Paris 2024 : La promesse de Jeux paritaires et la confirmation des sports additionnels

Réunie ce lundi 07 décembre, la Commission Exécutive du Comité International Olympique (CIO) a approuvé le programme des épreuves ainsi que les quotas d’athlètes en vue des Jeux d’été de Paris 2024, des Jeux qui seront marqués par une parité historique.

(Crédits – Paris 2024)

En cette fin d’année 2020, le Comité d’Organisation de Paris 2024 (COJO) poursuit ses préparatifs à moins de quatre ans de l’ouverture programmée des Jeux. Si le contexte sanitaire singulier a pu générer des contre-temps, le calendrier dédié au programme des épreuves olympiques a bien été respecté et ce, dans l’attente de l’approbation du programme paralympique qui devrait intervenir en mars 2021.

De fait, la Commission Exécutive du CIO a approuvé ce jour les contours des JO 2024, avec un nombre maîtrisé d’épreuves et des quotas d’athlètes adaptés à la venue de quatre sports additionnels, sans oublier aussi, la volonté – commune à l’institution olympique et aux organisateurs de Paris 2024 – de proposer des Jeux paritaires.

Comme l’a fait savoir sur ce point Jean-Philippe Gatien, Vice-Champion Olympique de tennis de table et actuel Directeur des Sports de Paris 2024, au cours d’un échange avec les médias organisé lundi en fin de journée :

Ce programme est complètement aligné avec les grands marqueurs de Paris 2024.

C’est un programme qui sera inclusif, créatif, spectaculaire et résolument tourné vers la jeunesse, avec une annonce forte qui est celle de la parité. Il s’agit d’une première historique aux Jeux.

De fait, alors que Tokyo 2020 s’appuiera l’an prochain sur 48,8% de compétitrices, l’édition parisienne sera quant à elle marquée par une participation égale entre les femmes et les hommes, soit 50% de part et d’autre. Cette parité – stricte pour 28 des 32 sports au programme dont les 4 sports additionnels – a notamment été rendue possible par l’accroissement du nombre d’épreuves mixtes, qui passent de 18 à Tokyo à 22 à Paris, ou encore par le remplacement en boxe d’une catégorie de poids chez les hommes au profit des femmes.

Comme un symbole, la parité olympique fera son apparition en 2024, cent vingt quatre ans exactement après la toute première participation féminine aux Jeux modernes. A l’époque, quelques 22 femmes et 975 hommes participèrent aux Jeux de Paris 1900 dans le cadre de 95 épreuves.

Pour ce qui est de Paris 2024, le nombre d’athlètes appelés à concourir sera évidemment bien supérieur à ce qu’il fut au début du XXe siècle, mais en baisse sensible par rapport aux Jeux de Rio 2016, où 11 238 athlètes avaient fait le déplacement au Brésil, de même que ceux de Tokyo 2020 au cours desquels 11 092 athlètes devraient participer aux épreuves dans la capitale du Japon et dans les villes associées à l’été 2021. De fait, 10 500 athlètes pourront prendre part aux Jeux de Paris 2024, soit 5 250 femmes et 5 250 hommes.

Démonstration de breakdance lors de la Journée Olympique à Paris, le 23 juin 2019 (Crédits – CNOSF / KMSP)

Ce schéma général a pu être adopté en assurant une réduction du nombre d’épreuves à l’issue de discussions menées avec les Fédérations Internationales (FI) dont les sports sont inscrits aux Jeux d’été, des Fédérations qui entendaient pourtant solliciter l’ajout de 41 épreuves supplémentaires.

Pour l’institution olympique, l’équation était loin d’être évidente, entre la nécessité de préserver l’identité des Jeux, la problématique liée à l’intégration promise de quatre nouveaux sports et le souci d’éviter la mobilisation de sites complémentaires générateurs de coûts supplémentaires.

Aussi, au terme des discussions, plutôt que de risquer une surchauffe organisationnelle, l’institution de Lausanne (Suisse) a donc fait le choix d’abaisser à 329 le nombre d’épreuves autorisées en 2024, contre 339 l’année prochaine à Tokyo.

Pour preuve des changements annoncés, huit disciplines feront leur entrée au programme des Jeux en remplacement d’épreuves existantes. Cette décision se justifie au regard de l’exigence fixée très tôt par le CIO et rappelée ce lundi par Jean-Philippe Gatien :

Les huit disciplines qui rentrent aujourd’hui, remplacent huit disciplines sortantes, puisqu’il a été décidé par le CIO de ne pas rajouter d’épreuves dans une Fédération Internationale, sauf à ce que ce soit en remplacement d’autres épreuves.

En athlétisme, une épreuve mixte, dont le choix devra être acté par World Athletics d’ici le 31 mai 2021, sera ainsi inscrite au calendrier de Paris 2024 en lieu et place du 50 kilomètres marche hommes.

Cette même échéance de la fin mai 2021 sera aussi valable pour la voile, dont les compétitions se dérouleront à Marseille (Bouches-du-Rhône). En remplacement des épreuves masculine et féminine de 470 et du Finn hommes, l’intégration de trois épreuves mixtes sera alors précisée au regard des modalités d’organisation (Kitesurf mixte, 470 mixte et éventuellement la course au large mixte).

En ce qui concerne le canoë, deux épreuves de slalom extrême seront organisées, venant en remplacement de deux épreuves de sprint à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne).

Pour le tir, dont la tenue des épreuves est projetée au Bourget (Seine-Saint-Denis), non loin du futur Village des Médias et du site pérenne d’escalade sportive, une épreuve par équipes mixtes de skeet remplacera la fosse olympique par équipes mixtes.

Enfin, comme mentionné précédemment, une nouvelle catégorie de poids en boxe féminine fera également son apparition aux Jeux de 2024 au détriment d’une catégorie masculine.

Globalement, l’haltérophilie et la boxe figurent parmi les sports les plus impactés par la réduction du nombre d’épreuves engagée aujourd’hui, avec par exemple, pour le premier, quatre épreuves supprimées et un quota d’athlètes ramené de 196 participants aux Jeux de Tokyo 2020 à 120 concurrents aux Jeux de Paris 2024. La diminution opérée est encore plus sèche si l’on considère les 260 participants en présence lors des Jeux de Rio 2016.

Pour ces deux sports, les modalités relatives aux catégories de poids retenues pour les JO 2024 seront arrêtées ultérieurement, à savoir au cours du quatrième trimestre 2021.

Visuel du stade éphémère imaginé sur la Place de la Concorde pour les sports urbains de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024)

En plus du programme des épreuves et des quotas d’athlètes, la décision olympique approuvée aujourd’hui a par ailleurs conforté comme attendu le choix et l’identité des quatre sports additionnels proposés par Paris 2024.

Le skateboard, l’escalade sportive, le surf et le breakdance auront en effet droit de citer lors des JO 2024 au sein de sites sélectionnés par le Comité d’Organisation et validés plus tôt cette année par le CIO.

Tandis que le surf se déroulera à Tahiti (Polynésie Française) et que l’escalade sera programmée sur un nouveau site à construire au Bourget, le skateboard et le breakdance seront quant à eux localisés dans un écrin urbain mondialement connu, à savoir la Place de la Concorde.

Plus grande place de Paris avec plus de 8 hectares de superficie, cette dernière sera temporairement transformée en parc urbain avec l’aménagement d’un stade éphémère qui pourra aussi recevoir des événements culturels tout au long de la célébration des Jeux.

Si le chiffre de 35 000 places avait été avancé lors de la présentation initiale de ce site iconique, inséré entre les Champs-Elysées et le Jardin des Tuileries d’une part, et le Pont de la Concorde – avec sa perspective sur l’Assemblée Nationale – ainsi que l’Hôtel de Crillon et l’ancien Hôtel de la Marine d’autre part, la jauge devrait être révisée pour répondre aux exigences budgétaires.

Visuel du live-site du Trocadéro pour les Jeux de 2024 (Crédits – Paris 2024 / Ph. Guignard / Populous-Luxigon)

Dans les prochains jours, le COJO – qui a récemment reçu les encouragements de la Commission de Coordination du CIO pour les Jeux de 2024 – réunira son Conseil d’administration pour entériner le concept issu de la revue de projet réalisé, à l’aune de la crise sanitaire et économique, afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires.

Le 17 décembre 2020, ledit concept devrait alors consacrer la mise en œuvre d’une cartographie des sites pour partie remodelée, avec notamment le choix des sept villes appelées à accueillir le tournoi de football durant l’été 2024 et la confirmation de sites sélectionnés dès la phase de candidature, à l’image du Château de Versailles pour les sports équestres et le pentathlon moderne.

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