Paris 2024 place la Tour Eiffel au cœur de ses médailles

En dévoilant ses médailles, Paris 2024 marque une étape supplémentaire dans ses préparatifs, moins de six mois avant l’ouverture des Jeux, illustrant une fois encore sa volonté de casser les codes traditionnels et d’allier le patrimoine français à la célébration des Jeux Olympiques et Paralympiques.

La médaille d’or olympique et la médaille d’or paralympique de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024 / Cyril Masson)

De bout en bout, la Tour Eiffel aura symbolisé l’aventure olympique et paralympique de Paris 2024.

D’abord au travers du logo ayant accompagné la candidature de la « Ville Lumière », puis lors de divers événements comme les festivités du 14 juillet ou encore la cérémonie de passation du drapeau olympique entre Tokyo 2020 et Paris 2024 à l’été 2021 lorsque la Patrouille de France longea la célèbre « Dame de Fer » ou, plus récemment, lors du dévoilement du compte à rebours des Jeux.

Insérée comme une véritable partenaire du concept des Jeux, la Tour Eiffel (7e arrondissement) occupe par ailleurs une place de choix dans l’organisation de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques ainsi que dans la tenue des compétitions, sans oublier aussi la célébration des médaillés. De fait, l’emblématique silhouette de plus de 300 mètres fera le tour du monde à l’été 2024 au moment où les épreuves de triathlon et de natation en eau libre se tiendront dans la Seine et sur les rives du fleuve, mais également lorsque le beach-volley puis le cécifoot se tiendront au sein d’un stade éphémère aménagé sur le Champ-de-Mars, tout comme lorsque le judo puis le rugby à sept éliront domicile dans l’écrin monumental de l’Aréna du Champ-de-Mars.

Elle constituera auparavant une carte postale spectaculaire de la Cérémonie d’ouverture qui s’échelonnera le long de la Seine, du Pont d’Austerlitz au Pont d’Iéna, avec une apothéose prévue entre le Trocadéro et la Tour Eiffel.

Durant les Jeux, spectateurs et médias resteront aussi à l’ombre de l’édifice, alors que les médaillés défileront dans les Jardins du Trocadéro spécialement réagencés en un vaste « Parc des Champions ».

Mais au-delà de ces considérations, la Tour Eiffel restera gravée dans le souvenir des athlètes, puisque un morceau historique de l’ouvrage sera présent au cœur des précieuses breloques qui seront posées autour du coup des médaillés d’or, d’argent et de bronze.

Comme pour illustrer la place forte occupée depuis les prémices du projet olympique et paralympique, Paris 2024 a en effet fait le choix d’insérer dans ses médailles un extrait du fer d’origine de la Tour taillé en hexagone.

Ainsi que l’a exposé Tony Estanguet, Président du Comité d’Organisation des Jeux (COJO) :

Nous avons marié le symbole le plus fort des Jeux, la médaille, avec le symbole absolu de Paris et de la France dans le monde entier, la Tour Eiffel.

Dans cette aventure créative exceptionnelle, auquel la Commission des Athlètes de Paris 2024 a été étroitement associée, nous avons eu l’honneur et la chance de travailler avec la Maison Chaumet, expert joaillier mondialement reconnu pour son savoir-faire, son élégance et son incarnation de l’artisanat français.

Vue du design de l’avant des médailles des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024)

Présenté de facto comme la rencontre de deux icônes, le design des médailles est le résultat d’un processus de réflexions mené depuis 2018, soit au cours de l’année ayant suivi l’attribution des Jeux par le Comité International Olympique (CIO).

Si très tôt, l’idée d’une médaille à partager – comme cela fut évoqué en juillet 2017 lors de la présentation du projet devant les membres du CIO – a été retoquée en raison de la complexité du concept à mettre en œuvre malgré l’attractivité de celui-ci, le lien entre la médaille et la Tour Eiffel s’est finalement imposé comme une évidence.

Du dialogue conduit avec la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE) est donc née l’idée de placer au centre des médailles un fragment de la Tour, les diverses campagnes de rénovation de l’édifice au XXe siècle ayant permis le retrait régulier d’éléments métalliques conservés depuis par ladite Société.

Comme l’a souligné à juste titre Jean-François Martins, Président de la SETE, par ailleurs ancien Adjoint à la Maire de Paris en charge des Sports durant la phase de candidature de Paris 2024 :

La Tour Eiffel, fille de Paris et des grands événements mondiaux, devait offrir aux athlètes un souvenir inoubliable de Paris.

Avec ce métal unique issu de la Tour Eiffel, cette médaille revêt un caractère historique et un clin d’œil à Pierre de Coubertin qui, contemporain de Gustave Eiffel, fut l’un des derniers à pouvoir visiter le chantier de construction de la Tour avant son ouverture.

Aussi, afin de mettre en perspective l’insertion d’un pan de l’un des monuments les plus célèbres au monde et pour donner l’image d’un véritable bijou décerné aux médaillés, Paris 2024 s’est judicieusement associé avec la Maison Chaumet.

Fleuron de la haute-joaillerie française depuis 1780 et Maison du groupe LVMH reconnu comme Partenaire Premium des Jeux de 2024, Chaumet a dès lors conçu une médaille reflétant trois inspirations, à savoir l’hexagone, le rayonnement et le sertissage, dans une symbolique renvoyant aussi à l’esprit Art Déco qui jalonne l’aventure de Paris 2024.

Chaque élément a en effet été travaillé avec le souci du détail, à l’instar de la taille opérée sur le fer puddlé rappelant la forme géométrique évoquant la France.

Dans ce même esprit, de fines lignes ont été frappées avec des écarts irréguliers pour accroître la luminosité sur l’avant des médailles, illustrant ici le rayonnement de la France et les performances des athlètes qui brilleront aux yeux du monde.

Enfin, le travail de sertissage apporte à la fois un hommage à la créativité de LVMH et plus spécifiquement encore de la Maison Chaumet, et un autre symbole de Paris et de la Tour Eiffel. Ainsi, le sertissage « griffe » se matérialise par six appendices de métal disposés aux extrémités de l’hexagone dont la forme évoque les « clous de Paris » et les rivets de la Tour Eiffel.

Comme l’a exposé Antoine Arnault, Directeur de l’Image et de l’Environnement de LVMH :

C’est une première dans l’histoire des Jeux Olympiques et Paralympiques que le design de la médaille soit réalisé par un joaillier.

L’équipe créative de notre Maison Chaumet l’a pensée comme un bijou. Elle tire son inspiration du savoir-faire parisien de son mythique atelier Place Vendôme et illustre la vocation partagée par toutes les Maisons de notre groupe, celle de savoir faire rêver.

Quelle fierté pour LVMH de participer à cette formidable aventure ! Nous espérons que chaque athlète ressentira autant de plaisir à porter et admirer la médaille, que nous en avons eu à la créer, pour eux.

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Fidèle à sa volonté de ne pas distinguer les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques, l’avant de la médaille – soit la face sertie du fer de la Tour Eiffel – a été pensée de façon identique pour les deux événements, exception faite de l’insertion des anneaux olympiques et des agitos paralympiques.

Les médailles sont ensuite gravées sur la tranche, avec le nom du sport, de la discipline et de l’épreuve pour chaque médaillé, le français ayant été utilisé pour les médailles olympiques et l’anglais pour les médailles paralympiques, autrement dit les deux langues officielles du Comité International Olympique et du Comité International Paralympique.

Quant à l’autre face des médailles olympiques, la figure traditionnelle de la déesse de la victoire, Niké, est représentée devant le Stade Panathénaïque d’Athènes (Grèce) avec en haut à gauche, la représentation de l’Acropole, ensemble monumental majeur de la capitale grecque. Mais dans le but de se démarquer des précédentes Olympiades et afin de rappeler aussi la filiation des Jeux modernes avec la France de Coubertin, une figure de la Tour Eiffel a été gravée en haut à droite.

Concernant les médailles paralympiques cette fois, le revers illustre une représentation graphique d’une vue en contre-plongée sous la Tour Eiffel, renforçant de surcroît la dimension créative opérée par la Maison Chaumet. Les références « Paris » et « 2024 » sont en outre inscrites en braille universel de part et d’autre, avec aussi des traits gravés sur la tranche pour distinguer l’or (I), l’argent (II) et le bronze (III).

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En ce qui concerne les caractéristiques techniques des médailles, ces dernières ont été fabriquées au sein de l’Hôtel de la Monnaie, quai de Conti. Là-encore, l’histoire est au rendez-vous, puisque la Monnaie de Paris avait déjà œuvré à la réalisation des médailles des Jeux de 1924.

A l’image des précédentes Olympiades, le principe de recyclage a été adopté pour assurer la fabrication des médailles de Paris 2024.

De fait, des entreprises certifiées ont fourni des éléments nécessaires à la constitution des médailles d’or et d’argent, sachant que le cahier des charges imposé aux organisateurs prévoit l’utilisation d’un argent massif d’une teneur de 925 millièmes pour les médailles d’or et d’argent, les premières étant en sus composées de 6 grammes d’or. Pour le bronze, l’alliage de cuivre, d’étain et de zinc est quant à lui constitué de chutes de métal issues d’autres productions de la Monnaie de Paris.

Pas moins de 5 084 médailles ont dès lors pu être réalisées, avec un diamètre de 8,5 centimètres et une épaisseur de 9,2 millimètres.

Le poids des médailles diffère bien sûr d’une couleur à l’autre, avec 455 grammes pour la médaille de bronze, 525 grammes pour la médaille d’argent et enfin 529 grammes pour la médaille d’or, chacune disposant en revanche d’un insert Tour Eiffel de 18 grammes.

Coffret des médailles olympiques et paralympiques des Jeux de Paris 2024 (Crédits – LVMH / Thomas Deschamps)

Outre pour la seule conception des médailles, le souci du détail a aussi été poussé à son paroxysme pour la réalisation des rubans dont le dessin rappelle la Tour Eiffel, avec un bleu sombre utilisé pour les médailles olympiques et un rouge profond pour les médailles paralympiques.

Le savoir-faire français a là-aussi été mobilisé, puisque le tisseur Neyretfondé en 1823 – a été sollicité pour concevoir ces fines lamelles de rubans.

Enfin, l’écrin dans lequel sera disposé la médaille illustre également la volonté de placer haut l’élégance à la française durant les Jeux, laissant un souvenir de prestige aux futurs athlètes médaillés.


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