Paris 2024 : La Porte de Versailles, un site-clé de la nouvelle carte des Jeux

A moins de trois semaines des conclusions de la revue de projet, le Comité d’Organisation de Paris 2024 (COJO) a précisé en milieu de semaine les choix portant sur la cartographie des sites et la disposition de l’ensemble des sports. Sauf bouleversement, l’un des principaux bénéficiaires des changements opérés au cours des derniers mois sera le Parc des Expositions de la Porte de Versailles (15e arrondissement).

(Crédits – Paris Expo Porte de Versailles)

Après l’adoption des grandes orientations, courant septembre, le COJO a cette semaine annoncé de nouveaux choix concernant la cartographie des sites appelés à accueillir, dans moins de quatre ans, les épreuves des Jeux Olympiques puis celles des Jeux Paralympiques.

Ces choix doivent encore être validés par les instances associées à l’organisation des deux événements, à savoir le Comité International Olympique (CIO), le Comité International Paralympique (IPC) et bien sûr les Fédérations Internationales (FI), selon un calendrier précis.

La Commission de Coordination du CIO devrait ainsi être informée des changements souhaités lors de sa prochaine réunion conjointe avec les organisateurs parisiens, programmée les 1er et 2 décembre. Par la suite, la Commission Exécutive du CIO, qui se réunira du 08 au 10 décembre, aura elle-aussi droit à un exposé du nouveau concept et validera dans la foulée deux autres points-clés des Jeux de Paris 2024, les sports additionnels et les modalités concernant les épreuves et les quotas des athlètes. Enfin, la présentation finale du concept repensé sera opérée lors de la réunion du Conseil d’administration du Paris 2024 annoncé pour le 17 décembre 2020.

D’ores et déjà cependant, les éléments publiés à ce jour permettent de visualiser l’emplacement respectif des sports inscrits au programme des Jeux.

Aussi, parmi les lieux de célébration annoncés pour l’Olympiade 2024, outre les sites iconiques vantés depuis la phase de candidature, le Parc des Expositions de la Porte de Versailles fait une percée remarquée.

(Crédits – Philippe Millereau / KMSP / Paris 2024)

Situé au Sud du 15e arrondissement de la capitale, à environ 15 minutes de la Tour Eiffel, le Paris Expo Porte de Versailles constitue l’un des plus vastes équipements du genre en Europe, avec plus de 216 000 m² d’espace d’exposition, 7 pavillons, sans compter également une salle de congrès de 5 200 places assises.

Si un programme de modernisation de près de 500 millions d’euros est en cours de réalisation pour accroître encore davantage l’attractivité du site face à une concurrence internationale toujours plus élevée, pas moins de 200 événements divers et variés et plus de 7,5 millions de visiteurs sont à ce stade accueillis chaque année.

Avec une modularité optimale, une forte capacité d’adaptation, mais aussi une desserte assurée par les transports en commun (tramway, métro, bus), la structure a rapidement été intégrée au dispositif de la candidature olympique et paralympique de Paris 2024.

Au moment de la présentation du projet au CIO, le Paris Expo Porte de Versailles avait ainsi été proposé pour recevoir les tournois olympiques de handball et de tennis de table, avec la mobilisation du Hall 1 dans une configuration à 12 000 places, et du Hall 4 dans une agencement à 6 000 places.

La jauge des deux installations avait toutefois été affinée et revue à la hausse entre le premier et le troisième volet du dossier de candidature.

Ainsi, dans le cadre du dernier document communiqué à l’institution olympique, Paris 2024 prévoyait une capacité de 12 750 places pour le Hall 1 et de 6 650 places pour le Hall 4. Des aménagements spécifiques liés à la venue des épreuves précitées auraient en outre été nécessaires pour un montant global à la charge du COJO de 11,350 millions de dollars pour la première installation et de 6,628 millions de dollars pour la deuxième (valeur 2016).

In fine, le réexamen opéré ces derniers mois devrait entraîner des ajustements quant à la participation des bâtiments du Paris Expo Porte de Versailles.

Concrètement, selon les éléments communiqués cette semaine, la structure parisienne perdrait le handball, délocalisé jusqu’au Stade Pierre Mauroy à Lille (Nord) avec une jauge potentiellement doublée, mais gagnerait en contrepartie le tournoi olympique de volley-ball.

Ce dernier s’implanterait en effet dans le Hall 1, rebaptisé pour les Jeux, Aréna Paris Sud 1. Si la capacité des tribunes n’a pas été précisée, il est à penser qu’elle demeurera semblable aux projections initiales, soit 12 750 places pour les spectateurs.

Le tennis de table resterait lui-aussi localisé à la Porte de Versailles, avec la venue complémentaire, dans le même Hall 4 de plus de 19 000 m² – Aréna Paris Sud 4 – du tournoi paralympique de para-tennis de table.

Mais outre ces ajustements mineurs, le site du 15e arrondissement devrait aussi accueillir les phases préliminaires du tournoi olympique de basket-ball et l’haltérophilie dans l’Aréna Paris Sud 6 de plus de 15 000 m², ainsi que les épreuves paralympiques de boccia qui succéderaient au tournoi de volley-ball dans l’Aréna Paris Sud 1 d’environ 45 000 m².

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Les sports confirmés sur site et les nouvelles épreuves annoncées profiteront en tout cas d’un cadre largement repensé pour ancrer le Paris Expo Porte de Versailles dans son temps et pour améliorer le confort des visiteurs.

Le Pavillon 1 a en ce sens déjà bénéficié d’une profonde cure de jouvence opérée entre 2015 et 2017 par l’architecte de renommée mondiale, Dominique Perrault, par ailleurs mandaté sur l’étude urbaine du Village des Athlètes en Seine-Saint-Denis et futur concepteur de la couverture mobile au-dessus du Court Suzanne Lenglen à Roland Garros (16e arrondissement). Ce dernier a en particulier assuré la mise en place d’une nouvelle façade composée d’un tissu métallique sur lequel des nuances de couleurs peuvent être perçues en fonction des heures de la journée et de l’intensité lumineuse extérieure.

Le Pavillon 4 et le Pavillon 6 quant à eux, ont pu profiter de l’expertise du cabinet non moins renommé de Valode & Pistre, à l’origine du plan directeur pour le réaménagement de Paris Expo Porte de Versailles, et auteur notamment du Stade Pierre Mauroy mentionné précédemment.

Lauréat du Prix Pritzker, équivalent d’un Prix Nobel dans le domaine de l’architecture, et concepteur de la Philharmonie de Paris, dans le quartier de La Villette (19e arrondissement), mais encore du Musée du Quai Branly – Jacques Chirac (7e arrondissement) et du Louvre Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis), Jean Nouvel a pour sa part apporté sa contribution sur le Pavillon 6, en imaginant un monumental auvent de 600 pendrillons composés d’écrans LED, symbole de modernité et de connectivité.

Inauguré en fin d’année 2019, ce nouveau Pavillon, aménagé à l’emplacement des anciens Pavillons 6 et 8, a en outre la particularité d’accueillir, au niveau de sa toiture, la plus grande ferme urbaine d’Europe sur quelques 14 000 m².

Visuel du Paris Expo Porte de Versailles avec les Arénas Paris Sud mobilisées pour les Jeux de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024 / Populous-Luxigon)

Par le passé, les précédentes candidatures de Paris à l’organisation des Jeux d’été avaient également incorporé les divers espaces du Parc des Expositions de la Porte de Versailles, hôte habituel du Salon de l’Agriculture, chaque début d’année, et du Mondial de l’Automobile.

De fait, la candidature tricolore aux Jeux de 1992 avait envisagé la mobilisation du site parisien pour abriter le tournoi olympique de boxe. La salle de compétition aurait alors été configurée par les organisateurs pour pouvoir recevoir jusqu’à 8 000 spectateurs par session.

Quelques années plus tard, dans le cadre du projet soumis au CIO pour les Jeux de 2008, Paris avait proposé l’utilisation du Hall 1 pour le tournoi olympique de boxe, et du Hall 4 pour le tournoi olympique de lutte. Sur le site, souhaité comme la limite Sud du pôle Sud-Ouest de Paris 2008, des aménagements spécifiques aux Jeux auraient été nécessaires pour adapter les deux bâtiments – 3,1 millions de dollars pour le premier et 2,9 millions de dollars pour le second – à l’accueil des compétiteurs et des spectateurs. Sur ce point, le Hall 1 avait à l’époque été présenté avec une jauge de 10 700 places, tandis que le Hall 4 avait été proposé avec une capacité d’accueil de 8 000 places.

Par la suite, et aussi surprenant que cela puisse paraître au regard des possibilités d’organisation, la candidature de Paris 2012 avait écarté l’implantation d’épreuves olympiques et paralympiques à la Porte de Versailles, misant alors davantage sur l’aménagement d’un Noyau Nord composé de pavillons temporaires en Seine-Saint-Denis, non loin du Stade de France et du Centre Aquatique Olympique qui devaient être édifiés à Aubervilliers.

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