Les athlètes engagés dans le cadre des Jeux de Los Angeles 2028 résideront au sein du campus universitaire de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Acté dès la phase de candidature, ce choix reflète la volonté des organisateurs d’utiliser les infrastructures existantes de la région pour héberger les compétiteurs. Comme ce fut le cas lors des JO 1984.

A la fin du mois de juin dernier, l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a engagé une étape déterminante dans la perspective de recevoir, sur le site du campus universitaire, les milliers d’athlètes et de para-athlètes qui participeront dans moins de trois ans aux Jeux Olympiques et Paralympiques de LA 2028.
Jusqu’alors Directrice du Bureau des Évènements de l’UCLA, Chansoth Hill a ainsi été chargée de prendre de nouvelles fonctions à compter du 1er juillet 2025, à savoir celles de Directrice Principale du Village Olympique et Paralympique.
Comme l’avait à ce moment là précisé l’Administration de l’UCLA :
Dans le cadre de ce poste à durée déterminée, jusqu’à fin 2028, elle assurera la coordination [des préparatifs du Village], à l’échelle de l’Université, supervisant 12 Sous-Comités et rendant compte des travaux directement au Vice-Chancelier, Michael Beck.
L’une des principales priorités sera de veiller à ce que l’UCLA respecte ses engagements quant à l’installation du Village tout en minimisant les perturbations sur le fonctionnement du campus.
Cette annonce est survenue alors que le Comité d’Organisation des Jeux de LA 2028 est récemment entré dans les trois dernières années de la phase préparatoire de l’événement planétaire et ce, avant la Cérémonie d’ouverture programmée pour le 14 juillet 2028.
Si des changements ont pu être opérés ces derniers mois, concernant la localisation de certains des sites sportifs, le lieu destiné à l’hébergement des compétiteurs n’a en revanche pas évolué depuis la phase de candidature de la « Cité des Anges ».
Tandis que Paris 2024 avait fait le choix – comme ses prédécesseurs récentes – de loger les athlètes et les para-athlètes au sein d’un nouveau quartier résidentiel conçu, dans le cas tricolore, à cheval sur trois communes de Seine-Saint-Denis dans un souci de régénération urbaine, Los Angeles a à l’inverse très tôt pris une toute autre orientation pour héberger les futurs participants aux Jeux.

Initialement pourtant, la candidature californienne avait misé sur l’installation des athlètes au sein d’un nouvel ensemble résidentiel offrant à ces derniers, une localisation à moins de 30 minutes de 94% des sites sportifs, et même à moins de 15 minutes pour la moitié desdits sites.
Le Village tel qu’imaginé en 2015 devait alors se situer au cœur du Downtown cluster – soit l’un des cinq pôles sportifs identifiés à l’époque par la candidature de LA 2024 – moyennant un investissement de l’ordre d’un milliard de dollars, dont 925 millions à la charge des pouvoirs publics et de partenaires privés, le Comité d’Organisation assumant 75 millions de dollars pour les aménagements spécifiques aux Jeux.
Quelques mois après la présentation de ce concept, les porteurs de la candidature avaient néanmoins révisé leur plan pour in fine prévoir la mobilisation du campus universitaire de l’UCLA.
Avec un tel dispositif repensé au début de l’année 2016, LA 2024 – puis LA 2028 par suite à l’accord avec le Comité International Olympique – avait donc très tôt choisi de suivre une logique économique ; le coût de location du campus universitaire étant bien moindre que le montant prévisionnel d’une construction et d’un aménagement de bout en bout.
De surcroît, la candidature olympique et paralympique avait, par cette décision, souhaité faire un parallèle avec l’histoire des Jeux à Los Angeles, la « Cité des Anges » ayant en effet hébergé les athlètes des JO 1984 au sein de trois campus universitaires, parmi lesquels celui de l’UCLA.
Après les retraits successifs d’Atlanta, Chicago, Boston et La Nouvelle-Orléans au cours de l’été 1977, Los Angeles fut désignée par le Comité Olympique des États-Unis (alors USOC), le 25 septembre cette année-là pour porter les couleurs américaines sur la scène olympique en vue des JO 1984 et ce, par 55 voix contre 39 pour New-York.
Dans le contexte singulier de la Guerre Froide, et après le boycott des JO 1980, la « Cité des Anges » fut par la suite seule candidate en lice, et dès lors seule choix possible pour le Comité International Olympique (CIO).
A l’époque, les organisateurs californiens avaient déjà souhaité s’appuyer sur des infrastructures existantes, avec néanmoins des adaptations et des aménagements temporaires nécessaires à la bonne réception des compétiteurs.
Dans un premier temps, deux sites avaient été proposés pour héberger les athlètes, à savoir le campus de l’UCLA et le campus de l’Université de Californie du Sud (USC). Toutefois, un réexamen de la carte des sites a finalement conduit dans un second temps lesdits organisateurs à rajouter un autre campus pour loger les athlètes engagés dans les épreuves d’aviron et de canoë-kayak. Ces derniers devant concourir sur le site de Lake Casitas, l’option du campus l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB) fut actée.
Avec un schéma reposant sur ces trois sites, LA 1984 voulait alors offrir les meilleures conditions d’accueil pour les futurs compétiteurs, que ce soit au niveau des logements ou des prestations proposés in situ.
Ainsi, pas moins de 7,3 hectares furent consacrés au sein du campus de l’USC.
Disposant de résidences, le site pu alors recevoir quelques 5 689 personnes, athlètes, accompagnateurs et officiels issus de 79 Comité Nationaux Olympiques (CNO).
Comme pour les Villages des Athlètes que nous connaissons encore aujourd’hui, le site fut aménagé en conséquence avec des services divers pour les locataires des Jeux, incluant quatre espaces de restauration, à savoir le Webb Dining Hall (963 places),le Baron’s Bistro (1 016 places), l’EVK Hall (752 places) et le Trojan Hall (476 places).
Preuve de l’importance d’un tel rendez-vous, durant les Jeux, ces quatre espaces ont pu servir quelques 354 123 repas, soit le niveau le plus important des trois campus mobilisés en 1984.
Outre l’USC, le campus de l’UCLA s’était quant à lui distingué par la superficie sécurisée, soit 10,5 hectares. Au moment des Jeux, 3 684 athlètes, accompagnateurs et officiels venant de 60 CNO résidèrent sur place, quatre résidences et deux immeubles de studios ayant alors été aménagés pour l’occasion.
A l’instar de l’USC, le campus avait mis à disposition quatre espaces de restauration – Dykstra Hall (480 places), Hedrick Hall (504 places), Sproul Hall (386 places) et Rieber Hall (506 places) – pour un service global de 249 448 repas sur toute la durée des Jeux.
En complément des services proposés sur l’ensemble du site, l’UCLA bénéficiait par ailleurs de la présence adjacente du Pauley Pavillion, dépendant de l’Université, et qui, en 1984, fut le théâtre des épreuves de gymnastique. Un écrin qui n’a en revanche pas été retenu pour les JO 2028.
Enfin, le campus de l’UCSB avait pour sa part vu la mobilisation de trois résidences et la sécurisation de 3,2 hectares, le tout afin d’héberger 856 athlètes issus de 34 CNO. Si un unique restaurant fut disposé sur le site – De la Guerra Annex (530 places) pour 42 954 repas servis – il n’en demeure pas moins que les organisateurs ont installé sur le campus tout un florilège de services, tel un écho aux deux autres espaces résidentiels des JO 1984.
Ainsi, au-delà du restaurant, l’UCSB avait aussi mis à disposition un salon de massage et un sauna, une banque, un service postal, mais encore une librairie, un cinéma de 240 places, un café-discothèque temporaire, sans compter l’amphithéâtre extérieur existant de 900 places. Comme pour les deux campus précités, des salles de musculation et des sites d’entraînement furent également accessibles aux athlètes logés sur place.

Pour 2028, exit les trois campus des JO 1984.
Dans une approche compacte et de centralisation du dispositif, seul l’UCLA sera de fait au rendez-vous pour les athlètes, l’USC étant en revanche de la partie pour héberger les médias.
Durant la phase de candidature, Los Angeles avait vanté les mérites de son concept de Village des Athlètes pensé sur pas moins de 72 hectares – soit une vingtaine de plus que le quartier résidentiel de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis (51 hectares) – et parfaitement intégré au sein d’un campus existant de 170 hectares.
Comme le mentionnait notamment le premier volet du dossier soumis à l’appréciation du CIO :
L’emplacement central du Village et le caractère ultramoderne des installations d’UCLA seront des atouts prodigieux pour tous les athlètes qui prendront par aux Jeux. […]
Le Village de LA [2028] leur procurera une expérience « personnalisée » des Jeux. Tirant parti des installations à la pointe du progrès que possède déjà UCLA, le Village Olympiques de LA [2028] proposera des logements modernes et totalement accessibles, de vastes installations sportives pour l’entraînement et la récupération, des installations médicales hors pair, de magnifiques centres de réception et d’accueil et tout un menu de possibilités excellentes de se restaurer dans des coins paisibles et sûrs du splendide campus d’UCLA.
Pour veiller à donner des conditions pratiques aux athlètes et leur permettre de réserver leur énergie aux seules compétitions, près de 90% des sites sportifs se trouveront à un maximum d’une demi-heure du Village.
Au-delà de cet exposé prometteur, la candidature californienne avait surtout précisé le cadrage attendu pour les Jeux.
Ainsi, les athlètes et leurs accompagnateurs pourront résider dans 33 bâtiments de trois à dix étages. La candidature avait par ailleurs fait savoir que l’ajout alors programmé par l’Administration de l’université de 2 000 à 2 500 logements sur des terrains appartenant à ladite université pourrait permettre de disposer in situ de 16 500 à 17 000 lits.

Deux espaces résidentiels au sein du Village furent en outre identifiés par la candidature de Los Angeles sous les dénominations de « Secteur Nord » et « Secteur Sud » ; le premier rassemblant 76% des lits, soit 417 chambres simples et 6 285 chambres doubles, le second regroupant quant à lui 24% des lits disponibles, soit 1 868 chambres simples et 1 073 chambres doubles.
Site du Village des Athlètes pour les Jeux Olympiques, le campus de l’UCLA le sera aussi pour les Jeux Paralympiques, puisque l’ensemble des 4 400 para-athlètes pourront y être logés.
Concernant l’offre de restauration, la candidature de Los Angeles – et désormais le Comité d’Organisation – avait annoncé la mobilisation de 10 espaces à travers le Village, tous existants et opérationnels.
Dans le détail, le contingent de cinq cafés-restaurants avait été avancé pour une jauge de 1 378 places, soit 685 places pour The Study at Hedrick ; 177 places pour Café 1919 ; 266 places pour RendezVous ; 250 places pour Bruin Café ; et 200 places pour Games Overlay. Les cinq restaurants principaux furent quant à eux présentés pour offrir une capacité globale de 6 000 places, réparties entre De Neve Plaza (1 231 places) ; FEAST at Rieber (1 230 places) ; Bruin Plate (950 places) ; Covel Dining (1 252 places) ; et enfin Games Overlay (1 237 places).
Avec un tel foisonnement, LA 2028 prévoit une expérience plurielle pour les futurs athlètes, d’autant plus en faisant le parallèle avec l’offre de restauration de Paris 2024 qui reposait sur deux restaurants principaux – le Main Dining Hall dans l’écrin monumental de la Cité du Cinéma et un espace sur L’Île-Saint-Denis – auxquels s’ajoutaient des espaces annexes disséminés sur le périmètre du Village via un ensemble de food-truck.
L’un des défis à relever par les équipes de l’UCLA en charge des restaurants et par les organisateurs des JO 2028 sera de pouvoir servir des repas 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Surtout, il faudra que les cafés-restaurants et restaurants du Village soient en mesure de relever le challenge de la logistique propre à celle d’un tel rendez-vous, avec le doublement attendu du nombre de repas quotidiens.
En 2016, la candidature révélait ainsi que 20 000 repas quotidiens étaient servis pour les étudiants de l’UCLA. Un chiffre qui devra se rapprocher voire même dépasser le seuil des 40 000 en 2028.

Au moment de la candidature, Los Angeles avait en outre indiqué des dépenses de l’ordre de 53 millions de dollars pour le Village des Athlètes, avec en parallèle des opérations spécifiques chiffrées à 28,9 millions de dollars (agencement des chambres pour les Jeux, etc.).
A noter cependant que le concept alors présenté par Los Angeles reposait certes sur un Village principal – à l’UCLA – mais également sur la mobilisation d’un Village satellite au travers du campus de l’Université de Californie à Riverside (UCR), près de Lake Perris où devaient initialement se tenir les épreuves d’aviron et de canoë-kayak.
La refonte de la cartographie des sites opérée ces dernières années a depuis fait sortir Lake Perris du dispositif sportif.
Il y aura lieu cependant de prévoir des logements annexes – sans doute sous la forme de chambres hôtelières – pour les compétiteurs qui seront engagés sur les épreuves de canoë-kayak slalom et de softball programmées en dehors de la Californie, à Oklahoma City, dans l’État de l’Oklahoma.

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