Paris 2024 : Une Aréna multifonctionnelle ouverte sur le territoire, Porte de la Chapelle

Promesse de la Ville de Paris durant la phase de candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024, l’Aréna de la Porte de la Chapelle (18e arrondissement) va devenir réalité d’ici 2023. Pour enclencher une nouvelle étape dans l’aménagement à venir, le groupement chargé de la conception, de la construction et de l’exploitation de la future enceinte multifonctionnelle a d’ailleurs été dévoilé ce mercredi.

Visuel de l’Aréna de la Porte de la Chapelle (Crédits – SCAU / NP2F)

Dans le paysage sportif et culturel parisien, une grande salle intermédiaire faisait jusqu’à présent défaut, l’AccorHotels Arena offrant une capacité proche des 20 000 places, alors que le Zénith de Paris dispose d’une jauge maximale d’environ 6 800 places.

Aussi, en parallèle de la candidature de Paris 2024, les autorités locales ont souhaité développer un projet reposant sur l’aménagement d’une aréna de 8 000 places capable d’accueillir tout aussi bien des événements sportifs que des manifestations culturelles.

Un temps imaginée dans le quartier de l’AccorHotels Arena – ex-Palais Omnisports de Paris Bercy (12e arrondissement) en bordure de la Seine, cette structure sera finalement édifiée au cœur du quartier de la Porte de la Chapelle (18e arrondissement). Un choix loin d’être anodin, car en ciblant ce secteur, Anne Hidalgo et ses équipes ont souhaité garantir un héritage durable de la venue des Jeux, en repensant également l’aménagement urbain et paysager et les déplacements dans un quartier populaire du Nord de la capitale située à la lisière du département de la Seine-Saint-Denis.

De fait, l’Aréna prendra donc place au sein de la ZAC Gare des Mines – Fillettes qui doit émerger dans les années à venir avec à la clé, des services, des logements, des bureaux, mais surtout une place majeure accordée à l’environnement, aux piétons et aux cyclistes. Dès 2019, l’aménagement de cette ZAC avait d’ailleurs été présenté comme un chantier majeur de la prochaine décennie.

Dans le cadre d’une délibération soumise aux élus du Conseil de Paris, la Ville avait ainsi mentionné l’ambition du projet :

D’ici 2030, Paris souhaite ancrer pleinement le Nord Est parisien comme une nouvelle centralité intelligente, durable, solidaire et reconnue à l’échelle internationale.

[…] Le secteur Gare des Mines – Fillettes s’étend entre la Porte de la Chapelle et d’Aubervilliers sur un périmètre d’environ 20 hectares de part et d’autre du boulevard périphérique.

Concrètement, le projet de ZAC couvrira la transformation de 150 000 m², avec en particulier 41 100 m² de surface d’habitation (750 logements, dont 35% de logements sociaux), 6 200 m² de programmes hôteliers, 4 600 m² de commerces et services, 52 300 m² de bureaux et 24 500 m² d’équipements sportifs, parmi lesquels la future Aréna.

Visuel de l’Aréna de la Porte de la Chapelle et de son parvis arboré (Crédits – SCAU / NP2F)

Afin de concrétiser la partie du projet portant sur la structure multifonctionnelle, la Commission d’Appel d’Offres de la Ville de Paris a pris soin d’examiner les différentes propositions qui ont été présentées dans les délais fixés.

Ce lundi 25 mai, ladite Commission a dès lors pu procéder à la désignation du projet lauréat en accordant sa confiance au groupement conduit par Bouygues Bâtiment Île-de-France avec le concours des agences d’architecture SCAU et NP2F.

Quelques semaines après avoir été désigné pour l’aménagement du Centre Aquatique Olympique, l’entreprise rafle donc la mise d’un autre grand chantier lié aux Jeux, un chantier dont le coût annoncé est de 98 millions d’euros (hors-taxes), avec un financement à 50% par la Ville de Paris et à 50% par la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) avec, pour cette enveloppe spécifique, un apport de la Ville de Paris, de la Région Île-de-France et de l’État.

Pour assurer la mobilisation de la future enceinte dans le dispositif des Jeux, le chantier devra inévitablement respecter un échéancier parfaitement calibré et qui a déjà débuté avec l’enclenchement récent de la démolition de l’ancien parking de la Porte de la Chapelle.

A ce stade, avec la reprise des chantiers depuis la fin du confinement lié à la crise du Covid-19, les travaux préalables se poursuivent pour au moins un an de plus, avec en parallèle le dépôt progressif des autorisations d’urbanisme nécessaires à l’aménagement de l’Aréna.

Une fois les permis accordés, la construction de la structure démarrera concrètement – et sauf retard – en juin de l’année 2021, avec une livraison programmée de l’édifice pour juillet 2023, soit un an avant la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques au cours desquels l’Aréna doit accueillir les épreuves de badminton et les compétitions de para-badminton et de para-taekwondo.

Visuel de l’Aréna de la Porte de la Chapelle avec les différents modules de la structure (Crédits – SCAU / NP2F)

Le projet lauréat prévoit l’édification d’une structure moderne composée de trois éléments distincts visuellement mais néanmoins complémentaires.

De fait, un socle en grande partie vitré sera bâti en rez-de-chaussée, ce qui permettra l’aménagement du hall d’accès aux tribunes de l’Aréna ainsi que l’installation d’équipements publics ouverts sur le quartier. Au-dessus de cette première structure, une vaste terrasse de 3 000 m² prendra place à 11,5 mètres de hauteur avec aussi la pose d’un bandeau communiquant pour informer les spectateurs et les riverains des événements en cours ou à venir au sein de l’Aréna. Enfin, en surplomb de la terrasse, les différents modules où seront installés l’Aréna de 8 000 places d’une part et les activités annexes d’autres parts seront réalisés avec pour chacun une forme distincte pour une meilleure identification.

Comme pour le Centre Aquatique Olympique qui sera construit à Saint-Denis, près du Stade de France (Seine-Saint-Denis), l’aménagement de l’Aréna de la Porte de la Chapelle sera caractérisé par la prise en compte du défi environnemental.

Aussi, les concepteurs du projet ont imaginé une enveloppe à haute performance énergétique et acoustique autour de la structure, complétée par une végétalisation conséquente avec 6 000 m² de toiture végétalisée et 1 700 m² de terrasse plantée. Également végétalisé, le parvis donnera une continuité architecturale au lieu avec aussi la volonté de limiter l’effet îlot de chaleur habituellement présent dans une ville dense telle que Paris.

Outre la végétalisation de la structure, la conception même de l’ouvrage sera caractérisée par l’utilisation de matériaux recyclés ou biosourcés.

Ainsi, les pleins de la façade du socle de l’Aréna seront composés à 60% de bois, un chiffre qui grimpera à 100% concernant les charpentes des deux gymnases adjacents. Des planchers mixtes bois-béton seront par ailleurs installés, du coton recyclé sera utilisé pour l’isolation de la grande salle et 30% du béton nécessaire à la construction de l’ouvrage sera issu de la filière bas carbone. Pour aller plus loin encore, les murs du hall d’accueil seront réalisés en briques de terre crue compressée issues des déblais du chantier du Grand Paris Express et, à l’instar du Centre Aquatique Olympique, les sièges de l’Aréna seront fabriqués à partir de plastique recyclé en lien avec une entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS).

A l’intérieur de l’édifice, la considération éco-responsable sera là-encore particulièrement marquée, avec l’installation d’une usine de production de froid et de chaleur via la technique de la géothermie pour assurer une performance énergétique la plus optimale possible pour une structure de cette ampleur. Pour preuve, le projet prévoit une consommation trois fois intérieure à celle d’une aréna classique.

Au-delà du critère environnemental, le principe d’héritage et de durabilité a aussi été pris en compte.

Concrètement, même si l’Aréna est destinée à recevoir une partie des épreuves olympiques et paralympiques des Jeux de Paris 2024 et tandis que le Paris Basketball sera le club résident pour participer et accueillir des compétitions nationales et internationales, l’édifice dans son ensemble aura surtout une vocation populaire, puisque les habitants du quartier pourront accéder à deux gymnases pour lesquels la Ville de Paris apportera un financement à hauteur de 20 millions d’euros (hors-taxes).

En complément du volet sportif, un programme d’activités de proximités, de loisirs et de commerces sera aussi pensé in situ avec une contribution locale de 7,2 millions d’euros.

Visuel de l’intérieur de l’Aréna de la Porte de la Chapelle (Crédits – SCAU / NP2F)

Avec l’aménagement annoncé de l’Aréna, la Porte de la Chapelle va enfin voir émerger sur son territoire une structure multifonctionnelle déjà présentée au moment de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux d’été de 2012.

A l’époque, au début des années 2000, les porteurs du dossier olympique et paralympique avaient eu l’ambition de bâtir un SuperDôme en capacité de recevoir les plus grands événements sportifs et culturels en complément du POPB existant.

D’abord pensé avec une jauge de 20 000 places et un budget de construction de 90 millions de dollars (2003) à la charge des pouvoirs publics, le projet destiné à permettre l’établissement des épreuves de gymnastique et des finales des tournois masculin et féminin de basketball, avait ensuite été modifié pour porter la capacité globale à 22 000 places avec un financement public-privé à hauteur de 288,2 millions de dollars (2005). Dans la version finale du dossier de candidature, il fut aussi mentionné un changement dans les épreuves, avec le maintien de la gymnastique (Jeux Olympiques), mais la suppression des finales des tournois olympiques de basketball au profit du tournoi de basket-fauteuil (Jeux Paralympiques).

A l’image du projet actuel, l’idée du SuperDôme se fondait alors sur une revitalisation urbaine majeure comme l’exposait ainsi le dossier de présentation :

La construction du SuperDôme, Porte de la Chapelle, constituera un aménagement moteur pour la régénération de cette zone.

A long terme, ce projet inclura le renouvellement de l’habitat, le développement de l’emploi et permettra l’amélioration du cadre de vie.

Visuel du projet de SuperDôme, Porte de la Chapelle à Paris (Crédits – Paris 2012 / Dossier de candidature)

Emblématique du projet de Paris 2012, l’idée d’un SuperDôme fut auparavant mentionnée dans le projet de Paris 2008.

Situé à un peu plus de 2 kilomètres à l’Est de la Porte de la Chapelle, l’ouvrage devait être édifié non loin de l’actuel Paris Event Center pour un coût de 50,9 millions de dollars, dont 11,5 millions à la charge du Comité d’Organisation, avec une capacité de 25 000 places, réduite en configuration post-Jeux à 12 000 places.

L’équipement, non-réalisé, devait accueillir les épreuves de gymnastique et la phase finale des tournois masculins et féminins de basketball.

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