Paris 2024 face au casse-tête du basketball

En actant le départ des phases préliminaires de basketball du Hall 6 du Parc des Expositions de la Porte de Versailles (15ème arrondissement de Paris), le Comité d’Organisation des Jeux d’été de 2024 se retrouve contraint de sélectionner un nouveau site, tout en préservant les principes de durabilité et de responsabilité budgétaire qu’il s’est fixés.

Visuel de l’intérieur de l’Aréna de la Porte de la Chapelle (Crédits – SCAU / NP2F)

Près de deux ans après avoir officialisé le choix du site de la Porte de Versailles comme écrin pour les phases préliminaires du tournoi olympique de basketball, Paris 2024 a finalement été contraint de revoir son projet, sous la pression de la Fédération Internationale (FIBA) qui, à la lecture des rapports techniques, n’y a pas trouvé son compte, que ce soit au niveau de la qualité de l’éclairage, mais également de la hauteur sous plafond ou encore de l’absence attendu du cube vidéo qui caractérise les matchs de basket.

Il faut dire que le basketball constitue l’un des sports les plus populaires des Jeux, grâce notamment à la présence de stars de la National Basketball Association (NBA) et par des affiches rêvées qui ont marqué les esprits au cours des diverses Olympiades passées. Pour preuve supplémentaire de l’attrait du ballon orange lors des JO, tant du point de vue médiatique que financier, l’affiche de la dernière finale olympique – qui a vu s’affronter les États-Unis et la France – pesait sur le papier plus d’un milliard de dollars.

Un poids conséquent qui explique pour partie aujourd’hui le flux de réactions – parfois virulentes – de certains joueurs vedettes de l’Équipe de France, face à la perspective de devoir jouer les matchs du tournoi préliminaire dans l’enceinte où se déroule chaque année, à l’aube du printemps, le traditionnel Salon de l’Agriculture.

Avec l’impact croissant des réseaux sociaux relevé ces dernières années, et au regard des rapports fournis à la FIBA, qui se réunissait d’ailleurs vendredi pour examiner les conclusions de ces derniers, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) a donc préféré faire marche arrière en milieu de semaine. Une manière de prendre les devants, et de ne pas subir ce qui aurait pu s’apparenter à un camouflet – voire à une humiliation – si la FIBA avait apposé son veto concernant le site parisien.

Désormais, les deux entités vont devoir travailler de concert pour examiner et sélectionner un nouveau point de chute pour le déroulement des phases préliminaires, le tournoi principal étant, pour rappel, d’ores et déjà sanctuarisé au sein de l’Accor Aréna de Paris-Bercy (12ème arrondissement).

Visuel de l’Aréna de la Porte de la Chapelle (Crédits – Paris 2024 / Mairie de Paris / SCAU / NP2F)

L’option la plus parisienne – en dehors de Bercy qui obligerait à une délocalisation de la gymnastique qui, elle-aussi, constitue un mastodonte olympique – serait certainement de mobiliser la future Aréna de la Porte de la Chapelle (18ème arrondissement).

Un temps envisagé à proximité de l’Accor Aréna de Bercy – avec en phase de candidature la dénomination de Bercy Aréna II – cette enceinte, en cours de construction au Nord de la capitale, offrirait la possibilité de faire concourir les équipes face à 8 000 spectateurs par match. Pensé pour l’après-JO, avec la perspective d’y établir en résidence le club du Paris Basketball, l’agencement de la future aréna serait évidemment un atout.

Néanmoins, il conviendrait au préalable de repositionner en d’autres lieux les épreuves annoncées jusqu’à présent sur ce site, sachant que ce dernier doit accueillir à l’été 2024, le badminton, la gymnastique rythmique, puis le para-badminton et la para-haltérophilie.

Au-delà de la problématique de la relocalisation des compétitions et du jeu d’influences qui accompagne pareille manœuvre, il ne faut pas négliger non plus – si ce n’est surtout – la question délicate du calendrier olympique entre les différents sports inscrits au programme des Jeux.

Dès lors, Paris 2024 pourrait aussi être tenté par la volonté d’offrir au basketball un bol d’air provincial, un peu à la manière du tournoi olympique de handball qui prendra ses quartiers dans le secteur de la métropole lilloise, avec les matchs annoncés au sein du Stade Pierre Mauroy, dans une configuration qui promet des records d’affluence.

A ce jeu-là, deux villes françaises semblent tenir la corde pour espérer rafler la mise.

Au cours des dernières semaines, à mesure que la polémique enflait concernant le choix de la Porte de Versailles, Orléans (Loiret) et surtout Lyon (Rhône) ont ainsi fait valoir leurs atouts auprès de Paris 2024, notamment au travers des médias.

Dans les deux cas, la construction de nouvelles enceintes multifonctionnelles prévues indépendamment des Jeux, permettrait d’assurer une certaine stabilité budgétaire pour le COJO, soucieux de choisir à la fois un site adapté à la pratique du basketball et d’éviter autant que possible le recours à de grands investissements.

Du côté d’Orléans – près de 120 000 habitants et même plus de 280 000 si l’on considère l’agglomération – la proposition tient en l’utilisation de la nouvelle salle sportive et culturelle du CO’Met, en cours de construction au cœur d’un vaste ensemble à plus de 110 millions d’euros, comprenant par ailleurs un Parc des Expositions et un Palais des Congrès.

Si l’ouverture de ces deux infrastructures annexes est prévue pour l’automne 2022, l’inauguration de l’aréna de 10 000 places – 8 000 en configuration basket – est quant à elle annoncée quelques mois plus tard, mais tout de même à temps pour envisager une éventuelle mobilisation dans le cadre des JO 2024.

Outre la fonctionnalité de l’équipement – conçu selon des plans associant les équipes de « Bouygues Bâtiment Centre Sud Ouest » à l’expertise d’acteurs comme « Jacques Ferrier Architectures », le très réputé cabinet « Populous », ou encore « Chaix et Morel et associés », « Agence Ter » et « Snaik » – la proximité avec Paris peut également plaider pour ce site de la Région Centre-Val de Loire.

Desservie par le TGV, Orléans est en effet distante d’un peu plus d’une heure de la capitale, et est également reliée à cette dernière par les axes routiers et autoroutiers, en particulier l’A10.

Néanmoins, en choisissant Orléans, Paris 2024 prendrait le risque d’éclater encore davantage un concept déjà impacté par les revues de projet successives opérées depuis 2017, année d’attribution des Jeux par le Comité International Olympique (CIO).

Visuel de la LDLC Aréna de Lyon-Décines (Crédits – OL Vallée)

Pour conserver à l’inverse une certaine harmonie d’ensemble, le COJO pourrait en conséquence se tourner en direction de Lyon.

La troisième ville de l’Hexagone – avec 520 000 habitants et plus de 1,6 million en considérant l’échelle de l’agglomération – est en effet déjà associée au projet olympique, avec le Groupama Stadium situé à Décines, en proche périphérie, pour l’accueil d’une partie du tournoi de football.

Aussi, la mobilisation de la future LDLC Aréna, en construction dans le même secteur que l’écrin de l’Olympique Lyonnais, permettrait à Paris 2024 de renforcer le pôle JO de la « Capitale des Gaules », en s’évitant de surcroît un éparpillement trop important dans la cartographie des sites.

Pour accroître son pouvoir d’attraction, l’installation s’annonce d’ailleurs comme la plus grande arène événementielle de France, en dehors de la région parisienne et des deux enceintes-phares que sont Bercy et Paris La Défense Aréna à Nanterre (Hauts-de-Seine), avec une jauge pouvant atteindre 16 000 places.

Dans l’hypothèse d’une intégration à la cartographie des Jeux, la LDLC Aréna – dont l’ouverture est prévue pour la fin de l’année 2023 – serait en mesure d’offrir une capacité d’accueil adaptée de 12 000 places pour les phases préliminaires du tournoi de basketball, soit un niveau largement suffisant au regard du cahier des charges.

Mais si ces deux propositions de province ont de la suite dans les idées pour bénéficier de la vitrine des Jeux, Paris 2024 serait ici confronté à une distanciation majeure pour un seul sport, la phase finale devant toujours se tenir au cœur de la « Ville Lumière ».

D’ailleurs, si l’on s’intéresse aux candidatures passées de Paris et de la France, il est intéressant de relever que le basketball a majoritairement été proposé au sein d’un seul lieu ou tout du moins d’un même secteur géographique.

Esquisse du Hall 6 du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte configuré pour le tournoi de basketball de la candidature de Paris 1992 (Crédits – Paris 1992 / Archives)

De fait, dans sa proposition formulée pour les Jeux de 1992, la capitale française avait avancé l’idée d’utiliser une partie des bâtiments du Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis).

Ce dernier avait, à l’époque de la candidature, était présenté en ces termes :

Le Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte s’étend sur 78 hectares, 18 hectares de gazon et 27 000 arbres en font un lieu où nature et halls d’exposition se marient fort bien.

Son accès est facile par le RER (train rapide) qui mène à l’aéroport de Roissy et par l’autoroute du Nord.

Du fait de sa situation géographique, le secteur de Villepinte avait été sélectionné par les porteurs de la candidature pour accueillir, le cas échéant, l’ensemble des sports de balle en salle. Une façon d’assurer unité et lisibilité.

Comme cela fut ainsi détaillé :

Cet emplacement privilégié a été choisi pour y regrouper les sports de balle en salle : basketball, handball, volleyball, ainsi que badminton.

Quatre halls existants représentent une surface construite de 70 000 m². Un cinquième hall qui sera terminé en 1986 portera cette surface à 115 000 m².

Pour 1992, un sixième hall, dont la construction est projetée indépendamment des Jeux, sera construit pour y accueillir le basketball.

Mais alors que les tournois de volleyball et de handball avaient été envisagés sur deux sites – phases préliminaires à Villepinte devant 7 000 spectateurs par match et phases finales à Bercy face à 15 000 spectateurs – le tournoi de basketball avait pour sa part été projeté sur le seul et unique site du Nord de Paris.

Dans le dossier de candidature, Paris 1992 avait même précisé les raisons de ce choix stratégique et logistique, faisant quelque peu écho à l’actualité de Paris 2024 :

La FIBA ayant marqué son attachement au déroulement des phases préliminaires et finales dans la même salle, les aménagements pour les spectateurs y seront de même qualité qu’au Palais Omnisports de Paris Bercy (POPB).

Toutes les facilités communes seront également à la disposition du basketball et pour lui aussi, un environnement personnalisé sera prévu dans un hall de 30 000 m². 6 terrains d’entraînement sont prévus sur place.

In fine, le projet tricolore avait été étudié pour permettre la réception de 15 000 spectateurs par match sur ce site, soit une jauge identique à celle prévue pour les deux autres sports collectifs identifiés à Bercy.

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Quelques années plus tard, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) décida d’accorder sa confiance à Lille (Nord), au détriment de Lyon, dans la course aux Jeux d’été de 2004.

En phase préliminaire – la seule où la « Capitale des Flandres » pu s’exprimer, n’ayant pas ensuite été retenue dans la short-list des Villes Candidates par le CIO – Lille proposa d’établir le tournoi de basketball à Roubaix – Tourcoing et à Valenciennes, dans deux équipements distincts, chacun portant la dénomination de Palais Omnisports.

Distant de 10 kilomètres du Village des Athlètes, le premier ouvrage – pensé de forme pyramidale – devait être construit entre 1998 et 1999, moyennant un investissement prévisionnel de 120,8 millions de dollars, dont 1,9 million à la charge du COJO. La Communauté Urbaine de Lille avait alors donné son accord pour un tel aménagement qui aurait offert à la métropole, un site indoor de 20 000 places pour les Jeux, puis 16 000 après la clôture de l’événement.

De l’autre côté, le second équipement – planifié pour sa part à 55 kilomètres de Lille – devait sortir de terre en 2003, après des travaux à hauteur de 21,5 millions de dollars, dont 2,1 millions à la charge des organisateurs. Sur cet ouvrage, et au moment du dépôt de la candidature, l’accord avec la Ville de Valenciennes restait à obtenir.

En cas de succès de la candidature lilloise, l’ouvrage secondaire aurait pu accueillir jusqu’à 7 000 spectateurs au moment des Jeux, avant de voir sa capacité réduite à 4 000 places, complétant dès lors la capacité de l’offre événementielle du Nord de la France, et servant d’écrin pour les matchs de l’équipe féminine de basketball de Valenciennes – Orchies.

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Par la suite, le développement de la candidature de Paris 2008 avait conduit à l’élaboration d’un plan prévoyant l’agencement du tournoi olympique de basketball sur le pôle Nord-Est de Paris, soit l’une des quatre zones alors délimitées pour un projet résolument compact.

Dans le détail, ledit tournoi aurait été scindé en deux lieux présents sur un même secteur, à savoir le « Boulevard des Sports », dans le 19ème arrondissement, à la lisière de la Seine-Saint-Denis et des équipements, tels que le Stade de France et le Village des Athlètes.

Les phases préliminaires se seraient ainsi déroulées dans l’un des pavillons temporaires prévus sur ce site, qui devait aussi recevoir le badminton et le handball, ainsi que la natation dans un centre aquatique principal. Les phases finales se seraient quant à elles tenues dans ce qui fut alors nommée la « Très grande salle », partageant dans cet écrin l’affiche avec la gymnastique. Là-encore, un écho à l’actualité de Paris 2024.

A l’époque, cet agencement aurait nécessité un investissement de 17,5 millions de dollars pour concevoir le premier pavillon de 15 000 places, dont 10,5 millions à la seule charge du COJO.

De forme octogonale, la Très grande salle de 25 000 places aurait de son côté conduit à des travaux de l’ordre de 50,9 millions de dollars, dont 39,4 millions sur les épaules des pouvoirs publics, en particulier la Ville de Paris. Cet équipement, proche du Parc de La Villette, aurait d’ailleurs été le plus coûteux du dispositif de Paris 2008, devant la principale piscine olympique (48,1 millions de dollars), limitrophe sur le Boulevard des Sports, et le Vélodrome prévu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour 47,2 millions de dollars.

En 2000, l’Atelier Parisien d’Urbanisme avait publié, avec le concours de la Région Île-de-France, la Ville de Paris, et le Comité de Candidature de Paris 2008, un dossier d’environ 120 pages consacré aux aménagements prévisionnels liés aux Jeux. Dans ce dossier, l’étude de plusieurs emplacements possibles pour les nouvelles installations avait été réalisée et quelques pages furent dédiées à l’aménagement de la Très grande salle et aux caractéristiques de cette dernière.

Comme cela fut exposé :

La salle sera implantée Porte de La Villette, sur l’emprise actuelle d’un garage de la Préfecture de Police et de l’ancienne gare routière de la Porte de La Villette.

La position de cette emprise, à la frontière entre Paris, Aubervilliers et Pantin, permet de faire de la Grande Salle un événement dans le paysage et la vie du Nord-Est parisien.

Après les Jeux Olympiques, la capacité de cet équipement sera ramenée de 10 000 à 12 000 places, nécessaire pour compléter le POPB sans le concurrencer. Il pourra de plus fonctionner en synergie avec l’ensemble des équipements présents sur le Parc de La Villette et avec le Stade Nautique dont il sera le pendant de l’autre côté du Canal Saint-Denis.

Visuels des pavillons proposés par Paris 2012 pour le basketball, la boxe, l’haltérophilie, le tennis de table, la lutte et le taekwondo, avec, au premier et au second plan, le Stade de France et le Centre Aquatique (Crédits – Paris 2012 / Archives)

Concernant la candidature aux Jeux d’été de 2012, Paris était revenue sur une modèle à un site unique pour assurer le déroulement de l’ensemble du tournoi de basketball.

Concrètement, la candidature tricolore avait projeté l’installation dudit tournoi au sein d’un pavillon de 17 000 places provisoirement aménagé en Seine-Saint-Denis, dans ce qui aurait été l’un des deux principaux noyaux des Jeux, à proximité du Stade de France et du Centre Aquatique alors imaginé du côté d’Aubervilliers.

Une telle disposition aurait amené le COJO à mettre sur la table une enveloppe de 25,6 millions de dollars, soit le montant total relatif à l’édification du pavillon.

Dans le dossier de candidature, Paris 2012 détaillait en ces termes les caractéristiques de cet ouvrage :

Ce pavillon, spécifiquement conçu selon les techniques les plus modernes, sera respectueux des principes du développement durable.

Il fera appel à des systèmes de construction recyclable et aux nouvelles technologies de construction.

Modulaire et préfabriquée, cette structure permettra d’optimiser les espaces et de réduire les délais de construction. Elle satisfera aux exigences techniques de la FIBA et du Comité International Paralympique, et se conformera aux normes de construction en vigueur.

Par la suite, le pavillon aurait été démantelé et réattribué selon les besoins (Collectivité, club sportif, etc.) qui se seraient exprimés après les Jeux.

Visuel du projet initial de Bercy Arena II, implanté à proximité de l’actuelle AccorHotels Arena (Crédits – Paris 2024)

Sur la base des candidatures passées – dont certaines ont permis l’agencement d’infrastructures sportives en dépit des échecs successifs, comme par exemple le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, promesse de Paris 2012 – et soucieux d’offrir au basketball un ensemble cohérent, le projet de Paris 2024 avait initialement avancé l’idée de concevoir un véritable pôle basket dans le 12ème arrondissement.

Ce pôle aurait alors pris corps autour de l’actuelle Accor Aréna.

Une salle multifonctionnelle de 7 500 à 8 000 places avait de fait été projetée indépendamment des Jeux par l’équipe municipale conduite par Anne Hidalgo, avec à ce moment-là, Jean-François Martins en qualité d’adjoint aux sports. Pour les élus locaux, il s’agissait ni plus ni moins que d’apporter à la capitale une grande salle complémentaire à l’offre existante, entre le Stade Pierre de Coubertin d’environ 4 000 places et Bercy, dont la jauge reste encore aujourd’hui l’une des plus importantes d’Europe pour un équipement de ce type.

Pensée juste à côté de l’Accor Aréna, Bercy II aurait ainsi été aménagée dans un secteur déjà évoqué par le passé, pour accueillir notamment le Village des Athlètes et le Stade Nautique de la candidature de Paris 1992.

Mais si en janvier 2016, au moment de l’annonce de ce projet, la Ville de Paris projetait une livraison entre 2020 et 2021, moyennant un investissement compris dans une fourchette large entre 50 et 100 millions d’euros, les études techniques réalisés sur place ont finalement conduit les autorités à réviser leur projet en cours de route.

Visuel de la future Aréna 2 dans le quartier de la Porte de la Chapelle (Crédits – APUR-Air-images-Luxigon)

En conséquence, une délocalisation dudit projet vers le Nord de Paris fut décidée.

Le choix de ce secteur ne devait rien au hasard, la Ville de Paris ayant déjà pour ambition de requalifier les abords de la Porte de la Chapelle. En devenant la figure de proue de ce vaste chantier urbain et paysager, l’aréna II s’inscrivait donc à la fois en lien avec la candidature aux Jeux et la volonté de faire de l’événement une manifestation populaire, mais également comme un héritage durable pour Paris et ses habitants.

Parallèlement au changement de secteur acté pour l’implantation de la nouvelle aréna, Paris 2024 engagea peu à peu un remodelage de son concept et de la cartographie des sites.

Concrètement, après avoir proposé les phases préliminaires sur Bercy II et les phases finales sur Bercy I lors du dévoilement du projet en février 2016, le Comité de Candidature présenta ensuite, dans le second volet de son dossier technique, une proposition de découpage entre tournoi féminin et tournoi masculin.

Ainsi, les phases préliminaires du tournoi féminin avaient été projetées au sein du Stade Pierre de Coubertin, tandis que l’équivalent pour le tournoi masculin aurait pris place à Bercy II, les phases finales demeurant quant à elles localisées sur Bercy I, avec une jauge respective comprise entre 4 000, 8 000 et 16 200 places.

Finalement, après l’attribution des Jeux en septembre 2017, et à la suite de la revue de projet menée en 2020, le Comité d’Organisation sanctuarisa les phases finales sur Bercy et pris la décision de consacrer ce qui est devenu au fil des mois, le site de la discorde, Porte de Versailles, pour les phases préliminaires, en gommant au passage la distinction entre le tournoi féminin et son pendant masculin.

Vue du chantier de l’Aréna de la Porte de la Chapelle, en octobre 2021 (Crédits – SOLIDEO)

Désormais, les compteurs sont remis à zéro pour le COJO et ce, même si le temps est compté avant l’entrée dans le « money time » et la dernière ligne droite avant la livraison des équipements attendue pour la fin 2023, début 2024.

Nul doute qu’une relocalisation sur l’un des sites déjà cartographiés entraînera un jeu de chaises musicales et, immanquablement, une pression des Fédérations Internationales concernées qui, conscientes de l’impact du « cas » basketball, pourraient elles-aussi être tentées de négocier une localisation offrant une visibilité maximale, tant du point de vue médiatique que de la fan experience. Que diront en effet le badminton et la gymnastique rythmique en cas de départ contraint et forcé de l’Aréna de la Porte de la Chapelle, sauf à imaginer un plan B leur donnant pleine satisfaction ?

Quoiqu’il en soit, l’annonce du nouveau site choisi pour les phases préliminaires de basketball ne devrait pas intervenir avant, au mieux, plusieurs semaines. D’ici-là, les tractations s’annoncent intenses entre les acteurs concernés, et les Collectivités que l’on pensait recalées jusqu’alors ne manqueront certainement pas de jouer des coudes pour essayer d’attraper la balle des Jeux.

2 pensées

  1. Bravo et merci pour cette excellente synthèse historique, très bien documenté.
    En prenant en compte tous les critères, je pronostique une délocalisation à Lyon ! Cela coutera quasiment rien au COJO, générera plus de recettes grâce à la grande capacité de la salle (12 000 places) et surtout politiquement cela permettrait de mettre en valeur le projet de Tony Parker, figure emblématique et internationale du sport français. Les stars NBA qui ne voulaient pas jouer dans un hall, rechigneraient peut-être encore à aller évoluer à Orléans mais certainement pas à venir dans la salle de Tony Parker. Le COJO a besoin de l’image et de la légitimité de Tony Parker… Tout le monde serait content et oubliera assez vite les promesses de compacité des sites dans et autour de la Capitale.
    La solution la plus « raisonnable » est probablement Orléans mais Lyon offre une attractivité imbattable. On prend les paris ?

    1. Merci pour votre message, et pour l’intérêt porté aux publications.

      Le projet de Tony Parker tient effectivement la route, du fait de sa localisation, qui permettrait d’établir Lyon comme l’un des pôles JO, en plus du tournoi de football, sans oublier évidemment la popularité et la renommée de Tony Parker, dont les réseaux pourraient appuyer l’idée lyonnaise.

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