Alpes 2030 : Le CIO prend date pour les prochaines étapes des préparatifs

Après les séquences positives de ces derniers mois, et en dépit de la crise de gouvernance ayant abouti au départ d’Edgar Grospiron de la présidence du Comité d’Organisation des Jeux (COJOP) des Alpes 2030, les parties prenantes se tournent à présent en direction des prochains jalons qui constitueront de nouveaux développements dans des préparatifs particulièrement serrés.

Si au cours de sa venue en France, la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) a validé et confirmé le choix des sites du pôle de glace des Alpes 2030 localisé au sein de la Métropole de Lyon (Rhône), les travaux menés avec les organisateurs tricolores ont également porté sur une revue de projet des séquences opérées au printemps et durant l’été 2026.

Les acteurs en présence ont pu à cet égard mesurer le degré d’avancement des préparatifs d’accueil de l’événement olympique et paralympique hivernal de 2030, tout en ayant à l’esprit les défis auxquels est confronté un COJOP fragilisé depuis des mois par une grave crise interne.

Un COJOP qui a d’ailleurs reçu l’instance olympique sans Président de plein exercice à sa tête ; Vincent Roberti, actuel Directeur Général des Alpes 2030 endossant le costume de Président par intérim depuis le départ d’Edgar Grospiron, le 10 septembre dernier.

(Crédits – Alpes 2030)

Du 14 au 16 septembre 2026 inclus, la Commission de Coordination et le Comité d’Organisation des Jeux ont en tout cas eu l’occasion d’échanger sur la vision des Jeux développée par les Alpes 2030 et matérialisée ces derniers mois par la révélation d’emblèmes rendant hommage aux montagnes. Des emblèmes qui se retrouvent en outre floqués sur les premiers produits vendus sur la boutique en ligne officielle.

Ils ont aussi pu évoquer la confirmation du programme des sports et des épreuves qui vise à faire du rendez-vous de 2030, la première édition olympique d’hiver strictement paritaire.

Concernant le volet financier des Jeux, les organisateurs ont également pu présenté leur stratégie de passation de marchés offrant des opportunités aux petites et moyennes entreprises (TPE / PME), tout en soulignant l’arrivée d’un premier sponsor au sein du Programme des Partenaires et les perspectives de signatures de prochains contrats dans les semaines et mois qui viennent.

Sur ce point, les membres de la Commission de Coordination du CIO ont sans nul doute été rassurés d’entendre de la part des organisateurs français que 30% des objectifs de revenus sont à ce stade sécurisés.

Comme l’a souligné le Président de l’instance olympique, Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, qui occupait déjà ces fonctions dans le cadre du suivi des préparatifs de Paris 2024 :

« [La Commission] est rassurée par les avancées importantes réalisées par le département des revenus avec une promesse de revenus, sur la base de contrats déjà annoncés ou à annoncer bientôt, qui mettent le projet des Alpes 2030 totalement en ligne à trois ans et demi des Jeux. […]

A mon avis, Vincent [Roberti] a toutes les cartes en main pour convaincre les potentiels partenaires commerciaux ».

De gauche à droite, Vincent Roberti, Président par intérim et Directeur Général du Comité d’Organisation des Alpes 2030 ; Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, Président de la Commission de Coordination du CIO ; et Christophe Dubi, Directeur Exécutif des Jeux Olympiques au sein du CIO, mercredi 16 septembre 2026 à Lyon, Rhône, Auvergne-Rhône-Alpes (Crédits – Alpes 2030 / Grégory Picout)

Quoiqu’il en soit, la stabilité recherchée au sein de la gouvernance des Alpes 2030 aura un impact certain quant à la capacité des organisateurs à relever le challenge des revenus issus de la stratégie de sponsoring, sachant que la crise interne n’a pas aidé jusqu’alors à officialiser la venue de telle ou telle entreprise dans l’escarcelle du projet.

Certes, des promesses ont été faites, mais encore faut-il que celles-ci se traduisent désormais par un engagement ferme auprès des Alpes 2030.

La quête de sponsors constituera de toute façon un élément-clé des préparatifs pour les mois qui viennent et ce, dans l’optique de pouvoir consolider la vision budgétaire des Jeux de 2030.

La prochaine édition des Jeux d’hiver amènera par ailleurs à l’installation d’initiatives sur le terrain pour aller au plus près des publics concernés par l’arrivée de la manifestation planétaire qui prendra place dans les Alpes françaises pour la première fois depuis les Jeux d’Albertville 1992.

Ainsi, les « Rencontres Alpes 2030 » se déploieront d’ici au début de l’année 2027 sous la forme d’une série de réunions sur les territoires hôtes des Jeux. L’occasion pour les organisateurs de sonder la population locale et de recueillir les avis et les critiques parmi les Collectivités Territoriales et les acteurs de la montagne afin d’adapter quant il le faut le concept des JO 2030.

L’initiative « Terre de Jeux 2030 » – reprenant les codes de la même initiative lancée par Paris 2024 – sera aussi lancée dans les mois à venir, tout comme les Plans de durabilité et d’engagement.

Il est à noter également qu’avec un programme des sports et des épreuves sanctuarisé, les organisateurs vont aujourd’hui pouvoir s’atteler à l’élaboration du calendrier des compétitions et à la réflexion quant au principes relatifs à la billetterie des Jeux.

Enfin, bien que des pistes ont pu être évoquées depuis l’attribution des Jeux d’hiver, les Alpes 2030 vont devoir plancher de manière plus soutenue sur le concept des sites de célébration et des Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux avec – a priori et en tenant compte de l’exigence d’équilibre souhaité par les leaders régionaux – une ouverture en Région Auvergne-Rhône-Alpes et une clôture agencée en Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

A moins que la première entité régionale citée ne rafle in fine la mise, auréolée de la venue des Jeux de Chamonix 1924, de Grenoble 1968 et d’Albertville 1992, et de surcroît, forte aujourd’hui de trois des cinq clusters sportifs des Jeux de 2030 – en comptant le site des Pays-Bas pour le patinage de vitesse et le cluster du Briançonnais pour le freestyle et le ski alpinisme – depuis l’intégration des épreuves de glace dans la Métropole lyonnaise après l’abandon du concept niçois.

Visite de la Commission de Coordination du CIO au cœur de la Halle Tony Garnier à Lyon, Rhône, Auvergne-Rhône-Alpes, lundi 14 septembre 2026 (Crédits – Alpes 2030 / Grégory Picout)

Si ces différents marqueurs qui s’annoncent permettront de faire encore avancer le COJOP dans ses préparatifs, l’instance organisatrice devra bien entendu être en mesure de s’entourer d’un nouveau leader qui pourra dès lors devenir le visage des Jeux et incarner le retour de l’événement dans l’Hexagone.

Pour l’heure, les parties concernées entendent se laisser le temps nécessaire pour trouver le profil adéquat qui succédera à Edgar Grospiron en poste durant seulement 19 mois.

Il conviendra toutefois de se mettre d’accord dans des délais raisonnables, faute de quoi la pression qui s’accentuera sur les Alpes 2030 à mesure du rapprochement des Jeux pourrait représenter un risque certain pour le COJOP, même piloté par un ancien Préfet sur la tête de qui reposent les casquettes de Directeur Général et de Président par intérim.

Pour le CIO, la recherche d’un nouveau leader sera scrutée de près ; l’institution de Lausanne (Suisse) étant désireuse d’éviter un énième psychodrame autour des Alpes 2030.

Vigilant pour l’avenir, le CIO a en tout cas pu retrouver de la confiance cette semaine auprès des organisateurs français qui avaient mobilisé pour l’occasion jusqu’à la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, qui est intervenue notamment pour rassurer les acteurs du projet quant à l’investissement de l’État alors que s’annonce l’année présidentielle de 2027.

Face à ses hôtes, le Président de la Commission de Coordination du CIO a résumé en ces termes l’état actuel des préparatifs et la perspective des prochaines séquences pour l’accueil des Jeux, lors de la conférence de presse de clôture, ce mercredi 16 septembre 2026 :

« Ces Jeux disposent à présent d’une vision claire, d’une identité visuelle forte, d’un programme sportif attrayant, d’un plan des sites optimisé et de bases économiques solides.

Les équipes s’agrandissent et gagnent en puissance ; elles sont désormais bien placées pour passer de la stratégie à la planification opérationnelle détaillée et à la mobilisation ».

Visite de la Commission de Coordination du CIO dans la Métropole de Lyon en septembre 2026 (Crédits – Alpes 2030 / KMSP)

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