Avec l’Esplanade des Invalides, Paris 2024 allie l’histoire et le sport

Proposée aux prémices de la candidature de Paris 2024 comme site pour les épreuves de tir-à-l’arc, l’Esplanade des Invalides n’a toutefois pas toujours été associée aux projets olympiques de la capitale française. Tour d’horizon des candidatures de 1992, 2008, 2012 et donc 2024.

Visuel du site de tir-à-l’arc de Paris 2024 proposé sur l’Esplanade des Invalides (Crédits – Paris 2024)

En 2024, le cœur de la capitale française sera largement mobilisé aux couleurs des Jeux, avec plusieurs compétitions programmées dans des lieux historiques comme le Grand Palais, l’Avenue des Champs-Elysées et la Place de la Concorde dans le 8ème arrondissement, mais aussi les berges de Seine dans le secteur du Trocadéro et de la Tour Eiffel, sans oublier aussi le Grand Palais éphémère édifié sur le Champ-de-Mars (7ème arrondissement).

L’Esplanade des Invalides sera également de la partie, avec la tenue annoncée des épreuves olympiques de tir-à-l’arc et des épreuves paralympiques de para-tir-à-l’arc.

Si le choix de ce lieu – faisant face d’un côté à l’Hôtel des Invalides et de l’autre, au Pont Alexandre III et, plus loin, au Grand Palais et au Petit Palais – s’est imposé avant même l’annonce officielle de la candidature de Paris à l’organisation des JO 2024, il n’en a pas été de même pour les projets développés en vue d’obtenir les Jeux de 1992 et de 2012.

Pour 1992, la candidature parisienne avait fait le choix de proposer les épreuves de tir-à-l’arc sur un site au Tremblay (Crédits – Dossier de candidature de Paris 1992)

Pour 1992, deux sites furent initialement placés en concurrence pour recevoir les épreuves de tir-à-l’arc.

De fait, les porteurs de la candidature tricolore avaient formulé le souhait d’établir lesdites épreuves sur le Champ-de-Mars ou dans le secteur de Tremblay, à proximité du site où pouvait être édifié le Stade Olympique.

Comme exposé à l’époque par le Comité de Candidature :

Des archers bien alignés, tout de blanc vêtus, faisant face à la Tour Eiffel sur les larges allées du Champ-de-Mars. Comme pour l’escrime au Grand Palais, les tireurs à l’arc évolueront dans un cadre exceptionnel.

Certaines difficultés restent à trancher. S’il se faisait que le Champ-de-Mars ne puisse être utilisé, on se rabattrait sur un stade annexe du Tremblay.

In fine, le site du Tremblay fut préféré à l’option parisienne, avec une jauge proposée de 5 000 places, et avec surtout l’ambition d’établir après les Jeux, un Centre national pour les tireurs de haut niveau.

Pour l’édition des Jeux de 2012, la candidature française écarta elle-aussi l’Esplanade des Invalides du dispositif, misant davantage sur l’Hippodrome d’Auteuil pour les épreuves de tir-à-l’arc.

Afin d’adapter le site aux exigences des compétitions olympiques et paralympiques, une enveloppe budgétaire de 8,9 millions de dollars à la charge du Comité d’Organisation (COJO) fut évoquée.

Situé à 7 kilomètres du Village des Athlètes – qui devait alors prendre place dans le quartier des Batignolles (17ème arrondissement) où a été aménagé depuis le Parc Martin Luther King et, à proximité, le nouveau Palais de Justice de Paris – l’Hippodrome d’Auteuil aurait pu accueillir jusqu’à 5 000 spectateurs par session.

A noter par ailleurs que le pentathlon moderne qui, durant la phase de requérance avait été mentionné sur ce même site, fut entre-temps relocalisé dans le secteur Longchamp – Bagatelle – Croix Catelan.

Visuel de l’Esplanade des Invalides agencée pour les épreuves équestres du projet de Paris 2008 (Crédits – Dossier de candidature de Paris 2008)

Entre ces deux tentatives infructueuses, la candidature de Paris 2008 fit le choix de l’Esplanade des Invalides pour, non pas le tir-à-l’arc, alors proposé sur la Plaine de Bagatelle, mais pour les sports équestres ainsi que pour le pentathlon moderne.

Concrètement, les porteurs du projet avaient imaginé l’implantation des épreuves de saut d’obstacles et de dressage sur l’Esplanade, laissant néanmoins le concours complet sur l’Hippodrome de Longchamp.

Dans le dossier de candidature, les raisons de ce choix et les caractéristiques logistiques furent exposés en ces termes :

Le cadre ainsi offert est un des plus beaux du monde. Chef-d’œuvre du patrimoine parisien, l’Hôtel des Invalides ouvre, en effet, une perspective majestueuse sur la Seine et le Grand Palais. En choisissant ce lieu, ‘Paris 2008’ affirme son intention de mêler intimement le sport et la ville, en ce qu’ils ont, l’un et l’autre, de plus noble.

Sur l’Esplanade seront édifiés le stade de compétition, un paddock d’entrée en piste et deux terrains de détente. Les chevaux et les grooms seront logés dans l’École Militaire où seront aménagés les carrières d’entraînement. Une piste cavalière reliera les deux sites.

Un aménagement du site aurait évidemment été nécessaire pour permettre la tenue des compétitions face à des tribunes de 30 000 places, avec dans le détail, 4,7 millions de dollars de travaux à effectuer par les pouvoirs publics, au premier rang desquels, la Ville de Paris, et 8,6 millions de dollars de travaux spécifiques à l’installation des équipements olympiques temporaires à la charge du COJO.

Concernant les aménagements olympiques au niveau de l’École Militaire, 4,2 millions de dollars de travaux auraient été pris en charge par le Comité d’Organisation.

Visuel du site de tir-à-l’arc de Paris 2024 proposé sur l’Esplanade des Invalides (Crédits – Paris 2024)

Pour 2024 enfin, l’installation du tir-à-l’arc au cœur de l’Esplanade des Invalides fut évoquée, dès la présentation de l’Étude d’opportunité réalisée par le Comité Français du Sport International (CPSF) en février 2015, Étude qui voyait déjà grâce à ce lieu à la perspective majestueuse, une occasion d’offrir une visibilité maximale aux futurs compétiteurs, renforçant en outre l’image de carte-postale de la « Ville Lumière ».

Jamais menacée – contrairement à d’autres sites monumentaux comme Versailles – l’Esplanade des Invalides proposera dès lors un espace destiné à l’entraînement et à la compétition entouré par des tribunes temporaires de 8 000 places qui seront bien entendu démantelées à l’issue des Jeux.

En 2016-2017, la mise en œuvre de ce dispositif d’aménagements olympiques fut chiffré à 6,496 millions de dollars par le Comité de Candidature.

Visuel du site temporaire dédié aux épreuves de tir-à-l’arc face au SoFi Stadium à Inglewood, en périphérie de Los Angeles (Crédits – LA 2028)

Après Paris en 2024, les meilleurs archers du monde bénéficieront d’un nouvel écrin pour l’Olympiade de Los Angeles 2028, avec là-aussi une mise en scène spectaculaire.

Pas moins de 8 000 spectateurs pourront en effet venir assister à chacune des sessions de tir-à-l’arc en profitant d’une vue sur l’immense SoFi Stadiumhôte d’une partie des Cérémonies d’ouverture et de clôture des JO 2028 – et sur le bassin attenant sur lequel devrait être installé la structure mobile destinée au bon déroulement des épreuves.

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