LA 2028 : Los Angeles continue d’écrire l’histoire des Jeux

En présentant cette semaine le programme des épreuves des Jeux de Los Angeles 2028, la Commission Exécutive du Comité International Olympique (CIO) conforte la place de choix de la « Cité des Anges » qui, après les éditions de 1932 et de 1984, s’apprête à nouveau à se distinguer. Le rendez-vous de 2028 sera notamment le premier de l’histoire où le nombre d’athlètes féminines sera supérieur à celui des compétiteurs masculins.

Visuel du SoFi Stadium à Inglewood, Californie, pour les épreuves de natation des JO 2028 (Crédits – LA 2028)

Au cours de la première moitié du XXe siècle, Los Angeles (Californie, États-Unis) avait – déjà – marqué de son empreinte l’histoire des Jeux Olympiques modernes.

L’orchestration de l’édition de l’année 1932 avait ainsi constitué une étape-clé dans le développement continu de ce qui est devenu au fil des décennies l’événement sportif le plus important au monde.

Théâtre des Cérémonies, le Memorial Coliseum avait notamment impressionné par sa taille et sa magnificence, fort d’une capacité inédite de 100 000 spectateurs.

Le cadre organisationnel des Jeux avait lui-aussi symbolisé une rupture.

Cela s’était alors traduit par 16 jours d’épreuves, sachant que les éditions de 1900 à 1928 s’étaient toutes déroulées jusqu’à un seuil de 79 jours. L’installation d’un podium pour la réception des médailles avait aussi été une nouveauté des JO 1932, tout comme la présentation du drapeau de l’athlète vainqueur, ou encore l’installation des compétiteurs masculins en un seul et même Village Olympique.

Bien des décennies plus tard, l’édition de 1984 fut une nouvelle occasion pour Los Angeles de créer un marqueur au profit du Mouvement olympique dans son ensemble.

Trois ans après l’élection de Juan Antonio Samaranch à la tête de l’institution olympique, le CIO fut ainsi rassuré par l’engagement de la « Cité des Anges » qui, après avoir été seule candidate en lice et malgré un contexte géopolitique tendu avec le boycott décidé par l’Union Soviétique, parvint à générer un gain non-négligeable estimé à 223 millions de dollars.

Une prouesse pour une manifestation de cette envergure qui s’expliqua notamment par le recours à des installations existantes et à la contribution des sponsors dans l’organisation des Jeux. Une manière finalement de préfigurer une tendance nouvelle qui aujourd’hui est devenue la norme pour tout organisateur de l’événement olympique.

Sur le plan de la programmation, les Jeux de 1984 ont aussi apporté de la nouveauté, avec notamment l’introduction d’épreuves féminines en cyclisme et la tenue du premier marathon olympique féminin sur la distance traditionnelle.

(Crédits – LA 2028)

Aussi, les préparatifs d’accueil des Jeux de 2028 ne dérogent et ne dérogeront pas à cette quête perpétuelle pour Los Angeles et la Californie d’éblouir le monde.

Déjà au stade de la candidature, LA 2028 avait fait preuve d’une volonté farouche de bâtir des Jeux d’une nouvelle ère, misant pleinement sur les avancées technologiques, la promesse de partenariats importants et d’une imagination débordante, mais aussi sur le désir d’optimiser les sites existants qui, de surcroît, figurent parmi les standards internationaux.

Au cours des années passées, les organisateurs californiens ont ainsi dévoilé un emblème que chacun peut s’approprier et redessiner indéfiniment, constitué une structure commune en charge de la stratégie marketing avec le Comité Olympique et Paralympique des États-Unis, sans compter bien sûr la présentation successive des sites qui constitueront autant de lieux d’expression des sports inscrits au programme des Jeux.

Un programme qui comporte, dans sa version initiale, l’ajout de l’escalade, du skateboard et du surf, jusqu’alors sports additionnels sur les Jeux de Tokyo 2020 et de Paris 2024. Un programme qui comporte aussi et surtout cinq sports additionnels avec la venue confirmée de baseball / softball, du cricket, du squash, du flag football et du lacrosse.

Dernièrement, LA 2028 a d’ailleurs profité d’une nouvelle mise à jour de la cartographie de ses sites pour annoncer les points de chute pour les deux derniers cités, les autres lieux destinés à recevoir les sports additionnels – mais aussi des sports qui demeurent dans l’attente de leur localisation – devant être présentés dans les mois qui viennent.

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En attendant ces prochains développements, le Comité d’Organisation a pu se satisfaire cette semaine de l’adoption par la Commission Exécutive du CIO du programme des épreuves et des quotas d’athlètes autorisés à prendre part aux JO 2028.

Pour ces deux éléments, LA 2028 continue immanquablement d’écrire l’histoire des Jeux, en l’écrivant plus spécifiquement au féminin.

Concrètement, pour la toute première fois, tous les sports d’équipe auront autant d’équipes féminines que masculines, certains desdits sports allant même jusqu’à mobiliser davantage de compétitrices.

Le water-polo – localisé sur le front de mer à Long Beach, près de Los Angeles – verra ainsi concourir non pas 10 mais 12 équipes féminines, soit un contingent identique au tournoi masculin.

Le football, dont les ultimes rendez-vous de 2028 se dérouleront dans l’écrin monumental du Rose Bowl Stadium à Pasadena, aura quant à lui un nombre plus important d’équipes féminines (16) que masculines (12), dans une répartition inversée par rapport aux JO 2024.

La féminisation des épreuves olympique passera en outre par une catégorie de poids supplémentaire pour la boxe, dont la présence aux Jeux sous l’égide de la nouvelle Fédération Internationale a été validée lors de la 144e Session du CIO le mois dernier. Elle passera également par l’ajout d’épreuves mixtes pour l’athlétisme (relais mixte 4×100 mètres), le tir-à-l’arc, le golf, la gymnastique, le tennis de table, ainsi que pour le sprint de plage en aviron de mer.

L’aviron de mer constituera l’une des nouveautés insufflées par LA 2028. Dérivé de l’aviron, cette discipline qui devrait être orchestrée dans le secteur de Long Beach verra dès lors un solo femmes (CW1x), un solo hommes (CM1x) et deux de couple mixte (CX2x).

Les autres nouvelles chances de médailles se traduiront quant à elles par le déploiement des épreuves du 50 mètres dos, papillon et brasse chez les hommes et chez les femmes en natation. De quoi garantir du grand spectacle dans le colossal SoFi Stadium à Inglewood qui offrira pour l’occasion la plus grande jauge jamais proposée aux Jeux pour la natation avec 38 000 spectateurs par session.

L’escalade ne sera pas en reste, les épreuves de bloc et de difficulté étant programmées pour être disputées de façon distincte en 2028, le combiné passant à la trappe, tandis que pour le basketball 3×3, le nombre d’équipes de chaque catégorie sera porté à 12 contre 8 pour les Jeux de Tokyo 2020 et de Paris 2024.

(Crédits – LA 2028)

Au global, les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 engageront pas moins de 351 épreuves avec remise de médailles – 22 de plus que pour les Jeux de 2024 – soit 165 épreuves masculines, 161 épreuves féminines et 25 épreuves mixtes.

Le quota de 10 500 athlètes est par ailleurs complété par un contingent de 698 places de qualification accordées pour les cinq sports additionnels, portant le nombre total d’athlètes à 11 198.

Dans le détail, sur les 10 500 compétiteurs prévus dans le cadre du programme initial des sports – autrement dit les 31 sports sanctuarisés d’une édition à l’autre depuis les ajouts opérés dans l’optique des JO 2028 – pas moins de 5 333 places seront réservées aux femmes et 5 167 pour les hommes.

Si Paris 2024 fut la première édition des Jeux – été et hiver confondus – à proposer la parité entre les femmes et les hommes, LA 2028 poussera le curseur encore plus loin, avec plus de femmes que d’hommes sur la ligne de départ des épreuves.

Ainsi, en additionnant le quota du programme initial avec celui des sports additionnels (322 femmes et 376 hommes), les Jeux de 2028 pourront voir concourir jusqu’à 5 655 femmes et 5 543 hommes.

Janet Evans, Directrice des relations avec les athlètes au sein du Comité d’Organisation des Jeux d’été de Los Angeles 2028, intervenant devant la 144e Session du CIO réunie à Costa Navarino, Grèce, le 20 mars 2025 (Crédits – IOC / Greg Martin)

En 2028, le CIO et les Jeux Olympiques auront rendez-vous avec l’histoire.

Désireux de casser les codes – plus encore que ce qu’a pu faire Paris 2024 – LA 2028 s’affirme résolument comme une édition olympique novatrice en divers points et ce, avec l’appui et le concours de personnalités-phares du sport américain, parmi lesquelles nombre de femmes comme Anita DeFrantz, membre du CIO depuis 1986 et Vice-Présidente de LA 1984, Allyson Felix, légende de l’athlétisme, ou encore Janet Evans, multi-médaillée en natation, qui apportent chacune l’expérience de leur carrière et leur vision des Jeux.

Comme l’a d’ailleurs souligné l’ancienne nageuse Janet Evans, aujourd’hui Directrice des relations avec les athlètes au sein du Comité d’Organisation, après l’annonce de la Commission Exécutive du CIO, mercredi 09 avril 2025 :

Ce jour marque une étape majeure dans la volonté de LA 2028 d’accueillir le plus grand nombre d’athlètes jamais réuni sur la plus grande scène sportive mondiale.

Nous ouvrons la voie à davantage d’athlètes pour concourir, gagner et réaliser leur rêve olympique aux Jeux de LA 2028, où les athlètes ont toujours été et seront toujours au cœur des Jeux.

Nous sommes fiers de défendre une vision centrée sur les athlètes qui célèbre l’excellence et l’esprit fédérateur du Mouvement olympique.

Les trois petites années à venir avant l’ouverture des JO 2028 ne devraient pas changer la donne au sens où chaque décision prise par les organisateurs a pour l’heure eu pour finalité d’offrir un aperçu spectaculaire de ce que pourront vivre les athlètes dans la région de Los Angeles.

Au-delà des seuls compétiteurs, les préparatifs des Jeux visent aussi à créer les conditions d’une célébration de l’esprit olympique comme jamais auparavant, avec la promesse de Jeux connectés et pensés pour renouveler l’expérience des futurs spectateurs qui viendront in situ assister aux épreuves dans des lieux pour partie iconiques du sport américain et mondial, mais aussi l’expérience des téléspectateurs qui suivront lesdites épreuves à la télévision et au moyen des dernières technologies.


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