A l’aune des visites effectuées en début de semaine sur les sites envisagés pour l’accueil des épreuves de glace des Jeux d’hiver de 2030, la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) a donné son feu vert à l’agencement desdites épreuves à Lyon (Rhône) et dans les environs de la « Capitale des Gaules », tout en confirmant le positionnement des autres compétitions olympiques.
Annoncée lors de la présentation des cartes des sites olympiques et paralympiques, plus tôt cet été, l’intégration de la Métropole de Lyon au dispositif des Jeux d’hiver des Alpes 2030 a connu cette semaine un nouveau développement.
Si hormis le patinage de vitesse orienté aux Pays-Bas, toutes les compétitions de glace seront positionnées sur le territoire lyonnais, encore fallait-il installer les épreuves au sein de chacune des arènes envisagées, en tenant compte des spécificités techniques et logistiques de ces dernières, de la jauge et des possibilités de billetterie.
Confiant quant à la qualité des enceintes lyonnaises proposées à la suite de l’abandon par le COJOP du pôle initial de Nice (Alpes-Maritimes), Fabrice Pannekoucke, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a évoqué dès avant la clôture de l’inspection olympique la teneur des visites de la Commission de Coordination du CIO.
Ainsi que l’avait alors affirmé le leader régional à la veille du départ de la Commission de Coordination qui effectuait en France son deuxième déplacement après une première incursion en fin d’année 2025 :
« Les premiers retours suite aux visites effectuées sont plutôt un satisfecit. Il me semble – mais sous réserve de leurs conclusions – qu’ils sont rassurés par rapport à l’accueil des épreuves de glace sur le pôle lyonnais. […]
Ils m’ont dit à la sortie [des visites] : ‘C’est formidable, c’est comme si on pouvait les faire demain !’ Je trouve que ça, c’est une très bonne illustration. Évidemment, il faut meubler [les sites] car il y a des surfaces très importantes, mais vides aujourd’hui. Il faut donc que l’on agence dedans les équipements temporaires. La mobilité jusqu’à ces sites, elle est très facile. Ces sites en eux-mêmes, ils sont de grande qualité, et sont adaptables et modulables, donc c’est très positif, et en plus, ils sont proches les uns des autres.
On voit bien aussi, et j’ai un pincement pour Renaud [Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur] car nous n’aurions pas dû être là en réalité, mais aujourd’hui c’est ainsi, et nous devons regarder cela en face.
Désormais ce cluster de la Métropole de Lyon est en gros à deux heures des clusters alpins et c’est formidable, car cela change l’expérience des visiteurs, mais aussi pour les habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes. Nous avons trois clusters sur un même territoire ».

Aussi, à l’occasion de la conférence de presse marquant la fin de ladite inspection olympique, le Président de la Commission de Coordination a confirmé le choix des sites lyonnais qui accueilleront dès lors les épreuves de patinage artistique – comprenant le patinage synchronisé nouvellement inséré au programme des JO 2030 -, le short-track, le curling, et le tournoi de hockey-sur-glace.
Concrètement, et suivant un schéma quelque peu modulé par rapport à la version antérieure, le Plan directeur des sites engage la tenue des matchs de hockey-sur-glace au sein de la LDLC Arena de Décines-Charpieu, rebaptisée en configuration JO, Arena de Lyon, pour ce qui est de la patinoire principale, et dans l’écrin patrimonial de la Halle Tony Garnier sur les bords du Rhône pour la patinoire secondaire.
Les épreuves de curling, ainsi que le patinage artistique (et synchronisé), de même que le short-track seront pour leur part positionnés au cœur des halls modulables du Parc des Expositions Eurexpo à Chassieu, à une quinzaine de kilomètres à l’Est de Lyon.
Cette nouvelle répartition répond notamment à une exigence de l’Union Internationale de Patinage (ISU) qui souhaitait disposer d’une jauge supérieure à celle de la Halle Tony Garnier où fut jusqu’alors évoquée la venue du patinage (artistique et short-track) et ce, en ayant conscience d’un niveau de billetterie potentiellement plus intéressant en termes de recettes.
Pour Eurexpo, l’arrivée prochaine des épreuves précitées se traduira aussi par l’installation du Centre des Médias qui pourra de facto prendre place dans une partie des halls de l’imposante structure gérée par « GL Events », qui fut d’ailleurs déjà à la manœuvre sur des sites des Jeux de Paris 2024.
Le déplacement de la Commission de Coordination sur le pôle lyonnais a en outre permis aux membres de l’instance olympique d’acter pleinement le choix de l’implantation du futur Village des Athlètes à Oullins-Pierre-Bénite pour une capacité avoisinant les 1 650 lits.
Résultant de l’étude des trois projets départagés par le COJOP au milieu de l’été, l’option présentée par ce territoire de la Métropole de Lyon – qui représente l’un des lieux d’hébergement des athlètes pour 2030 – offre une certaine sécurité aux parties prenantes des Jeux, sachant qu’elle s’intègre au sein d’un programme immobilier d’ores et déjà en chantier.
Un point évidemment non-négligeable lorsque l’on connaît les contraintes calendaires du projet des Alpes 2030.

Avec la confirmation des sites et du positionnement in situ des compétitions de glace, la Métropole de Lyon s’assure une place de choix dans le cadre de la prochaine édition des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, après avoir réceptionné des matchs du tournoi de football de Paris 2024, et aussi après que Lyon eut été Ville Candidate aux Jeux d’été de 1968 et prétendante tricolore pour la candidature française aux Jeux de 2004 finalement devancée par Lille (Nord, Région Hauts-de-France).
Au-delà de la cité lyonnaise et ses environs qui ont été au cœur du programme de la Commission de Coordination cette semaine, la répartition des épreuves de ski alpin dans le cluster savoyard a également été entérinée.
A cet égard, Val d’Isère – station chère à la légende du ski alpin et membre honoraire du CIO, Jean-Claude Killy – sera le théâtre des épreuves techniques féminines et masculines, à savoir le slalom géant et le slalom, tandis que Courchevel sera le fief des épreuves de vitesse que sont la descente et le super-G, là-encore dans les configurations féminines et masculines.
A noter qu’en plus des compétitions alpines de vitesse, Courchevel sera également le cadre privilégié des compétitions de combinés alpins par équipes (femmes et hommes).
Présent tout au long des visites en sa qualité de Directeur Général du COJOP, nouvellement nommé comme Président par intérim de l’instance organisatrice des Jeux, Vincent Roberti n’a pas manqué de souligner les efforts réalisés avec l’ensemble des acteurs de l’événement planétaire pour convenir d’une carte optimisée des sites.
Comme l’a notamment affirmé l’ancien Préfet du Tarn-et-Garonne au cours de la conférence de presse de clôture, ce mercredi 16 septembre 2026 :
« Cette deuxième visite annuelle des équipes du CIO a permis de constater les avancées concrètes du projet Alpes 2030 et de conforter la confiance placée dans le COJOP pour livrer des Jeux spectaculaires, à la hauteur d’une ambition forte en matière de durabilité.
La délégation a pu mesurer la qualité du travail accompli par le comité ces derniers mois et prendre la mesure du potentiel des cinq pôles d’exception : Lyon, la Haute-Savoie, la Savoie, le Briançonnais et Thialf, aux Pays-Bas — avec une attention particulière portée aux infrastructures du pôle glace ».
En confirmant en tout cas la cartographie des sites pour les clusters présents en Auvergne-Rhône-Alpes – qui inclus le pôle de Haute-Savoie et s’ajoutent au cluster du Briançonnais en Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur pour les épreuves freestyle et de ski alpinisme – la Commission de Coordination du CIO accorde un motif de satisfaction plus que bienvenu dans un contexte particulier pour le COJOP.
La venue de ladite Commission intervient en effet quelques mois après le psychodrame territorial ayant abouti au retrait de toutes les compétitions jusqu’alors prévues à Nice.
Pour rappel, la revue de projet engagée au moment où Eric Ciotti prenait les commandes de la cité méditerranéenne n’avait pas permis de convenir d’un cadre de travail et d’options de sites satisfaisants pour les organisateurs ; la principale pierre d’achoppement ayant été celle de la mobilisation – non-voulue et particulièrement dénoncée par le nouveau Maire – de l’Allianz Riviera comme site du tournoi de hockey-sur-glace.
De surcroît, les visites opérées du 14 au 16 septembre inclus surviennent moins d’une semaine après le départ d’Edgar Grospiron de la présidence du COJOP, affaibli par des mois de crise interne dont il a lui-même contribué.
Aussi, la validation des sites par le CIO constitue une étape supplémentaire fondamentale dans des préparatifs qui devront désormais s’accélérer eu égard à l’avancée du calendrier avant les Jeux.
Ainsi que l’a résumé Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, Président de la Commission de Coordination :
« La Commission de Coordination, je vous le garantis, quitte Lyon très rassurée par les progrès accomplis, confiante dans l’orientation prise par le projet et enthousiaste sur l’ambition du projet et ce que ces Jeux Olympiques et Paralympiques des Alpes françaises 2030 peuvent apporter non seulement à la montagne, aux villes qui font partie des Jeux, mais aussi à l’ensemble de la France et bien au-delà.
[…] Au cours de cette semaine, à travers les visites de sites, les discussions, les présentations et les décisions, nous avons pu constater que le Comité d’Organisation avait réalisé de réels progrès sur tous les volets du projet, avec le soutien de ses partenaires de livraison, du CIO, du Comité International Paralympique, et de l’ensemble des Mouvements olympique et paralympique.
Ces Jeux disposent à présent d’une vision claire, d’une identité visuelle forte, d’un programme sportif attrayant, d’un plan des sites optimisé et de bases économiques solides.
Les équipes s’agrandissent et gagnent en puissance ; elles sont désormais bien placées pour passer de la stratégie à la planification opérationnelle détaillée et à la mobilisation ».

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