Le projet d’aménagement du Stade Olympique de Brisbane (Queensland, Australie) est entré dans une nouvelle phase capitale, avec la désignation des cabinets d’architectes appelés à concevoir le futur écrin d’une jauge de 63 000 places qui s’implantera au sein du Victoria Park.

Pensé pour s’intégrer de façon harmonieuse dans le cadre paysager du Victoria Park, le Stade Olympique de Brisbane sera réalisé selon les plans de deux cabinets d’architecture australiens, « Cox Architecture » et « Hassell » qui ont été désignés en partenariat avec le cabinet nippon de renom « Azusa Sekkei » – à l’œuvre notamment sur le Stade Olympique de Tokyo – pour concevoir le futur ouvrage qui constituera l’une des pièces maîtresses des Jeux de 2032.
Si un logo et de premiers visuels avaient été imaginés ces derniers mois par les autorités gouvernementales, encore fallait-il sélectionner les architectes appelés à réaliser l’imposante structure.
Aussi, répondant aux exigences d’un cahier des charges contraint pour un tel équipement et tâchant par ailleurs de lever les doutes et les critiques quant au choix de l’emplacement du futur écrin, les architectes lauréats et les autorités régionales ont finalement dévoilés une mouture aux lignes fluides, où le végétal occupe une place centrale avec des inspirations puisées dans la culture et le mode de vie des habitants du Queensland.

Destiné à accueillir les Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux de 2032, ainsi que les épreuves d’athlétisme de l’événement planétaire, avant d’abriter les équipes et clubs des Brisbane Lions, des Queensland Bulls et des Brisbane Heat, le Stade Olympique se révèle ainsi entouré d’un vaste espace engazonné et d’un paysage arboré, les végétaux gagnant même les travées extérieures de l’enceinte, dans un esprit qui n’est pas sans rappeler la physionomie du Stade National du Japon à Tokyo, Hôte des JO 2020.
L’insertion paysagère du Stade Olympique et son intégration au Victoria Park ont par ailleurs amenés les architectes à réfléchir à la déambulation des futurs spectateurs jusqu’au parvis et aux tribunes. Cela se traduit notamment par l’agencement d’une large passerelle imaginée dans des tons clairs et avec un garde-corps aux parois vitrées pour ne pas obstruer la vue.
En outre, si les différentes strates composant le Stade Olympique offrent une impression générale de légèreté, la toiture du site illustre elle-aussi la recherche d’une certaine transparence de l’ouvrage pour limiter l’impact visuel de celui-ci dans son environnement immédiat et assurer de facto son intégration dans l’espace existant.

Toujours sur la partie extérieure de l’ouvrage qui réinterprète les codes des maisons traditionnelles du Queensland – avec une avancée de toit et de larges ouvertures – les architectes ont pensé un espace de détente à l’ombre des arbres et face à un écran géant permettant de suivre les événements se déroulant au sein de l’écrin sportif.
A l’intérieur cette fois, trois niveaux de gradins se présentent aux spectateurs pour partie abrités par la toiture translucide, tandis qu’un écran géant circulaire offrira une visibilité de l’action aux quatre coins du Stade Olympique à l’instar du spectacle aujourd’hui proposé dans les enceintes les plus modernes de la planète.
A l’image encore de ces enceintes connectées et multifonctionnelles, le Stade Olympique de Brisbane pourra héberger des manifestations sportives, mais également des rendez-vous culturels, avec une jauge adaptée en conséquence.
De fait, si la disposition du site pour les Jeux d’été de 2032 et les événements sportifs qui s’y tiendront par la suite sera limitée à 63 000 places au maximum, la capacité d’accueil pourra être portée à 70 000 places dans le cadre des concerts pouvant être organisés in situ.

Le choix des cabinets d’architectes précités représente aujourd’hui l’aboutissement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt lancé par l’Autorité Indépendante des Infrastructures et de Coordination des Jeux (GIICA) au cours du dernier semestre 2025 et qui a généré un engouement certain à l’échelle mondiale eu égard à l’importance du projet et à la visibilité planétaire de l’événement olympique et paralympique auquel il est rattaché.
Aussi, quatre équipes distinctes avaient été présélectionnées et invitées à remettre une proposition formelle, avant que le jury mis en place n’opère la sélection des cabinets annoncés ce lundi 05 janvier 2026 et qui devront désormais travailler en lien avec le Bureau d’études et de conseil en ingénierie, « Arup », choisi en septembre dernier pour la conception du Plan directeur intégré du Victoria Park.
Comme l’a précisé le Président de la GIICA, Stephen Conry, qui présidait le jury :
Lors du lancement de notre processus de sélection, nous recherchions une conception visionnaire, l’innovation et un excellent esprit d’équipe, et c’est précisément ce que nous avons constaté à l’issue de nos délibérations approfondies.
L’équipe sélectionnée possède l’expérience requise en matière de conception de stades, une connaissance approfondie du territoire et une expertise reconnue en aménagement urbain, ainsi que les ressources internationales indispensables à un projet d’une telle envergure.
S’inscrivant dans les chantiers que la GIICA va coordonner d’ici 2032, le Stade Olympique bénéficiera d’une partie non-négligeable de l’enveloppe budgétaire allouée par les pouvoirs publics.
En effet, les travaux de construction du futur ensemble devraient avoisiner la bagatelle de 3,785 milliards de dollars australiens (2,19 milliards d’euros), soit plus de la moitié des investissements projetés sur les 17 sites sur lesquels interviendra la GIICA (7,1 milliards de dollars australiens ou 4,09 milliards d’euros).
Pour répondre aux contraintes environnementales et garantir une insertion paysagère la plus harmonieuse possible, architectes et autorités ont en outre planché sur la meilleure localisation au sein du Victoria Park, entre la Gilchrist Avenue et le campus Kelvin Grove de l’Université de Technologie du Queensland, avant de statuer sur un emplacement privilégié dans un espace vallonné.
Ce choix – qui doit encore être confirmé dans les semaines à venir – devrait notamment permettre d’atténuer les efforts de viabilisation du site, en particulier en ce qui concerne le terrassement de celui-ci, avec désormais un besoin de 60 000 mètres cubes, soit bien moins que le chiffrage avancé par certaines projections gouvernementales qui allaient jusqu’à 200 000 mètres cubes.
Comme l’a en tous cas fait savoir le Vice-Premier Ministre du Queensland et Ministre du Développement, des Infrastructures et de la Planification de l’État, Jarrod Bleijie :
Le gouvernement Crisafulli s’efforce de rétablir la confiance et de relancer la dynamique, afin que les Jeux de 2032 soient une source de fierté pour tous les habitants du Queensland.
Cox Architecture, Hassell et Azusa Sekkei ont conçu un projet architectural qui met en valeur le meilleur du mode de vie et du caractère uniques du Queensland, offrant ainsi une vision véritablement grandiose pour notre stade.
L’équipe est en place pour voir le stade prendre vie, de la conception à la construction, au cours des prochaines années, et faire en sorte que le nouveau stade de Brisbane soit la fierté du Queensland bien au-delà de 2032.

Bien sûr, les défis d’un tel chantier pourraient conduire à des modifications sur certains éléments du concept, que ce soit au niveau de l’inclinaison de la toiture, ou encore de l’agencement des ascenseurs en divers endroits du stade.
Les parties au projet se montrent en cela parfaitement conscientes des possibles modulations à opérer dans la perspective d’un début du chantier dans le courant de l’année 2026 avec les travaux préparatoires, puis l’enclenchement de la construction à partir de 2027, avant une livraison attendue pour l’année 2031.
Ainsi que l’a à ce stade souligné Richard Coulson, Président de « Cox Architecture » :
Nous pensons que le stade doit être en harmonie avec son environnement, reflétant non seulement l’identité de Brisbane, mais aussi celle de toute la région. Il doit renforcer le lien entre notre lieu de vie, le paysage environnant et la nature elle-même.
Avec ses collines verdoyantes et ses panoramas à couper le souffle, le Victoria Park offre un cadre exceptionnel pour ce stade.
L’importance des perspectives dégagées, la possibilité de profiter d’une brise rafraîchissante et la nécessité d’offrir des zones ombragées incarnent le mode de vie décontracté cher aux habitants du Queensland – des qualités qui font partie intégrante de notre culture.
Pour sa part, Lucy O’Driscoll, Directrice Générale de « Hassell », s’est voulue confiante quant à la suite du processus d’aménagement et aux possibilités qu’offrira le futur écrin.
Comme elle l’a notamment exposé :
Ce projet va bien au-delà de la simple satisfaction des besoins liés aux grands événements internationaux.
Il garantit l’adaptabilité du site à une grande variété d’usages sportifs et culturels, en faisant un véritable atout pour toute la communauté.
Il offrira non seulement une expérience de classe mondiale aux athlètes et aux spectateurs, mais dotera également Brisbane d’une infrastructure sportive essentielle de calibre international – un lieu dont tous les habitants du Queensland seront fiers.

Mais derrière ce satisfecit général du côté des autorités et des architectes sélectionnés pour la conception du Stade Olympique, le projet présenté cette semaine ne recueille pas l’approbation des opposants à cette implantation annoncée au cœur du Victoria Park. Loin de là.
Tandis qu’une action en justice avait été formalisée à l’été 2025, l’association « Save Victoria Park » s’est montrée plus que sceptique quant aux visuels dévoilés en ce début d’année 2026.
Ainsi que l’a fait savoir Rosemary O’Hagan, porte-parole de l’association, dans un propos recueilli par le quotidien « Brisbane Times » :
[Ce projet] est un véritable vernis écologique.
Ce qui est réel, ce sont les arbres centenaires, les collines ondulantes et la faune indigène que le gouvernement entend anéantir pour ce qui pourrait devenir l’une des éditions olympiques les plus désastreuses de l’histoire sur le plan environnemental.
Une sortie qui n’a pas manqué de faire réagir le Vice-Premier Ministre du Queensland.
Comme l’a en retour fait savoir avec virulence Jarrod Bleijie :
L’association « Save Victoria Park » n’est qu’une bande d’individus qui refusent tout projet.
Ils croient que ce parc est utilisé depuis des années. Ce n’est pas le cas. C’était un terrain de golf. Avant d’être un terrain de golf, c’était une décharge, bon sang !
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