JO 2024 : Gianni Alemanno critique violemment Virginia Raggi pour sa gestion de la candidature de Rome

L’annonce du retrait de la candidature de Rome 2024 n’aura pas tardé à faire réagir au sein de la classe politique locale.

Si la réaction du prédécesseur de Virginia Raggi – Ignazio Marino (Parti Démocrate) – est bien sûr attendue, c’est un autre ancien Maire de Rome qui a exprimé son sentiment sur les réseaux sociaux.

Gianni Alemanno, Maire de la capitale italienne de 2008 à 2013, a critiqué le renoncement de Virginia Raggi, renvoyant d’ailleurs cette dernière dos-à-dos avec Mario Monti, Président du Conseil Italien qui avait enterré la précédente candidature, à savoir celle de Rome 2020.

(Crédits - Gianni Alemanno / Page Facebook)

(Crédits – Gianni Alemanno / Page Facebook)

« Aujourd’hui, Virginia Raggi a commis un délit très grave à l’encontre de la ville de Rome, en effaçant sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024.

Comme Monti, la Maire brûle ainsi la possibilité d’obtenir des investissements publics et privés de plusieurs milliards d’euros pour la ville, et des dizaines de milliers d’emplois pour nos jeunes.

De cette façon, Rome va perdre 10 ans, en ayant la possibilité de se représenter seulement à compter de l’échéance 2028 ou même 2032, et ce, alors que sous mon mandat, nous avions la possibilité d’obtenir les Jeux de 2020. Aujourd’hui, nous laissons partir ceux de 2024.

C’est une décision dommageable et grave sur la durée, une décision qui dépasse les problématiques municipales de ces derniers mois.

Après ce choix, tous les Romains, de chaque bord politique, doivent avoir la certitude qu’il est déjà temps de tourner la page d’une administration municipale qui représente une catastrophe pour la capitale » estime celui qui fut partisan de l’ambition olympique italienne.

Dès la fin de l’année 2012, quelques mois à peine après le retrait forcé de Rome 2020, Gianni Alemanno avait indiqué son intention d’épauler les responsables du Comité Olympique Italien (CONI) pour soumettre un nouveau projet.

Au printemps 2013, alors en pleine campagne pour les élections municipales, l’ancien Ministre de Silvio Berlusconi (2001-2006) avait à nouveau encouragé le dépôt d’une nouvelle candidature, mais à la condition que l’élection de la Ville Hôte des JO 2020 soit favorable à l’Europe et de surcroît, à l’Italie.

Gianni Alemanno s’était ensuite félicité des propos tenus par Thomas Bach, vice-Président et futur Président du Comité International Olympique (CIO).

« [Les déclarations de Thomas Bach ne font que confirmer] la confiance que peut avoir notre ville.

Aujourd’hui, nous sommes déterminés à relancer l’application pour les Jeux de 2024″ avait ainsi affirmé le Maire de l’époque.

Cette déclaration faisait suite aux propos de l’ex-Président du Comité Olympique Allemand (DOSB), des propos qui aujourd’hui, à la lumière des événements, peuvent apparaître cruels pour les responsables de la candidature de Rome 2024.

« [Une candidature de Rome pour 2024 serait forte et très appréciée [par le CIO car] l’Italie est un grand pays, avec une grande culture sportive.

La tentative avortée pour les JO de 2020 a été un mauvais signal, car cette candidature aurait pu constituer une grande opportunité pour l’Italie, qui aurait ainsi été en mesure de démontrer que les Jeux Olympiques peuvent apporter croissance et prospérité » avait déclaré Thomas Bach.

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JO 2024 : Avec le retrait de Rome, l’hécatombe olympique se poursuit

Elles étaient initialement cinq à postuler à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Rome (Italie) fut la première à se positionner officiellement – dès le 15 décembre 2014 – suivie par Boston (États-Unis), puis Hambourg (Allemagne), Paris (France) et Budapest (Hongrie).

La course promettait alors d’être passionnante, au moins autant que pour l’attribution des JO 2012.

Cette ferveur s’accompagnait il faut dire de l’adoption d’un important projet de réformes, intitulé Agenda 2020, et ayant pour objectif de moderniser la procédure des candidatures, tout en rendant plus transparent les règles et les modalités d’attribution de l’événement olympique.

(Crédits - Boston 2024)

(Crédits – Boston 2024)

Toutefois, les premières secousses se sont manifestées au printemps 2015 avec les déboires de la candidature américaine et les multiples changements opérés à sa tête ainsi que dans son projet. Après plusieurs mois de sondages en baisse et d’une contestation populaire croissante, les autorités du Massachusetts et celles du Comité Olympique des États-Unis (USOC) avaient finalement convenu de cesser l’aventure olympique.

La ville de Los Angeles (Californie) fut alors et sans surprise repêchée après avoir été éliminée par la cité étudiante de la côte Est quelques mois auparavant. Celle qui fut deux fois Ville Olympique (1932 et 1984) se relança alors dans la course pour incarner à la fois l’héritage des Jeux et la rupture avec les pratiques passées.

Malgré ce changement de ville – qui aurait été impossible à compter du 15 septembre 2015, date de la clôture officielle des candidatures par le Comité International Olympique (CIO) – la course aux JO 2024 se poursuivait avec cinq concurrentes.

Mais dans la foulée de Boston, une autre ville s’est retrouvée peu à peu empêtrée entre les exigences de son projet, le coût éventuel de l’organisation, et la fronde populaire. Faisant figure de modèle novateur, Hambourg avait multiplié les initiatives pour promouvoir son concept compact, peut-être à l’excès, ce qui finalement a conduit au rejet de la candidature par la voie du référendum, le 29 novembre 2015.

Exit donc Hambourg et l’Allemagne.

(Crédits - Mutabor / Hamburg 2024)

(Crédits – Mutabor / Hamburg 2024)

Seules quatre Villes Candidates ont franchi la fin d’année 2015, non sans se questionner sur l’opportunité de donner la parole aux citoyens et surtout sous quelle forme (concertation, référendum, etc…).

Si Los Angeles, Paris et Rome ont rapidement écarté l’idée d’une consultation populaire – faisant notamment valoir des sondages au beau fixe – Budapest a longtemps débattu d’une telle entreprise avant in fine de renoncer, arguant de l’enthousiasme de la classe politique.

Aujourd’hui, les choses pourraient néanmoins changer du côté de la Hongrie où la porte a de nouveau été ouverte pour une aventure des plus périlleuses. Mais c’est avant tout en Italie que les choses se sont considérablement dégradées depuis le début de l’année et l’arrivée à la tête de la « Ville Éternelle » de Virginia Raggi et du Mouvement 5 Étoiles.

Ayant fait de son refus des JO 2024 l’un de ses principaux thèmes de campagne, Virginia Raggi n’a cessé depuis son élection au mois de juin 2016 de contester l’opportunité d’une candidature de Rome.

Après avoir annoncé son intention de faire connaître sa décision en octobre 2016 – après des rencontres et des réunions pour tenter de renégocier la gigantesque dette de la capitale italienne – la Première Magistrate avait rejeté l’invitation du Président du Conseil Italien à se rendre à Rio de Janeiro (Brésil) afin de défendre les chances transalpines aux JO 2016.

Cette absence – remarquée par la presse internationale et les membres de la Famille Olympique – avait d’ailleurs conduit à l’annulation de la conférence de presse de Rome 2024, une conférence dont l’exercice avait été autorisé par le CIO pour l’ensemble des Villes Candidates.

Avec le retrait ce mercredi de la candidature italienne, la péninsule se retrouve dans une situation particulièrement délicate et qui peut se résumer aux récentes déclarations du Président du Comité Olympique Italien (CONI).

« Pour les 30 ou 50 ans qui viennent, nous dirons au revoir aux Jeux.

[…] La candidature est devenue un jeu complexe qui ne concerne plus seulement le sport, mais qui est désormais orienté pour moitié par la politique.

Comme le monde du sport, nous sommes embarrassés, car il s’agit d’un événement dont l’organisation est prévue dans 8 ans » avait ainsi affirmé Giovanni Malago durant la première quinzaine de septembre.

Ces propos, loin d’être anodins, peuvent en tous cas s’entendre au regard de la difficulté de l’Italie à se faire comprendre aux yeux du CIO depuis plus de dix ans et l’obtention des JO 2006 par Turin.

Depuis cette date, les Jeux ont échappé à l’Italie et ce, alors qu’ils auraient pu constituer une évidence avec la candidature de Rome 2020.

Les querelles politiques et la crise économique avaient cependant douché les espoirs du Mouvement olympique italien et ses représentants au sein du CIO, à commencer par Mario Pescante qui fit le choix de démissionner de ses fonctions de vice-Président de l’institution de Lausanne (Suisse) en février 2012.

Avec désormais deux retraits en moins de cinq ans, la crédibilité italienne et encore davantage celle de Rome, est considérablement entamée parmi la Famille Olympique.

Le discrédit est présent et pourrait être durable, ce qui pose la question de la légitimité d’une nouvelle candidature pour 2028 ou 2032, même avec une autre ville que Rome comme l’a récemment laissé entendre Matteo Renzi, Président du Conseil et ancien Maire de Florence.

(Crédits - Sport & Société)

(Crédits – Sport & Société)

Dans l’attente de prochaines évolutions, la course se retrouve désormais limitée.

Face à l’incertitude qui risque de s’accroître pour Budapest – et au regard de son profil d’outsider aussi – les Jeux d’été de 2024 semblent plus que jamais se diriger vers un duel entre deux mastodontes de l’Olympisme, deux villes ayant une riche expérience et surtout une ambition débordante compte-tenu de leurs candidatures passées : Los Angeles (deux fois Hôte des JO et sept fois candidates) et Paris (deux fois Hôte des JO et trois fois candidates).

Mais si ce duel annoncé – rêvé et excitant – est une formidable publicité pour les Jeux et ses sponsors, il n’en demeure pas moins l’illustration des limites du Mouvement Olympique tel qu’il s’est constitué et transformé depuis sa création et surtout depuis sa mutation dans les années 1980 sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch.

Le CIO peut-il en effet se satisfaire du maintien de deux ou trois candidatures finales pour 2024 lorsque les Jeux d’été drainaient jusqu’à sept prétendantes pour 2016 (dont quatre officiellement candidates) ; neuf pour 2012 (cinq dans le tableau final) ; dix pour 2008 (cinq finalistes) ; onze pour 2004 (cinq finalistes) ?

Force est de constater que la réforme Agenda 2020 n’a pas encore produit les effets escomptés. D’ailleurs, ces derniers seront-ils visibles dans les années à venir et en particulier dès le lancement des candidatures pour 2028 ?

A suivre. Il n’est pas certain en effet que des villes ayant fait acte de candidature par le passé fassent à nouveau partie des concurrentes.

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits - Moses Mabhida Stadium)

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits – Moses Mabhida Stadium)

Rome bien sûr ne devrait pas se risquer à pareil challenge dans un avenir proche, de même que Madrid (Espagne) dont les trois précédentes tentatives (2012, 2016 et 2020) se sont toutes soldées par de cuisants échecs, ou encore Istanbul (Turquie) qui a espéré ouvrir l’Olympisme vers de nouveaux horizons avec ses candidatures échelonnées dans le temps (2000, 2004, 2008, 2012, 2020).

L’Australie a bien fait mention d’un intérêt pour 2028.

L’Afrique du Sud pourrait aussi se décider à repartir dans la course après une tentative remarquée mais infructueuse avec Le Cap pour 2004. Le Pérou avec Lima – hôte de la Session qui désignera la Ville Organisatrice des JO 2024 en septembre 2017 – pourrait également se pencher sur la question d’une candidature, de même que l’Argentine qui prépare actuellement les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018.

Les leçons et les enseignements qui seront tirés dans les mois à venir sur les préparatifs et l’organisation des Jeux de Rio 2016 seront sans nul doute un premier indicateur sur les chances de ces territoires à prétendre à l’accueil du plus grand événement sportif de la planète.

Toutefois, face au désamour persistant dont il est victime, le CIO pourrait ne pas avoir le choix et être forcé en conséquence de revoir encore ces critères de sélection.

Le « gigantisme » des Jeux – longtemps vilipendé – est peut-être arrivé à l’heure de son crépuscule. Le CIO garde d’ici-là une manne financière conséquente pour affronter les temps difficiles qui s’annoncent.

(Crédits - Comité Olympique de Suède)

(Crédits – Comité Olympique de Suède)

Car au-delà des seuls Jeux d’été – certes plus prestigieux et à l’audience télévisée plus importante – c’est bien l’ensemble du système olympique qui se trouve à présent dans une impasse.

Les difficultés du CIO à mobiliser les villes pour les Jeux d’hiver au cours des dernières années se sont d’ailleurs manifestées avec éclats et inquiétudes pour l’échéance de 2022 : référendums défavorables de Munich (Allemagne) et Cracovie (Pologne) ; retrait de Lviv (Ukraine) et Oslo (Norvège) ; renoncement de Stockholm (Suède) ; réflexion puis abandon de Barcelone (Espagne).

In fine, la course aux JO 2022 s’était soldée par un duel inattendu et aux antipodes des expériences passées : Almaty (Kazakhstan) face à Pékin (Chine), la victoire finale allant à cette dernière en dépit de réels défis techniques dans une région où l’enneigement est une problématique majeure. Un comble pour des Jeux d’hiver en sursit.

La campagne pour 2026 ne s’annonce guère plus ouverte avec la présence notable de la Suisse et le retour de la Suède, mais avec le retrait déjà effectif de la Province du Québec et certainement des États-Unis, davantage préoccupés par l’obtention des Jeux d’été de 2024.

JO 2028 : Moncef Belkhayat : « Si j’engage Casablanca dans ce projet, je gagnerais l’organisation des Jeux »

Il y a quelques jours, « Sport & Société » évoquait la proposition de Moncef Belkhayat, ancien Ministre Marocain de la Jeunesse et des Sports, de présenter la candidature de Casablanca à l’organisation des Jeux d’été de 2028.

Ce mercredi, celui qui est candidat aux élections régionales à Casablanca, a accepté de répondre en exclusivité aux questions de « Sport & Société », en détaillant son projet et son ambition.

(Crédits - Moncef Belkhayat)

(Crédits – Moncef Belkhayat)

– Dans le cadre des prochaines élections régionales marocaines, vous avez émis la proposition de présenter la candidature de Casablanca à l’organisation des JO 2028. Cela s’apparente-t-il avant tout à un coup de communication ou à une véritable ambition pour la ville et sa région ?

Mon programme est un programme basé sur quatre objectifs majeurs, programme que j’ai présenté de manière chiffrée.

Le premier point consiste en une amélioration de la vie des citoyens de Casablanca, à travers un système de sécurité, un système de transports, mais aussi un système de santé et de proximité. Le deuxième objectif consiste à améliorer la gouvernance de Casablanca, à travers un projet que l’on appelle la « Smart City ». Le troisième objectif est de faire de Casablanca le premier pôle économique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, et un pôle qui relie les continents, notamment l’Europe à l’Afrique Subsaharienne. Cet objectif vise à faire de Casablanca un hub économique. Le quatrième objectif est enfin de faire de Casablanca et de sa région, un pôle touristique – le deuxième du Maroc après Marrakech – en profitant de nos 220 kilomètres de côtes, mais aussi en profitant de la construction d’un Palais des Congrès qui ferait de Casablanca une ville de tourisme d’affaires et de shopping.

A partir de là, si ces quatre objectifs sont atteints, ce que je dis, c’est que présenter Casablanca pour organiser les Jeux Olympiques de 2028 devient une conséquence logique et la cerise sur le gâteau, pour faire en sorte que l’on puisse avoir un programme de rupture qui transforme Casablanca avec un cap, et ce cap, étant incarné par les JO 2028.

Alors est-ce un coup de communication ou un vrai projet ? Je vous réponds de manière très claire, c’est un vrai projet qui a même été discuté avec le Président du Comité International Olympique (CIO), lorsqu’il est venu visiter Rabat lors de l’organisation des premiers Jeux de la Jeunesse Africaine.

Nous avions alors évoquer la possibilité – à l’époque le Maroc avait gagné la Coupe du Monde des Clubs, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la Coupe Mondiale des Confédérations d’Athlétisme – et il m’avait dit, « est-ce qu’éventuellement, après avoir organisé toutes ces compétitions, l’organisation des JO 2028 ou 2032 à Casablanca pourrait être envisageable ? ». J’avais répondu, « bien sûr Monsieur Le Président que ce projet est envisageable. Il faut juste savoir que si vous voulez organiser les premiers JO de l’Histoire de l’Afrique, le CIO devra faire un effort pour pouvoir, sur le plan financier, permettre à un pays africain de pouvoir le faire ».

Nous avions évoquer le sujet et clairement, il y a deux villes africaines qui sont ressorties du lot comme étant capables d’organiser les JO en 2028 ou en 2032 : Casablanca ou Durban en Afrique du Sud.

Clairement, c’est un vrai projet et à titre personnel, j’y crois vraiment, parce que j’ai engagé mon pays dans des dossiers de manifestations sportives et j’ai gagné l’ensemble des dossiers dans lesquels j’ai engagé mon pays. Si j’engage Casablanca dans le cadre de ce projet, je gagnerais l’organisation des JO. Mais moi-même, candidat à la présidence de la Région de Casablanca, je n’engagerai la ville que si les quatre premiers objectifs que j’ai cité sont réalisés et financés avec les prérogatives nouvelles qu’aura le Président de la Région du Grand Casablanca.

– Sachant que vous avez évoqué la possibilité d’une candidature avec le Président du CIO, vous avez sans doute pu aborder ce sujet avec Nawal El Moutawakel, ancienne Ministre de la Jeunesse et des Sports comme vous, et surtout membre influente du CIO ?

Non, je n’ai pas encore discuté avec Madame Nawal El Moutawakel. Il faudrait que ce soit précis. J’ai discuté avec Monsieur Thomas Bach en 2010. Nous sommes en 2015 et je n’ai pas encore discuté avec Madame Nawal El Moutawakel qui est aussi membre du Bureau Politique du même parti que moi, le Rassemblement National des Indépendants (RNI).

Je ne discuterai avec elle qu’au moment où mon projet aura été accepté par la société civile casablancaise, par les élus. Dès lors, il faudra ensuite prendre son bâton de pèlerin et convaincre le Gouvernement, parce que ce projet deviendra un projet national, un projet d’État. Une fois cette étape réalisée, je pourrai officiellement aller démarcher le CIO et à ce titre, Madame Nawal El Moutawakel sera bien sûr la première personne en tant que membre du CIO que je contacterai.

Visuel du projet de Stade Olympique de Casablanca

Visuel du projet de Stade Olympique de Casablanca

– Aujourd’hui, quels sont les principaux sites sportifs qu’il faudrait bâtir à Casablanca pour pouvoir accueillir les Jeux ?

Du temps où j’étais Ministre, j’avais prévu la construction d’un grand Stade Olympique dans la ville de Médiouna. Ce projet avait donné lieu à un concours international et un cabinet coréen avait remporté la conception de ce projet.

J’avais également veillé à ce que la société SONARGES – Société Nationale de Réalisation et de Gestion des Stades -, bras armé pour les infrastructures du Ministère, fasse l’acquisition d’un terrain de 60 hectares.

Aujourd’hui, tout est donc prêt, même les budgets au niveau du Ministère de la Jeunesse et des Sports, pour lancer ce projet.

Il faudra lancer un Stade Olympique, mais également une deuxième salle couverte et une nouvelle piscine olympique pour aménager la Cité Olympique de Médiouna, avec aussi un Village Olympique dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) avec des promoteurs immobiliers qui par la suite procéderont à la location ou à la vente des appartements en logements sociaux.

Il faudra en outre réaménager le Centre Nautique de Mohammedia pour les sports nautiques et la voile ; le Centre Nautique d’Azemmour pour le canoë-kayak ; l’Étrier de Casablanca pour les épreuves équestres ; l’Hippodrome pour le cyclisme. Je pense que nous n’aurons pas à débourser beaucoup d’argent pour les sites sportifs.

D’ailleurs, en délocalisant le Stade Olympique à l’extérieur de la ville, nous pourrions repenser le Stade Mohammed V en un jardin public connu à l’échelle mondiale, comme par exemple Central Park à New York ou Hyde Park à Londres.

Casablanca mérite de devenir une ville internationale avec des endroits qui peuvent devenir mythiques. Délocaliser un stade de l’intérieur vers l’extérieur, cela s’est déjà produit, il n’y a donc aucune raison pour que ce ne soit pas le cas à Casablanca.

– Vous avez évoqué le chiffre de 38 milliards de dirhams (3,89 milliards d’euros) pour le financement du projet. Cela comprend-t-il uniquement l’aménagement des sites sportifs ou également les installations d’accès aux enceintes des compétitions (routes…) ?

Je prévois dans mon programme, 3,4 milliards de dirhams (348,73 millions d’euros) pendant treize ans pour améliorer de manière générale les infrastructures de Casablanca, infrastructures pour les transports, pour la santé, pour la sécurité. A ces 3,4 milliards, j’ajoute 38 milliards – c’est-à-dire 3 milliards de dirhams (307,67 millions d’euros) par an pendant treize ans – pour le projet des Jeux. Ce projet comprend les infrastructures sportives, les frais d’organisation, la sécurité et la partie du volet des transports qui sera liée aux JO.

En revanche, concernant l’aéroport international de Casablanca, la ville a besoin de rénover ce site pour devenir un hub économique et touristique et je ne comptabiliserai donc pas l’aéroport dans le budget des Jeux.

Dès lors, le budget relatif aux JO est de 38 milliards de dirhams. Casablanca a besoin d’un budget similaire pour pouvoir transformer la ville où il est aujourd’hui difficile de marcher sur les trottoirs, en une ville sécurisée, propre et où l’on peut venir se faire soigner si on a le moindre souci de santé, autrement dit, les aménagements nécessaires pour une ville accueillante et au rayonnement international.

(Crédits - Moncef Belkhayat)

(Crédits – Moncef Belkhayat)

– Quels sont les grands axes de la politique sportive et des grands événements menée par les autorités marocaines ?

Le Maroc a organisé plusieurs événements d’envergure internationale.

Nous avons dernièrement accueilli le Mondial des Clubs. Nous avons organisé par ailleurs la Coupe des Confédérations d’Athlétisme, la Coupe du Monde féminine de beach-volley et nous accueillons régulièrement des événements majeurs.

Maintenant, il s’agit de se fixer un nouveau cap et de donner des garanties au CIO. Je pense que je peux mener ce projet à bien et apporter les garanties nécessaires, d’abord pour réaménager Casablanca et ensuite pour faire de Casablanca la première ville africaine à proposer un solide projet d’organisation des Jeux Olympiques.

Pour cela, j’ai même prévu un budget pour une action de sensibilisation aux valeurs olympiques à l’école, car les Jeux, ce ne sont pas uniquement du sport, mais également des valeurs et des principes. Ces valeurs et ces principes doivent aussi être enseignés aux jeunes étudiants pour être prêt à accueillir en 2028, plusieurs centaines de milliers, si ce n’est des millions de spectateurs et de personnes étrangères.

Casablanca est une ville d’affaires. Les étrangers qui y viennent, ce sont des businessmans, mais nous n’avons pas encore d’étrangers qui viennent et qui se posent une semaine dans un hôtel pour se reposer, faire du balnéaire, faire du shopping…  Aujourd’hui, il est très difficile d’avoir une terrasse à Casablanca où un touriste peut venir s’asseoir tranquillement. Ce n’est pas encore le cas mais cela le sera d’ici 2028. C’est ma vision pour développer le tourisme à Casablanca : une réhabilitation de la médina, un Palais des Congrès de 5 000 places, la construction de 25 hôtels classés, le réaménagement de la corniche, le lancement d’un Festival International de shopping en janvier et en juillet à Casablanca.

– Ne craignez-vous pas, si votre proposition obtient les appuis nécessaires, la concurrence d’un autre pays africain, en l’occurrence l’Afrique du Sud ?

J’ai déjà affronté l’Afrique du Sud dans le cadre du projet de candidature pour la CAN 2015 et Monsieur Danny Jordaan lui-même (Président de la South African Football Association) s’était déplacé et je l’avais battu.

Il n’y a donc pas de raison pour que ce ne soit pas le cas pour les JO !

– Du fait de votre expérience en qualité d’ancien Ministre de la Jeunesse et des Sports, quel regard portez-vous sur les candidatures déclarées à l’organisation des JO 2024 ?

En ce qui me concerne, je suis pour Paris, du fait de la proximité du Maroc et de la France et du fait que Paris a un beau projet.

Si en 2024, les JO se déroulent à Paris, ce serait sympa que Paris soutiennent le Maroc pour les JO de 2028 à Casablanca. Cela permettrait de rester dans un axe de coopération et de développer, pas seulement le sport, mais surtout les valeurs du sport dans le monde francophone.

Le rêve olympique de Détroit…

Sept. Sept comme le nombre de candidatures infructueuses présentées par la ville de Détroit (Michigan) aux États-Unis : 1944, 1952, 1956, 1960, 1964, 1968 et 1972*.

Aucune autre ville à travers le monde n’a formulé autant de candidatures pour organiser les Jeux d’été.

(Crédits - Ville de Détroit)

(Crédits – Ville de Détroit)

Aujourd’hui, l’hypothèse de voir une nouvelle candidature de Détroit est tout bonnement farfelue.

Du fait de la prochaine désignation de Los Angeles (Californie) pour porter les couleurs américaines dans la course aux JO de 2024. Du fait aussi, de la situation économique et financière toujours critique dans l’ancienne capitale mondiale de l’automobile.

Mais l’idée d’un projet olympique commun de Détroit et de sa proche voisine canadienne Windsor, a toutefois fait l’objet d’une analyse complète réalisée par JC. Reindl pour le site « Detroit Free Press ».

Il faut dire que la ville américaine dispose d’atouts.

Sa persévérance passée et donc son expérience des candidatures olympiques, mais aussi et surtout ses installations sportives. Certes, une part importante du patrimoine sportif de la ville devrait être réaménagée, réhabilitée voire entièrement rénovée.

Projet olympique potentiel dans le cadre d'une candidature conjointe de Détroit et Windsor (Crédits - Detroit Free Press)

Projet olympique potentiel dans le cadre d’une candidature conjointe de Détroit et Windsor (Crédits – Detroit Free Press)

Néanmoins, il n’est pas impossible d’imaginer l’organisation d’épreuves sur certains terrains, à l’instar du Windsor International Aquatic and Training Centre pour la natation. Des sites devraient en revanche être construits pour permettre l’hébergement des athlètes – le Brush Park et ses environs désaffectés sont une piste de réflexion – et l’organisation des Cérémonies d’ouverture et de clôture.

Sur ce point, une proposition totalement insensée à l’heure actuelle, pourrait – le cas échéant – refaire surface et être remodelée.

Projet de Stade Olympique pour Détroit 1968

Projet de Stade Olympique pour Détroit 1968

Imaginé dans le cadre des JO 1968 – finalement attribués à Mexico (Mexique) – le projet de Stade Olympique prévoyait ainsi l’édification d’une structure monumentale d’une capacité de 110 000 spectateurs.

Ce chiffre exceptionnel n’est pas sans rappeler l’ambition un temps évoquée par la candidature de Tokyo 2016 de bâtir un Stade de 100 000 places. Les contraintes logistiques, techniques et surtout de sécurité ont in fine conduit les autorités à repenser ce modèle d’installation et à concevoir un nouveau projet dans le cadre de la candidature victorieuse aux JO 2020.

Projet de Stade Olympique pour la candidature de Tokyo 2016

Projet de Stade Olympique pour la candidature de Tokyo 2016

Si les Jeux Olympiques sont souvent synonymes de dépenses et d’excès, ils sont aussi une incroyable manifestation sportive et un véritable projet d’aménagement urbain lorsque la planification est bien pensée. Ils représentent aussi un certain idéal.

Les réformes engagées par le Comité International Olympique (CIO) avec l’Agenda 2020 pourraient plaider en faveur d’une huitième candidature de Détroit. Dans un avenir plus ou moins proche. Le rêve existe.

* Pour 1944, Détroit avait obtenu 2 voix et termina en troisième position derrière Londres (20) et Rome (11). Les Jeux d’été 1944 ne furent jamais organisé en raison de la Seconde Guerre Mondiale.
Pour 1952, la ville décrocha une nouvelle fois 2 voix et fut éliminée – comme 5 autres villes – dès le premier tour.
Pour 1956, Détroit fut éliminée au troisième tour avec seulement 4 suffrages.
Pour l’édition 1960, Détroit fut battue au second tour et ne pu donc rivaliser avec Lausanne (24 voix) et Rome (35 voix) pour le dernier tour de scrutin.
Pour l’Olympiade 1964, Tokyo arriva devant Détroit (34 voix contre 10).
Pour 1968, ce fut au tour de Mexico de devancer la cité américaine (30 contre 14) avec, à noter, également la candidature française de Lyon (12 voix).
Enfin pour 1972, Détroit ne pu rivaliser avec Montréal, Madrid et surtout Munich dans la course à l’organisation des Jeux (6 voix, élimination au premier tour).

Lima (Pérou) ambitionne d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été

Après la candidature victorieuse et l’organisation à venir des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été 2016 par Rio de Janeiro (Brésil), l’Amérique du Sud semble être désireuse de se positionner encore davantage sur l’échiquier sportif international au cours des deux prochaines décennies.

Ainsi, après l’Argentine qui avait mentionné, fin 2014, son intérêt pour l’accueil des Jeux d’été ou d’hiver, le Pérou lui emboite le pas et affirme à son tour son ambition de devenir hôte des JO d’été sans doute pour 2028 ou 2032.

Classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1991, le centre-ville de Lima est un atout pour une éventuelle candidature (Crédits - Wikipedia / Tetraktys)

Classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1991, le centre-ville de Lima est un atout pour une éventuelle candidature (Crédits – Wikipedia / Tetraktys)

Comme l’indique en effet le site spécialisé « Inside The Games », le Président du Comité Olympique du Pérou songe présenter une candidature de Lima après 2019, année où le Pérou accueillera les Jeux Panaméricains, succédant ainsi à Rio de Janeiro (2007) et Toronto (Canada, 2015).

A cette date et au regard de la qualité d’organisation des Jeux Panaméricains, José Quiñones proposera peut-être la candidature de la capitale de près de 8,5 millions d’habitants.

Pour l’échéance olympique 2028, l’élection de la Ville Hôte aura lieu en 2021, tandis que pour l’échéance 2032, le scrutin olympique se déroulera en 2025.

Un autre événement pourrait également accentuer la motivation des autorités olympiques péruviennes. En 2017, Lima organisera en effet la 130e Session du Comité International Olympique (CIO), Session qui désignera la Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Pour José Quiñones, « nous pourrions être hôte des Jeux.

Cela apporterait un avantage pour notre population et avec l’Agenda 2020 du Mouvement olympique, l’organisation serait plus facile, notamment avec les nombreux sites déjà existants ».

Si une rénovation – parfois profonde – d’une partie du dispositif existant semble nécessaire, divers équipements sont aujourd’hui disponibles pour un projet olympique et paralympique, Lima et ses multiples districts comptant plusieurs enceintes sportives de grande capacité.

Vue aérienne de l'Estadio Monumental de Lima et ses 80 000 places (Crédits - Wikipedia / MicroX)

Vue aérienne de l’Estadio Monumental de Lima et ses 80 000 places (Crédits – Wikipedia / MicroX)

L’Estadio Monumental pourrait notamment servir de cadre aux Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux avec ses 80 000 places. Avec une telle capacité, il s’agit d’ailleurs de l’un des stades les plus grands d’Amérique du Sud. Un atout incontestable en vue d’une éventuelle candidature.

Outre cette installation construite au début des années 2000, Lima pourrait utiliser le Coliseo Amauta, arène multifonctionnelle couverte de 20 000 places, pour les tournois olympiques et paralympiques de sports collectifs comme le basketball ou le volleyball.

Vue de la Piscine Olympique du Campo de Marte (Crédits - Wikimapia)

Vue de la Piscine Olympique du Campo de Marte (Crédits – Wikimapia)

La capitale péruvienne aurait également la possibilité de mobiliser les infrastructures du Coliseo Miguel Grau (3 000 places), du Coliseo Manuel Bonilla (3 000 places), du Coliseo Eduardo Dibos (6 000 places), du Coliseo Mariscal Caceres (7 000 places), du Coliseo Polideportivo (11 300 places), de l’Hipódromo de Monterrico et du Club Ecuestre Huachipa pour les sports équestres, de la Base Aérea Las Palmas pour le tir, du Lima Cricket & Football Club pour le tir-à-l’arc, du Centre Aquatique Campo de Marte ou encore du site Terrazas de Miraflores Tennis Club.

Au-delà de ces équipements, Lima pourrait par ailleurs s’appuyer sur l’existence de plusieurs stades afin d’accueillir les compétitions d’athlétisme et les tournois de football et de rugby à sept.

La capitale péruvienne pourrait aussi compter sur les constructions prévues dans le cadre des Jeux Panaméricains (Vélodrome, Piste de BMX, Parcours de canoë-kayak et d’aviron, Colisée de Lima et ses 10 000 places…).

Pour cet événement majeur, les autorités locales et le Comité d’Organisation tablent actuellement sur un investissement global de 741,25 millions de dollars, soit 683,38 millions d’euros.

Logo des Jeux Panaméricains de Lima 2019

Logo des Jeux Panaméricains de Lima 2019

Quoiqu’il en soit, des efforts importants doivent encore être effectués avant de songer au dépôt d’une candidature aux Jeux. Car même si le Pérou et sa capitale disposent d’installations adéquates, il faut encore que le pays acquiert de l’expérience en accueillant des événements sportifs d’envergure continentale et surtout internationale.

Il en va de la crédibilité de l’offre future péruvienne, en particulier en prenant en considération la solide concurrence mondiale à venir (Afrique du Sud, Qatar, Australie…).

Une autre donnée pourrait également influer sur une éventuelle candidature du Pérou et plus encore sur les choix futurs du CIO : l’accueil des JO à Rio de Janeiro. Les retards toujours persistants dans les travaux et les divers problématiques soulevées depuis l’élection de la cité carioca pourraient avoir pour conséquence de refroidir – pour un temps – l’envie du Mouvement olympique de partir à la découverte de nouveaux horizons.

L’année 2016 sera en ce sens, particulièrement déterminante.

Le Comité Olympique du Qatar réitère son soutien au CIO et va reconsidérer son partenariat avec SportAccord

C’est une décision qui pourrait durablement impacter et redessiner les relations – déjà tendues – entre SportAccord et le Comité International Olympique (CIO).

Dans un bref communiqué, le Comité Olympique du Qatar (QOC) a décidé de « revoir son parrainage avec la Convention SportAccord. Cette décision intervient à la lumière des observations faites par le Président de SportAccord, Marius Vizer, contre le CIO, lors de la session d’ouverture de l’Assemblée générale de SportAccord à Sotchi, la semaine dernière.

Le QOC soutient pleinement le CIO et son Président, Thomas Bach, dans l’adoption à l’unanimité des réformes de l’Agenda Olympique 2020.

Comme Thomas Bach, le Comité Olympique du Qatar estime que le sport a besoin d’unité et de crédibilité afin de profiter d’un avenir brillant et prospère et nous restons sur ce point un partenaire de confiance du CIO pour atteindre cet objectif.

Alors que le QOC a joui d’une relation mutuellement bénéfique avec la Convention SportAccord, nous ne soutenons pas les observations formulées par Marius Vizer et nous avons donc pris la décision de reconsidérer notre partenariat avec la Convention« .

QOC

En prenant une telle décision, le Comité Olympique du Qatar réaffirme sa volonté de s’inscrire en qualité de partenaire fiable et majeur du Mouvement olympique. L’ambition d’organiser un jour les Jeux Olympiques et Paralympiques n’est pas non plus anodine dans ce choix.

Recalée à deux reprises – 2016 et 2020 – lors de la phase de Requérance, Doha entend en effet présenter un nouveau projet olympique au cours de la décennie à venir. Si l’échéance de 2024 apparaît comme limitée, 2028 sera sans doute une rampe de lancement pour espérer concrétiser le rêve olympique du Qatar.

La décision du QOC intervient en tous cas quelques jours après la déclaration du Sheikh Ahmad Al-Fahad Al-Sabah, ancien Ministre du Pétrole du Koweït mais surtout membre influent du CIO et Président de la puissance Association des Comités Nationaux Olympiques (ANOC).

« Au nom des 205 Comités Nationaux Olympiques, l’ANOC tient à souligner son engagement complet pour la mise en œuvre de l’Agenda Olympique 2020.

Cette réforme a été conçue après une année de consultation avec toutes les parties prenantes du Mouvement olympique et les valeurs de démocratie, de transparence et d’intégrité ont été compilées dans les 40 Recommandations qui ont été présentées. […]

Sous la direction du Président Thomas Bach, nous sommes impatients de progresser vers un avenir plus uni et plus lumineux ».

Sheikh Ahmad Al-Fahad Al-Sabah confirme lui aussi son attachement au CIO, sa proximité avec Thomas Bach et démontre une nouvelle fois qu’il est l’un des nouveaux visages de l’institution olympique, un visage avec lequel il faudra compter à l’avenir.

Illustration : Crédits – Qatar Olympic Committee

Le Turkménistan rêve des Jeux Olympiques

A l’image de l’Azerbaïdjan, l’ancienne République Socialiste Soviétique du Turkménistan – 5,17 millions d’habitants – ambitionne d’organiser un jour les Jeux Olympiques et Paralympiques.

Si l’Azerbaïdjan a pris une longueur d’avance avec l’aménagement d’installations sportives en vue d’accueillir les premiers Jeux Européens en juin 2015, le Turkménistan prévoit la construction d’un véritable complexe susceptible de devenir un Parc Olympique, avec outre un grand stade, plusieurs équipements capables de recevoir des épreuves d’athlétisme, de natation ou encore de gymnastique.

Ashgabat Olympic Complex

Cette cité des sports, d’une superficie proche de 160 hectares, doit ouvrir ses portes d’ici 2017 afin d’accueillir les Jeux Asiatiques des sports en salle et des arts martiaux.

Certaines arénas sont d’ores et déjà édifiées, à l’instar du Vélodrome qui dispose de 6 000 places ou encore de la Grande Salle d’une capacité de 15 000 places.

L’aménagement des différentes infrastructures devrait représenter un investissement d’au moins 5 milliards de dollars, soit 4,61 milliards d’euros.

Mais en dépit de cet imposant chantier, le rêve olympique du pays ne devrait pas devenir réalité avant plusieurs décennies. Au mieux, le Turkménistan pourrait viser l’organisation des Jeux d’été de 2032, le temps nécessaire pour engranger l’expérience requise pour satisfaire aux exigences olympiques.

Le pays devra également engager un plan de mobilisation massif afin de soutenir ses équipes et permettre à celles-ci de concourir aux prochaines Olympiades avec l’espoir d’obtenir des médailles. Car pour l’heure, le Turkménistan n’a jamais glané la moindre breloque.

Il faut dire que la jeune nation ne dispose d’un Comité National Olympique (CNO) que depuis 1990 – reconnu par le Comité International Olympique (CIO) en 1993 – et ne participe aux Jeux d’été que depuis l’édition d’Atlanta 1996.

Illustrations : Crédits – Achgabat 2017

JO 2024 : Une candidature conjointe de la Thaïlande et de la Malaisie en réflexion

L’Asie a été particulièrement à l’honneur des derniers scrutins olympiques et le sera à nouveau en juillet prochain.

Après avoir obtenu les Jeux Olympiques d’été de 2008 (Pékin / Chine), puis ceux de 2020 (Tokyo / Japon), le continent recevra l’édition hivernale de 2018 (PyeongChang / Corée du Sud) mais aussi celle de 2022 et ce, compte-tenu de la présence de deux villes asiatiques dans la dernière ligne droite : Pékin – encore elle – et Almaty (Kazakhstan).

Mais les prochaines échéances olympiques pourraient encore être marquées par une forte représentation de cet espace géographique de près de 44 millions de kilomètres carrés et qui compte aujourd’hui plus de 4,3 milliards d’habitants.

Kobkarn Wattanavrangkul

Ainsi, outre l’ambition exprimée par les villes de Shanghai (Chine), Busan (Corée du Sud) et Sapporo (Japon), la Thaïlande et la Malaisie pourraient proposer une candidature olympique conjointe sur la base de la réforme olympique Agenda 2020 qui a conduit à un assouplissement des règles en matière de candidature.

C’est en tous cas ce qu’a indiqué la Ministre des Sports et du Tourisme de Thaïlande, Kobkarn Wattanavrangkul, qui a récemment rencontré son homologue de Malaisie, Khairy Jamaluddin.

Les deux responsables politiques ont de fait mentionné l’organisation des Jeux Olympiques comme une priorité au cours des années à venir, évoquant l’année 2024 comme une première expérience sur la scène olympique mondiale.

Mais si 2024 est incontestablement hors de portée pour les deux pays, le dépôt d’une candidature pourrait permettre de projeter l’élaboration d’un projet technique pertinent pour la décennie qui s’ouvrira après les Jeux de Tokyo 2020.

A ce moment-là, la Malaisie et la Thaïlande pourraient porter l’ambition olympique de l’Asie du Sud-Est et permettre de surcroît, une accélération du développement économique et touristique de l’ensemble de la région.

Illustration : Crédits – Bangkok Post

JO 2024 : En misant sur les Jeux du Commonwealth, l’Afrique du Sud écarte la candidature olympique

Désormais seule en piste dans la course aux Jeux du Commonwealth 2022 depuis le retrait de la ville d’Edmonton (Canada), l’Afrique du Sud devrait selon toute logique faire une croix sur son ambition olympique pour 2024. Une décision déjà évoquée au cours des dernières semaines.

Avec la candidature de Durban, le pays propose un projet compact centré autour du Stade Moses Mabhida et des installations adjacentes. Organisés en juillet 2022, les Jeux seraient ainsi abrités dans un rayon de 2,5 kilomètres autour du stade qui fut hôte de la Coupe du Monde de football 2010.

Stade de Durban - vue de la mer

Si 95% des infrastructures sont déjà opérationnelles, seuls un Village des Athlètes et un stand de tir devraient être aménagés selon le responsable Sud-Africain Gideon Sam.

La compacité du dispositif et l’existence de la majeure partie des sites devraient de fait permettre un coût d’organisation relativement limité.

S’inscrivant dans le cadre du plan de développement de Durban et de sa région pour les 15 prochaines années, la candidature aux Jeux du Commonwealth 2022 constitue en tous cas une réelle opportunité en terme de retombées économiques et sociales.

Ainsi, outre la création de milliers d’emplois, l’accueil des Jeux est de nature à générer des retombées touristiques de l’ordre de 12 milliards de rand africain , soit près de 916 millions d’euros. L’apport global pour l’économie nationale est quant à lui estimé à 20 milliards de rand africain, soit 1,526 milliard d’euros.

Mais si ce concept apparaît comme pertinent dans le cadre d’une candidature aux Jeux du Commonwealth, il devrait indéniablement être amélioré et densifié en vue d’une prochaine candidature olympique. Celle-ci pourrait intervenir pour l’échéance 2028 et exigerait l’aménagement d’installations supplémentaires – temporaires ou pérennes – mais surtout un agrandissement de certains sites, comme le complexe aquatique limitrophe du stade principal.

Comme l’a d’ailleurs affirmé Tuddy Reddy, Chef de direction au sein du Comité de Candidature de Durban 2022, « les Jeux Olympiques sont une compétition totalement différente, notamment au regard des coûts.

Pour donner un exemple, le site de gymnastique des Jeux du Commonwealth doit disposer de 5 000 places, tandis que le même site pour les Jeux Olympiques doit être équipé de 15 000 sièges ».

Vue du Parc olympique de Durban

En écartant une nouvelle fois l’idée d’une candidature aux JO, l’Afrique du Sud décide de faire l’impasse sur l’Olympiade de 2024 – promise à l’Europe ou aux États-Unis – et de concentrer ses efforts sur l’organisation des premiers Jeux du Commonwealth de son Histoire.

Le projet olympique interviendra plus tard et pourrait porter le pays comme première nation africaine organisatrice des Jeux. Il faudra donc au minimum attendre 2028 pour voir ce projet se concrétiser. L’échéance 2032 pourrait toutefois être plus réaliste pour l’Afrique du Sud.

Illustrations : Crédits – Durban 2022

JO 2024 : L’Afrique du Sud ne devrait finalement pas s’aligner

Évoquée depuis plusieurs mois, l’idée d’une candidature olympique de l’Afrique du Sud semble désormais s’éloigner.

Selon le site Around the Rings, le pays porterait actuellement son attention sur une candidature à l’organisation des Jeux du Commonwealth de 2022 et aurait donc laissé de côté son ambition olympique.

Cette priorité affichée n’est in fine pas une surprise, puisque l’Afrique du Sud ne possède aujourd’hui aucune expérience olympique et demeure une nation relativement jeune en terme de grands événements sportifs internationaux.

Stade de Durban - parvis

L’accueil des Jeux du Commonwealth pourrait donc servir de test et de tremplin au dépôt prochain d’une candidature aux JO. Les échéances de 2028 et 2032 apparaissent dès lors comme deux options de choix, à l’instar de la stratégie qui sera sans doute adoptée par le Qatar.

Pour justifier ce qui s’apparente à un retrait prématuré de la course olympique, le Comité Sud Africain (SASCOC) a rappelé que « le processus d’appel d’offres pour les Jeux du Commonwealth nécessite énormément de temps, de dévouement et de ressources pour pouvoir proposer une offre réussie.

En misant sur un dossier fondé sur les installations de Durban, le Comité souhaite afficher ses priorités et ne sera pas détourné de sa philosophie.

Une candidature olympique n’est pas à l’étude à l’heure actuelle ».

Cette déclaration vient en tout cas contredire les propos formulés à la fin de l’année 2014, par Sam Ramsany, ex-Président du SASCOC et actuel membre Sud-Africain du Comité International Olympique (CIO).

Illustration : Crédits – Moses Mabhida Stadium