Si le lieu de célébration de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises reste à établir, le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes a en tout cas profité de la récente venue de la Commission de Futur Hôte du Comité International Olympique (CIO) pour rappeler sa vision du spectacle inaugural.

En proposant un concept à cheval sur deux Régions avec, au sein de celles-ci, un global de quatre clusters sportifs, la candidature des Alpes françaises a souhaité mettre en avant le savoir-faire tricolore dans l’organisation d’événements en rapport avec les sports d’hiver, tout en valorisant des territoires intrinsèquement liés au massif alpin.
Mais au-delà de cette double promesse, et compte-tenu de l’alliance politique et territoriale qu’il a fallu engager, le projet français montre aussi une répartition équilibrée des compétitions sportives entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud, chacun des pôles alpins devant par ailleurs orchestrer une Cérémonie.
De fait, la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de 2030 est d’ores et déjà promise à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dans la partie nord, tandis que la clôture de l’événement planétaire a été localisée dès les prémices de la candidature sur la partie sud et plus précisément à Nice, où le Maire de la ville, Christian Estrosi, a encouragé cette semaine la tenue de la manifestation sur l’emblématique Promenade des Anglais.
Or, si le show de clôture apparaît à ce stade sectorisé – bien que des changements logistiques puissent survenir au cours des préparatifs sur les quasi-six prochaines années – le schéma entourant la soirée inaugurale des Jeux reste écrit en pointillés.
Il faut dire que contrairement aux Alpes du Sud qui n’ont jusqu’alors jamais accueilli les Jeux d’hiver, les Alpes du Nord regorgent à l’inverse d’une histoire olympique aux multiples facettes, avec l’organisation passée de trois éditions hivernales entre 1924 et 1992.
Comme l’a d’ailleurs souligné le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, lors de la conférence de presse de clôture de la visite de la Commission de Futur Hôte du CIO, vendredi 26 avril 2024 :
Nos Alpes ont été forgées par l’Olympisme. […]
La grande aventure de Chamonix, c’est la grande aventure qui lance les Jeux Olympiques d’hiver et les Jeux Olympiques d’hiver lance la grande aventure de Chamonix avec cette station unique.
Ensuite on a Grenoble, et Grenoble lance aussi l’extraordinaire développement de nos stations de ski que l’on a eu par la suite.
Et puis on a Albertville qui pose les premiers jalons d’une montagne durable, avec l’approche de Michel Barnier et de Jean-Claude Killy, et le désenclavement incroyable de la Tarentaise qui est quand même un des phares du ski dans le monde.

Face à ce constat, plusieurs options peuvent s’offrir aux porteurs de la candidature et – si le CIO entérine le choix des Alpes françaises dans les prochains mois – aux futurs organisateurs des JO 2030.
Il existe tout d’abord les options consistant à solliciter un stade, la Région disposant ici d’infrastructures dont les jauges peuvent répondre aux exigences d’accueil d’un événement de l’envergure d’une Cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver.
Sur ce point, le Groupama Stadium de Lyon-Décines (Rhône) est l’une des hypothèses principales, aux côtés du Stade des Alpes à Grenoble (Isère) ou encore du Stade Geoffroy-Guichard, mythique « Chaudron », à Saint-Étienne (Loire).
Il existe ensuite les options relatives à la mobilisation d’un site en plein air dépassant le cadre traditionnel avec, ou bien une enceinte temporaire à aménager sur le modèle de ce que proposa Annecy (Haute-Savoie) dans le cadre de sa candidature aux JO 2018, ou bien une célébration dans un cadre urbain à la manière dont se prépare actuellement Paris sur les quais de Seine dans l’optique des Jeux d’été de 2024.
Récemment, Vincent Jay, Champion Olympique de biathlon en sprint et médaillé de bronze en poursuite lors des Jeux de Vancouver 2010, désormais impliqué dans la candidature tricolore en tant que Directeur du projet au sein de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, n’a pas manqué de souligner le fait que ces diverses options sont toutes aujourd’hui à l’étude, sans qu’une alternative particulière ne se détache du lot.
Profitant de la visite de la Commission de Futur Hôte, Laurent Wauquiez a néanmoins souhaité marteler une vision de la Cérémonie d’ouverture qui laisse à penser que les JO 2030 sortiront du stade au moins pour partie.
Ainsi que l’a exposé le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes :
La première chose que je veux, c’est que l’on revisite cette histoire [englobant les trois Villes Olympiques précitées] car c’est une belle histoire, c’est l’histoire de la montagne, c’est l’histoire de pionniers, c’est l’histoire de passionnés, c’est l’histoire de grands sportifs. Mon idée, c’est donc de ne pas enfermer tout le monde dans un seul endroit, mais d’avoir une succession de tableaux.
La deuxième chose à laquelle je tiens, c’est que ces Jeux d’hiver sont dans la montagne et dans les Cérémonies, c’est rare que l’on voit les montagnes. Ce que je voudrais que l’on réfléchisse, c’est de voir comment faire de la montagne l’acteur de la Cérémonie d’ouverture. Il y a des façons de le faire et des façons de le voir et il y a une dernière contrainte, c’est qu’il faut au final se retrouver à un endroit, un endroit qui puisse accueillir un public large.
Si l’on combine cela, on voit s’esquisser l’esprit sur lequel nous sommes : une succession de tableaux, qui se passeraient les témoins et qui ensuite finissent dans un grand lieu où l’on se rassemble tous, avec quelque chose de populaire et des échos qui renvoient à ce qu’est notre montagne dans toute sa diversité.

Les mois qui viennent devront permettre d’affiner cette réflexion pour convenir in fine d’un site capable d’accueillir des dizaines de milliers de spectateurs, tout en illustrant de façon complémentaire le désir de faire communier l’esprit des Jeux de Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992.
L’équation n’est pas simple.
Elle l’est d’autant moins si l’on considère que l’emplacement de l’ouverture des Jeux devra idéalement se trouver à distance raisonnable des clusters qui composent le pôle des Alpes du Nord, avec de surcroît aussi la nécessité d’être parfaitement desservi.
L’identification de ce lieu adéquat devrait encore se poursuivre au moins jusqu’à la réunion de la Commission Exécutive du CIO planifiée le 12 juin prochain, au cours de laquelle la Commission de Futur Hôte livrera ses conclusions afin que l’instance puisse être en mesure de formuler une recommandation à destination de la Session dont la réunion est prévue le 24 juillet 2024 à Paris.
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