JO 2036 et suivants : Des discussions avec 10 Comités Nationaux Olympiques

Sans dévoiler l’identité des villes et territoires concernés, le Comité International Olympique (CIO) a précisé cette semaine être en discussions régulières avec dix candidats pour l’organisation de futurs Jeux Olympiques et Paralympiques d’été, dont la prochaine édition à attribuer est celle de 2036.

Vue de la Maison Olympique, siège du CIO à Lausanne, Suisse (Crédits – IOC / Greg Martin)

A l’occasion de l’Assemblée Générale de l’Association des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) qui s’est déroulée du 18 au 21 octobre à Séoul (Corée du Sud), le CIO a pu se satisfaire de l’attrait retrouvé des Jeux et ce, après plusieurs années de retraits anticipés de la part de potentiels candidats.

De fait, en instaurant un nouveau processus de désignation, avec une réflexion engagée dès 2017, le CIO s’est offert l’opportunité de faire revenir des villes et territoires qui s’étaient jusqu’alors détournés de la sphère olympique, notamment pour des raisons budgétaires, tout en attirant à lui de nouveaux venus désireux aujourd’hui de s’affirmer sur la scène mondiale.

Le changement n’est pas mineur, loin de là, puisque l’institution de Lausanne (Suisse) est passée d’un processus de deux ans comprenant une phase de requérance et une phase de candidature, à un modèle favorisant le dialogue, d’abord continu puis ciblé. L’objectif est en conséquence de pouvoir déterminer le meilleur hôte au moment opportun pour chacune des parties, en ne procédant plus à une élimination drastique qui a pu freiner par le passé nombre de candidats.

En somme, une philosophie nouvelle pour un cadre de candidature et d’organisation remanié.

Aussi, le Directeur Général de l’institution a fait mention cette semaine de l’intérêt porté par plusieurs Comités Nationaux Olympiques (CNO) sur de futures échéances estivales, à commencer par l’édition de 2036.

Comme l’a ainsi affirmé Christophe De Kepper :

Nous travaillons actuellement avec 10 CNO et régions intéressés sur quatre continents.

[Les projets] sont à des stades très différents les uns des autres, et développent leurs ambitions en fonction de leurs propres calendriers régionaux et nationaux.

Christophe De Kepper, Directeur Général du Comité International Olympique, à la tribune de la 139ème Session, le 20 mai 2022 (Crédits – IOC / Christophe Moratal)

Si les CNO et régions candidats n’ont pas été dévoilés, certains ont d’ores et déjà semés quelques indices laissant entrevoir leur détermination respective sachant que, pour 2036, le CIO ne devrait pas trancher avant au mieux 2025.

Déjà en course pour l’échéance de 2032 finalement attribuée à Brisbane (Queensland, Australie) à l’issue du processus de dialogue ciblé engagé avec le CIO, l’Indonésie présente ainsi aujourd’hui la candidature de sa future capitale dans l’espoir d’obtenir l’organisation des Jeux pour la toute première fois.

Le géant indien a lui-aussi avancé ses pions ces dernières années, avec un projet conçu autour de la région d’Ahmedabad. Toutefois, la gestion de la gouvernance interne du CNO  et les tensions actuelles avec le CIO ayant conduit au report de la 140ème Session initialement prévue à Bombay au printemps 2023 ne plaident pas en faveur de la candidature de l’Inde.

Autre géant asiatique, la Chine demeure une potentielle candidate, même si aucun projet n’a pour l’heure été présenté et que le pays sort à peine de l’organisation des Jeux d’hiver de Pékin 2022. Il n’empêche, après la capitale, Shanghai pourrait ainsi reprendre le flambeau, elle qui fut pressentie pour candidater aux Jeux de 2028 puis de 2032. Une alliance de villes n’est pas non plus à exclure dans les années à venir.

Du côté de la Corée du Sud, Séoul a affirmé cette semaine ses ambitions pour accueillir les Jeux une seconde fois après 1988, profitant tout à la fois de l’héritage de cette édition et de la nouvelle visibilité offerte tant par la tenue des Jeux d’hiver de PyeongChang 2018 que par les préparatifs en cours des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Gangwon 2024.

Du côté du Moyen-Orient, le Qatar est pressenti parmi les candidats aux Jeux de 2036 et ce, après s’être engagé un temps sur l’édition 2032 et surtout, après les échecs au stade de la requérance pour les Jeux de 2016 puis de 2020. Reste cependant à scruter l’organisation de la Coupe du Monde de football cette année qui pourrait apporter un coup d’accélérateur ou un frein à la possible quête des anneaux olympiques.

Faisant également preuve de persévérance malgré les revers subis pour chacune de ses cinq précédentes tentatives, la Turquie réfléchit à soumettre un nouveau projet centré sur Istanbul avec l’appui possibles d’autres localités à travers le pays.

L’Égypte entend pour sa part devenir le premier pays d’Afrique à obtenir l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques. Pour cela, la terre des pharaons pense son projet autour d’un gigantesque complexe sportif en cours d’aménagement au sein de la future capitale située à 45 kilomètres à l’Est du Caire.

Sur le continent européen, Budapest (Hongrie) pourrait essayer de revenir sur le devant de la scène olympique après son retrait de la course aux JO 2024 et son entrée tardive sur la piste pour les Jeux de 2032. A l’instar du Qatar avec la Coupe du Monde de football, la capitale hongroise pourrait néanmoins attendre la tenue des Championnats du Monde d’athlétisme à l’été 2023 pour accélérer ou non le tempo.

Douchée par les échecs de ses candidatures aux Jeux d’hiver pour 2018 et 2022 avec Munich, du retrait anticipé de Hambourg pour les Jeux d’été de 2024 et, plus antérieurement, des candidatures infructueuses de Berlin 2000 et Leipzig 2012, l’Allemagne peut être un redoutable candidat si bien sûr les autorités sportives du pays s’engagent dans la voie d’une candidature pour 2036. Le succès des Jeux Européens organisés cet été dans la capitale bavaroise a en tout cas redonner du sens à l’ambition allemande, confortée également par les propos encourageants du Président du CIO, Thomas Bach.

Ailleurs sur le « Vieux Continent », le Royaume-Uni pourrait éventuellement soumettre une nouvelle candidature, fort du succès des Jeux de Londres 2012 et des Jeux du Commonwealth organisés à Birmingham et dans ses alentours cet été. La capitale britannique pourrait être une sérieuse concurrente, à moins qu’une candidature provinciale n’émerge aux yeux du Comité National Olympique (BOA).

Outre ces trois possibilités européennes, l’Espagne reste aussi identifiée comme une potentielle candidate après les trois projets successifs de Madrid pour 2012, 2016 et 2020, même si l’échec de la candidature hivernale pour 2030 et le positionnement actuel du Comité National Olympique (COE) sont susceptibles de fermer la porte à toute tentative à court terme.

De l’autre côté de l’Atlantique, le Mexique entend devenir une nation sportive de premier plan, avec un investissement au profit de ses athlètes – notamment dans la perspective des Jeux de Paris 2024 – mais surtout avec le développement d’une candidature olympique et paralympique. Après les Jeux de Mexico 1968, le pays pourrait à nouveau confier les clés de son ambition à la tentaculaire capitale, à moins qu’une autre ville ne s’impose dans une sélection interne qui pourrait aussi compter Guadalajara et Monterrey.

(Crédits – IOC / Dave Thompson)

Parmi les autres prétendants ayant fait part d’un intérêt certain au cours des dernières années, la Russie avait tenté de soumettre une candidature, avec alors une multitude de projets à l’étude, en provenance de Saint-Pétersbourg, de la capitale Moscou, mais aussi Kazan, Sotchi ou encore Vladivostok.

Le déclenchement de la guerre en Ukraine et les sanctions prises par les autorités olympiques de Lausanne ont toutefois réduit à néant toute possibilité de candidature russe à court et moyen terme.

Ailleurs dans le monde, Dubaï (Émirats Arabes Unis) a un temps exprimé un intérêt pour la course aux Jeux, de même que l’Arabie Saoudite qui entend profiter d’un investissement massif dans le sport pour améliorer son image de marque à l’échelle internationale.

L’Argentine et le Pérou ont eux-aussi envisagé à un moment donné une candidature, ce qui ne semble plus forcément d’actualité aujourd’hui, à l’aune des difficultés économiques et politiques présentes dans ces deux pays d’Amérique du Sud.

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