Avec la présentation à venir du design des médailles olympiques et paralympiques, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) de Paris 2024 s’apprête à franchir une nouvelle étape-clé qui amorcera encore un peu plus l’arrivée prochaine de l’événement planétaire dans l’Hexagone.

A mesure que l’échéance olympique et paralympique se rapproche, de grands marqueurs des préparatifs sont régulièrement présentés par les organisateurs des Jeux de Paris 2024.
Les dernières années ont d’ailleurs constitué une parfaite illustration de cette accélération du mouvement, entre dévoilement de l’emblème des Jeux, du slogan, mais encore de la mascotte, sans compter aussi l’ouverture progressive des boutiques officielles, ou la présentation affinée de sites destinés aux compétitions et des parcours d’épreuves.
Jeudi 08 février 2024, un nouvel élan sera donné par le COJO, à moins de six mois de l’ouverture des Jeux.
L’instance organisatrice révélera en effet le design des médailles qui seront décernées cet été aux athlètes qui auront le privilège de monter sur les podiums, puis de défiler au cœur des Jardins du Trocadéro (16e arrondissement de Paris) métamorphosés pour l’occasion en un « Parc des Champions » telle une immense scène de célébration de la performance et des valeurs sportives.
Afin de réaliser ces précieuses breloques – qui sont un élément majeur du dispositif de toute édition des Jeux – Paris 2024 a su s’entourer de partenaires de renom, à commencer par la Monnaie de Paris chargée de concevoir les médailles.
Au cours de l’été 2023, le COJO avait par ailleurs profité de la venue de LVMH parmi les principaux sponsors des Jeux pour annoncer le concours de Chaumet, prestigieuse Maison du groupe de luxe précité et l’un des fleurons de la haute-joaillerie française depuis sa fondation en 1780.
Certaines caractéristiques relevées lors des précédentes Olympiades devraient à nouveau symboliser la réalisation des breloques parisiennes, notamment en ce qui concerne l’utilisation maximisée de matériaux recyclés.
Pour exemple, les organisateurs des Jeux de Rio 2016 s’étaient appuyés sur des éléments électroniques et informatiques recyclés à hauteur de 30% pour confectionner les médailles d’argent et de bronze et avec surtout sur l’absence de mercure pour les médailles d’or.
Du plastique recyclé (50%) avait par ailleurs été collecté pour produire les rubans sur lesquels les médailles avaient été disposées, tandis que du bois issu d’une production respectueuse des normes environnementales avait été utilisé pour confectionner l’écrin de protection des précieuses pièces d’environ 500 grammes.
Cette volonté de proposer un modèle écoresponsable de médailles fut cependant entachée – moins d’un an après la clôture des Jeux – par des révélations concernant la détérioration avancée du revêtement de 6 à 7% des médailles en raison d’un phénomène dû aux changements de température, phénomène ciblant en particulier les médailles d’argent.
Avant même la déconvenue brésilienne qui avait in fine contraint le Comité International Olympique (CIO) à remplacer les médailles concernées, Tokyo 2020 avait exprimé son souhait de pousser plus loin le curseur de la durabilité.
Cette ambition avait alors été saluée par le Président de l’institution olympique, Thomas Bach, qui, à l’occasion d’une visite au Japon à l’automne 2016, avait exposé :
Pour les sportifs médaillés en 2020, cela constituera un souvenir éternel de leur performance.
Il est bon de voir que ces médailles enverront également au monde entier un message fort sur l’importance de la durabilité, conformément aux recommandations de l’Agenda olympique 2020.
Le processus de création – marqué par la réception de quelques 400 candidatures – fut dès lors complété par une collecte géante de matériaux recyclés.
Ouverte au grand public entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2019, ladite collecte avait permis de récupérer plus de 6,21 millions de téléphones portables usagés et plusieurs milliers d’appareils électroniques dans 2 300 centres de la firme NTT DOCOMO.
Cette opération de grande ampleur s’était notamment soldée par l’extraction de 32 kilogrammes d’or.
Par la suite, le designer nippon Junichi Kawanishi s’était vu confier la mission de concevoir la forme et l’apparence des médailles olympiques tokyoïtes d’un diamètre de 8,5 centimètres et d’une largeur comprise entre 7,7 et 12,1 millimètres pour un poids respectif de 450 grammes pour la médaille de bronze, 550 grammes pour celle d’argent et 556 grammes pour la médaille d’or. Les versions paralympiques avaient quant à elles été conçue par la designer Sakiko Matsumoto, avec un poids toutefois légèrement distinct : 430 grammes pour le bronze, 520 pour l’argent et 526 pour l’or.
Pour Paris 2024, le temps de la candidature avait offert une mise en perspective de la notion forte de partage.
Cela s’était traduit en juillet 2017, lors de la présentation du projet olympique et paralympique devant les membres du CIO à Lausanne (Suisse), et comme un écho au slogan d’alors – « Made For Sharing » (Venez Partager) – par la mise en scène d’une médaille à partager.
Imaginée par le designer Philippe Starck à la demande du Comité de Candidature, elle se caractérisait en fait par une première breloque à destination de l’athlète ainsi récompensé pour sa performance, mais aussi par trois autres médailles, toutes étant finalement imbriquées les unes aux autres.
Comme l’avait à ce moment-là détaillé Philippe Starck :
Le médaillé pourra prendre sa médaille, la séparer pour laisser la place à trois autres médailles, à offrir à ses proches comme témoin de ce grand jour, de ce grand moment de dépassement de soi.
Désireux de casser les codes habituels de célébration des Jeux, le COJO de Paris 2024 devrait rester sur un modèle plus classique, en conformité avec le cahier des charges imposé par le CIO.
Reste à savoir aujourd’hui les contours de ces médailles, dans leur forme et dans leur interprétation symbolique. Fin du suspens, jeudi 08 février 2024.
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