Paris 2024 : La vie d’après commence

Avec la fin des Jeux, Paris 2024 s’apprête à refermer une aventure débutée il y a près de dix ans aux prémices d’une candidature officialisée en juin 2015. Des sites dédiés aux compétitions en passant par le Village des Athlètes ou par le siège du Comité d’Organisation des Jeux, le jour d’après a déjà commencé.

Vue de la façade de la Cité du Cinéma en le 25 juin 2024, transformée en restaurant principal du Village des Athlètes à l’occasion des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024 / Tony Esnault)

Le 23 juin 2015, à l’issue de quelques mois de rodage marqués par la remise de l’étude d’opportunité, puis par le vote favorable du Conseil de Paris, la candidature olympique et paralympique de Paris 2024 fut officiellement installée depuis le siège de la Maison du Sport Français (13e arrondissement).

En présence d’athlètes et de para-athlètes, Bernard Lapasset et Tony Estanguet avaient alors été rejoint sur scène par les représentants des instances sportives, dont Denis Masseglia et Emmanuelle Assmann, à l’époque respectivement Président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), ainsi que par les représentants institutionnels parmi lesquels le Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, le Secrétaire d’État aux Sports, Thierry Braillard, le Président du Conseil Régional d’Île-de-France, Jean-Paul Huchon, et bien sûr la Maire de Paris, Anne Hidalgo.

Les porteurs du projet tricolore piloté au sein de l’Association Ambition Olympique et Paralympique – préfiguration du Comité de Candidature – déclamèrent à cette occasion une vision pour enfin permettre à Paris et à la France de retrouver l’esprit des Jeux d’été, 100 ans après la dernière édition orchestrée dans l’Hexagone.

Tony Estanguet, invitant les athlètes à venir à la tribune de la Maison du Sport Français, le 23 juin 2015 (Crédits – Sport & Société)

Ce lancement officiel dans le bain olympique et paralympique donna le ton d’une aventure de deux années pour affiner et concrétiser la candidature et, l’espoir grandissant, pour bâtir un concept opérationnel suffisamment ambitieux pour créer les conditions de succès des Jeux à Paris et dans les territoires associés en cas de validation par le Comité International Olympique (CIO).

Aussi, après avoir intégré le cercle restreint des territoires retenus à travers le monde par le CIO pour candidater, et après avoir présenté les grands axes de son projet à la Philharmonie de Paris (19e), les artisans de Paris 2024 ont atteint les uns après les autres les différents paliers d’une phase capitale pour convaincre l’institution olympique, les partenaires et les Collectivités Territoriales.

Il faudra dès lors attendre le premier semestre de l’année 2017 pour que le CIO donne des gages de réussite à Paris 2024, entre visite maîtrisée de la Commission d’évaluation en mai, puis adoption du principe de double attribution des Jeux en juillet en raison de la dualité entre Paris et Los Angeles (Californie, États-Unis) imposée par le retrait des candidatures de Rome (Italie), puis de Budapest (Hongrie), elles-mêmes ayant succédé à Hambourg (Allemagne) sortie de la course dès le début du processus.

La délégation de Paris 2024 après la désignation comme Ville Hôte des Jeux, le 13 septembre 2017 à Lima, Pérou (Crédits – Sport & Société)

Finalement, le 13 septembre 2017 à Lima (Pérou), Paris 2024 fut officiellement installé comme Hôte des Jeux par le CIO aux côtés de Los Angeles 2028.

Depuis cette date, Paris 2024 s’est progressivement structuré pour mettre en œuvre les préparatifs d’accueil du plus grand événement jamais organisé en France, avec une montée en puissance dans le recrutement des effectifs devant composer les équipes du COJO et avec les réglages habituels d’une telle entreprise, incluant en particulier la sécurisation des sites après les revues de projet successives.

Aujourd’hui, à l’issue d’une saison olympique et paralympique plus que réussie, le COJO s’apprête à refermer les dernières pages de ce livre ouvert depuis près d’une décennie.

Les anneaux olympiques au cœur du Parc Urbain de la Place de la Concorde à Paris, mardi 30 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

Avec la fin des Jeux Olympiques, certains sites avaient déjà entamé leur mue, n’ayant pas été incorporés au dispositif des Jeux Paralympiques. Cela fut ainsi le cas pour le Golf National de Guyancourt (Yvelines), la colline d’Élancourt (Yvelines) où s’étaient déroulées les épreuves de VTT, mais encore les enceintes mobilisées dans le cadre du tournoi de football, et le Stade Pierre Mauroy (Nord) où pour ces installations footballistiques le « Look des Jeux » de Paris 2024 a depuis laissé place aux couleurs des clubs résidents.

Les sites temporairement aménagés dans l’optique de l’événement estival sont également pour partie en cours de démontage, sachant que le phasage des opérations a été pensé à échéance fin septembre ou fin octobre 2024 selon la technicité desdites opérations à conduire.

Au lendemain de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques – et même dès la nuit du 28 au 29 août 2024 – le chantier de démontage des tribunes de la Place de la Concorde (8e) a ainsi pu être enclenché, marquant une première étape-clé sur un site qui, avant de mettre en lumière les para-athlètes devant plus de 10 millions de téléspectateurs en France, fut le théâtre des sports urbains durant les Jeux Olympiques.

La contre-allée Ouest a pu être libérée dès le 07 septembre, la priorité étant de rendre accessible la circulation automobile sur ce site central de la capitale. D’ici le début du mois d’octobre, toute la moitié Ouest de la place sera dégagée de toute structure liée aux Jeux, tandis que d’ici fin octobre, la moitié Est sera à son tour remise en configuration pré-JO, avec notamment la repose de lampadaires enlevés dans l’optique de l’événement.

A la Concorde – comme sur l’ensemble des sites concernés – la remise en état se conjuguera avec un état des lieux de sortie délivré par les gestionnaires des équipements ou les autorités compétentes qui, en cas de dégradations constatées, facturera le coût des réparations à la charge du COJO.

L’ambiance au Grand Palais lors des quarts de finale par équipe d’escrime-fauteuil, le 05 septembre 2024 (Crédits – Paris 2024 / Jérôme Dominé)

D’autres sites patrimoniaux vont eux-aussi retrouver leur configuration habituelle dans les jours et semaines qui viennent.

Sur le Champ-de-Mars, le Grand Palais éphémère – que certains souhaitent pérenniser au-delà de 2024 pour palier aux rénovations annoncées pour de grands musées comme le Centre Pompidou – a déjà perdu les couleurs des Jeux, tandis que le Stade Tour Eiffel situé non loin et qui fut l’un des spots les plus recherchés des Jeux pour le beach-volley et pour le cécifoot va être peu à peu démantelé entre fin septembre pour les structures légères (câblages, bâches) et fin octobre pour les équipements plus lourds (tribunes, tentes). Il en sera de même avec le Parc des Champions du côté du Trocadéro (16e) de l’autre côté de la Seine.

Ces démantèlements au cœur de l’une des perspectives les plus iconiques de la capitale précéderont par ailleurs la remise en état des pelouses forcément impactées par la pose même temporaire de telles installations. Ce sera également le cas pour l’Esplanade des Invalides (7e) où furent orchestrées les épreuves de tir-à-l’arc et de para-tir-à-l’arc et sur laquelle les tribunes doivent être entièrement démontées d’ici la fin du mois prochain.

A Paris toujours, l’après-Jeux va aussi concerner le Pont Alexandre III surplombant la Seine et le Grand Palais (8e) au sein duquel au-delà des tribunes temporaires, d’immenses toiles furent dressées sous la monumentale nef pour permettre la tenue des épreuves d’escrime, de taekwondo, d’escrime-fauteuil et de para-taekwondo. Pour ce site qui a bénéficié d’une profonde cure de jouvence dans l’optique des Jeux, le démantèlement des installations devrait être pleinement effectif d’ici fin septembre.

Cette deadline est également annoncée pour plusieurs sites indoor comme l’Accor Arena de Bercy (12e), l’Adidas Arena de la Porte de la Chapelle (18e), le Parc des Expositions de la Porte de Versailles (15e), mais encore en Seine-Saint-Denis, le Parc des Expositions de Paris Nord – Villepinte et le Centre Aquatique Olympique à Saint-Denis.

Vue des tribunes agencées sur l’Esplanade des Invalides à Paris à l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 (Crédits – Paris 2024 / Raphaël Lafargue)

Une échéance intermédiaire est en revanche attendue du côté de deux autres sites ayant été mobilisés dans le cadre des Jeux, à savoir la Paris La Défense Arena à Nanterre (Hauts-de-Seine), théâtre des épreuves de natation, de para-natation, ainsi que des phases finales du tournoi olympique de water-polo, et le Stade nautique de Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), écrin des compétitions d’aviron et de canoë-kayak. Pour ces deux installations, le démontage complet des tribunes temporaires et, pour la première, le démantèlement des bassins, sont annoncés d’ici la mi-octobre.

A Versailles (Yvelines), l’imposante carrière où ont pu évoluer les meilleurs cavaliers de la planète va elle-aussi disparaître du paysage de l’Étoile Royale faisant face au Grand Canal et à la perspective du Château, mais selon un calendrier singulier.

De fait, et comme annoncé avant le début des festivités olympiques et paralympiques, l’ensemble du site sera remis en état d’ici le printemps 2025. Outre, les structures tubulaires qui composent les tribunes, et la carrière de sable, le démantèlement des lieux concernera aussi les aménagements adjacents destinés aux journalistes, aux cavaliers et aux chevaux lors des Jeux, alors que les pelouses de l’Étoile Royale devront être réhabilitées pour regagner la perspective historique.

Vue du Village des Athlètes de Paris 2024 en Seine-Saint-Denis en février 2024 (Crédits – SOLIDEO / Dronepress)

Outre le démontage des infrastructures sportives, les opérations vont également ciblées le Village des Athlètes et le Village des Médias pour une remise des clés entre Paris 2024 et les promoteurs immobiliers d’ici le début du mois de novembre 2024.

Le mobilier ayant servi lors des Jeux sera ainsi enlevé pour être donné à des associations et les chambres seront progressivement remplacées par des appartements, sachant que les arrivées d’eau et le système d’électricité avaient été inclus dans les travaux de réalisation des différents immeubles pour assurer une réversibilité dans les meilleurs délais.

Sous l’égide de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO), les travaux permettront dès lors l’installation des premiers habitants au sein du Village des Médias à compter du premier trimestre 2025. Il faudra en revanche patienter jusqu’à la fin de l’année 2025 pour voir arriver les premiers résidents du Village des Athlètes composé de 2 800 appartements.

Sur ce dernier – où la commercialisation sur plans des appartements a débuté avant même l’enclenchement des Jeux – ce seront pas moins de 6 000 habitants qui pourront à terme y résider. Dans un quartier entièrement accessible, 6 000 nouveaux salariés pourront par ailleurs venir y travailler, le tout dans un espace agrémenté de deux parcs de 1,5 et de 3 hectares, de deux groupes scolaires, soit quatre nouvelles écoles, et où seront aussi agencés une Cité des arts et de la culture et un pôle nautique et de loisirs en bordure du fleuve longeant le site de 52 hectares construit à cheval sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et de L’Île-Saint-Denis.

En ce qui concerne le Village des Médias édifié sur les communes de Dugny et du Bourget, quelques 900 logements furent aménagés avant les Jeux, le dispositif global consistant in fine en la livraison de 1 400 logements. Aussi, pour les 500 lots restants à construire, une étude avant-projet est actuellement menée, avant le dépôt du permis de construire dans les prochains mois, le début du chantier devant être enclenché en début d’année 2025 pour une livraison complète du site dans le courant 2027.

Vue de l’atrium du siège du Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Sport & Société)

Mais si le démontage et la réversibilité des infrastructures constituent indéniablement la partie la plus visible des opérations post-Jeux, ces dernières se traduisent en outre par une baisse graduée des effectifs au sein du COJO.

Après le pic de 4 200 salariés constatés au moment des Jeux Olympiques, Paris 2024 a entamé le départ de ses personnels avant les Jeux Paralympiques et plus encore depuis la clôture de ces derniers. Pour preuve, plus de 950 salariés ont rendu leur badge dès la fin des JO, tandis que 2 600 autres quitteront le siège du COJO d’ici la fin septembre.

Sur le contingent restant, les départs seront progressifs mois après mois selon l’importance des opérations à réaliser avant la dissolution du Comité d’Organisation.

Ledit Comité quittera d’ailleurs les locaux de PULSE situés à Saint-Denis pour rejoindre des bureaux dans le 18e arrondissement de la capitale où seront dès lors menées les ultimes travaux d’archivage et d’inventaire jusqu’à la fin du premier semestre 2025.

A cette échéance, l’aventure Paris 2024 sera officiellement close, dix ans après avoir débuté en fanfare.


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