Avant les Jeux, Paris veut créer les conditions d’une ville plus sportive

Dans moins de six ans, Paris et sa région accueilleront les troisième Jeux d’été de leur histoire avec, en plus des compétitions olympiques, la tenue, inédite en France, des compétitions paralympiques.

Mais avant l’échéance de 2024 et la venue de milliers de sportifs et de centaines de milliers de spectateurs dans les arènes franciliennes, les acteurs publics locaux entendent poursuivre l’investissement d’ores et déjà engagé en faveur de la pratique sportive du quotidien.

Aussi, comme un héritage pré-Olympique, la Ville de Paris a présenté cette semaine son Plan « Paris + sportive » afin de mettre en place de nouveaux lieux et des conditions repensées pour faciliter l’accès des Parisiens à l’apprentissage et à la pratique du plus grand nombre de disciplines sportives.

(Crédits – Mairie de Paris)

Au cours de la dernière séance du Conseil de Paris, Jean-François Martins, Adjoint à la Maire en charge du Tourisme, des Loisirs, des Sports et des préparatifs des Jeux de 2024, a exposé la nature et le contenu dudit Plan.

Comme un propos introductif, et qui résume bien la volonté politique ainsi engagée par Anne Hidalgo et ses équipes, le Plan rappelle dès le départ un constat simple :

La modification de la pratique sportive a désormais conduit les pratiquants en dehors des stades, des gymnases et des piscines. Ils courent dans la rue, nagent dans le Bassin de La Villette et font du skate Place de la République. Ils nous rappellent en cela qu’une politique sportive est bien plus qu’une politique de gestion des équipements sportifs ou de subventionnement des associations sportives.

C’est un choix politique.

A l’aune de ce constat – perceptible dans chaque territoire – la Ville de Paris a souhaité articuler le développement de son Plan sportif autour de trois axes, incluant l’adaptation des aménagements urbains, la politique éducative avec la place du sport dans les activités périscolaires, et la politique environnementale avec la lutte contre la pollution atmosphérique.

Ce triple choix s’explique certes par l’orientation des politiques publiques de l’actuelle majorité municipale, mais également par les spécificités parisiennes en ce qui concerne la place de l’offre sportive dans l’espace urbain.

En effet, si les évolutions historiques depuis le XIXème siècle et les aménagements successifs d’équipements structurants – notamment à l’occasion des Jeux Olympiques de 1900 et de 1924 – ont indéniablement permis l’émergence de structures encore aujourd’hui opérationnelles, les réalisations des dernières décennies n’ont pas toujours pensé à la place du sport.

Dès lors, force est de constater que la « Ville Lumière » – qui n’a eu de cesse de se densifier – souffre désormais d’un manque évident d’espaces à aménager en faveur de la pratique sportive, sauf bien sûr à imaginer des installations atypiques, à l’image du projet de piste d’athlétisme sur le toit de la Gare du Nord réhabilitée à l’horizon 2024.

Pour palier à cette carence, la Municipalité actuelle a donc fait le choix de miser sur des aménagements singuliers qui prennent la forme d’une intégration assumée dans l’espace urbain, l’objectif étant que chaque Parisien se trouve à moins de 5 minutes à pied d’un équipement sportif gratuit et en accès libre.

(Crédits – Mairie de Paris / APUR / Luxigon)

A ce sujet, trois projets actuels ou à venir font pleinement partie intégrante du Plan « Paris + sportive ».

La consécration du Parc Rives de Seine a ainsi permis de dégager, sur plusieurs kilomètres, des espaces dédiés à la course à pied, au roller, au vélo, mais aussi à l’échauffement et à la musculation (barres de traction, échelle de suspension, piste d’accélération, etc.).

En plus de cet écrin bordant le fleuve en plein cœur de la capitale – et qui disposera à l’horizon 2025 de sites de baignade – deux autres projets de grande ampleur doivent se concrétiser dans les années à venir.

D’ici 2020, un parcours sportif inédit dans sa configuration, doit par exemple voir le jour entre Nation (12ème arrondissement) et Stalingrad (10ème arrondissement) sur une distance totale de 4,4 kilomètres.

Cette promenade – conçue avec une signalétique adaptée et dont une partie des tronçons sont déjà opérationnels – sera jalonnée d’agrès sportifs et accordera une place importante à la végétalisation afin de créer un véritable cocon pour les pratiquants et un espace de respiration pour les riverains.

Tronçon du parcours sportif Nation-Stalingrad (Crédits – Guillaume Bontemps / Mairie de Paris)

Plus ambitieux encore, un parcours sportif complet devrait aussi émerger tout au long de la Ceinture verte, soit sur une promenade urbaine de 39,6 kilomètres entre le Boulevard des Maréchaux et la limite communale.

Cerclant ainsi le territoire parisien, cette promenade s’inscrira dans l’héritage même des Jeux de 2024, puisqu’elle reliera plusieurs sites olympiques et paralympiques, dont le Stade Roland Garros, le Stade Jean Bouin, le Parc des Princes, le Stade Pierre de Coubertin, l’AccorHotels Arena, le Zénith de Paris, la Halle de la Villette, mais encore la future Aréna 2 de la Porte de la Chapelle.

Au-delà de ces sites de renom, la promenade desservira au total près de 600 équipements sportifs et sera équipée de groupes d’agrès sportifs, de nouvelles assises et de nouvelles fontaines. Comme pour le parcours Nation-Stalingrad, l’environnement urbain sera aussi repensé pour donner une place de choix à la flore. La disposition de la promenade permettra à celle-ci de lier le Bois de Boulogne, le Bois de Vincennes et le Parc de La Villette, tandis que 600 arbres devraient être plantés le long du parcours et que 6,6 kilomètres de murs et de façades devraient, si cela est possible, être végétalisés.

En complément de ces trois projets d’ampleur, la Ville de Paris lancera au printemps 2019 un programme intitulé « Places sportives » afin d’amener – gratuitement – des cours collectifs et des initiations chaque week-end sur des places de la capitale (Bastille, Nation, Madeleine, Place des Fêtes, etc.).

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Si les aménagements urbains de plein air constituent l’un des axes forts du Plan « Paris + sportive », les adaptations d’équipements sportifs existants sont aussi un élément important.

Lesdites adaptations passent d’abord par la couverture de structures pour faciliter la pratique sportive indépendamment des conditions météorologiques et de la saisonnalité. La couverture d’équipements de quartiers permet par ailleurs d’espérer un accroissement notable du nombre d’usagers.

A ce jour, plusieurs travaux de ce type ont d’ailleurs été réalisés (Cotte et Louis Braille dans le 12ème, Wimille dans le 16ème, Porte Chaumont dans le 19ème) et d’autres sont d’ores et déjà planifiés (Thiéré dans le 11ème, Paul Meurice et Amandiers dans le 20ème) ou à l’étude dans le cadre des projets du Budget Participatif.

Les adaptations d’équipements existants passent ensuite par une modulation des créneaux d’ouverture au public.

A titre d’exemple, le Plan « Nager à Paris » a permis d’optimiser les horaires des piscines et ce, afin de dégager des créneaux en nocturnes (40 nocturnes de 20h à 22h d’ici 2020) pour les usagers en dehors de l’occupation des sites par les scolaires ou les clubs.

Vue du skatepark de la Porte d’Italie (Crédits – François Grunberg / Mairie de Paris)

Afin de trouver des solutions optimales pour faciliter l’accès aux sites sportifs et disposer de surfaces supplémentaires, la Ville de Paris entend aussi poursuivre ses efforts en direction des territoires adjacents, comme la Seine-Saint-Denis, avec notamment une révision de la gestion administrative de certains équipements pour assurer une meilleure lisibilité quant à leur utilisation quotidienne.

Allié de premier plan dans le cadre de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, le département de la Seine-Saint-Denis dispose – ou disposera à l’issue des compétitions à venir – de plusieurs installations sportives qui bénéficiera à l’ensemble des Franciliens.

Ainsi, le Parc Interdépartemental des Sports de Bobigny-La Courneuve sera doté d’ici 2023 d’une nouvelle piscine en lieu et place de l’actuelle Piscine de Marville. Durant les Jeux, ladite structure sera utilisée en qualité de site d’entraînement pour le water-polo, avant d’être mise à la disposition du public à l’issue de l’événement.

A Saint-Denis, le devenir du futur Centre Aquatique Olympique de la ZAC de la Plaine Saulnier est également un élément de réflexion dans la stratégie partenariale de la Ville de Paris qui assurera in fine un financement du complexe sportif à hauteur de 21 millions d’euros.

Visuel du Centre Aquatique pérenne et du site temporaire (Crédits – Paris 2024 / Luxigon)

En parallèle des actions actuellement menées ou à venir, la Ville souhaite accentuer encore davantage la mise en œuvre d’événements ludiques pour initier les Parisiens à la pratique sportive et faire découvrir des disciplines peu médiatiques ou au rayonnement limité en France.

Ces événements comprennent bien sûr les manifestations proposées dans le cadre de l’organisation de compétitions majeures à Paris ou en Région Île-de-France. En septembre 2018, un village de découverte du golf avait par exemple été installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville en marge de la Ryder Cup qui se déroulait alors sur le Golf National de Guyancourt (Yvelines). Au total, ce sont quelques 30 000 qui furent recensées sur ce site éphémère en plein cœur de la capitale.

Ces événements comprennent aussi le désormais traditionnel rendez-vous de la Journée Olympique.

Organisé les 23 et 24 juin 2017, avec cette année là l’objectif de promouvoir le projet de candidature de Paris 2024, ce rendez-vous a été densifié l’an passé, avec outre les aménagements temporaires sur les berges de la Seine, la mobilisation de chaque arrondissement de Paris à destination des scolaires.

Cette année, en juin 2019 – et toujours en lien avec le Mouvement sportif français et le Comité d’Organisation de Paris 2024 (COJO) – le dispositif sera enrichi d’une action spécifique visant à la promotion du sport à l’égard des seniors.

Journées Olympiques 2017 à Paris (Crédits – Sport & Société)

Signe de la volonté municipale d’accroître la place du sport dans les politiques publiques parisiennes, la Ville aura consacré près de 1 milliard d’euros d’investissement entre 2001 et 2021, dont 380 millions d’euros sur la seule période 2015-2021.

Cet investissement a notamment permis de créer 44 équipements sportifs – gymnases, piscines -, d’accompagner des initiatives pour une plus grande mixité du territoire, avec par exemple les actions menées dans le cadre du Budget Participatif, d’aménager des structures dédiées à des disciplines en développement (sports collectifs, sports urbains, etc.) et enfin d’alléger les contraintes administratives vis-à-vis des associations et des clubs sportifs.

En 2020, Paris comptabilisera 743 m² de surfaces de gymnases et de salles de sport pour 10 000 habitants, soit une progression notable par rapport à 2001 où ce total de surfaces atteignait 590 m².

L’effort consenti par la Ville a par ailleurs porté sur la mise en accessibilité des équipements, avec un investissement spécifique de 9 millions d’euros et 130 opérations de travaux conduites entre 2014 et 2020. De 48% de sites sportifs totalement accessibles en 2013, la proportion est passée à 53% en 2018 et devrait dépasser 55% au début de l’année prochaine.

Après l’échéance 2020 – marquée par les élections municipales au printemps – d’autres projets pourraient voir le jour en fonction de la conduite des études nécessaires. Cela concernera notamment la création d’une piscine et d’un gymnase sur la future ZAC Bercy-Charenton (12ème arrondissement), la couverture du terrain de sport de la Goutte d’Or (18ème), mais encore la création d’une tour des sports de raquette Porte de Bagnolet (20ème).

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