Paris 2024 : Un concept optimisé avec une cartographie des sites repensée

A l’issue du Bureau Exécutif de Paris 2024, organisé ce mercredi en milieu de matinée, le Président du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024, Tony Estanguet, a précisé certains éléments du concept en cours de réexamen jusqu’au 17 décembre, date à laquelle la revue de projet livrera ses conclusions.

En plus des Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux, le Stade de France recevra aussi les épreuves olympiques et paralympiques d’athlétisme, ainsi que le tournoi olympique de rugby à 7 (Crédits – Paris 2024 / Elie Stephane Azoulay / DDPI / Luxigon)

Si la crise sanitaire relevée depuis le printemps dernier a indéniablement impacté les prévisions du Comité d’Organisation de Paris 2024 (COJO), la revue de projet actuellement menée vise à reprendre l’ensemble du dispositif présenté au Comité International Olympique (CIO) en septembre 2017 à Lima (Pérou).

Aussi, la cartographie générale a été remaniée en profondeur, même si 80% des sites demeureront à moins de 30 minutes du Village des Athlètes – dont le chantier avance dans le secteur de Saint-Denis, Saint-Ouen et L’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) – et que 24 sports seront représentés dans un rayon de 10 kilomètres autour dudit Village. Paris 2024 a en effet souhaité réviser un concept olympique pourtant cadré à la fin de l’année 2018 et courant 2019 pour le volet paralympique, via un jeu de chaises musicales pensé au regard d’un triptyque, se fondant tout à la fois sur l’optimisation des opérations pour maîtriser les coûts, la préservation de l’ADN du concept des Jeux, et enfin sur la garantie portant sur la faisabilité technique.

Dès le mois de septembre dernier, le Comité d’Organisation avait d’ailleurs annoncé la suppression de plusieurs sites, dont les structures temporaires prévues pour la natation à Saint-Denis et pour le tournoi de volley-ball au Bourget, afin de privilégier des sites existants pour in fine dégager des marges de manœuvre, le COJO étant désireux de parvenir – entre les sites et les multiples services inclus durant les Jeux – à 10% d’économies sur son budget initial, soit 400 millions d’euros environ.

Paris 2024 a aujourd’hui voulu aller plus loin, en affinant sa réflexion et en proposant, autant que possible, le déroulement d’épreuves olympiques et paralympiques au sein d’un même site.

Visuel du Grand Palais éphémère lors des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Wilmotte & Associés Architectes / Paris 2024 / Populous-Luxigon)

Pour preuve, et dans l’attente de l’obtention de toutes les validations de la part des Fédérations Internationales concernées, du Comité International Olympique et du Comité International Paralympique, Paris 2024 propose par exemple la tenue des épreuves de para-natation au sein de la Paris La Défense Aréna – mentionnée comme Aréna La Défense dans le cadre des Jeux – et ce, en lieu et place du Stade Aquatique Olympique, équipement temporaire d’au moins 60 millions d’euros qui ne verra donc pas le jour comme envisagé jusqu’alors.

Les épreuves de natation, olympiques et paralympiques, se dérouleraient dès lors au cœur d’une même enceinte dans un souci de mutualisation des moyens techniques et logistiques, mais également de lisibilité pour les athlètes et les spectateurs. L’aréna, située derrière la Grande Arche du quartier d’affaires de La Défense à Nanterre (Hauts-de-Seine), devrait en outre être le cadre des finales du tournoi olympique de water-polo.

De même, le para-tennis de table migrerait de l’Aréna du Champ-de-Marsdénomination officielle du Grand Palais éphémère en cours de montage face à l’École Militaire – jusqu’à l’un des pavillons du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, dans le 15e arrondissement de Paris où est déjà prévu le tournoi olympique de tennis de table.

Le para-judo est quant à lui proposé dans la future Aréna du Champ-de-Mars alors qu’il devait initialement prendre place au cœur du Grand Palais (8e arrondissement). Il rejoindra ainsi le judo qui était déjà programmé sur ce site temporaire d’une capacité de 9 000 places.

Sur le même schéma que les sports précités, les épreuves de para-taekwondo succéderont aux épreuves de taekwondo sous la monumentale nef du Grand Palais où auront également lieu l’escrime et l’escrime-fauteuil, dans une configuration qui promet du grand spectacle pour les milliers de spectateurs présents et les millions de téléspectateurs à travers la planète.

Ces modifications devraient avoir pour conséquence principale d’assurer une plus grande visibilité pour des épreuves paralympiques implantées sur des sites historiques et touristiques qui participent à la renommée mondiale de la « Ville Lumière ». Cette stratégie de mutualisation n’est pas sans rappeler le choix d’un emblème unique fait par Paris 2024 pour symboliser les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques, même si la tenue de ces deux événements intervient selon un calendrier distinct.

Le concept réexaminé apporte par ailleurs des précisions quant à l’intégration du territoire de la Seine-Saint-Denis dans le projet des Jeux de Paris 2024, une intégration que le Président de la République avait veillé à préserver, comme il l’avait fait savoir au moment de sa rencontre estivale avec Tony Estanguet, Président du COJO, et Thomas Bach, Président du CIO.

Ainsi, comme annoncé il y a deux mois, l’escalade sportive bénéficiera d’un écrin pérenne dont la construction doit être assurée dans les années à venir au Bourget. Le rugby à 7 se déplace quant à lui du Stade Jean Bouin (16e arrondissement) vers le Stade de France à Saint-Denis, ce qui offrira ni plus ni moins que la plus grande jauge de l’histoire pour ce sport réintégré au Programme Olympique lors des Jeux de Rio 2016 après plusieurs longues décennies d’absence. Le rugby-fauteuil pour sa part devrait faire le chemin inverse, en quittant la Seine-Saint-Denis pour élire domicile dans l’Aréna du Champ-de-Mars face à la Tour Eiffel.

D’autres épreuves sont également projetées en Seine-Saint-Denis alors qu’elles étaient initialement prévues dans Paris intra-muros.

De fait, les épreuves de para-cyclisme sur route, qui devaient débuter et s’achever au niveau du Pont d’Iéna, devraient finalement s’élancer de Seine-Saint-Denis pour couvrir une partie de ce département limitrophe de la capitale associé au projet olympique et paralympique depuis la phase de candidature. Après validation des instances associées aux Jeux, il devrait en être de même pour la programmation et le déroulement du marathon paralympique. Aucun changement n’a en revanche été apporté pour le cyclisme sur route, ainsi que pour le marathon et la marche durant les Jeux Olympiques qui, eux, demeurent programmés à quelques encablures de la « Dame de Fer ».

Visuel du live-site du Trocadéro pour les Jeux de 2024 (Crédits – Paris 2024 / Ph. Guignard / Populous-Luxigon)

La synthèse des changements opérés entre le concept 2019 et le concept en cours de finalisation porte en outre sur des ajustements consécutifs aux modifications précitées.

La gymnastique artistique et le trampoline prendront ainsi place au sein de l’AccorHotels Arena (12e arrondissement) – ou Aréna Bercy dans sa configuration Jeux – afin de permettre l’installation des épreuves de natation dans l’imposante Aréna de La Défense. La venue de ces disciplines entraîne cependant le départ du tournoi préliminaire de basketball qui devrait désormais être localisé au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Enfin, pour ce qui est de la gymnastique rythmique, les épreuves associées devraient trouver place dans le 18e arrondissement au sein de l’Aréna de la Porte de la Chapelle qui disposera de 8 000 places.

Autre changement majeur, dans le domaine des sports collectifs cette fois, le tournoi de handball devrait déménager de l’un des pavillons du Parc des Expositions pour rejoindre le Stade Pierre Mauroy de Lille (Nord) qui, exclu de facto du dispositif pour le football, sera utilisée dans sa configuration aréna.

Le succès du Championnat du Monde 2017 qui avait eu pour cadre cet écrin construit dans l’optique de l’EURO 2016 de football a sans nul doute pesé dans la balance au moment de l’étude du projet. La Fédération Internationale devrait dès lors disposer de la plus importante jauge olympique jamais proposée pour le handball, si l’on se fonde sur les chiffres du Mondial 2017 au cours duquel, par deux fois – lors du huitième de finale et du quart de finale de l’équipe de France – plus de 28 000 personnes avaient pu s’installer dans les tribunes.

Sous réserve de validation, le volley-ball intégrera de son côté un pavillon du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, ce qui permettra aux organisateurs de se passer de l’aréna temporaire un temps envisagé au Bourget et de réaliser en conséquence une économie de plus de 50 millions d’euros.

En plus des sports et disciplines présentés sur ce site du 15e arrondissement, la boccia, programmée sur le Centre Aquatique Olympique à Saint-Denis, devrait finalement s’installer dans l’équipement aux multiples pavillons. Il devrait en être de même pour l’haltérophilie qui était jusqu’à présent proposé au Zénith de Paris (19e arrondissement). Durant les Jeux Paralympiques, la para-haltérophilie devrait, elle, s’établir à l’Aréna de la Porte de la Chapelle.

Visuel du futur Centre Aquatique Olympique faisant face au Stade de France (Crédits – Architectes: VenhoevenCS + Ateliers 2/3/4/ Image: Proloog)

Si ces changements opèrent une modification en profondeur du schéma initial, il n’en demeure pas moins que la majorité des sports conserve à ce stade les lieux de célébration envisagés jusqu’alors, avec souvent un lien évident entre Jeux Olympiques et Jeux Paralympiques.

De fait, l’athlétisme, et les épreuves de para-athlétisme, restent implantées au Stade de France qui devrait pour l’occasion bénéficier d’une légère cure de jouvence à hauteur de 50 millions d’euros. L’aviron et le para-aviron seront quant à eux organisés au sein du Stade Nautique de Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), tout comme le canoë et le para-canoë. Les tournois de badminton et de para-badminton demeureront pour leur part à l’Aréna de la Porte de la Chapelle en cours de construction dans le Nord de Paris. A l’instar des précédents sports cités, le basket-ball – dans ses phases finales – et le basket-fauteuil restent liés dans un même lieu, à savoir l’Aréna Bercy et ses plus de 15 000 places.

Sans surprise, le cyclisme sur piste et le para-cyclisme restent quant à eux implantés au Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, équipement de près de 6 000 places pour rappel hérité de la candidature infructueuse de Paris 2012 et qui a reçu les Championnats du Monde en 2015. Le département des Yvelines sera aussi le cœur de célébration des épreuves olympiques de VTT et de BMX qui prendront place, pour les premières, sur la Colline d’Élancourt et, pour le secondes, sur le stade dédié à proximité du Vélodrome. Le golf de son côté, se déroulera comme attendu sur le Golf National de Guyancourt, hôte de la renommée Ryder Cup en 2018.

Le lien entre les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques sera par ailleurs présent en ce qui concerne l’équitation et les épreuves de para-équitation qui se dérouleront dans le cadre majestueux de l’Étoile Royale, dans la perspective du Château de Versailles (Yvelines) et ce, malgré les tentatives de pressions exercées au cours des derniers mois par les représentants locaux de plusieurs Collectivités, comme Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher), Chantilly (Oise) ou encore Fontainebleau (Seine-et-Marne), qui contestaient la légitimité de l’ancienne résidence royale symbole de la monarchie absolue au XVIIIe siècle. Le site versaillais – conçu de manière temporaire avec une capacité prévisionnelle comprise entre 12 000 et 62 500 places mais non-encore fixée à ce jour – sera par ailleurs mobilisé pour le pentathlon moderne.

Autre cadre prestigieux prévu pour le déroulement des Jeux, l’Esplanade des Invalides (7e arrondissement) reste le site promis aux épreuves de tir-à-l’arc et à celles de para-tir-à-l’arc. Non loin de là, le Pont d’Iéna gardera lui-aussi une empreinte dans le concept de Paris 2024 pour les épreuves de triathlon et de para-triathlon, mais également pour la natation en eau libre.

Toujours au cœur de la capitale, deux sports bénéficieront comme prévu de l’écrin temporaire du Stade Tour Eiffel, à savoir le tournoi olympique de beach-volley et le tournoi paralympique de cécifoot. L’installation éphémère devrait, si l’on se fie aux projections de la candidature, être en mesure d’accueillir jusqu’à 12 860 spectateurs.

Dans le même secteur, la lutte, sport historique des Jeux Olympiques, élira domicile dans l’Aréna du Champ-de-Mars.

Visuel du Stade Yves-du-Manoir de Colombes modernisé et réagencé à l’occasion des Jeux de 2024 (Crédits – Paris 2024 / Populous-Luxigon)

A l’instar du Grand Palais, du Château de Versailles ou encore de l’Esplanade des Invalides, Paris 2024 conserve ainsi un lieu résolument iconique pour célébrer les troisièmes Jeux d’été organisés en France. Cette célébration du retour des Jeux dans l’Hexagone, cent ans après l’Olympiade de Paris 1924, interviendra aussi au sein du Stade Yves-du-Manoir à Colombes (Hauts-de-Seine). Hôte des Jeux de 1924 justement, le site accueillera en effet le tournoi de hockey-sur-gazon après la mise en œuvre d’importants travaux de modernisation et d’aménagement des différents espaces.

Pour ce qui est des autres sports inscrits aux Jeux, Paris 2024 confirme l’utilisation du futur stand de tir de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) pour le tir sportif et le para-tir sportif, ainsi que le choix du Centre Aquatique Olympique pérenne de Saint-Denis, face au Stade de France, pour la natation synchronisée, le plongeon et le tournoi préliminaire de water-polo (6 000 places).

Le goalball est quant à lui confirmé au Stade Pierre de Coubertin (16e arrondissement) appelé à devenir lieu-phare de la pratique handisport en héritage des Jeux Paralympiques. Le volley-ball assis, qui contrairement à d’autres sports mentionnés précédemment, n’aura pas le même écrin que le format olympique, profitera pour sa part du cadre prestigieux du Court Suzanne Lenglen à Roland Garros (16e arrondissement)

Le mythique site de l’Est parisien doit en parallèle accueillir la boxe – également sur le Court Suzanne Lenglen – ainsi que les tournois de tennis et de tennis-fauteuil, comme cela fut mentionné durant la phase de candidature de Paris 2024.

Ces différents sports bénéficieront alors d’un cadre modernisé, avec notamment le toit rétractable du Court Philippe Chatrier (15 000 places) et le Court Simonne Mathieu (4 950 places) nouvellement bâti pour l’édition 2019 des Internationaux de France. Dans l’optique des Jeux, le site sera complété par l’apport d’une couverture amovible imaginée par l’architecte Dominique Perrault pour coiffer, si nécessaire, le Court Suzanne Lenglen, deuxième plus vaste équipement du stade de la Porte d’Auteuil avec ses 10 000 places.

Visuel du Court Suzanne Lenglen configuré pour le tournoi de volleyball assis (Crédits – Paris 2024 / Populous-Luxigon)

Promesse majeure de Paris 2024 pour l’intégration des sports additionnels – outre l’escalade sportive, le breakdance, le basket-ball 3×3 et le skateboard – l’aménagement d’un stade temporaire sur la Place de la Concorde (8e arrondissement) a été confirmé ce jour par le Bureau Exécutif, mais des ajustements pourraient tout de même intervenir quant à la jauge du site pensé sur la plus grande place de Paris (35 000 places). La structure éphémère recevra en outre le BMX freestyle qui fera son apparition olympique pour la première fois durant les Jeux de Tokyo 2020.

En dehors de Paris et de la Région Île-de-France, le Comité d’Organisation des Jeux de 2024 a également fait le choix de consacrer les sites de Tahiti (Polynésie Française) et de Marseille (Bouches-du-Rhône), respectivement pour l’implantation des épreuves de surf et de voile.

Toujours en dehors de la région-capitale, le tournoi de football devrait finalement s’installer dans six stades de province, en plus du Parc des Princes à Paris (16e arrondissement).

Jusqu’alors, en complément du stade dévolu au club du Paris Saint-Germain, les équipements de Marseille, Nice (Alpes-Maritimes), Toulouse (Haute-Garonne), Bordeaux (Gironde), Saint-Étienne (Loire), Lyon (Rhône), Nantes (Loire-Atlantique) et Lille avaient été intégrés au concept. Un récent appel à candidatures et un examen des propositions présentés devraient aboutir à la mi-décembre à l’annonce des territoires sélectionnés dans la nouvelle version du projet.

Visuel du stade éphémère de 35 000 places imaginé sur la Place de la Concorde pour les sports urbains de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024)

Au cours du mois de décembre, le COJO mènera encore plusieurs discussions avec les Fédérations Internationales associées aux Jeux d’été, afin que ces dernières confirment les changements apportés à la cartographie des sites, notamment sur le plan de la faisabilité technique.

La Commission de Coordination du CIO devrait elle-aussi avoir son mot à dire sur les ajustements de Paris 2024 lors d’une réunion programmée les 1er et 2 décembre. Suivra ensuite le rendez-vous de la Commission Exécutive de l’institution olympique. A cette occasion (08 au 10 décembre), le concept tel qu’exposé aujourd’hui sera présenté et soumis à approbation. Il en sera de même pour le programme des Jeux, à savoir la validation attendue des quatre sports additionnels et celle relative aux épreuves et aux quotas d’athlètes.

Enfin, lors de la réunion du Conseil d’administration de Paris 2024, annoncé le 17 décembre 2020, la présentation finale du concept sera réalisée, incluant en particulier le choix des sept villes appelées à recevoir le tournoi de football.

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