Sept candidats confirmés dans la course aux JO 2036

Alors que le Comité International Olympique (CIO) avait précédemment indiqué qu’aucune nouvelle partie intéressée ne pourrait être prise en considération pour la course aux Jeux d’été de 2036 au-delà du 31 octobre 2026, l’institution de Lausanne (Suisse) a depuis confirmé la présence de sept candidats.

Pour une future édition dont le processus d’attribution sera entièrement réglementé par la dynamique des réformes olympiques « Fit for the Future » initiées par Kirsty Coventry, l’intérêt s’est matérialisé aux quatre coins du monde.

Tandis que pléthore de prétendants déclarés et officieux se sont positionnés depuis 2022 et même avant, sept ont explicitement assuré leur présence dans la phase de « dialogue continu » avec le CIO et ce, dans le but de cibler l’échéance de 2036, sans pour autant fermer la porte pour une autre édition si d’aventure le premier rendez-vous ne se soldait pas par un succès.

Pour la manifestation estivale qui succédera aux Jeux de Los Angeles 2028 et de Brisbane 2032, sept Comités Nationaux Olympiques (CNO) se sont ainsi manifestés, à savoir l’Afrique du Sud, l’Allemagne, la Hongrie, l’Inde, le Qatar, la Corée du Sud, et la Turquie.

Kirsty Coventry, Présidente du Comité International Olympique, lors de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, vendredi 30 octobre 2026 à Dakar, Sénégal (Crédits – IOC / Greg Martin)

Désormais, après avoir clôturé au 31 octobre 2026 la possibilité de prétendre concourir pour les JO 2036, le CIO va pouvoir s’engager plus en avant avec les parties intéressées, avec notamment des conseils et une expertise technique qui devront permettre auxdites parties de présenter dans les mois qui viennent des projets solidement ancrés avec les objectifs de durabilité voulus par l’institution olympique.

Pour l’heure, chacun des postulants a déjà pu aller à la rencontre du CIO au cours des mois passés, pour ne pas dire des années écoulées, certains prétendants faisant preuve d’une évidente persévérance à l’instar de la Turquie, maintes fois présente sur la ligne de départ mais jamais récompensée, ou encore le Qatar qui élabore une quatrième candidature après les déconvenues pour les JO 2016, 2020 et 2032.

Dans les deux cas, la venue des Jeux constituerait un marqueur important – jamais l’événement n’ayant eu lieu au Moyen-Orient – et un symbole de l’universalité recherchée des Jeux.

Avec Istanbul comme très probable tête d’affiche de son ambition renouvelée, après les rendez-vous manqués de 2000, 2008, 2012, 2016, 2020, la Turquie – qui accueillera l’an prochain les Jeux Européens – visera en outre un rendez-vous de choix qui revêtirait un caractère historique à plus d’un titre pour une ville et un pays à cheval sur deux continents, l’Europe et l’Asie.

Avec Doha, le Qatar veut démontrer que le plus grand événement au monde peut se dérouler avec réussite dans l’un des plus petits pays qui compte déjà à son palmarès nombre de manifestations sportives d’envergure, comme les Championnats du Monde d’athlétisme en 2019 et, plus récemment, la Coupe du Monde de football en 2022.

L’obtention des Jeux serait dès lors synonyme de consécration, mais également de leadership préservé face à la rivale régionale qu’est l’Arabie saoudite.

D’autres prétendants espèrent eux pouvoir rassurer le CIO quant à leur capacité respective à répondre aux exigences d’un événement de la dimension des Jeux.

L’Inde a ainsi la volonté d’effacer le souvenir chaotique des Jeux du Commonwealth 2010 et de s’affirmer comme la puissance sportive régionale en devenir sur le continent asiatique, alors que le pays est devenu le plus peuplé au monde, dépassant la Chine, hôte des Jeux à deux reprises (2008 pour l’été, 2022 pour l’hiver).

Construisant depuis plusieurs années maintenant un projet centré sur Ahmedabad dans l’État du Gujarat, qui abritera dans moins de quatre ans les Jeux du Commonwealth (2030), l’Inde avance en tout cas ses pions, bien que son palmarès sportif sur la scène des Jeux puisse constituer une sérieuse faiblesse.

L’Afrique du Sud est quant à elle désireuse d’inscrire enfin l’Afrique sur la carte des territoires auréolés du grand rendez-vous sportif planétaire, même si le Sénégal a ouvert d’une certaine manière la voie, avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 qui se sont ouverts en fin de semaine dernière.

Après l’échec de la candidature du Cap pour 2004 et les errements successifs, la « Nation arc-en-ciel » souhaite montrer ses atouts aux yeux du monde en misant cette fois sur Durban comme tête de proue d’un projet restant à affiner.

Les trois autres postulants aux JO 2036 poursuivent eux aussi des objectifs ambitieux, même si le rêve des Jeux peut différer selon les cas.

Après la dernière édition orchestrée sur son sol – les Jeux de Munich 1972 marqués par la sanglante attaque contre la délégation israélienne – et à la suite des échecs successifs de ses candidatures, tant pour les Jeux d’été (Berlin 2000, Leipzig 2012, Hambourg 2024) que pour les Jeux d’hiver (Munich 2018 et 2022), l’Allemagne espère bien réaffirmer son statut de grande nation olympique.

Pour cette nouvelle tentative, formalisée à l’issue d’un processus à la méthodologie entièrement repensée en présence de quatre candidates, la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) a fait le choix de la cité bavaroise, forte d’un appui populaire indiscutable et d’un héritage olympique reconnu par-delà les frontières allemandes.

Face à elle, la Corée du Sud souhaite prolonger l’aventure des Jeux, après la venue récente de l’événement hivernal (PyeongChang 2018) et de son pendant « junior » (Gangwon 2024), pour une édition qui interviendra près de cinq décennies après le déroulement des Jeux d’été de Séoul 1988.

La tâche ne sera toutefois pas aisée, et l’imbroglio des derniers mois quant à la place de la capitale sud-coréenne au sein d’un dispositif initialement provincial, ne devrait pas faciliter les choses, à moins d’un sursaut.

La Hongrie enfin pourrait être tentée de miser une fois encore sur son statut de « Petit Poucet », elle qui fut déjà dans la situation de présenter avec Budapest des Jeux à taille humaine pour 2024 au milieu de mastodontes comme Rome (Italie), Paris (France), et Los Angeles (Californie, États-Unis).

Le souvenir du retrait contraint de la candidature pour 2024 consécutif à un référendum à l’issue défavorable et le changement récent à la tête du gouvernement pourraient toutefois avoir un impact sur l’ambition hongroise, Viktor Orbán ayant en son temps fait de la quête des Jeux un objectif prioritaire.

(Crédits – IOC)

Aujourd’hui, la course semble relativement ouverte, sans qu’aucun prétendant ne soit à ce stade en mesure de plier le match de façon claire.

Le Qatar et l’Allemagne pourraient cependant s’affirmer comme de redoutables candidats, possiblement dans la position des favoris, tandis que l’Inde, la Turquie et l’Afrique du Sud pourraient se placer en outsiders, devant la Corée du Sud et la Hongrie.

Mais avec un processus décisionnel largement repensé, la course aux anneaux olympiques pour 2036 s’annonce encore incertaine et les divers échéances-clés pour les prétendants précités seront autant de rendez-vous qu’il conviendra de ne pas manquer, au risque de perdre des points et de se laisser distancer.

Un premier rendez-vous majeur aura d’ailleurs lieu en ce mois de novembre 2026. Un rendez-vous lors duquel les postulants devront présenter l’état actuel de leur projet respectif devant le CIO.

A la suite de cette présentation en visio-conférence et en ayant connaissance des éléments développés de part et d’autre, le CIO établira une étude de faisabilité d’ici le mois de mars 2027.

A partir de cette échéance, le « dialogue continu » glissera alors en direction d’un « dialogue stratégique », phase intermédiaire qui permettra l’apport d’un soutien technique renforcé tout au long des mois à venir.

Une présentation du contexte général à l’initiative de la Présidente de la Commission de Futur Hôte, Kolinda Grabar-Kitarović, interviendra en suivant lors de la Session du CIO en avril 2027, tandis que les prétendants devront en parallèle répondre au Questionnaire des Futurs Hôtes et fournir les principales garanties juridiques et financières d’ici le mois de janvier 2028.

Retrouvant le pouvoir d’attribution des Jeux qui avait été quelque peu effacé depuis les réformes de l’ère Thomas Bach, et particulièrement pour l’octroi des JO 2030, 2032 et 2034, les membres du CIO seront ensuite informés de l’état d’avancement du processus au cours du premier trimestre 2028, alors que chaque candidat recevra la visite de la Commission de Futur Hôte aux second et troisième trimestres de la même année.

Sur la base des futurs développements et de ces visites sur le terrain, un Rapport d’évaluation jaugera les forces et faiblesses de chacun des prétendants aux Jeux, et sera remis à la Commission Exécutive du CIO.

Arrivera ensuite la Session de l’été 2028, en marge des Jeux de Los Angeles 2028, au cours de laquelle le processus décisionnel sera évoqué et l’actualité des candidats exposée.

Kolinda Grabar-Kitarović, Présidente de la Commission de Futur Hôte des Jeux d’été à la tribune de la 146ème Session du Comité International Olympique au SwissTech Convention Center de Lausanne, Suisse, mercredi 24 juin 2026 (Crédits – IOC / Chris Ricco)

Une fois les divers jalons franchis, la Commission Exécutive du CIO ouvrira dès lors la phase de « dialogue ciblé » à compter du quatrième trimestre 2028, ouvrant la porte des Jeux à un nombre restreint de postulants.

Le CIO mettra par la suite à disposition des candidats, des ateliers à titre exclusif ou réunissant l’ensemble des parties. Ces rendez-vous, attendus pour le premier trimestre 2029, interviendront avant la fourniture d’une réponse définitive au Questionnaire de Futur Hôte et l’apport de l’ensemble des garanties.

Comme le CIO l’avait récemment fait savoir, cinq axes principaux seront scrutés tout au long du processus de sélection du Futur Hôte, allant du Plan directeur des sites et l’expérience des athlètes, à la stratégie de financement, en passant aussi par le soutien politique et populaire, mais encore les capacités d’organisation et de livraison des Jeux, et enfin la stratégie d’héritage de l’événement planétaire.

Ces points majeurs devront immanquablement être traités et travaillés par les postulants retenus dans cette phase de « dialogue ciblé » qui préfigurera l’attribution effective des Jeux.

Les Hôtes pressentis pourront d’ailleurs se présenter à une séance d’information à destination des membres du CIO au cours du second trimestre 2029, de même que devant l’Assemblée Générale de l’Association des Fédérations Internationales des Sports Olympiques d’été (ASOIF), mais aussi dans le cadre de l’Assemblée Générale des Comités Nationaux Olympiques (ANOC).

Un mois avant l’élection de l’Hôte des JO 2036, la Commission de Futur Hôte publiera son Rapport d’évaluation présentant les forces en présence et suggérant les meilleures options à suivre.

Le verdict sera enfin donné à la mi-2029 lorsque la Session du CIO se réunira et procédera à l’élection de l’Hôte qui, quoiqu’il en soit, sera soit un revenant, soit un nouveau venu sur la scène olympique.

Les anneaux olympiques au cœur du Parc Urbain de la Place de la Concorde à Paris, mardi 30 juillet 2024 (Crédits – Sport & Société)

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