sous quelle forme (concertation, référendum, etc…).

Si Los Angeles, Paris et Rome ont rapidement écarté l’idée d’une consultation populaire – faisant notamment valoir des sondages au beau fixe – Budapest a longtemps débattu d’une telle entreprise avant in fine de renoncer, arguant de l’enthousiasme de la classe politique.

Aujourd’hui, les choses pourraient néanmoins changer du côté de la Hongrie où la porte a de nouveau été ouverte pour une aventure des plus périlleuses. Mais c’est avant tout en Italie que les choses se sont considérablement dégradées depuis le début de l’année et l’arrivée à la tête de la « Ville Éternelle » de Virginia Raggi et du Mouvement 5 Étoiles.

Ayant fait de son refus des JO 2024 l’un de ses principaux thèmes de campagne, Virginia Raggi n’a cessé depuis son élection au mois de juin 2016 de contester l’opportunité d’une candidature de Rome.

Après avoir annoncé son intention de faire connaître sa décision en octobre 2016 – après des rencontres et des réunions pour tenter de renégocier la gigantesque dette de la capitale italienne – la Première Magistrate avait rejeté l’invitation du Président du Conseil Italien à se rendre à Rio de Janeiro (Brésil) afin de défendre les chances transalpines aux JO 2016.

Cette absence – remarquée par la presse internationale et les membres de la Famille Olympique – avait d’ailleurs conduit à l’annulation de la conférence de presse de Rome 2024, une conférence dont l’exercice avait été autorisé par le CIO pour l’ensemble des Villes Candidates.

Avec le retrait ce mercredi de la candidature italienne, la péninsule se retrouve dans une situation particulièrement délicate et qui peut se résumer aux récentes déclarations du Président du Comité Olympique Italien (CONI).

« Pour les 30 ou 50 ans qui viennent, nous dirons au revoir aux Jeux.

[…] La candidature est devenue un jeu complexe qui ne concerne plus seulement le sport, mais qui est désormais orienté pour moitié par la politique.

Comme le monde du sport, nous sommes embarrassés, car il s’agit d’un événement dont l’organisation est prévue dans 8 ans » avait ainsi affirmé Giovanni Malago durant la première quinzaine de septembre.

Ces propos, loin d’être anodins, peuvent en tous cas s’entendre au regard de la difficulté de l’Italie à se faire comprendre aux yeux du CIO depuis plus de dix ans et l’obtention des JO 2006 par Turin.

Depuis cette date, les Jeux ont échappé à l’Italie et ce, alors qu’ils auraient pu constituer une évidence avec la candidature de Rome 2020.

Les querelles politiques et la crise économique avaient cependant douché les espoirs du Mouvement olympique italien et ses représentants au sein du CIO, à commencer par Mario Pescante qui fit le choix de démissionner de ses fonctions de vice-Président de l’institution de Lausanne (Suisse) en février 2012.

Avec désormais deux retraits en moins de cinq ans, la crédibilité italienne et encore davantage celle de Rome, est considérablement entamée parmi la Famille Olympique.

Le discrédit est présent et pourrait être durable, ce qui pose la question de la légitimité d’une nouvelle candidature pour 2028 ou 2032, même avec une autre ville que Rome comme l’a récemment laissé entendre Matteo Renzi, Président du Conseil et ancien Maire de Florence.

(Crédits - Sport & Société)

(Crédits – Sport & Société)

Dans l’attente de prochaines évolutions, la course se retrouve désormais limitée.

Face à l’incertitude qui risque de s’accroître pour Budapest – et au regard de son profil d’outsider aussi – les Jeux d’été de 2024 semblent plus que jamais se diriger vers un duel entre deux mastodontes de l’Olympisme, deux villes ayant une riche expérience et surtout une ambition débordante compte-tenu de leurs candidatures passées : Los Angeles (deux fois Hôte des JO et sept fois candidates) et Paris (deux fois Hôte des JO et trois fois candidates).

Mais si ce duel annoncé – rêvé et excitant – est une formidable publicité pour les Jeux et ses sponsors, il n’en demeure pas moins l’illustration des limites du Mouvement Olympique tel qu’il s’est constitué et transformé depuis sa création et surtout depuis sa mutation dans les années 1980 sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch.

Le CIO peut-il en effet se satisfaire du maintien de deux ou trois candidatures finales pour 2024 lorsque les Jeux d’été drainaient jusqu’à sept prétendantes pour 2016 (dont quatre officiellement candidates) ; neuf pour 2012 (cinq dans le tableau final) ; dix pour 2008 (cinq finalistes) ; onze pour 2004 (cinq finalistes) ?

Force est de constater que la réforme Agenda 2020 n’a pas encore produit les effets escomptés. D’ailleurs, ces derniers seront-ils visibles dans les années à venir et en particulier dès le lancement des candidatures pour 2028 ?

A suivre. Il n’est pas certain en effet que des villes ayant fait acte de candidature par le passé fassent à nouveau partie des concurrentes.

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits - Moses Mabhida Stadium)

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits – Moses Mabhida Stadium)

Rome bien sûr ne devrait pas se risquer à pareil challenge dans un avenir proche, de même que Madrid (Espagne) dont les trois précédentes tentatives (2012, 2016 et 2020) se sont toutes soldées par de cuisants échecs, ou encore Istanbul (Turquie) qui a espéré ouvrir l’Olympisme vers de nouveaux horizons avec ses candidatures échelonnées dans le temps (2000, 2004, 2008, 2012, 2020).

L’Australie a bien fait mention d’un intérêt pour 2028.

L’Afrique du Sud pourrait aussi se décider à repartir dans la course après une tentative remarquée mais infructueuse avec Le Cap pour 2004. Le Pérou avec Lima – hôte de la Session qui désignera la Ville Organisatrice des JO 2024 en septembre 2017 – pourrait également se pencher sur la question d’une candidature, de même que l’Argentine qui prépare actuellement les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018.

Les leçons et les enseignements qui seront tirés dans les mois à venir sur les préparatifs et l’organisation des Jeux de Rio 2016 seront sans nul doute un premier indicateur sur les chances de ces territoires à prétendre à l’accueil du plus grand événement sportif de la planète.

Toutefois, face au désamour persistant dont il est victime, le CIO pourrait ne pas avoir le choix et être forcé en conséquence de revoir encore ces critères de sélection.

Le « gigantisme » des Jeux – longtemps vilipendé – est peut-être arrivé à l’heure de son crépuscule. Le CIO garde d’ici-là une manne financière conséquente pour affronter les temps difficiles qui s’annoncent.

(Crédits - Comité Olympique de Suède)

(Crédits – Comité Olympique de Suède)

Car au-delà des seuls Jeux d’été – certes plus prestigieux et à l’audience télévisée plus importante – c’est bien l’ensemble du système olympique qui se trouve à présent dans une impasse.

Les difficultés du CIO à mobiliser les villes pour les Jeux d’hiver au cours des dernières années se sont d’ailleurs manifestées avec éclats et inquiétudes pour l’échéance de 2022 : référendums défavorables de Munich (Allemagne) et Cracovie (Pologne) ; retrait de Lviv (Ukraine) et Oslo (Norvège) ; renoncement de Stockholm (Suède) ; réflexion puis abandon de Barcelone (Espagne).

In fine, la course aux JO 2022 s’était soldée par un duel inattendu et aux antipodes des expériences passées : Almaty (Kazakhstan) face à Pékin (Chine), la victoire finale allant à cette dernière en dépit de réels défis techniques dans une région où l’enneigement est une problématique majeure. Un comble pour des Jeux d’hiver en sursit.

La campagne pour 2026 ne s’annonce guère plus ouverte avec la présence notable de la Suisse et le retour de la Suède, mais avec le retrait déjà effectif de la Province du Québec et certainement des États-Unis, davantage préoccupés par l’obtention des Jeux d’été de 2024.

JO 2028 : Moncef Belkhayat : « Si j’engage Casablanca dans ce projet, je gagnerais l’organisation des Jeux »

Il y a quelques jours, « Sport & Société » évoquait la proposition de Moncef Belkhayat, ancien Ministre Marocain de la Jeunesse et des Sports, de présenter la candidature de Casablanca à l’organisation des Jeux d’été de 2028.

Ce mercredi, celui qui est candidat aux élections régionales à Casablanca, a accepté de répondre en exclusivité aux questions de « Sport & Société », en détaillant son projet et son ambition.

(Crédits - Moncef Belkhayat)

(Crédits – Moncef Belkhayat)

– Dans le cadre des prochaines élections régionales marocaines, vous avez émis la proposition de présenter la candidature de Casablanca à l’organisation des JO 2028. Cela s’apparente-t-il avant tout à un coup de communication ou à une véritable ambition pour la ville et sa région ?

Mon programme est un programme basé sur quatre objectifs majeurs, programme que j’ai présenté de manière chiffrée.

Le premier point consiste en une amélioration de la vie des citoyens de Casablanca, à travers un système de sécurité, un système de transports, mais aussi un système de santé et de proximité. Le deuxième objectif consiste à améliorer la gouvernance de Casablanca, à travers un projet que l’on appelle la « Smart City ». Le troisième objectif est de faire de Casablanca le premier pôle économique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, et un pôle qui relie les continents, notamment l’Europe à l’Afrique Subsaharienne. Cet objectif vise à faire de Casablanca un hub économique. Le quatrième objectif est enfin de faire de Casablanca et de sa région, un pôle touristique – le deuxième du Maroc après Marrakech – en profitant de nos 220 kilomètres de côtes, mais aussi en profitant de la construction d’un Palais des Congrès qui ferait de Casablanca une ville de tourisme d’affaires et de shopping.

A partir de là, si ces quatre objectifs sont atteints, ce que je dis, c’est que présenter Casablanca pour organiser les Jeux Olympiques de 2028 devient une conséquence logique et la cerise sur le gâteau, pour faire en sorte que l’on puisse avoir un programme de rupture qui transforme Casablanca avec un cap, et ce cap, étant incarné par les JO 2028.

Alors est-ce un coup de communication ou un vrai projet ? Je vous réponds de manière très claire, c’est un vrai projet qui a même été discuté avec le Président du Comité International Olympique (CIO), lorsqu’il est venu visiter Rabat lors de l’organisation des premiers Jeux de la Jeunesse Africaine.

Nous avions alors évoquer la possibilité – à l’époque le Maroc avait gagné la Coupe du Monde des Clubs, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la Coupe Mondiale des Confédérations d’Athlétisme – et il m’avait dit, « est-ce qu’éventuellement, après avoir organisé toutes ces compétitions, l’organisation des JO 2028 ou 2032 à Casablanca pourrait être envisageable ? ». J’avais répondu, « bien sûr Monsieur Le Président que ce projet est envisageable. Il faut juste savoir que si vous voulez organiser les premiers JO de l’Histoire de l’Afrique, le CIO devra faire un effort pour pouvoir, sur le plan financier, permettre à un pays africain de pouvoir le faire ».

Nous avions évoquer le sujet et clairement, il y a deux villes africaines qui sont ressorties du lot comme étant capables d’organiser les JO en 2028 ou en 2032 : Casablanca ou Durban en Afrique du Sud.

Clairement, c’est un vrai projet et à titre personnel, j’y crois vraiment, parce que j’ai engagé mon pays dans des dossiers de manifestations sportives et j’ai gagné l’ensemble des dossiers dans lesquels j’ai engagé mon pays. Si j’engage Casablanca dans le cadre de ce projet, je gagnerais l’organisation des JO. Mais moi-même, candidat à la présidence de la Région de Casablanca, je n’engagerai la ville que si les quatre premiers objectifs que j’ai cité sont réalisés et financés avec les prérogatives nouvelles qu’aura le Président de la Région du Grand Casablanca.

– Sachant que vous avez évoqué la possibilité d’une candidature avec le Président du CIO, vous avez sans doute pu aborder ce sujet avec Nawal El Moutawakel, ancienne Ministre de la Jeunesse et des Sports comme vous, et surtout membre influente du CIO ?

Non, je n’ai pas encore discuté avec Madame Nawal El Moutawakel. Il faudrait que ce soit précis. J’ai discuté avec Monsieur Thomas Bach en 2010. Nous sommes en 2015 et je n’ai pas encore discuté avec Madame Nawal El Moutawakel qui est aussi membre du Bureau Politique du même parti que moi, le Rassemblement National des Indépendants (RNI).

Je ne discuterai avec elle qu’au moment où mon projet aura été accepté par la société civile casablancaise, par les élus. Dès lors, il faudra ensuite prendre son bâton de pèlerin et convaincre le Gouvernement, parce que ce projet deviendra un projet national, un projet d’État. Une fois cette étape réalisée, je pourrai officiellement aller démarcher le CIO et à ce titre, Madame Nawal El Moutawakel sera bien sûr la première personne en tant que membre du CIO que je contacterai.

Visuel du projet de Stade Olympique de Casablanca

Visuel du projet de Stade Olympique de Casablanca

– Aujourd’hui, quels sont les principaux sites sportifs qu’il faudrait bâtir à Casablanca pour pouvoir accueillir les Jeux ?

Du temps où j’étais Ministre, j’avais prévu la construction d’un grand Stade Olympique dans la ville de Médiouna. Ce projet avait donné lieu à un concours international et un cabinet coréen avait remporté la conception de ce projet.

J’avais également veillé à ce que la société SONARGES – Société Nationale de Réalisation et de Gestion des Stades -, bras armé pour les infrastructures du Ministère, fasse l’acquisition d’un terrain de 60 hectares.

Aujourd’hui, tout est donc prêt, même les budgets au niveau du Ministère de la Jeunesse et des Sports, pour lancer ce projet.

Il faudra lancer un Stade Olympique, mais également une deuxième salle couverte et une nouvelle piscine olympique pour aménager la Cité Olympique de Médiouna, avec aussi un Village Olympique dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) avec des promoteurs immobiliers qui par la suite procéderont à la location ou à la vente des appartements en logements sociaux.

Il faudra en outre réaménager le Centre Nautique de Mohammedia pour les sports nautiques et la voile ; le Centre Nautique d’Azemmour pour le canoë-kayak ; l’Étrier de Casablanca pour les épreuves équestres ; l’Hippodrome pour le cyclisme. Je pense que nous n’aurons pas à débourser beaucoup d’argent pour les sites sportifs.

D’ailleurs, en délocalisant le Stade Olympique à l’extérieur de la ville, nous pourrions repenser le Stade Mohammed V en un jardin public connu à l’échelle mondiale, comme par exemple Central Park à New York ou Hyde Park à Londres.

Casablanca mérite de devenir une ville internationale avec des endroits qui peuvent devenir mythiques. Délocaliser un stade de l’intérieur vers l’extérieur, cela s’est déjà produit, il n’y a donc aucune raison pour que ce ne soit pas le cas à Casablanca.

– Vous avez évoqué le chiffre de 38 milliards de dirhams (3,89 milliards d’euros) pour le financement du projet. Cela comprend-t-il uniquement l’aménagement des sites sportifs ou également les installations d’accès aux enceintes des compétitions (routes…) ?

Je prévois dans mon programme, 3,4 milliards de dirhams (348,73 millions d’euros) pendant treize ans pour améliorer de manière générale les infrastructures de Casablanca, infrastructures pour les transports, pour la santé, pour la sécurité. A ces 3,4 milliards, j’ajoute 38 milliards – c’est-à-dire 3 milliards de dirhams (307,67 millions d’euros) par an pendant treize ans – pour le projet des Jeux. Ce projet comprend les infrastructures sportives, les frais d’organisation, la sécurité et la partie du volet des transports qui sera liée aux JO.

En revanche, concernant l’aéroport international de Casablanca, la ville a besoin de rénover ce site pour devenir un hub économique et touristique et je ne comptabiliserai donc pas l’aéroport dans le budget des Jeux.

Dès lors, le budget relatif aux JO est de 38 milliards de dirhams. Casablanca a besoin d’un budget similaire pour pouvoir transformer la ville où il est aujourd’hui difficile de marcher sur les trottoirs, en une ville sécurisée, propre et où l’on peut venir se faire soigner si on a le moindre souci de santé, autrement dit, les aménagements nécessaires pour une ville accueillante et au rayonnement international.

(Crédits - Moncef Belkhayat)

(Crédits – Moncef Belkhayat)

– Quels sont les grands axes de la politique sportive et des grands événements menée par les autorités marocaines ?

Le Maroc a organisé plusieurs événements d’envergure internationale.

Nous avons dernièrement accueilli le Mondial des Clubs. Nous avons organisé par ailleurs la Coupe des Confédérations d’Athlétisme, la Coupe du Monde féminine de beach-volley et nous accueillons régulièrement des événements majeurs.

Maintenant, il s’agit de se fixer un nouveau cap et de donner des garanties au CIO. Je pense que je peux mener ce projet à bien et apporter les garanties nécessaires, d’abord pour réaménager Casablanca et ensuite pour faire de Casablanca la première ville africaine à proposer un solide projet d’organisation des Jeux Olympiques.

Pour cela, j’ai même prévu un budget pour une action de sensibilisation aux valeurs olympiques à l’école, car les Jeux, ce ne sont pas uniquement du sport, mais également des valeurs et des principes. Ces valeurs et ces principes doivent aussi être enseignés aux jeunes étudiants pour être prêt à accueillir en 2028, plusieurs centaines de milliers, si ce n’est des millions de spectateurs et de personnes étrangères.

Casablanca est une ville d’affaires. Les étrangers qui y viennent, ce sont des businessmans, mais nous n’avons pas encore d’étrangers qui viennent et qui se posent une semaine dans un hôtel pour se reposer, faire du balnéaire, faire du shopping…  Aujourd’hui, il est très difficile d’avoir une terrasse à Casablanca où un touriste peut venir s’asseoir tranquillement. Ce n’est pas encore le cas mais cela le sera d’ici 2028. C’est ma vision pour développer le tourisme à Casablanca : une réhabilitation de la médina, un Palais des Congrès de 5 000 places, la construction de 25 hôtels classés, le réaménagement de la corniche, le lancement d’un Festival International de shopping en janvier et en juillet à Casablanca.

– Ne craignez-vous pas, si votre proposition obtient les appuis nécessaires, la concurrence d’un autre pays africain, en l’occurrence l’Afrique du Sud ?

J’ai déjà affronté l’Afrique du Sud dans le cadre du projet de candidature pour la CAN 2015 et Monsieur Danny Jordaan lui-même (Président de la South African Football Association) s’était déplacé et je l’avais battu.

Il n’y a donc pas de raison pour que ce ne soit pas le cas pour les JO !

– Du fait de votre expérience en qualité d’ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports, quel regard portez-vous sur les candidatures déclarées à l’organisation des JO 2024 ?

En ce qui me concerne, je suis pour Paris, du fait de la proximité du Maroc et de la France et du fait que Paris a un beau projet.

Si en 2024, les JO se déroulent à Paris, ce serait sympa que Paris soutiennent le Maroc pour les JO de 2028 à Casablanca. Cela permettrait de rester dans un axe de coopération et de développer, pas seulement le sport, mais surtout les valeurs du sport dans le monde francophone.

JO 2028 : « Plus que jouable pour une ville comme Casablanca » (Moncef Belkhayat)

Candidat aux élections régionales marocaines à Casablanca, Moncef Belkhayat a récemment proposé de présenter la candidature de la ville à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2028.

Quelques jours avant le scrutin, l’ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports, est revenu ce week-end sur cette proposition ambitieuse, pour le site « Illi On Web ».

« Il faut savoir se projeter dans le temps. Moi, ce que je dis, c’est que je veux faire de Casablanca, un grand hub financier – la smart-ville – et le deuxième plus grand pôle touristique du Royaume après Marrakech.

Si on fait sortir de terre le fameux Palais des Congrès – 5 000 places – dont on parle à Casablanca depuis 1993, on va pouvoir créer 25 hôtels classés. Par conséquent, si nous sommes d’accord là-dessus, sur ces deux objectifs, il nous faudra un aéroport digne de ce nom.

En même temps, si nous avons le Palais des Congrès, l’aéroport, les hôtels…, je propose de créer un Stade Olympique à Médiouna. Le terrain a été acheté, les plans ont été faits, tout est prêt, et le Stade Mohammed V doit devenir un Central Park à Casablanca, avec des bancs et un lac artificiel.

Ce programme est un programme ambitieux, mais il est réaliste et il est réalisable.

Ce que je dis, au regard de ces éléments, c’est qu’il faut préparer Casablanca pour présenter un dossier pour les Jeux Olympiques de 2028.

Le fait de préparer Casablanca et de prendre le cahier des charges des Jeux Olympiques va créer une dynamique extraordinaire dans la ville : au niveau des administrations, au niveau des sociétés de développement local, des sociétés d’aménagement, de l’agence urbaine, des sociétés de transport et aussi au niveau des investisseurs et des entrepreneurs qui vont vouloir accompagner ce mouvement parce que cela va créer de la valeur.

Le budget est un budget de 38 milliards de dirhams (3,5 milliards d’euros) sur 13 ans, cela fait donc 3 milliards (276,97 millions d’euros) par an. C’est plus que jouable pour une ville comme Casablanca ».

En évoquant la réalisation d’un Stade Olympique, Moncef Belkhayat reprend l’idée d’aménagement d’une enceinte de 80 940 places à Tit Mellil, dans la province de Médiouna, pour un coût estimé à 2,08 milliards de dirhams (192 millions d’euros).

Ce stade doit devenir dans les années à venir, le stade des deux équipes locales de football, et accueillir les plus grands événements sportifs du Maroc, en remplacement de l’actuel Stade Mohammed V d’une capacité de 67 000 places.

La semaine prochaine, Moncef Belkhayat sera l’invité exceptionnel de « Sport & Société ». Il reviendra sur cette ambition olympique, ainsi que sur la planification des aménagements, sans oublier son rapport avec les autorités politiques et sportives du Maroc.

Rendez-vous donc très prochainement pour en savoir davantage sur le projet « Casablanca 2028 ».

Le rêve olympique de Détroit…

Sept. Sept comme le nombre de candidatures infructueuses présentées par la ville de Détroit (Michigan) aux États-Unis : 1944, 1952, 1956, 1960, 1964, 1968 et 1972*.

Aucune autre ville à travers le monde n’a formulé autant de candidatures pour organiser les Jeux d’été.

(Crédits - Ville de Détroit)

(Crédits – Ville de Détroit)

Aujourd’hui, l’hypothèse de voir une nouvelle candidature de Détroit est tout bonnement farfelue.

Du fait de la prochaine désignation de Los Angeles (Californie) pour porter les couleurs américaines dans la course aux JO de 2024. Du fait aussi, de la situation économique et financière toujours critique dans l’ancienne capitale mondiale de l’automobile.

Mais l’idée d’un projet olympique commun de Détroit et de sa proche voisine canadienne Windsor, a toutefois fait l’objet d’une analyse complète réalisée par JC. Reindl pour le site « Detroit Free Press ».

Il faut dire que la ville américaine dispose d’atouts.

Sa persévérance passée et donc son expérience des candidatures olympiques, mais aussi et surtout ses installations sportives. Certes, une part importante du patrimoine sportif de la ville devrait être réaménagée, réhabilitée voire entièrement rénovée.

Projet olympique potentiel dans le cadre d'une candidature conjointe de Détroit et Windsor (Crédits - Detroit Free Press)

Projet olympique potentiel dans le cadre d’une candidature conjointe de Détroit et Windsor (Crédits – Detroit Free Press)

Néanmoins, il n’est pas impossible d’imaginer l’organisation d’épreuves sur certains terrains, à l’instar du Windsor International Aquatic and Training Centre pour la natation. Des sites devraient en revanche être construits pour permettre l’hébergement des athlètes – le Brush Park et ses environs désaffectés sont une piste de réflexion – et l’organisation des Cérémonies d’ouverture et de clôture.

Sur ce point, une proposition totalement insensée à l’heure actuelle, pourrait – le cas échéant – refaire surface et être remodelée.

Projet de Stade Olympique pour Détroit 1968

Projet de Stade Olympique pour Détroit 1968

Imaginé dans le cadre des JO 1968 – finalement attribués à Mexico (Mexique) – le projet de Stade Olympique prévoyait ainsi l’édification d’une structure monumentale d’une capacité de 110 000 spectateurs.

Ce chiffre exceptionnel n’est pas sans rappeler l’ambition un temps évoquée par la candidature de Tokyo 2016 de bâtir un Stade de 100 000 places. Les contraintes logistiques, techniques et surtout de sécurité ont in fine conduit les autorités à repenser ce modèle d’installation et à concevoir un nouveau projet dans le cadre de la candidature victorieuse aux JO 2020.

Projet de Stade Olympique pour la candidature de Tokyo 2016

Projet de Stade Olympique pour la candidature de Tokyo 2016

Si les Jeux Olympiques sont souvent synonymes de dépenses et d’excès, ils sont aussi une incroyable manifestation sportive et un véritable projet d’aménagement urbain lorsque la planification est bien pensée. Ils représentent aussi un certain idéal.

Les réformes engagées par le Comité International Olympique (CIO) avec l’Agenda 2020 pourraient plaider en faveur d’une huitième candidature de Détroit. Dans un avenir plus ou moins proche. Le rêve existe.

* Pour 1944, Détroit avait obtenu 2 voix et termina en troisième position derrière Londres (20) et Rome (11). Les Jeux d’été 1944 ne furent jamais organisé en raison de la Seconde Guerre Mondiale.
Pour 1952, la ville décrocha une nouvelle fois 2 voix et fut éliminée – comme 5 autres villes – dès le premier tour.
Pour 1956, Détroit fut éliminée au troisième tour avec seulement 4 suffrages.
Pour l’édition 1960, Détroit fut battue au second tour et ne pu donc rivaliser avec Lausanne (24 voix) et Rome (35 voix) pour le dernier tour de scrutin.
Pour l’Olympiade 1964, Tokyo arriva devant Détroit (34 voix contre 10).
Pour 1968, ce fut au tour de Mexico de devancer la cité américaine (30 contre 14) avec, à noter, également la candidature française de Lyon (12 voix).
Enfin pour 1972, Détroit ne pu rivaliser avec Montréal, Madrid et surtout Munich dans la course à l’organisation des Jeux (6 voix, élimination au premier tour).

JO 2028 : Le Maroc lorgne sur les Jeux d’été avec une éventuelle candidature de Casablanca

Jamais le continent africain n’a organisé l’événement olympique. A l’heure actuelle, deux pays sont néanmoins en position de force pour prétendre à représenter l’Afrique dans la course aux Jeux : l’Afrique du Sud bien sûr, pays auréolé de l’accueil de la Coupe du Monde de football en 2010, et le Maroc.

Si le premier a un temps évoqué la possibilité de présenter une offre pour les Jeux d’été de 2020, il semble aujourd’hui acquis qu’il ne présentera pas non plus de candidature pour l’échéance 2024… sans doute pour mieux préparer une proposition pour 2028.

Quant au second, régulièrement, les médias régionaux se font l’écho d’une ambition olympique réelle mais qui tarde cependant à se concrétiser.

Les choses pourraient toutefois changer d’ici 2019, avec l’éventuelle candidature de Casablanca 2028, à l’initiative de l’ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports (2009-2011), Moncef Belkhayat.

(Crédits - Page officielle Twitter de Moncef Belkhayat)

(Crédits – Page officielle Twitter de Moncef Belkhayat)

Celui-ci a en tous cas promis à la population qu’il ferait son possible pour présenter une solide candidature marocaine et ce, alors qu’il postule au poste de Président de la Région du Grand Casablanca lors des prochaines élections municipales et régionales qui auront lieu le 04 septembre 2015.

« J’ai lu le cahier des charges des JO. J’ai étudié le cas des autres villes. Rio de Janeiro et Barcelone, par exemple, sont transformées par les Jeux.

Les JO, c’est une piscine olympique, un Stade Olympique, un Village Olympique et des infrastructures » a notamment affirmé Moncef Belkhayat sur le site Médias 24.

Lettre de candidature de Moncef Belkhayat (Crédits - Médias 24)

Lettre de candidature de Moncef Belkhayat (Crédits – Médias 24)

Pour appuyer son argumentaire, Moncef Belkhayat – qui se présentera sous les couleurs du Rassemblement National des Indépendants (RNI) – évoque également la question financière d’un projet olympique.

Selon lui, la mise en œuvre d’une telle entreprise représenterait un investissement de l’ordre de 38 milliards de dirhams marocains, soit 3,46 milliards d’euros.

Cette éventuelle enveloppe budgétaire sera-t-elle suffisante ? Sans aucun doute, non. Mais l’ancien Ministre espère recueillir le soutien et la sympathie des instances sportives internationales et du Comité International Olympique (CIO).

« J’ai gagné tous les dossiers que j’ai présenté dans les instances internationales : Coupe d’Afrique des Nations 2015, Coupe du Monde des Clubs au Maroc.

Les décideurs aujourd’hui au CIO sont de la génération des champions marocains d’athlétisme. Ils aiment le Maroc et je sais que le CIO, les responsables me l’ont dit, aimeraient des JO en Afrique » a ainsi déclaré Moncef Belkhayat.

Mais si son ambition est aujourd’hui louable, elle n’en demeure pas moins une promesse de campagne électorale.

Si toutefois Moncef Belkhayat est élu et engage des discussions en vue du dépôt d’une candidature – pas avant 2019 – il devra obtenir l’appui indispensable d’une ancienne Ministre des Sports du Maroc (2007-2009) : Nawal El Moutawakel.

Nawal El Moutawakel, lors de la 125e Session du CIO, le 08 septembre 2013 (Crédits - CIO / R. Juilliart)

Nawal El Moutawakel, lors de la 125e Session du CIO, le 08 septembre 2013 (Crédits – CIO / R. Juilliart)

Celle qui fut Championne Olympique du 400 mètres haies lors des Jeux de Los Angeles 1984, est aujourd’hui l’une des membres influentes du CIO, comme en témoigne ses responsabilités dans et en dehors de l’institution de Lausanne (Suisse) : membre de la Commission exécutive et vice-Présidente du CIO, Présidente de la Commission de Coordination des Jeux de Rio 2016, membre du Conseil de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF)…

Les différentes responsabilités de Nawal El Moutawakel pourraient peser dans l’optique d’une candidature du Maroc et ce, en dépit du renoncement successif de l’ancienne athlète, à briguer la Présidence du CIO et de l’IAAF.

Dans l’attente d’une rencontre et d’un échange entre Moncef Belkhayat et Nawal El Moutawakel, il est à souligner que les deux anciens Ministres se retrouvent en tous cas sur un point : ils sont membres de la même formation politique.

Un premier signe avant de porter conjointement une candidature olympique ? A suivre.

JO 2024 / 2028 : La Russie prête à présenter la candidature de Kazan ?

Alors que les Championnats du Monde de natation 2015 se sont achevés ce dimanche au sein de la piscine temporaire de la Kazan Arena, la Russie semble conserver un grand intérêt pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été, et pourrait en conséquence formuler une candidature de la ville de Kazan.

Si l’échéance n’a pas été précisée, 2024 semble à écarter, compte-tenu de l’imminence du dépôt officiel des candidatures auprès du Comité International Olympique (CIO), le 15 septembre 2015, mais aussi du rejet exprimé il y a peu par les autorités russes.

Mais une surprise n’est toutefois pas à écarter et ce, d’autant plus pour un pays qui pourrait être tenté de s’inspirer du modèle de la Chine qui, après avoir accueilli les Jeux d’été 2008, vient de se voir attribuer l’organisation des Jeux d’hiver 2022.

Vue aérienne de la ville de Kazan (Crédits - Kazan 2015)

Vue aérienne de la ville de Kazan (Crédits – Kazan 2015)

Dans l’hypothèse où la Russie déciderait finalement de présenter une candidature aux JO 2024, Saint-Pétersbourg, Moscou et donc Kazan apparaitraient comme des Villes Candidates potentielles, sans oublier Sotchi qui a aussi fait part de son intérêt après avoir accueilli les JO d’hiver l’an passé.

Dans le cas de Kazan, la ville peut compter sur le Stade de football ainsi que sur le Centre Aquatique et diverses installations aménagées dans le cadre de l’Universiade 2013.

D’ailleurs, les premières mentions d’une possible candidature olympique furent formulées dès cette époque.

Ambassadeur de l’événement, Sergei Ulegin, estimait d’ailleurs que « la ville est dans un parfait état.

Toutes les installations sportives sont parfaites. L’échelle des Jeux et le niveau d’organisation sont très élevés. Donc je pense que, si Kazan décider de se porter candidate pour avoir le droit d’accueillir les Jeux en 2024, elle pourrait facilement remporter la course ».

Dans le même état d’esprit, le Secrétaire Général du Comité Olympique Russe, Marat Bariyev, affirmait également le potentiel que pouvait représenter une candidature de Kazan.

« Kazan peut déposer une candidature. Ses chances seraient très bonnes ».

Ces deux propos semblent en tous cas avoir trouvé un écho auprès du Président du Comité Olympique Russe, par ailleurs ex-Président de la Commission d’évaluation des Villes Candidates aux JO 2022, Alexander Zhukov.

Alexander Zhukov lors de la 128e Session du CIO (Crédits - CIO / Ian Jones)

Alexander Zhukov lors de la 128e Session du CIO (Crédits – CIO / Ian Jones)

Ce proche du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a apporté son appui à une possible candidature de la ville hôte des Mondiaux de natation 2015 et prochainement territoire d’accueil d’une partie des matchs de la Coupe du Monde de football 2018.

« Bien sûr que cette ville pourrait faire face à l’accueil des Jeux Olympiques d’été » a ainsi affirmé Alexander Zhukov lors d’une visite des installations des Championnats du Monde de natation.

Cette déclaration pourrait par conséquent relancer une idée et une ambition pour la Russie.

Si des tractations n’ont pas encore débutées, nul doute que les prochaines semaines seront cruciales. A moins que les Jeux de 2024 ne soient pas réellement à l’étude, mais davantage ceux de 2028. Tant pour Kazan que pour la Russie dans son ensemble.

Lima (Pérou) ambitionne d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été

Après la candidature victorieuse et l’organisation à venir des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2016 par Rio de Janeiro (Brésil), l’Amérique du Sud semble être désireuse de se positionner encore davantage sur l’échiquier sportif international au cours des deux prochaines décennies.

Ainsi, après l’Argentine qui avait mentionné, fin 2014, son intérêt pour l’accueil des Jeux d’été ou d’hiver, le Pérou lui emboite le pas et affirme à son tour son ambition de devenir hôte des JO d’été sans doute pour 2028 ou 2032.

Classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1991, le centre-ville de Lima est un atout pour une éventuelle candidature (Crédits - Wikipedia / Tetraktys)

Classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1991, le centre-ville de Lima est un atout pour une éventuelle candidature (Crédits – Wikipedia / Tetraktys)

Comme l’indique en effet le site spécialisé « Inside The Games », le Président du Comité Olympique du Pérou songe présenter une candidature de Lima après 2019, année où le Pérou accueillera les Jeux Panaméricains, succédant ainsi à Rio de Janeiro (2007) et Toronto (Canada, 2015).

A cette date et au regard de la qualité d’organisation des Jeux Panaméricains, José Quiñones proposera peut-être la candidature de la capitale de près de 8,5 millions d’habitants.

Pour l’échéance olympique 2028, l’élection de la Ville Hôte aura lieu en 2021, tandis que pour l’échéance 2032, le scrutin olympique se déroulera en 2025.

Un autre événement pourrait également accentuer la motivation des autorités olympiques péruviennes. En 2017, Lima organisera en effet la 130e Session du Comité International Olympique (CIO), Session qui désignera la Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Pour José Quiñones, « nous pourrions être hôte des Jeux.

Cela apporterait un avantage pour notre population et avec l’Agenda 2020 du Mouvement olympique, l’organisation serait plus facile, notamment avec les nombreux sites déjà existants ».

Si une rénovation – parfois profonde – d’une partie du dispositif existant semble nécessaire, divers équipements sont aujourd’hui disponibles pour un projet olympique et paralympique, Lima et ses multiples districts comptant plusieurs enceintes sportives de grande capacité.

Vue aérienne de l'Estadio Monumental de Lima et ses 80 000 places (Crédits - Wikipedia / MicroX)

Vue aérienne de l’Estadio Monumental de Lima et ses 80 000 places (Crédits – Wikipedia / MicroX)

L’Estadio Monumental pourrait notamment servir de cadre aux Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux avec ses 80 000 places. Avec une telle capacité, il s’agit d’ailleurs de l’un des stades les plus grands d’Amérique du Sud. Un atout incontestable en vue d’une éventuelle candidature.

Outre cette installation construite au début des années 2000, Lima pourrait utiliser le Coliseo Amauta, arène multifonctionnelle couverte de 20 000 places, pour les tournois olympiques et paralympiques de sports collectifs comme le basketball ou le volleyball.

Vue de la Piscine Olympique du Campo de Marte (Crédits - Wikimapia)

Vue de la Piscine Olympique du Campo de Marte (Crédits – Wikimapia)

La capitale péruvienne aurait également la possibilité de mobiliser les infrastructures du Coliseo Miguel Grau (3 000 places), du Coliseo Manuel Bonilla (3 000 places), du Coliseo Eduardo Dibos (6 000 places), du Coliseo Mariscal Caceres (7 000 places), du Coliseo Polideportivo (11 300 places), de l’Hipódromo de Monterrico et du Club Ecuestre Huachipa pour les sports équestres, de la Base Aérea Las Palmas pour le tir, du Lima Cricket & Football Club pour le tir-à-l’arc, du Centre Aquatique Campo de Marte ou encore du site Terrazas de Miraflores Tennis Club.

Au-delà de ces équipements, Lima pourrait par ailleurs s’appuyer sur l’existence de plusieurs stades afin d’accueillir les compétitions d’athlétisme et les tournois de football et de rugby à sept.

La capitale péruvienne pourrait aussi compter sur les constructions prévues dans le cadre des Jeux Panaméricains (Vélodrome, Piste de BMX, Parcours de canoë-kayak et d’aviron, Colisée de Lima et ses 10 000 places…).

Pour cet événement majeur, les autorités locales et le Comité d’Organisation tablent actuellement sur un investissement global de 741,25 millions de dollars, soit 683,38 millions d’euros.

Logo des Jeux Panaméricains de Lima 2019

Logo des Jeux Panaméricains de Lima 2019

Quoiqu’il en soit, des efforts importants doivent encore être effectués avant de songer au dépôt d’une candidature aux Jeux. Car même si le Pérou et sa capitale disposent d’installations adéquates, il faut encore que le pays acquiert de l’expérience en accueillant des événements sportifs d’envergure continentale et surtout internationale.

Il en va de la crédibilité de l’offre future péruvienne, en particulier en prenant en considération la solide concurrence mondiale à venir (Afrique du Sud, Qatar, Australie…).

Une autre donnée pourrait également influer sur une éventuelle candidature du Pérou et plus encore sur les choix futurs du CIO : l’accueil des JO à Rio de Janeiro. Les retards toujours persistants dans les travaux et les divers problématiques soulevées depuis l’élection de la cité carioca pourraient avoir pour conséquence de refroidir – pour un temps – l’envie du Mouvement olympique de partir à la découverte de nouveaux horizons.

L’année 2016 sera en ce sens, particulièrement déterminante.

Le Canada s’apprête à ouvrir une quinzaine olympique, potentiel tremplin vers une candidature aux Jeux

Durant une quinzaine de jours, le Canada vibrera au rythme des Jeux Panaméricains 2015. Organisés à Toronto dès demain, ils marqueront avec faste l’esprit olympique canadien et seront le point d’orgue de célébrations qui débuteront ce soir à Montréal.

La ville du Québec va en effet inaugurer la nouvelle Maison Olympique Canadienne. Après un gala en présence des principaux membres du Comité International Olympique (CIO) – dont le Président Thomas Bach – et des plus hautes autorités politiques régionales voire même nationales, les anneaux olympiques s’érigeront dans le ciel de Montréal afin d’être apposés à la façade du building.

Un concert et un feu d’artifice clôtureront ensuite cette soirée olympique.

Dès demain, le rythme ne retombera pas, puisque Toronto prendra le relais de Montréal en accueillant les Jeux Panaméricains en présence d’environ 7 000 athlètes venus d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, d’Amérique du Sud et des Caraïbes.

Événement majeur du sport, les Jeux Panaméricains pourraient servir de tremplin à Toronto en vue d’une prochaine candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Mais si l’échéance de 2024 a été écartée par les autorités locales en janvier 2014 et ce, malgré le lancement d’une étude de faisabilité, l’ambition de la ville pourrait toutefois refaire surface à l’aune du succès éventuel des Jeux Panaméricains.

C’est en tous cas l’avis exprimé hier par le Président du CIO. Interviewé par la chaîne de télévision CBC, Thomas Bach a ainsi plaidé pour une nouvelle candidature olympique de Toronto, après l’échec du projet porté pour les JO 2008.

« Je pense que Toronto pourrait être un bon candidat, mais nous avons encore besoin de voir comment vont se dérouler les Jeux Panaméricains ici. Ces Jeux peuvent donner un coup de pouce à un candidat olympique.

Nous voulons savoir, pour un candidat potentiel, comment les Jeux pourraient servir au mieux le développement du sport, la valorisation du développement durable, la croissance économique… » a notamment affirmé Thomas Bach, Champion olympique d’escrime lors des JO de Montréal 1976.

Le Président du CIO, Thomas Bach, à l’Assemblée générale de l’Organisation Sportive Panaméricaine (ODEPA) à Toronto avant les Jeux Panaméricains (Crédits - CIO / Ian Jones)

Le Président du CIO, Thomas Bach, à l’Assemblée générale de l’Organisation Sportive Panaméricaine (ODEPA) à Toronto avant les Jeux Panaméricains (Crédits – CIO / Ian Jones)

Toronto n’est toutefois pas la seule ville canadienne à pouvoir prétendre à l’organisation des Jeux.

Si cette dernière peut légitimement viser les Jeux d’été, Montréal serait plus disposée à accueillir un jour les Jeux d’hiver.

La cité québécoise devra néanmoins régler la délicate problématique de la reconversion du Stade Olympique hérité des Jeux d’été 1976. La toiture de cette infrastructure constitue en effet un perpétuel débat entre autorités sportives et politiques.

Les célébrations à venir du 375e anniversaire de la ville ainsi que l’impact touristique et économique de la Maison Olympique Canadienne pourraient cependant relancer le projet ainsi qu’une possible candidature aux Jeux.

Thomas Bach croit en tous cas aux capacités de Montréal mais aussi de Québec. Malgré les bisbilles récurrentes entre le Maire de Québec et le Président du Comité Olympique Canadien, le patron du CIO estime que la ville peut candidater aux Jeux de 2026.

« Bien sûr ! Le Canada a toutes les opportunités parce que c’est un pays de sport et qui sait organiser de grands Jeux.

Il l’a prouvé avec les Jeux de Vancouver, de Calgary et de Montréal. C’est un pays avec de grands athlètes et qui a tous les atouts pour organiser des Jeux » a déclaré Thomas Bach dans une interview pour « Le Journal de Québec ».

Allumage de la vasque des Jeux de Montréal 1976 (Crédits - Comité Olympique du Canada)

Allumage de la vasque des Jeux de Montréal 1976 (Crédits – Comité Olympique du Canada)

Les 15 prochains jours s’annoncent quoiqu’il en soit déterminants. Marcel Aubut, Président du COC devrait en effet profiter de la venue de Thomas Bach mais également de nombreux membres du CIO pour évoquer l’ambition olympique de son pays.

A la mesure des discussions, le Canada pourrait dès lors se positionner, soit pour les Jeux d’été de 2024 ou plus probablement 2028, soit pour les Jeux d’hiver de 2026.

Mondiaux de Natation 2021 et 2023 : Sept pays candidats

Dans quelques semaines, le 30 juin prochain, la Fédération Internationale de Natation (FINA) se réunira pour faire le point sur l’organisation à venir des Championnats du Monde de Kazan (Russie) mais abordera également les échéances futures, de 2021 et 2023 pour lesquelles les candidats semblent d’ores et déjà nombreux.

Ainsi, alors que les Mondiaux 2021 devaient initialement avoir lieu à Budapest (Hongrie), le retrait soudain de Guadalajara (Mexique) a finalement précipité l’organisation hongroise à 2017. Ce changement de lieu a eu pour conséquence directe de remettre en jeu l’attribution des Mondiaux 2021 et de lancer le processus pour ceux de 2023.

Visuel du futur Centre Aquatique de Budapest (Crédits - Fédération Hongroise de Natation)

Visuel du futur Centre Aquatique de Budapest (Crédits – Fédération Hongroise de Natation)

Aujourd’hui, pas moins de sept pays auraient fait mention de leur intérêt auprès de l’instance de la natation mondiale.

L’Allemagne, l’Argentine, l’Australie, mais aussi la Chine, le Japon, la Turquie et le Qatar semblent en effet intéressés par ces compétitions d’envergure internationale.

L’Allemagne pourrait profiter de sa candidature olympique pour mettre en avant sa volonté d’obtenir les Mondiaux de natation. L’aménagement du quartier portuaire de Kleiner Grasbrook dans le cadre du projet olympique de Hambourg et la construction d’un Centre Aquatique sur cette île pourraient d’ailleurs être un argument de premier plan vis-à-vis de la FINA.

Mais l’Allemagne, hôte des récents Championnats d’Europe en grand bassin, devra se défaire des candidatures de l’Australie, de la Chine, du Japon et du Qatar, quatre prétendants qui ont eux aussi une réelle expérience dans le domaine de la natation.

Ces quatre pays ont en effet déjà accueilli les Championnats du Monde – les trois premiers dans la catégorie grand bassin – et souhaitent redevenir (Australie, Japon) ou s’affirmer (Chine et Qatar) comme de grandes nations de la natation mondiale, au travers d’événements majeurs mais aussi au travers de performances notables de leurs nageurs.

Vue intérieure du Centre Aquatique de Brisbane (Crédits - Australian Freediving Association)

Vue intérieure du Centre Aquatique de Brisbane (Crédits – Australian Freediving Association)

A ce jeu-là, l’Australie peut se prévaloir d’un palmarès exceptionnel – quatrième nation au tableau des médailles mondiales depuis 1973 avec pas moins de 208 breloques – et de trois éditions organisées sur son sol, à Perth (1991 et 1998) et à Melbourne (2007). Cette dernière devrait d’ailleurs être sur les rangs pour porter la candidature australienne, à moins que les autorités sportives ne préfèrent miser sur Brisbane, prétendante à l’organisation des JO d’été de 2028.

Concernant l’Argentine, le Japon et la Turquie, le pari sera tout autre. Chacun devra proposer un projet solide pour pouvoir remporter les suffrages de la FINA et convaincre cette dernière de s’ouvrir à de nouveaux territoires, même si des tentatives ont eu lieu par le passé.

Le Japon a accueilli les Mondiaux en grand bassin en 2001 et pourrait à nouveau les accueillir dans le cadre du futur Centre Aquatique des Jeux de Tokyo 2020, tandis que la Turquie a organisé l’édition 2012 des Mondiaux en petit bassin.

L’Argentine demeure pour sa part le seul pays candidat à ne jamais avoir accueilli les meilleurs nageurs de la planète. La FINA pourrait y être sensible.

Le choix final devrait intervenir avant la fin de l’année 2015.