Alors que la Commission Exécutive du Comité International Olympique (CIO) dévoilera ses intentions lors d’une conférence de presse annoncée pour ce mercredi 29 novembre à 18h00, il semble désormais acquis que la préférence de l’instance aille en direction de la seule candidature des Alpes françaises.

La Suède avait a priori toutes les chances pour réussir son pari et convaincre le CIO du bien fondé de sa nouvelle candidature à l’organisation des Jeux d’hiver.
Entamée au printemps dernier, l’étude préliminaire autour d’une telle entreprise avait conduit à une intensification des échanges avec l’institution de Lausanne (Suisse) dans le courant de l’été et, depuis, à l’obtention des appuis nécessaires des villes associées au projet ainsi que du soutien gouvernemental indispensable.
Après maintes tentatives passées, la Suède – disposant de l’un des plus beaux palmarès dans le domaine des sports d’hiver – faisait ainsi figure de favorite devant les deux poursuivantes, la France et la Suisse.
Or, il semble à ce stade que la candidature des Alpes françaises soit parvenue à séduire la Commission de Futur Hôte et la Commission Exécutive du CIO actuellement réunies à Paris.
Le dossier tricolore – à la forte empreinte politique – avait été acté à la mi-juillet à l’issue d’une réunion au sommet ayant réuni les leaders du Mouvement olympique et paralympique hexagonal, ainsi que les membres français du CIO autour du Président de la République, Emmanuel Macron.
Ce dernier – qui entretient une relation de confiance avec le Président du CIO – avait alors donné le feu vert au soutien de l’État à l’égard d’une candidature évoquée depuis plus de deux ans du côté des deux Régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, qui avaient dans un premier temps avancés des dossiers distincts avant de fusionner leurs ambitions.

Malgré un départ tardif – en comparaison avec la Suède – la France a posé les jalons de son projet avec minutie, notamment au travers d’une visite au siège du CIO, le 07 septembre 2023.
Par la suite, le concept prévisionnel avait été formellement dévoilé deux mois plus tard, installant ainsi un projet fondé sur deux Régions et quatre clusters sportifs.
Bien sûr, des éléments restent en suspens. Les parties prenantes au projet auront toutefois jusqu’à la fin du printemps 2024 pour apporter les solutions appropriées.
Cela concernera les contours d’un budget d’organisation jusqu’à présent évoqué aux alentours de 1,5 milliard d’euros, mais encore la localisation des Cérémonies d’ouverture – seule la clôture ayant été projetée du côté de Nice – sans compter aussi la question du site de patinage de vitesse.
Pour ce dernier, et en l’absence de construction d’un anneau de vitesse pérenne, l’option d’une alliance avec un pays européen est sur la table, de même que l’aménagement d’un anneau temporaire sur le modèle de ce que va produire Milan-Cortina 2026.
Il conviendra par ailleurs de préciser les aménagements à prévoir pour moderniser des équipements existants, sachant que la Ville de Nice s’est déjà avancée sur la question d’une nouvelle patinoire pour la réception d’une partie des épreuves de glace.

En confirmant dans la soirée un candidat unique pour entamer la phase de dialogue ciblé, le CIO acterait un choix stratégique et de sécurité.
De fait, l’institution olympique travaille étroitement depuis près de sept ans avec les autorités françaises et ce, dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de Paris 2024. Aussi, les responsables olympiques ont pu mesurer et apprécier le dialogue constant avec les acteurs concernés par la livraison de l’événement planétaire, que ce soit au niveau du Mouvement sportif, mais peut-être plus encore au sein des pouvoirs publics, de l’échelon local à l’échelle nationale.
Le Président du CIO, Thomas Bach, avait d’ailleurs eu l’occasion de juger sur pièces cet été.
Les tensions récemment exacerbées entre l’État et la Ville de Paris auraient toutefois pu constituer un point de blocage pour le CIO dans sa réflexion autour du dialogue ciblé pour les Jeux de 2030. Il apparaît de toute évidence que les querelles franco-françaises n’ont pas altéré le degré de confiance de l’institution olympique vis-à-vis de l’un de ses partenaires historiques.
Il en aurait peut-être été différemment avec la Suède et la Suisse, le niveau d’implication des autorités locales et nationales ayant été dévoilé en ce mois de novembre 2023 pour la première et demeurant partiel pour la seconde. Du côté français, les engagements ont à l’inverse été pris dès l’annonce de la candidature en juillet comme en témoigne la prise de position au sommet de l’État, réitérée par la Ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, avant que des motions ne soient adoptées par les deux Conseils Régionaux impliqués dès l’origine dans le projet.

En engageant un dialogue ciblé avec les Alpes françaises, le CIO fait un grand pas vers l’attribution des JO 2030, sous réserve néanmoins que les réponses aux questions en suspens soient jugées satisfaisantes le moment venu.
L’élection du Futur Hôte interviendra en tout cas dans le courant de l’année 2024 en un lieu restant à définir.
En effet, la présence française dans la phase de dialogue ciblé ne permet pas d’envisager l’attribution des Jeux lors de la Session attendue à Paris, en marge des Jeux de 2024. Un lieu neutre devrait dès lors être choisi par le CIO. En l’absence de la Suisse au sein du processus qui s’ouvre, le choix de Lausanne serait approprié, comme ce fut le cas avant l’octroi des JO 2026. Le CIO pourrait tout aussi bien surprendre en considérant qu’en l’absence de rivalité, le choix de la France peut être confirmé à Paris.
Pour la France en tout cas, l’obtention désormais plus qu’envisageable des Jeux d’hiver constituerait une consécration, un peu plus de six ans après avoir décroché l’organisation des Jeux d’été à l’issue d’un processus bouleversé par l’adoption du principe de double attribution 2024-2028.
Avec les Alpes françaises pour 2030, l’Hexagone est en mesure d’accueillir pour la quatrième fois de son histoire les Jeux d’hiver, après les éditions de Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992.
En y ajoutant les éditions estivales de Paris 1900, Paris 1924 et Paris 2024, la France deviendrait le deuxième pays organisateur au monde, juste derrière les États-Unis qui – avec Salt Lake City en 2034 – atteindraient le cumul record de 10 éditions, été et hiver confondus.
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Bonjour,
Est-ce que le CIO a justifié clairement de cibler la candidature française ?
Je trouve dommage que la Suède échoue une nouvelle fois pour obtenir les jeux d’hiver.
Bonsoir,
La candidature des Alpes françaises est apparue comme la mieux armée pour 2030, notamment en raison du fort soutien exprimé par les pouvoirs publics, les préparatifs de Paris 2024, mais également le soutien potentiel du secteur privé via certains sponsors déjà positionnés sur 2024.
Je l’explique plus en détails dans l’analyse ci-contre : https://sportetsociete.org/2023/11/29/le-cio-entend-securiser-les-jeux-dhiver-pour-la-decennie-2030-2040/