La victoire de Lausanne 2020 relance l’idée d’une candidature olympique de la Suisse

Vendredi 31 juillet, Pékin (Chine) n’a pas été la seule ville gagnante des suffrages du Comité International Olympique (CIO). Si cette dernière a obtenu les faveurs des membres électeurs pour organiser les Jeux d’hiver de 2022, Lausanne (Suisse) a de son côté décrocher l’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de 2020.

Lausanne a ainsi battu Brasov (Roumanie) sur le score éclatant de 71 voix sur 81. Logique si l’on regarde son projet et surtout son statut qui fait de la ville suisse la capitale olympique depuis 100 ans.

La délégation de Lausanne 2020 au moment de l'annonce des résultats (Crédits - CIO / Ubald Rutar)

La délégation de Lausanne 2020 au moment de l’annonce des résultats (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

La candidature a d’ailleurs pleinement misé sur cet argument – évoquant notamment le fait que les athlètes traverseront le nouveau siège du CIO pour rejoindre le Stade Pierre de Coubertin, hôte des Cérémonies d’ouverture et de clôture.

Aujourd’hui, le succès de Lausanne va permettre au territoire régional de pouvoir réaménager ses sites sportifs, à l’instar de la Patinoire de Malley, tout en facilitant la construction d’installations comme le Village des Athlètes, appelé à devenir une résidence universitaire d’un nouveau genre.

Mais la victoire de Lausanne va aussi et surtout relancer l’ambition d’un pays qui n’a plus accueilli les Jeux Olympiques d’hiver depuis 1948.

Si la dernière tentative pour obtenir l’événement s’est finalement soldée par le retrait prématuré de la candidature des Grisons 2022, la Suisse pourrait bien retenter l’expérience au cours de la prochaine décennie.

Comme l’a ainsi rappelé Jörg Schild, Président de Swiss Olympic, après la victoire de Lausanne 2020, « des cantons aimeraient bien organiser des JO d’hiver.

Six groupes sont aujourd’hui intéressés. Nous étudierons les différentes possibilités, mais 2020 constitue un premier pas avant 2026 ou 2030″.

De fait, les préparatifs de Lausanne 2020 pourraient idéalement positionner la Suisse pour les échéances à venir, et ce d’autant plus lorsque l’on sait que le continent asiatique va organiser – Jeux d’été et d’hiver confondus – trois des quatre prochains rendez-vous olympiques, avec PyeongChang 2018, Tokyo 2020 et Pékin 2022.

Visuel de l'un des terrasses du futur Village Olympique de Lausanne (Crédits - Lausanne 2020)

Visuel de l’une des terrasses du futur Village Olympique de Lausanne (Crédits – Lausanne 2020)

Une situation qui devrait dès lors avantager de potentielles candidatures européennes, même si l’Amérique du Nord pourrait elle-aussi tirer profit de ce contexte.

A l’heure actuelle, Genève et Sion semblent être les options suisses les plus sérieuses. Mais dans les deux cas, le modèle proposé repose sur une culture traditionnelle des sports d’hiver, une conception éloignée de l’esprit olympique d’aujourd’hui, après l’élection de Pékin 2022 et avant elle, de Vancouver 2010 et Sotchi 2014.

La mise en application effective de la réforme Agenda 2020 mais surtout les résultats pour les JO d’été de 2024 seront intéressants à analyser.

Il faudra pour cela attendre 2017. La même année où devrait débuter le processus des candidatures pour les Jeux d’hiver de 2026.

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JO 2022 : Almaty félicite la candidature de Pékin et se positionne pour l’avenir

Quelques heures après la victoire de la candidature olympique de Pékin (Chine), celle d’Almaty (Kazakhstan) a tenu à remercier ses supporteurs, tout en adressant ses félicitations aux porteurs du projet chinois.

Par l’intermédiaire de son vice-Président, Andrey Kryukov – récemment interviewé par « Sport & Société » – Almaty 2022 remercie ainsi le Mouvement olympique de lui avoir donné l’occasion de présenter le Kazakhstan au reste du monde.

Andrey Kryukov lors de l'ultime présentation d'Almaty 2022 devant la Session du CIO (Crédits - CIO / Ubald Rutar)

Andrey Kryukov lors de l’ultime présentation d’Almaty 2022 devant la Session du CIO (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

« Nous adressons nos félicitations à Pékin pour leur candidature victorieuse pour les Jeux d’hiver de 2022. La Chine a joué un rôle important dans le développement du sport en Asie et nous savons qu’ils livreront de grands Jeux.

Alors même si nous sommes déçus du résultat, nous sommes également reconnaissants envers le Comité International Olympique (CIO) pour nous avoir donné l’occasion de présenter notre vision du monde. Nous avons préparer pendant de nombreuses années cette candidature robuste et unique et nous avons beaucoup appris de l’ensemble du processus.

Je suis extrêmement fier du travail acharné accompli par notre équipe, et je ne doute pas que, après avoir vu et entendu nos propos sur nos lieux réels, nos belles montagnes, la culture diversifiée et dynamique, la ville cosmopolite que nous sommes, vous saurez exactement ce que nous entendons par ‘Keeping it Real’.

Conformément à notre plan directeur pour le développement des sports d’hiver à long terme, nous allons continuer à développer notre ville en tant que centre de sports d’hiver pour toute l’Asie centrale. Notre région continuera de bénéficier de l’abondance de lieux de sports d’hiver dans notre ville et nous demeurons engagés dans la volonté d’apporter de grands événements dans notre ville.

Le sport est un élément clé de la stratégie à long terme de notre pays et nous continuerons d’encourager nos jeunes à s’impliquer dans le sport.

Je voudrais également profiter de cette occasion pour remercier tous les membres de l’équipe Almaty 2022 et le peuple du Kazakhstan pour leur passion inspirante, l’enthousiasme et le soutien constant. Sans eux, nous n’aurions pas été en mesure de mener notre candidature jusqu’à l’étape finale du processus d’appel d’offres.

En présentant un projet pour les Jeux d’hiver, nous avons montré au monde les progrès que le Kazakhstan a réalisé depuis son indépendance. Cela est déjà une victoire majeure pour notre pays ».

Montagnes avoisinantes d'Almaty et pommiers en fleurs, symbole de la ville (Crédits - Almaty 2022)

Montagnes avoisinantes d’Almaty et pommiers en fleurs, symbole de la ville (Crédits – Almaty 2022)

Cette deuxième candidature olympique d’Almaty – après son échec pour les JO de 2014 – a en effet permis de localiser la ville et plus encore, de situer le pays sur une carte. Indéniablement, cette nouvelle candidature aura apporter des éléments pertinents à Almaty pour poursuivre dans la voie de son développement urbain, économique et social.

Il n’est donc pas à exclure de retrouver Almaty dans le cadre d’une prochaine échéance olympique.

Si 2026 semble aujourd’hui exclue en raison de l’importance des Jeux attribués en Asie au cours des dernières années (PyeongChang 2018 pour l’hiver, Tokyo 2020 pour l’été, Pékin 2022 pour l’hiver), les échéances 2030 et 2034 pourraient idéalement servir les intérêts du Kazakhstan.

Interviewé par « Sport & Société » cette semaine, Andrey Kryukov déclarait en effet :

« Accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver est donc le but ultime de ce plan [de développement des sports] à long terme ».

JO 2024 : Une candidature conjointe de la Thaïlande et de la Malaisie en réflexion

L’Asie a été particulièrement à l’honneur des derniers scrutins olympiques et le sera à nouveau en juillet prochain.

Après avoir obtenu les Jeux Olympiques d’été de 2008 (Pékin / Chine), puis ceux de 2020 (Tokyo / Japon), le continent recevra l’édition hivernale de 2018 (PyeongChang / Corée du Sud) mais aussi celle de 2022 et ce, compte-tenu de la présence de deux villes asiatiques dans la dernière ligne droite : Pékin – encore elle – et Almaty (Kazakhstan).

Mais les prochaines échéances olympiques pourraient encore être marquées par une forte représentation de cet espace géographique de près de 44 millions de kilomètres carrés et qui compte aujourd’hui plus de 4,3 milliards d’habitants.

Kobkarn Wattanavrangkul

Ainsi, outre l’ambition exprimée par les villes de Shanghai (Chine), Busan (Corée du Sud) et Sapporo (Japon), la Thaïlande et la Malaisie pourraient proposer une candidature olympique conjointe sur la base de la réforme olympique Agenda 2020 qui a conduit à un assouplissement des règles en matière de candidature.

C’est en tous cas ce qu’a indiqué la Ministre des Sports et du Tourisme de Thaïlande, Kobkarn Wattanavrangkul, qui a récemment rencontré son homologue de Malaisie, Khairy Jamaluddin.

Les deux responsables politiques ont de fait mentionné l’organisation des Jeux Olympiques comme une priorité au cours des années à venir, évoquant l’année 2024 comme une première expérience sur la scène olympique mondiale.

Mais si 2024 est incontestablement hors de portée pour les deux pays, le dépôt d’une candidature pourrait permettre de projeter l’élaboration d’un projet technique pertinent pour la décennie qui s’ouvrira après les Jeux de Tokyo 2020.

A ce moment-là, la Malaisie et la Thaïlande pourraient porter l’ambition olympique de l’Asie du Sud-Est et permettre de surcroît, une accélération du développement économique et touristique de l’ensemble de la région.

Illustration : Crédits – Bangkok Post

La Turquie va investir 48,5 milliards d’euros dans le développement des sports d’hiver

A l’instar de la Russie, du Kazakhstan ou de la Chine, la Turquie envisage d’investir massivement dans la promotion de la pratique des sports d’hiver et le développement de ses infrastructures.

Ainsi, le Président de la Fédération de Ski de Turquie (FO), Erol Yanar, a récemment dévoilé un vaste et ambitieux projet portant sur quelques 48,5 milliards d’euros échelonnés sur 12 ans.

Ce projet doit permettre à la Turquie de se doter d’installations de classe internationale capables, le cas échéant, d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver. Si l’échéance 2026 apparaît comme un potentiel test, l’édition 2030 semble davantage réaliste pour la Turquie, si cette dernière engage les travaux d’aménagement à temps.

Mais en dépit de l’investissement conséquent envisagé et de l’ambition olympique affichée, la Turquie devra être en mesure d’organiser des compétitions continentales et internationales afin de consolider son projet global et rendre possible une candidature aux Jeux.

Cela passera notamment par la retransmission, pour la première fois, de la Turkey Alpine Skiing First League à Erzurum (Est), le 13 décembre prochain, puis par l’accueil de la Coupe du Monde FIS de snowboard, du 19 au 20 décembre 2014 à Istanbul. D’autres événements sont par ailleurs programmés durant l’année 2015.

Turquie - Erzurum

Pour Erol Yanar, « le tourisme lié aux sports d’hiver va contribuer au développement régional.

Les montagnes de Turquie sont appropriées pour la pratique du ski. Il y 166 sommets de plus de 2 000 mètres de haut, 137 sommets de plus de 3 000 mètres et quatre sommets de plus de 4 000 mètres.

Actuellement, notre potentiel n’est pas utilisé comme le démontre notre budget consacré au ski et qui se trouve être l’un des plus faibles d’Europe occidentale avec 2,5 millions d’euros seulement ».

Pour palier ce retard et faciliter le développement rapide du tourisme dans les régions montagneuses, 18,5 milliards d’euros seront injectés dans la construction de 5 000 hôtels à proximité des futures pistes de ski, tandis que 15 milliards seront alloués à l’aménagement d’infrastructures, auxquels s’ajouteront 5 milliards d’euros pour l’achat et l’installation de matériels nécessaires à l’entretien des sites.

Plus de 4,1 milliards d’euros seront par ailleurs destinés à la promotion de la pratique des sports d’hiver, notamment à destination des plus jeunes.

Ces montants considérables sont à rapprocher des sommes déployées par les autorités politiques en marge des précédentes candidatures olympiques d’Istanbul, dont la dernière, pour l’échéance 2020.

Plusieurs milliards d’euros ont ainsi été mobilisés dans la modernisation des infrastructures de transport et d’hébergement et plus de 15 milliards d’euros ont été planifiés dans l’aménagement des sites.

Même si la « Perle du Bosphore » n’a pas été retenue par le Comité International Olympique (CIO), il y a fort à parier que les autorités auront à cœur de maintenir un niveau d’investissements élevé et ce, afin de réaliser le rêve olympique au plus tôt.

Que ce soit pour les Jeux d’été de 2024 ou les Jeux d’hiver à l’horizon 2030.

Illustration : Tremplins de saut à ski de Paladöken, près de la ville d’Erzurum (Crédits – NtvSpor.net)

JO 2022 : La Chine érige le développement des sports d’hiver comme une priorité

L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2008 a grandement bénéficié à la Chine et à son rayonnement sur la scène internationale. Malgré les polémiques liées à sa désignation comme Ville Hôte ou au respect des Droits de l’Homme à travers le pays, Pékin a réussi son pari.

Désormais, la capitale vise l’organisation des Jeux d’hiver.

Pékin 2022 - montagnes

Le défi est tout autre. La Chine devra affronter les critiques récurrentes mais aussi les projections et les données actuelles en ce qui concerne la pollution atmosphérique notamment.

Le dernier Marathon de Pékin a d’ailleurs été l’une des images fortes de la planète sport au cours de la semaine passée. Des centaines de participants masqués ont en effet pris part à la manifestation et ce, sous un épais brouillard de particules.

Néanmoins, la Chine s’efforce de rassurer et de convaincre de sa bonne volonté et rappelle à qui veut l’entendre, qu’elle prépare la mise en œuvre d’un plan de lutte historique contre la pollution. Historique du fait de son ampleur mais aussi et surtout de son coût (125 milliards de dollars soit 98,24 milliards d’euros).

Dans la course qui doit, il l’espère, le mener à la victoire, l’Empire du Milieu devra également faire face à des critiques concernant le taux d’enneigement et la qualité des précipitations dans les montagnes de la région de Zhangjiakou.

Mais pour contrer ses détracteurs, la Chine compte bien démontrer qu’elle aura la capacité d’affronter un niveau d’enneigement critique, prenant exemple sur la ville de Sotchi (Russie) qui, malgré un taux relativement faible, est parvenue à organiser l’événement olympique.

Pékin 2022 - snowboard

Pékin aura par ailleurs à cœur de rappeler que l’organisation des Jeux d’hiver permettra de développer la pratique sportive en Chine ainsi que les stations de sports d’hiver aujourd’hui sous-développées. Sur ce point, le Comité International Olympique (CIO) et plus largement, les promoteurs de sports d’hiver, pourraient être sensibles à l’idée d’investir un nouveau marché et non des moindres.

Comme l’a récemment indiqué le Comité de Candidature de Pékin 2022, « la construction et la rénovation des stations de ski dans les Comtés de Chongli et Zhangjiakou, profitera aux habitants de la région et permettra la mise en place d’un pôle compétitif répondant aux standards internationaux ».

Actuellement, Chongli possède cinq stations de ski mais ces dernières demeurent des sites de moyenne capacité. Surtout, elles ne permettent pas l’accueil d’événements internationaux à l’image des Jeux Olympiques et Paralympiques.

Afin de dynamiser l’ensemble du territoire, Pékin 2022 envisage donc d’aménager un nouveau complexe capable de recevoir une nouvelle clientèle – familiale et nombreuse – pour pratiquer les différentes disciplines liées aux sports d’hiver (snowboard, ski de fond, biathlon…). D’un autre côté, les sites existants seront modernisés et équipés de remontées mécaniques plus performantes.

Mais au-delà du seul aspect technique, la candidature chinoise entend profiter de son projet pour permettre la formation de jeunes sportifs qui, demain, pourront rivaliser avec les meilleurs skieurs de la planète.

En février dernier, une école de formation a notamment été installée et reçoit d’ores et déjà plus de 80 étudiants. A terme, elle doit faciliter la promotion de la pratique sportive dans toute la Chine et devenir l’un des principaux sites d’entraînement des équipes régionales et nationales.

Pékin 2022 - jeunes skieurs

Véritable « nain » olympique il y a encore quelques décennies, la Chine est aujourd’hui l’une des nations les plus performantes au niveau des Jeux d’été.

En 1952, lors de sa première participation pour les Jeux d’Helsinki (Finlande), la République Populaire de Chine n’avait glané aucune médaille. Quarante ans plus tard, lors des Jeux de Barcelone 1992 (Espagne), la Chine est parvenue à remporter 54 médailles olympiques. En 2012, pour les JO de Londres (Royaume-Uni), l’Empire du Milieu se classa deuxième nation au nombre des médailles avec pas moins de 88 breloques. Un chiffre inférieur à celui de Pékin 2008 (100) mais un nombre conséquent tout de même.

Pour les Jeux d’hiver, l’évolution est toute autre. De sa première participation en 1980 aux JO de Lake Placid (Etats-Unis), la Chine ne ramènera aucun trophée. Ce constat fut d’ailleurs le même pour l’édition suivante, à Sarajevo 1984 puis à Calgary 1988 (Canada).

En 1992, lors des Jeux d’Albertville en France, l’équipe chinoise ne remporta que 3 petites médailles. Dix ans plus tard, à Salt Lake City, le nombre passa à 8. Cette année, à l’occasion des JO de Sotchi, la Chine n’a fait guère mieux, atteignant 9 breloques et la douzième place au classement des nations.

Dès lors, comment ne pas concevoir que la candidature chinoise s’inscrit pleinement dans un plan stratégique pour développer la pratique sportive et poursuivre une domination qui ne cesse de s’accroître. D’abord les Jeux d’été. Ensuite les Jeux d’hiver.

2022 ne sera peut-être pas la bonne date. Mais même en cas de défaite, le 31 juillet prochain, nul doute que l’Empire du Milieu reviendra plus fort pour remporter la mise, en 2026 ou en 2030.

Illustrations : Crédits – Pékin 2022

L’Argentine vise l’organisation des Jeux Olympiques d’été et d’hiver

Désignée Ville Hôte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2018, Buenos Aires deviendra-t-elle par la suite, Ville Olympique ? C’est en tout cas l’ambition affichée par le Comité Olympique Argentin.

Ce dernier souhaite en effet présenter une candidature à l’organisation des Jeux d’été ainsi qu’à l’organisation des Jeux d’hiver. Un double rêve pour un pays aujourd’hui confronté à la crise.

Si Buenos Aires apparaît comme la ville la plus légitime pour prétendre accueillir l’édition estivale, la région de Patagonie pourrait quant à elle représenter une option crédible pour une candidature hivernale.

Stade de Buenos Aires

Cette dernière, si elle parvenait à convaincre le Mouvement olympique, inscrirait l’Argentine dans l’Histoire. En effet, jamais un pays de l’hémisphère Sud n’a organisé les Jeux Olympiques d’hiver.

Concernant les Jeux d’été, l’Argentine a plusieurs fois tenté de décrocher le précieux sésame. En 1963, la capitale argentine fut sèchement éliminée (2 suffrages) pour l’obtention des Jeux 1968. En 1997, candidate aux JO 2004, Buenos Aires fut humiliée et éliminée au premier tour, n’obtenant que 16 voix.

Mais l’occasion manquée la plus cruelle n’est autre que la candidature aux Jeux 1956. Alors candidate face Mexico (Mexique), Montréal (Canada) et plusieurs villes des États-Unis, Buenos Aires fut battu par Melbourne (Australie) au quatrième et dernier tour de scrutin, sur un score particulièrement serré : 20 suffrages contre 21 pour sa rivale australienne.

Aucune échéance n’a pour l’heure été avancée par le Comité Olympique Argentin, même si les Jeux de 2024 ou 2028 peuvent apparaître comme des choix appropriés. Concernant les Jeux d’hiver, l’échéance 2026 pourrait constituer une première étape avant une éventuelle célébration en 2030.

Illustration : Crédits – Buenos Aires 2018
– Hôte de la finale de la Coupe du Monde de football 1978, l’Estadio Monumental Antonio Vespucio Liberti de Buenos Aires pourrait devenir Stade Olympique dans les prochaines années.
D’une capacité de plus de 61 300 places, il demeure le plus grand stade d’Argentine.

Agenda 2020 : Le Sommet Olympique apporte son soutien à la réforme

Dans le cadre du processus relatif à l’Agenda 2020 – réforme de l’organisation et du fonctionnement de l’institution olympique -, les principaux représentants du Mouvement Olympique se sont réunis à Lausanne (Suisse) afin de discuter des premières propositions.

De fait, le Sommet Olympique, convoqué par le Président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, a rassemblé les vice-présidents de l’institution ainsi que les représentants des principales parties prenantes du Mouvement Olympique*.

Tous, ont exprimé leur soutien à la démarche liée à l’Agenda 2020 et qui s’oriente autour de trois thématiques principales : durabilité, crédibilité et jeunesse.

Ainsi, le Sommet Olympique a appuyé les aspects suivants :

  • Réforme de la procédure de candidature à l’organisation des Jeux,
  • Modification de la procédure relative à la composition du programme olympique,
  • Création d’une chaîne de télévision olympique.

Thomas Bach - 2014

Le premier point, sans doute le plus emblématique et le plus important, souhaite améliorer le processus actuel, en rendant celui-ci plus souple pour les villes intéressées par l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, notamment en matière de conception du projet.

Ainsi, le Sommet Olympique a convenu d’une plus grande souplesse quant à des modifications éventuelles du concept olympique des villes requérantes et candidates. Ces dernières devraient en outre prendre en considération l’héritage des Jeux – l’apport pour le territoire hôte et la population – dès le début de la phase de candidature. Les villes devront à cet effet, appuyer leur argumentation concernant l’intégration des JO à la planification territoriale, sociale et environnementale.

Concernant le point lié au programme olympique, là-aussi, le Sommet Olympique a décidé de soutenir une souplesse accrue, en estimant que l’approche devait se baser « sur les épreuves plutôt que sur les sports pour ce qui est de la composition du programme ». En revanche, le nombre d’athlètes participants aux Jeux resterait limité et donc, inchangé, par rapport à la réglementation actuellement en vigueur.

Enfin, les participants du Sommet Olympique ont décidé de soutenir l’idée de création d’une chaîne de télévision dédiée à l’Olympisme.

Cette proposition, portée en 2013 par Thomas Bach, alors candidat à la présidence du CIO, trouve donc un large écho et pourrait permettre d’accroître, « de manière significative, la visibilité de certains sports ainsi que la promotion des valeurs olympiques tout au long de l’année et dans le monde entier ».

Cette réunion du Sommet Olympique n’est qu’étape dans le processus réformateur.

En effet, d’autres réunions doivent avoir lieu à la rentrée de septembre, avant une présentation et un vote concernant les différentes propositions reçues, les 08 et 09 décembre. A ce moment-là, la Session extraordinaire du CIO se réunira à Monaco en vue d’adopter définitivement la réforme Agenda 2020.

*Listes des participants au Sommet Olympique :

Thomas Bach, Président du CIO ; Cheik Ahmad Al-Fatad Al-Sabah, Président de l’Association des Comités Nationaux Olympiques (ACNO) ; Claudia Bokel, Présidente de la Commission des Athlètes du CIO ; John D.Coates, vice-président du CIO ; Bruno Grandi, Président de la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) ; Patrick Hickey, membre de la Commission exécutive du CIO ; Gian-Franco Kasper, Président de l’Association des Fédérations Internationales des sports olympiques d’hiver (AIOWF) ; Peng Liu, Président du Comité Olympique Chinois ; Julio César Maglione, Président de la Fédération Internationale de Natation (FINA) ; Lawrence Probst, Président du Comité Olympique des États-Unis (USOC) ; Craig Reedie, vice-président du CIO ; Francesco Ricci-Bitti, Président de l’Association des Fédérations Internationales des sports olympiques d’été (ASOIF) ; Marius Vizer, Président de Sport Accord ; Ching-Kuo Wu, membre de la Commission exécutive du CIO ; Alexander Zhukov, Président du Comité Olympique Russe ; Zaiqing Yu, vice-président du CIO.

Illustration : Le Président du CIO, Thomas Bach, lors de l’annonce des Villes Candidates à l’organisation des JO d’hiver de 2022, le 07 juillet dernier (Crédits – CIO / Flickr)

Le CIO cède à NBC Universal les droits de diffusion des Jeux Olympiques jusqu’en 2032

C’est un partenariat sans précédent.

Le Comité International Olympique (CIO) a accordé aujourd’hui à NBC Universal (NBCU) les droits de diffusion des Jeux Olympiques jusqu’en 2032.

Cet accord concerne la diffusion sur l’ensemble des plateformes médias (chaînes de télévision gratuites, chaînes payantes, Internet, mobiles) sur le territoire américain.

NBC Universal

Le montant de l’accord – qui porte sur la période 2021 – 2032, se chiffre à quelques 7,65 milliards de dollars soit 5,497 milliards d’euros, avec une prime à la signature de 100 millions de dollars (71,86 millions d’euros). Cette dernière sera « utilisée pour la promotion de l’Olympisme et des valeurs olympiques de 2015 à 2020 ».

Comme l’a précisé le CIO dans un communiqué, « cet accord va largement contribuer à la stabilité financière à long terme de tout le Mouvement Olympique.

Le CIO reverse en effet plus de 90% des revenus qu’il génère aux Fédérations Internationales de sport, aux 204 Comités Nationaux Olympiques et à leurs délégations, ainsi qu’aux Comités d’organisation de chaque édition des Jeux Olympiques ».

Diffuseur des Jeux depuis l’édition de 1964 organisée à Tokyo (Japon), NBCU aura couvert pas moins de 23 éditions olympiques.

JO 2026 : Genève (Suisse) prépare une candidature

En dépit du retrait de la candidature de Davos-St-Moritz pour l’organisation des Jeux d’hiver de 2022, la Suisse n’a jamais véritablement abandonné son rêve olympique, avec notamment la candidature de Lausanne pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver 2020.

Mais outre cette candidature, la Suisse plancherait aussi sur les Jeux d’hiver de 2026 avec une candidature de Genève. comme le révèle le quotidien « Le Matin ».

La célèbre ville, déjà candidate à la candidature pour 2022, envisage en effet de présenter un projet olympique avec les Cantons de Vaud et du Valais. Fidèle à la philosophie helvétique, Genève souhaiterait proposer des Jeux à taille humaine, économes et respectueux de l’environnement.

Carte - Genève 2026

Dans le détail, Genève serait hôte des Cérémonies Olympiques de même que la majeure partie des épreuves de glace.

Ainsi, le Stade de Genève, d’une capacité de 30 000 places pourrait être mobilisé pour les Cérémonies d’ouverture et de clôture, même si l’aménagement d’un site temporaire n’est pas à écarter.

De son côté, la patinoire des Vernets (7 100 places) pourrait être modernisée pour accueillir le patinage artistique. Mais une candidature suisse pourrait également s’appuyer sur les sites de Lausanne est notamment la patinoire de Malley pour les épreuves de hockey-sur-glace (9 200 places).

Pour les compétitions de ski nordique et de ski alpin, le projet serait axé sur les Cantons de Vaud et du Valais avec par exemple les pistes de Crans-Montana régulièrement utilisées pour des épreuves de Coupe du Monde de ski.

Stade de Genève

Néanmoins, malgré la qualité supposée du projet helvétique, Genève pourrait pâtir de l’élection d’une ville européenne pour les JO 2022.

Or, ce scénario est plus que probable, compte tenu de l’organisation des JO 2018 par la Corée du Sud, autrement dit le continent asiatique, et la règle tacite de rotation des continents en vigueur au sein du Mouvement Olympique. Il faudrait alors revoir le projet suisse et réorienter la candidature vers l’échéance 2030.

Illustrations : Crédits – Le Matin / Site officiel du Stade de Genève

JO 2022 : Pékin s’engage sur la question environnementale

Comme pour les Jeux Olympiques d’été de 2008, les autorités chinoises veulent démontrer aux Comité International Olympique (CIO), leur engagement à lutter contre la pollution atmosphérique.

Ainsi, Li Shixiang, Maire adjoint de la capitale chinoise, a affirmé que la ville comptait régler les problèmes environnementaux en formulant près de 85 mesures et ce, d’ici aux Jeux Olympiques d’hiver de 2022.

Candidate, avec la ville de Zhangjiakou à l’accueil de cet événement planétaire, Pékin souhaite notamment réduire la consommation de charbon et mettre en place des contrôles relatifs à la pollution industrielle.

Un plan concernant le déplacement des véhicules dans et autour de Pékin doit aussi être étudié.

Ces mesures font partie d’un vaste programme environnemental qui devrait mobiliser quelques 125 milliards de dollars (90,13 milliards d’euros) d’ici 2017.

Pollution - Nid d'Oiseau Pékin

Face à la règle tacite de rotation des continents, les autorités pékinoises savent parfaitement que les chances de victoire sont limitées pour l’échéance 2022 compte tenu de l’organisation des JO 2018 par PyeongChang (Corée du Sud).

Néanmoins, Pékin veut se positionner dès aujourd’hui pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver (2026 ou 2030) et souhaite de fait, convaincre les membres du CIO de sa capacité à lutter contre les problèmes environnementaux importants, en particulier le « Smog ».

Cette brume épaisse, constituée de particules fines et d’ozone, recouvre régulièrement la ville de Pékin et ses alentours mais aussi d’autres cités chinoises.

Les autorités s’inquiètent d’ailleurs de la répétition de ce phénomène qui menace la santé des personnes (augmentation de 20 à 50% du nombre de patients admis pour des problèmes respiratoires en 2013) ainsi que la culture agricole.

Illustration : Crédits – Wang Jing / China Daily (2011)