Viktor Orbán rêve de voir de son vivant les Jeux organisés en Hongrie

Désireux de faire de la Hongrie un pôle majeur d’accueil des grands événements sportifs, le Premier Ministre Viktor Orbán a récemment renouvelé son souhait de voir émerger une future candidature pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques.

Le Président du Comité International Olympique, Thomas Bach, et le Premier Ministre hongrois, Viktor Orbán, le 29 novembre 2019 à Lausanne (Crédits – CIO / Greg Martin)

Si l’Asie, le Moyen-Orient et l’Océanie trustent actuellement les premières places pour espérer organiser les Jeux d’été de 2032, l’Europe pourrait aussi être de la partie.

L’Allemagne développe en effet une candidature régionale au sein du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie et ce, après l’échec de la candidature de Hambourg 2024 consécutif au référendum organisé à l’automne 2015.

Il y a peu, l’Ukraine a de son côté réitéré sa volonté de proposer une candidature dans une avenir proche, même si la quête des Jeux – après l’instauration d’une étude de faisabilité – pourrait in fine se révéler plus pertinente pour le pays autour de l’événement hivernal, avec les bases du précédent projet soumis au CIO au travers de la candidature de Lviv 2022.

Au cœur du « Vieux Continent », la Hongrie pourrait elle-aussi prétendre à organiser les Jeux en se fondant sur la candidature avortée de Budapest 2024 qui, en février 2017, avait été contrainte de quitter la course et ses rivales de l’époque, Paris et Los Angeles, à la suite d’une forte mobilisation contestataire vis-à-vis du projet, et en filigrane, de la politique conduite par Viktor Orbán.

Viktor Orbán lors des festivités du 120e anniversaire du Comité Olympique Hongrois (Crédits – Károly Árvai / Portail du Gouvernement)

Aujourd’hui, ce dernier semble plus que jamais déterminé à voir émerger une nouvelle candidature olympique et paralympique comme il l’a fait savoir dans une longue interview consacrée au sport et aux enjeux des grands événements organisés sur le sol hongrois.

Ainsi qu’il l’a exposé dans les colonnes de « Nemzeti Sport » :

Il est important que nous réalisions les développements nécessaires de telle manière que nous ayons en 2030 les infrastructures dont nous ne disposions pas en 2020. A ce moment-là, notre pays disposera d’un ordre de grandeur plus élevé qu’il ne l’est actuellement en ce qui concerne l’estime de soi et la performance, ou encore l’économie, la vie intellectuelle et le sport.

Bien sûr, je voudrais voir de mon vivant la Hongrie accueillir les Jeux Olympiques. Sans l’assassinat domestique, nous y serions parvenus au plus tard avant 2032. Mais avec nous, chaque match doit être mené jusqu’à ce que nous gagnions.

Je veux aussi nous voir atteindre un niveau que nous avons réussi à avoir par deux fois auparavant en football, à savoir une finale de la Coupe du Monde. Nous sommes censés vivre de plus en plus longtemps, il y a donc de l’espoir.

Aujourd’hui, les deux événements dépassent encore la dimension rationnelle, mais il n’y a pas de sport sans rêve.

Sans indiquer une échéance à cibler en priorité, le Premier Ministre de la Hongrie encourage en tout cas le développement d’un projet, sans nul doute autour de la capitale Budapest, où nombre de sites sont déjà opérationnels ou le seront dans les années à venir.

Depuis le retrait de la candidature aux Jeux de 2024, plusieurs chantiers ont de fait été menés pour doter la « Perle du Danube » des infrastructures utiles à l’organisation de manifestations sportives internationales.

Au cours des dernières années, ce fut pour preuve le cas de la Duna Arena qui a accueilli à l’été 2017 les Mondiaux de Natation. Ce sera prochainement le cas aussi du nouveau stade en construction sur les rives du fleuve, dans l’optique des Championnats d’Europe d’Athlétisme en 2023, à l’emplacement d’ailleurs de ce qui devait être le Parc Olympique si Budapest avait obtenu l’organisation des Jeux.

Visuel du projet de Stade Olympique de Budapest présenté à l’automne 2017 (Crédits – NAPUR ARCHITECT Építészeti Iroda Kft)

Par le passé, Budapest a été candidate aux Jeux à maintes reprises, en incluant 2024, qui reste le projet le plus abouti à ce jour.

Avant cette tentative, la ville fut présente sur la scène olympique dès la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Pour la première édition des Jeux rénovés à l’initiative du Baron français Pierre de Coubertin, Budapest fit un appel du pied remarqué avec, en toile de fond, la concomitance avec les Festivités du Millénaire en 1896. Ces dernières fut organisées pour célébrer la naissance de l’histoire hongroise et ont laissé à la ville un héritage architectural certain, avec en particulier, la première ligne de métro souterrain d’Europe continentale et l’aménagement du Pont de la Liberté qui est aujourd’hui l’un des symboles de Budapest.

Par la suite, en 1914, Budapest fut candidate pour les JO 1920 qui consacrèrent finalement la candidature belge présentée par Anvers.

La cité hongroise retenta sa chance pour les Jeux de 1936 avec, au printemps 1930, pléthores de projets concurrents incarnés par Alexandrie (Égypte), Barcelone (Espagne), Buenos Aires (Argentine), mais encore Berlin, Cologne, Francfort, Nuremberg (Allemagne), sans oublier aussi Dublin (Irlande), Helsinki (Finlande), Rome (Italie) et un temps, Lausanne (Suisse).

Budapest abandonna finalement quelques semaines avant l’enclenchement de la procédure de vote sous la direction du Président du CIO de l’époque, Henri de Baillet-Latour qui abouti à la désignation de Berlin comme hôte des JO 1936.

Après ce renoncement, il faudra attendre près d’une vingtaine d’années avant que Budapest ne soit à nouveau officiellement candidate, avec un projet présenté pour l’édition des Jeux de 1960.

Le 15 juin 1955, Budapest fut néanmoins éliminé dès le deuxième tour de scrutin, ne recueillant alors qu’une seule voix contre 11 pour Détroit (États-Unis), 21 pour Lausanne (Suisse) et 26 pour Rome (Italie), cette dernière s’imposant au tour suivant face à la cité des bords du Lac Léman.

Outre ces tentatives infructueuses, un intérêt fut également porté pour 1916, 1944 et 2012 sans pour autant se concrétiser en véritable acte de candidature.

2 pensées

  1. intéressant (et un peu inquiétant) de voir tant d’autocrates comme lui fascinées par les JO.
    Le problème, c’est qu’il n’a pas le soutien de la majorité de sa population.

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    1. Tout à fait. A l’image de la candidature de Budapest 2024, un futur projet, aussi intéressant soit-il sur le papier, risque fort de se heurter à la contestation populaire. Ce qu’il qualifie « d’assassinat domestique » avait tout de même réuni plusieurs centaines de milliers de signatures appelant à un référendum en 2017. Et cela aurait pu être encore plus conséquent si la candidature ne s’était pas retirée…

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