En positionnant une partie des épreuves olympiques et paralympiques sur des sites ayant déjà été mobilisés pour les Jeux d’été de 1932 et 1984, le Comité d’Organisation de Los Angeles 2028 entend mettre en scène de façon éclatante le retour de l’événement planétaire dans la « Cité des Anges » et sa région qui ont été des partenaires de choix pour le Comité International Olympique (CIO).

Parfaitement reconnaissable du fait de son architecture majestueuse et de son monumental péristyle surplombé de la vasque olympique juchée à 32 mètres de hauteur, le Los Angeles Memorial Coliseum se prépare à rallumer la flamme des Jeux en 2028.
Dans moins de trois années, la vaste enceinte sportive située dans le secteur d’Exposition Park deviendra à ce moment-là, le seul et unique stade au monde à orchestrer une Cérémonie d’ouverture olympique pour la troisième fois.
Un instant d’histoire que le Coliseum fera perdurer avec l’accueil in situ des épreuves d’athlétisme – le sport-roi des Jeux d’été – comme ce fut déjà le cas en 1932 et en 1984.
De surcroît, la venue de l’événement planétaire en 2028 aura également un caractère inédit, puisque le site abritera les Jeux Paralympiques d’été pour la toute première fois, avec le déroulement prévu de la Cérémonie de clôture, mais avant, la tenue des épreuves de para-athlétisme.
2028 sera donc un rendez-vous majeur qui ajoutera un chapitre à la très riche histoire d’un stade inauguré en 1923 en hommage aux forces américaines de la région ayant combattu lors de la Première Guerre Mondiale, et dont les décennies passées ont permis de maintenir une activité régulière et variée, des Jeux de 1932 bien sûr, en passant par le Super Bowl en 1967 et 1973, sans oublier également le discours d’acceptation d’investiture de John Fitzgerald Kennedy à l’approche de l’élection présidentielle américaine de 1960, ou encore une messe d’anthologie célébrée par le Pape Jean-Paul II en 1987 devant plus de 100 000 fidèles.
Athlétisme, football, football américain et même courses automobiles, le Memorial Coliseum a été le lieu de nombreuses compétitions sportives au cours desquelles il a su déployer toute sa polyvalence ; le site ayant en outre été amené à recevoir les épreuves d’équitation, de gymnastique et de hockey-sur-gazon lors des JO 1932.
L’exceptionnel écrin ne sera toutefois pas le seul témoin des Jeux passés à Los Angeles et dans sa région qui aura l’occasion de briller à nouveau à l’été 2028.
Car les organisateurs californiens ont souhaité – dès la phase de candidature – proposer un concept misant certes sur la réutilisation optimale de sites existants, mais aussi sur l’apport d’installations ayant été des jalons de l’histoire olympique de la « Cité des Anges ».
Une manière de célébrer l’histoire et l’avenir de cette ville cosmopolite, sportive et créative.

Ainsi, toujours dans le secteur d’Exposition Park, le Los Angeles Swimming Stadium – ou John C. Argue Swim Stadium – sera lui aussi au rendez-vous des JO 2028.
Adjacent au Coliseum, l’installation fut bâtie dans l’optique des Jeux de 1932 lors desquels elle abrita les épreuves aquatiques, à savoir à l’époque, la natation, le plongeon et le tournoi de water-polo.
Pour cet événement, le bassin olympique avait été disposé en contrebas de deux tribunes se faisant face et disposant d’une jauge globale de 10 000 places. Après les Jeux, le site fut le théâtre de nombreuses compétitions, avec notamment, entre 1932 et 1970, pas moins de 65 records du monde qui y ont été établis.
Les heures de gloire de l’édifice à l’architecture Art Déco furent néanmoins freinées par le séisme de Northridge survenu dans la région au matin du 17 janvier 1994 qui causa d’importants dégâts structurels, entraînant alors la fermeture du site pendant près de 20 ans.
En 2003, le centre aquatique pu rouvrir ses portes au public, aux scolaires et aux clubs sportifs locaux, après des travaux de rénovation de quelques 30 millions de dollars qui ont permis de préserver la façade historique du site, tout en assurant la pose d’une structure en acier et en verre pour coiffer l’ouvrage.
Aujourd’hui, le Los Angeles Swimming Stadium est pleinement tourné vers 2028, échéance au cours de laquelle il opérera les épreuves de plongeon avec, selon un premier visuel présenté le 21 juin 2024 et qu’il conviendra d’affiner, la perspective d’une tribune temporaire outdoor en forme de demi-hexagone installée au-dessus du bassin récréatif.

A Los Angeles, un autre site-phare du sport sera également sous le feu des projecteurs en 2028.
Offrant une vue spectaculaire sur toute la région de Los Angeles depuis le promontoire sur lequel il est édifié, le Dodger Stadium va en effet accueillir le tournoi de baseball – l’un des sports additionnels souhaités par LA 2028 – après avoir été le théâtre dudit tournoi au cours de l’édition 1984.
Construit dans au début des années 1960 en surplomb de Los Angeles, le Dodger Stadium est rapidement devenu un stade mythique du baseball, qui, avec ses 56 000 places, demeure à ce jour la plus grande enceinte de la Major League Baseball (MLB).
Ces dernières années, plusieurs phases de travaux ont été réalisés in situ pour améliorer l’accueil et l’expérience des spectateurs.
Cela s’est notamment traduit par l’installation de nouveaux ascenseurs et escaliers pour assurer une meilleure desserte des gradins, la mise en place d’un nouveau système de sonorisation, sans compter également le changement des sièges et l’installation de passerelles de jonction entre les tribunes. Une nouvelle Centerfield Plaza a aussi été aménagée comme vaste esplanade d’entrée en direction du stade, tandis que des bars et des restaurants ont été remaniés autour du site.
Au regard de la place qu’il occupe dans le paysage sportif de Los Angeles et des États-Unis en général, le Dodger Stadium se devait dès lors d’être l’un des sites des Jeux de 2028.
Il est à noter d’ailleurs que le site possède un certain lien avec le Coliseum, ce dernier ayant été le domicile temporaire de la franchise des Dodgers durant la période de construction du Dodger Stadium.
Particulièrement présente sur la carte des Jeux Olympiques et des Jeux Paralympiques, Long Beach vibrera elle-aussi au rythme de l’événement, comme ce fut le cas en 1932 et en 1984.
Durant la première édition, la cité côtière située au Sud de Los Angeles avait ainsi reçu les épreuves d’aviron au sein du Long Beach Marine Stadium.
Aujourd’hui insérée au cœur d’un quartier résidentiel, l’écrin et son imposant bassin seront mobilisés en 2028 pour assurer la tenue des compétitions olympiques d’aviron et de canoë-kayak (course en ligne), et des épreuves paralympiques de para-aviron et de para-canoë-kayak.
En se rapprochant du front de mer, il sera là aussi possible de se remémorer le passé olympique de Long Beach, puisque l’Arena fut le cadre du tournoi de volleyball en 1984, avant d’abriter dans moins de trois ans le tournoi olympique de handball, puis le tournoi paralympique de volleyball-assis.
Le Long Beach Convention & Entertainment Center voisin sera quant à lui le théâtre des épreuves olympiques de tir sur cible, et paralympiques de para-tir sportif et ce, après avoir été le lieu des compétitions d’escrime en 1984.
Au sein du même périmètre que ces deux enceintes multifonctionnelles, il est à souligner également que la cartographie des Jeux de 2028 prévoit le dérouleront des épreuves olympiques d’escalade, de natation synchronisée et de water-polo, ainsi que des épreuves paralympiques de para-escalade et de para-natation au sein d’installations temporaires.
Sur le front de mer cette fois, Long Beach verra affluer les épreuves d’aviron de plage, ainsi que le tournoi de beach-volley, et la natation en eau libre. Le tournoi paralympique de cécifoot est également projeté sur place.
Tel un lien entre les territoires et avec l’histoire, Long Beach et Los Angeles se partageront en outre les compétitions de voile. Si la composante desdites compétitions a évolué au fil des éditions, la première fut le lieu d’expression de la voile pour les JO 1984, tandis que le port de la seconde avait été le théâtre des épreuves en 1932.

Au-delà de l’important cluster de Long Beach, d’autres sites de Californie du Sud se préparent à recevoir les honneurs olympiques une fois encore.
A Arcadia, le Santa Anita Park sera ainsi le rendez-vous des épreuves équestres après avoir déjà été mobilisé pour ces mêmes épreuves il y a plus de 40 ans.
Également lié à l’histoire équestre de Los Angeles et de la Californie, le Riviera Country Club sera également de la partie en 2028. Si le site avait abrité l’Equestrian Stadium des JO 1932 pour les épreuves de dressage équestre et la compétition d’équitation dans le cadre du pentathlon moderne, il sera dans moins de trois ans l’écrin des épreuves de golf.
Inscrit dans l’histoire du sport et des Jeux, tout comme le Memorial Coliseum, le Rose Bowl Stadium s’apprête lui aussi à entrer dans la légende de l’Olympisme.
Situé à Pasadena, l’emblématique stade sera en effet le lieu des derniers matchs du tournoi olympique de football, lui qui fut auparavant utilisé pour les épreuves de cyclisme sur piste en 1932, puis – déjà – pour le football en 1984.
Avec un tel palmarès, le Rose Bowl Stadium deviendra le seul stade de la planète, avec le Coliseum, à orchestrer par trois fois des compétitions olympiques.

Outre ces enceintes sportives de renommée mondiale, il est à noter que les épreuves planifiées du côté de Carson feront d’une certaine manière écho à la mobilisation de cette ville durant les Jeux de 1984.
A l’époque, le vélodrome olympique fut ainsi le cadre des épreuves de cyclisme sur piste.
Ces épreuves se dérouleront à nouveau à Carson en 2028, mais cette fois au cœur d’un nouvel écrin, le VELO Sport Center. Non loin de là, mais toujours dans le périmètre du Dignity Health Sports Park édifié à l’emplacement de l’ancien vélodrome, les épreuves de tennis et de tir-à-l’arc seront organisées, tout comme le tournoi de hockey-sur-gazon et celui de rugby à 7.
Suivant les plans issus du dossier de candidature, le campus de l’Université de Californie du Sud (USC) devrait pour sa part héberger les médias et ce, après avoir été l’un des trois sites élevés au rang de Village Olympique en 1984. Pour 2028, les athlètes éliront domicile du côté d’un autre campus tout aussi prestigieux et qui fut également l’une des composantes de 1984, à savoir le campus de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Soucieux de bâtir des Jeux faisant la part belle aux sites existants ou temporaires, et désireux de valoriser autant que possible les infrastructures édifiées ou utilisées lors des précédentes éditions olympiques qui se sont déroulées dans la région de Los Angeles, le Comité d’Organisation de LA 2028 a tout de même dû faire des choix.
Bénéficiant d’une position singulière dans le dispositif des Jeux, le Los Angeles Convention Center se prépare à cet égard à connaître un profond changement de dimension entre l’édition de 1984 et celle à venir de 2028.
En 1984, le site avait été mobilisé non pas pour l’accueil d’épreuves, mais pour héberger le Centre Principal de Presse qui, en 2028, s’installera dans les futurs locaux de la National Football League (NFL) sur le site de Hollywood Park à Inglewood, près de Los Angeles.
Or, du fait des aménagements opérés au fil des ans pour maintenir et développer l’imposante structure – notamment au niveau de la concurrence nationale et internationale dans le domaine des congrès – la LACC est désormais attendu pour recevoir les épreuves olympiques d’escrime, de judo, de lutte, de taekwondo, et de tennis de table, ainsi que les compétitions paralympiques de boccia, d’escrime-fauteuil, de para-judo, de para-taekwondo, et de para-tennis de table.
Face à la richesse des installations présentes dans la région et eu égard aux discussions menées avec les autres parties prenantes, et notamment les Fédérations Internationales, LA 2028 a par ailleurs décidé d’écarter certains sites initialement envisagés.
Ce fut ainsi le cas pour le Pauley Pavilion, un temps évoqué pour abriter accueillir les compétitions de judo et de lutte, après avoir reçu les épreuves de gymnastique en 1984.
Ce fut également le cas pour la célèbre salle du Forum à Inglewood. Si en 2016 la candidature de LA 2024-2028 avait songé à y établir le tournoi de basketball, la concurrence locale de ces dernières années a finalement conduit les organisateurs à revoir leur copie.
Avec l’émergence de l’ultra-moderne Intuit Dome – à Inglewood lui-aussi – le Comité d’Organisation des Jeux de 2028 a de fait rebattu les cartes au détriment du Forum qui ne fait donc plus partie du dispositif.

Les choix opérés par LA 2028 témoignent en tout cas du foisonnement de sites et du potentiel sans équivalent dont peuvent se targuer Los Angeles et sa périphérie.
Ils sont par ailleurs l’illustration de la promesse de LA 2028 de créer des Jeux d’une nouvelle ère, reposant à la fois sur l’existant et misant aussi sur le déploiement récent de nouvelles enceintes qui ont d’ores et déjà gagné en reconnaissance et en prestige et ce, sans que cela ne porte atteinte aux finances des Jeux.
Grâce à l’implication de partenaires privés, l’édition de 2028 pourra de facto mobiliser des sites comme le monumental SoFi Stadium.
Colossal par son envergure et son architecture, il est aujourd’hui judicieusement placé en miroir du Memorial Coliseum, et non en opposition.
Les deux ouvrages seront au cœur des Cérémonies des Jeux, et particulièrement de l’ouverture de la manifestation olympique qui se tiendra pour la première fois de l’histoire au sein de deux stades. Ces derniers se feront encore face quant à l’orchestration des épreuves, l’athlétisme pour le Coliseum et la natation pour le SoFi Stadium.
Ces deux stades – véritables mastodontes témoins de leur époque respective – et ce dispositif inédit ont déjà, comme l’Intuit Dome, marqué les esprits de la Commission de Coordination du CIO en charge de superviser les préparatifs des JO 2028.
Avant sans nul doute d’impressionner les spectateurs et les athlètes qui participeront et écriront les Jeux dans moins de trois ans.
Pour les troisièmes Jeux Olympiques d’été et les premiers Jeux Paralympiques organisés in situ, les organisateurs ne manqueront pas en outre de rappeler les apports de Los Angeles dans l’ordonnancement et la modernisation de l’événement planétaire.
Car au gré des éditions passées, la « Cité des Anges » a installé certaines innovations qui ont marqué le développement continu des Jeux au gré des décennies.

Lors des Jeux de 1932, la durée même de la manifestation avait été drastiquement réduite à 16 jours, alors que les premiers Jeux de l’ère moderne pouvaient se dérouler sur plusieurs mois. Ce format de la quinzaine olympique est désormais un standard adopté par le CIO et les Hôtes successifs.
Cette édition californienne – forte de 37 représentations nationales et 1 334 athlètes pour 117 épreuves – avait aussi placé les trois médaillés de chaque épreuve sur un podium, le Champion Olympique se tenant au milieu sur un espace plus élevé pour le distinguer de ses deux poursuivants, médaillés d’argent et de bronze.
Dans le même temps, la levée du drapeau national de chaque médaillé et l’hymne national du vainqueur ont fait leur apparition dans les enceintes olympiques.
Là-encore, deux nouveautés qui ont ensuite été sanctuarisées.
Los Angeles 1932 poursuit par ailleurs et améliore le concept du Village Olympique instauré à partir des Jeux de Paris 1924.
Si l’édition tricolore avait vu l’installation de baraquements sommaires près de Colombes (Hauts-de-Seine) où se sont tenues les compétitions dans leur grande majorité, Los Angeles construit plusieurs centaines de préfabriqués, le tout étant agrémenté d’un hôpital, d’un cinéma, d’une banque, d’un bureau de poste et d’un amphithéâtre. A l’époque cependant, seuls les hommes avaient pu être logés sur ce site, les femmes ayant quant à elles été logées au sein de l’hôtel Chapman Park.
Les Jeux de 1984 furent également porteurs d’innovations, du point de vue technologique, mais aussi du point de vue financier.
Les organisateurs de l’époque ont notamment pu mettre à disposition des athlètes et des médias de nouveaux supports de communication, via en particulier un système de messagerie olympique qui permettait aux athlètes d’enregistrer et d’envoyer des messages vocaux à leurs proches.
Surtout, les Jeux de Los Angeles 1984 – organisés dans un contexte de boycott de l’Union Soviétique et de ses alliés en réponse au boycott américain des Jeux de Moscou 1980 – ont été préfigurateurs d’un événement sur le point de connaître une expansion spectaculaire.
Outre le nombre d’épreuves – 221 – et le nombre de Comités Nationaux Olympiques (CNO) participants – 140 avec 6 829 athlètes – l’édition de 1984 s’est illustrée comme celle de la mise en œuvre du premier programme de sponsoring des Jeux.
Cette nouveauté a contribué à faire émerger un modèle de Jeux mobilisant des financements privés.
Pour les Jeux de 1984, les organisateurs ont d’ailleurs réussi à dégager des bénéfices par la suite reversés à destination de la « LA84 Foundation » qui, depuis plus de 40 ans, mène des initiatives en soutien à la pratique sportive sur le territoire et auprès des jeunes, tout en continuant à informer sur l’héritage des Jeux pour Los Angeles et la Californie.
En 2028, nul doute que Los Angeles parviendra encore à surprendre le monde.
En attendant les innovations, notamment sur le plan technologique au profit de la fan experience, il est à noter que l’édition de 2028 sera historique quant au nombre de participants, avec une prédominance inédite des femmes par rapport aux hommes, après l’édition paritaire de Paris 2024. Il s’agira aussi de la plus grande édition paralympique jamais organisée ; la première pour laquelle un Comité d’Organisation a pu proposer l’ajout d’un nouveau sport, en l’occurrence, la para-escalade.
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