JO 2024 : Le retrait de Budapest est acté

Si aucun communiqué officiel n’a pour l’instant été publié par le Comité de Candidature de Budapest 2024, les autorités hongroises ont acté ce mercredi soir – comme c’était prévisible depuis la fin de semaine dernière – le retrait de la course à l’organisation des Jeux.

Contacté par « Sport & Société », le Comité de Candidature n’a souhaité faire aucun commentaire, précisant néanmoins qu’une communication interviendrait prochainement par l’intermédiaire du Comité Olympique de Hongrie (HOC).

Le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits - Budapest 2024)

De manière symbolique, le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits – Budapest 2024)

Ce retrait de Budapest apparaissait inéluctable après le pari réussi du mouvement contestataire « Momentum Mozgalom ». Ce dernier était parvenu entre mi-janvier et mi-février a collecté un nombre suffisant de signatures pour contraindre la Ville de Budapest à mettre en œuvre un référendum.

Bien que les signatures auraient mérité une vérification par la Commission électorale avant l’organisation d’un tel scrutin populaire, le nombre de documents collectés – plus de 266 000 signatures alors que la loi en exigeait 138 000 – fut suffisant pour faire vaciller la candidature de la capitale hongroise.

Plutôt que de risquer un camouflet face aux électeurs, le Premier Ministre Viktor Orbán et la Municipalité ont préféré mettre un terme à l’aventure olympique et paralympique, quelques mois seulement avant le scrutin olympique de Lima (Pérou), et avant les élections législatives de 2018 qui représente une échéance majeure pour la majorité gouvernementale actuelle.

Mais si le retrait de Budapest est évidemment un fiasco pour les autorités hongroises, il constitue surtout un terrible aveu d’échec pour le Comité International Olympique (CIO) et son Président, Thomas Bach.

Ce dernier avait fait de la réforme de l’Agenda 2020 le pilier de sa campagne pour la présidence de l’institution en septembre 2013. Depuis, il avait œuvré à mettre en place les 40 Recommandations de l’Agenda parmi lesquelles plusieurs mesures pour rendre le modèle olympique plus vertueux, grâce notamment à une réduction des coûts pour les candidatures.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l'Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits - CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Néanmoins, la communication du CIO a sans nul doute été insuffisante pour rassurer les Villes Candidates et plus encore, l’opinion publique.

De plus en plus soucieux de contrôler les grands projets qui engagent les deniers publics, les citoyens sont devenus de redoutables freins pour les candidatures aux Jeux et ce, alors même qu’ils devraient en être des porteurs.

Le retrait il y a peu de la candidature des Grisons (Suisse) pour l’investiture helvète pour 2026 n’en est que l’une des illustrations les plus évidentes, sans compter aussi l’abandon de Hambourg (Allemagne) pour 2024.

Désormais, la course olympique se jouera en présence de seulement deux Villes Candidates – alors qu’elles étaient cinq sur la ligne de départ le 15 septembre 2015 -, une situation inédite dans le cadre de l’attribution des Jeux d’été, depuis le milieu des années 1980 avec l’unique candidature de Los Angeles pour 1984 et le duel Séoul / Nagoya pour 1988.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines s’annoncent tumultueuses pour le CIO.

Thomas Bach avait récemment évoqué la possibilité d’effectuer un double vote le 13 septembre prochain, à savoir l’élection de la Ville Hôte de 2024 et l’élection de la Ville Organisatrice de 2028.

Mais cette perspective – qui se résumerait de fait à l’attribution d’une édition à Los Angeles et d’une autre à Paris – rencontre cependant la contestation de plusieurs membres de l’institution de Lausanne (Suisse), notamment au sein de la Commission exécutive.

Le modèle olympique devra en tous cas être remanié pour espérer attirer à nouveau les Villes Candidates et renouer ainsi avec une certaine attractivité. Le temps sera court ; l’année 2019 étant marquée logiquement par le lancement de la procédure pour les Jeux d’hiver de 2026.

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JO 2024 : Budapest pourrait retirer sa candidature dès la semaine prochaine

Et si la Ville de Budapest renonçait à l’organisation d’un référendum concernant sa candidature olympique et paralympique ?

L’option semble en tous cas sur la table après les échanges tenus en fin de semaine entre le Maire de la capitale hongroise et le Premier Ministre.

Istvan Tarlós a en effet engagé des discutions avec les autorités gouvernementales et devrait à nouveau les consulter en début de semaine prochaine. Le Gouvernement devrait ensuite se réunir, tout comme le Conseil Municipal qui pourrait dès lors être amené à se prononcer sur un éventuel retrait de la candidature de Budapest.

Visuel du Stade Olympique (Crédits - Budapest 2024 / Brick Visual)

Visuel du Stade Olympique (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Bien que le projet de Budapest 2024 ait été au cœur de la campagne pour l’organisation d’un référendum, cette dernière a aussi suscité la mobilisation des opposants au Premier Ministre de la Hongrie.

Si un retrait devait intervenir mercredi 22 février, cela permettrait aux autorités locales d’éviter la tenue d’une consultation populaire plus que périlleuse, mais surtout, cela permettrait au Gouvernement de Viktor Orbán de contourner un probable fiasco à quelques mois des élections législatives de 2018.

Quoiqu’il en soit, la perspective d’un retrait semble aujourd’hui quasi-inéluctable, ce qui conduirait le Comité International Olympique (CIO) à devoir choisir – le 13 septembre prochain – entre deux Villes Candidates (Paris et Los Angeles).

Le Comité de Candidature a d’ailleurs annoncé ce samedi la suspension des contrats et ce, après plusieurs jours de flottement au cours desquels aucune initiative promotionnelle n’a été lancée sur Internet ou sur le terrain alors même que les Villes Candidates ont la possibilité de défendre leur projet respectif à l’échelle internationale depuis le 03 février.

« Au cours des dernières semaines, le projet de candidature est devenu un débat national.

L’unité politique en soutien à la candidature olympique hongroise s’est brisée. Si cette unité n’est pas rétablie dans un court laps de temps, Budapest n’aura aucune chance de battre deux des plus grandes villes que sont Paris et Los Angeles.

Jusqu’à ce que cette unité soit restaurée derrière la candidature de Budapest 2024, nous prenons la décision de suspendre les contrats, de ne pas émettre de nouvelles commandes et de ne pas utiliser le budget qu’il nous reste » a ainsi fait savoir la candidature hongroise dans un communiqué.

Pour le CIO, un nouvel abandon d’une Ville Candidate sonnerait comme un indéniable échec de sa stratégie de renouveau portée par l’Agenda 2020.

Avec seulement deux candidatures en lice pour les Jeux Olympiques d’été, l’institution de Lausanne (Suisse) se retrouverait confrontée à une crise sans précédent depuis les années 1980 lorsque Los Angeles fut seule en course pour l’accueil des Jeux de 1984 et lorsque deux villes furent sur les rangs pour les Jeux de 1988, Séoul (Corée du Sud) finalement élue, et Nagoya (Japon).

Pour les Jeux d’hiver, une telle situation s’était présentée il y a seulement deux ans, au moment où Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) s’étaient retrouvées dans un duel inattendue après les retraits des Grisons (Suisse), de Cracovie (Pologne), de Munich (Allemagne), d’Oslo (Norvège), de Stockholm (Suède) et de Lviv (Ukraine).

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Budapest comptait s’inspirer de Villes Hôtes passées pour concevoir un nouveau modèle olympique, loin des extravagances de certaines éditions récentes.

Dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société » en octobre 2016, le Président du Comité de Candidature avait d’ailleurs précisé cette ambition.

« Les Jeux Olympiques de Budapest seront l’occasion pour le Mouvement Olympique de se réengager avec des villes de taille moyenne, et de créer des opportunités à travers le monde.

Anvers, Amsterdam, Barcelone, Stockholm et Helsinki – villes semblables à Budapest – ont toutes accueilli les Jeux Olympiques avec un énorme succès.

Le plan de Budapest 2024 réintroduit ce modèle rafraîchissant de compacité, de Jeux intimes et intégrés dans la ville, et permettant l’accélération des projets existants.

Accueillir les Jeux Olympiques à Budapest permettra de restaurer l’héritage de ces Villes Olympiques moyennes » avait notamment affirmé Balázs Fürjes.

Cette ambition avait par la suite été mentionnée devant l’Assemblée Générale des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) réunie mi-novembre à Doha (Qatar).

La candidature de Budapest 2024 avait alors martelé un message clair : Budapest est la bonne ville, au bon moment.

JO 2024 : Interview pour « Radio Canada » concernant la perspective d’un référendum à Budapest

Tandis que la candidature de Budapest 2024 se retrouve de plus en plus fragilisée dans l’optique d’un référendum, « Radio Canada » a proposé hier soir un reportage sur cette perspective et plus largement, sur le devenir du modèle des Jeux Olympiques.

Ici Radio Canada

Interviewé par le journaliste Robert Frosi dans le cadre de l’émission « L’heure du monde », je vous propose de retrouver mon témoignage (entre 40:15 et 43:30 sur le lecteur).

– Un mouvement de jeunes opposants aux Jeux – le groupe « Momentum » – avait lancé une pétition pour la tenue d’un référendum sur cette candidature. Pour aller de l’avant, ce référendum a recueilli suffisamment de signatures pour qu’effectivement, on y aille.

J’en ai parlé avec Kévin Bernardi qui est l’auteur d’un Rapport sur les Impacts et l’Héritage des Jeux Olympiques, et qui m’a expliqué que les chances que ce référendum soit victorieux en Hongrie sont réelles.

En règle générale, sur des référendums relatifs à des questions olympiques, les partisans du retrait d’une candidature sont plus nombreux à se mobiliser que les partisans de la candidature en elle-même.

On l’a vu par exemple à Hambourg pour la candidature allemande pour 2024, on l’a aussi vu au cours des dernières années dans les Grisons pour la Suisse, on l’a vu également à Cracovie pour les JO 2022, etc… A chaque fois, on a des retraits de candidatures.

– Advenant le retrait de Budapest, il ne resterait plus que deux villes en lice pour les Jeux de 2024. Est-ce l’avenir des Jeux Olympiques qui est en train de se jouer en ce moment.

Il reste Paris et Los Angeles, deux candidates dans la tourmente – Paris qui se démène en ce moment avec un mini-scandale autour de leur slogan, et Los Angeles qui avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence a du plomb dans l’aile à cause des politiques restrictives de libre circulation – et pour Kévin Bernardi, il faut absolument que le message du Comité International Olympique (CIO) de redonner une dimension humaine aux JO passe, sinon, ça pourrait être effectivement la fin.

C’est vraiment une mission que devra mettre en œuvre le CIO pour arriver justement à avoir une communication suffisamment efficace pour à la fois convaincre l’opinion publique et à la fois, les villes potentiellement candidates et ce, pour éviter un désamour qui conduirait in fine à ne plus avoir de Villes Candidates.

JO 2024 : A Budapest, « Momentum Mozgalom » annonce avoir collecté plus de 266 000 signatures

Ce vendredi marque la fin officielle de la collecte de signatures par les partisans d’un référendum portant sur la candidature olympique et paralympique de Budapest (Hongrie).

Depuis un mois, le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses alliés ont sillonné la capitale hongroise afin de recueillir un minimum de 138 000 signatures. Ce chiffre – représentant 10% des électeurs inscrits – devait être atteint dans un délai strict afin de contraindre les autorités locales à organiser un référendum.

Aujourd’hui, le mouvement politique – qui a pu compter sur la mobilisation de 1 800 militants sur le terrain – a annoncé avoir collecté pas moins de 266 151 signatures.

(Crédits - Momentum Mozgalom)

(Crédits – Momentum Mozgalom)

Bien entendu, la Commission électorale de Budapest va désormais étudier chacune des signatures collectées pour en vérifier l’authenticité et la validité. D’ici 45 jours au plus tard, ladite Commission dévoilera le résultat de ses vérifications.

Si le nombre requis de 138 000 signatures et bel et bien atteint, les autorités n’auront d’autre choix que de procéder à la consultation des citoyens de Budapest.

D’après une enquête réalisée à la fin du mois de janvier, 62% des sondés ont mentionné leur opposition au projet pour les JO 2024, contre seulement 31% qui ont apporté un appui à la candidature.

Mais le plus inquiétant pour le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste que 79% des citoyens de Budapest sont favorables à un référendum et que 86% des sondés sont prêts à se rendre aux urnes dans le cas où une telle consultation viendrait à être mise en œuvre par les autorités municipales.

Au-delà de la seule candidature, les citoyens de Budapest seraient par ailleurs susceptibles d’exprimer une franche opposition à l’action politique actuellement menée par le Premier Ministre, Viktor Orban.

Une personnalité décriée dans et en dehors des frontières hongroises, mais surtout une personnalité de premier plan pour la candidature de Budapest 2024.

JO 2024 : La situation se complique du côté de Budapest

A deux jours de la fin de la collecte des signatures pour l’organisation d’un référendum, les opposants à la candidature de Budapest 2024 ont le vent en poupe.

Selon toute vraisemblance, le nombre de signatures exigé devrait être atteint d’ici le 17 février, ce qui conduirait les autorités locales à mettre en place une consultation populaire qui interviendrait durant le printemps.

Pour Budapest, l'arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits - Budapest 2024)

Pour Budapest, l’arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits – Budapest 2024)

D’ici-là, les enquêtes sondagières font état d’une réelle défiance à l’égard de la candidature olympique et paralympique de la capitale hongroise. Un premier sondage avait d’ailleurs conforté les partisans d’un référendum les 28 et 29 janvier. Un second sondage est venu par la suite confirmer la tendance.

Réalisé entre le 25 et le 31 janvier, ce sondage mené auprès de 1 000 personnes révèle des chiffres encore plus inquiétants pour le Comité de Candidature de Budapest 2024.

Ainsi, à l’échelle de la Hongrie, 45% des sondés se déclarent favorables à la candidature de Budapest, alors que 51% y sont opposés.

Dans le même temps, à l’échelle de la capitale, 62% des sondés affirment être opposés au projet pour les JO 2024, tandis que 31% seulement se prononcent en faveur de la candidature actuellement en compétition face à Los Angeles (États-Unis) et Paris (France).

D’autres données viennent par ailleurs renforcer les arguments des partisans à un référendum.

De fait, 74% des Hongrois se prononcent en faveur d’une telle consultation et 79% des citoyens de Budapest sont d’un avis similaire.

Mais surtout, 86% des sondés dans la capitale affirment être prêts à se rendre aux urnes si un référendum venait à être organisé dans les prochaines semaines.

JO 2024 : A Budapest, les partisans d’un référendum pourraient revendiquer 110 000 signatures à l’issue du week-end

Ce week-end du 04 et 05 février pourrait constituer un moment important de la campagne en vue de l’organisation d’un référendum à Budapest (Hongrie) consacré à la candidature olympique et paralympique de la ville.

En effet, après avoir annoncé la collecte de 70 000 signatures à la fin du mois de janvier – soit moins de quinze jours après le lancement de l’initiative populaire – le mouvement « Momentum Mozgalom » a revendiqué vendredi soir le seuil de 85 000 signatures.

Selon les projections du mouvement contestataire communiquées ce dimanche à « Sport & Société », le cap des 110 000 signatures devrait être franchi ce soir. Si cela se confirme, les partisans d’un référendum ne seraient plus qu’à quelques dizaines de milliers de signatures de l’objectif fixé par la loi.

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

Pour rappel, la tenue d’un scrutin référendaire à l’échelle de Budapest doit recueillir l’appui d’au moins 10% des citoyens inscrits sur les listes électorales, soit pour la capitale hongroise, 138 000 personnes.

Le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses partenaires ont jusqu’au 17 février pour parvenir à ce chiffre. Une fois atteint, nul doute que les porteurs de « NOlimpia » effectueront une intense campagne sur le terrain et les réseaux sociaux afin de garantir l’issue du scrutin.

Un « Non » des électeurs à la candidature de Budapest 2024 entraînerait l’inévitable retrait du projet de la course aux Jeux d’été et ce, comme ce fut le cas en novembre 2015 avec la candidature allemande de Hambourg 2024.

Cependant, comme le mentionnait cette semaine « Sport & Société », des doutes se sont faits jour concernant la véracité des propos de « Momentum Mozgalom » en ce qui concerne le nombre de signatures obtenues.

Selon une source locale, entre 30 000 et 35 000 signatures auraient pu être collectées, alors que les partisans de « NOlimpia » avaient annoncé le chiffre de 70 000. Si l’on affine ces données aux nouvelles estimations de « Momentum Mozgalom », ce serait un décompte potentiel de 50 000 à 60 000 signatures d’ici ce dimanche soir et non de 110 000.

(Crédits - Capture d'écran / Sport & Société)

(Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Une chose est sûre : que le chiffrage de « Momentum Mozgalom » soit ou non avéré, le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste particulièrement silencieux et ce, alors même qu’il a déposé le troisième et dernier volet technique de son projet au Comité International Olympique (CIO).

Élément non-négligeable et qui peut avoir son importance, contrairement à ces deux rivales – Los Angeles (États-Unis) et Paris (France) – Budapest n’a pas encore rendu public son dossier de candidature dans son intégralité.

A ce jour, soit 48h après le dépôt officiel au siège de l’institution de Lausanne (Suisse), seuls les deux premiers volets sont consultables sur la plateforme Internet de la candidature hongroise.

JO 2024 : Les Villes Candidates entrent dans la dernière ligne droite

Ce vendredi 03 février, le Comité International Olympique (CIO) a réceptionné à Lausanne (Suisse) le troisième volet du dossier technique des Villes Candidates à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Avec ce nouvel apport – après ceux du 17 février 2016 puis du 07 octobre 2016 – l’institution olympique et ses membres disposent à présents de l’intégralité de la vision des JO de Los Angeles (États-Unis), Budapest (Hongrie) et Paris (France).

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Pour les trois Villes Candidates encore en lice – elles étaient cinq le 15 septembre 2015 au lancement de la procédure de candidature par le CIO – l’étape la plus importante débute aujourd’hui.

En effet, conformément aux nouvelles règles édictées par le CIO au travers de son Agenda 2020, les Villes Candidates peuvent dès à présent effectuer leur campagne de promotion à l’échelle internationale. Cette possibilité était jusqu’alors écartée, les Villes devant se concentrer sur l’élaboration de leur projet et sur le dialogue et la concertation à l’échelle nationale.

« Avec la remise de la troisième partie du dossier de candidature, nous sommes désormais en mesure d’évaluer chaque projet dans son intégralité.

Depuis le lancement de la procédure de candidature, nous n’avons jamais cessé d’échanger avec les Villes et avons réellement pu voir leurs projets olympiques prendre forme.

L’enthousiasme continue de grandir alors que nous amorçons la dernière ligne droite de la compétition. Nous avons tous appris et tiré parti de la nouvelle philosophie mise en avant par l’Agenda Olympique 2020, et personnellement, je me réjouis de me rendre au printemps dans chacune de ces trois Villes » a fait savoir Frank Fredericks, Président de la Commission d’évaluation pour les JO 2024.

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Los Angeles sera la première des Villes Candidates à recevoir la Commission (23 au 25 avril), avant Budapest (10 au 12 mai) et enfin Paris (14 au 16 mai).

Dans les trois cas, le CIO prendra en charge les différents coûts – notamment ceux relatifs à la tenue des réunions de travail et à l’hébergement des membres de la Commission – et ce, alors que les Villes Candidates supportaient la majeure partie de ces derniers lors des précédentes candidatures.

Cet apport important de l’Agenda 2020 – qui se couple avec la publication des dossiers techniques uniquement en format électronique – permet dès lors d’envisager une réduction des coûts liés à la phase de candidature.

Des ajustements devront cependant être réalisés pour les prochaines échéances, l’Agenda 2020 n’ayant pas eu la pleine portée espérée par le CIO, avec le retrait de deux villes – trois si l’on englobe Boston – en l’espace de deux années.

Alors qu’auparavant les Villes Candidates devaient débourser 650 000 dollars au titre des droits de candidature, ce montant a été abaissé avec la nouvelle procédure.

A présent, ce sont 250 000 dollars qui sont exigés par le CIO aux Villes Candidates, une somme répartie de la manière suivante : un premier versement de 50 000 dollars en octobre 2015 ; un second versement de 50 000 dollars en juillet 2016 ; et un troisième versement d’un total de 150 000 dollars effectué en janvier 2017.

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits - IOC Flickr / R. Juilliart)

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits – IOC Flickr / R. Juilliart)

Après la visite et l’inspection des sites par la Commission d’évaluation – qui sera précédée par une présentation sommaire des Villes lors de la Convention SportAccord, le 04 avril -, cette dernière tiendra une réunion d’information auprès des Villes Candidates, des membres du CIO et des Fédérations Internationales des sports olympiques d’été.

Cette réunion aura lieu à Lausanne du 11 au 12 juillet 2017 et précédera de deux mois à peine l’élection de la Ville Organisatrice des JO 2024, le 13 septembre à Lima (Pérou).

Les Villes Candidates auront dès lors quelques semaines pour peaufiner l’ultime présentation – dont les contours logistiques ont été inaugurés par les Villes Candidates aux JO 2022 avec notamment une nouvelle scénographie – qui pourra être déterminante afin de capter l’attention des derniers indécis.

Vue de la Salle de Présentation et d'Annonce (Crédits - CIO / Ubald Rutar)

Vue de la Salle de Présentation et d’Annonce (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

Bien sûr, la règle relative au scrutin ne changera pas par rapport aux éditions passées.

Ainsi, le Président du CIO ne participera pas au scrutin olympique, tout comme les membres affiliés aux Comités Nationaux Olympiques (CNO) dont une Ville est candidate.

Autrement dit, les trois membres américains – Larry Probst, Angela Ruggiero et Anita DeFrantz -, les deux membres hongrois – Pal Schmitt et Daniel Gyurta – et les deux membres français – Guy Drut et Tony Estanguet – ne seront pas autorisés à voter tant que la Ville Candidate dont ils sont proches est encore en course.

L’élection devrait être rapide, avec selon toute vraisemblance deux tours de scrutin.

Une égalité entre deux des Villes Candidates conduirait néanmoins à la tenue d’un tour intermédiaire ; ce fut le cas en 2013 pour les JO 2020 entre Madrid (Espagne) et Istanbul (Turquie).

Le retrait de l’une des Villes Candidates avant la date fatidique du 13 septembre serait de nature à réduire à un seul tour de scrutin le déroulement de l’élection, deux candidatures restant alors en lice.

La perspective d’un référendum à l’issue incertaine du côté de Budapest pose d’ores et déjà les bases de cette éventualité.

JO 2024 : La candidature de Budapest dans une position de fragilité selon un sondage

Alors que les Villes Candidates doivent fournir au Comité International Olympique (CIO), le troisième volet de leur dossier de candidature respectif, ce vendredi 03 février, le projet de Budapest 2024 semble soumis à une contestation populaire grandissante.

Comme l’a évoqué très tôt « Sport & Société », la contestation a pris corps sur les réseaux sociaux avant de gagner le terrain, via des actions ponctuels dans différents secteurs de la capitale hongroise.

Aujourd’hui, le mouvement « NOlimpia » revendique plus de 70 000 signatures obtenues pour l’organisation d’un référendum – sur 138 000 nécessaires d’ici le 19 février – mais une autre estimation fait état d’un bilan à mi-parcours compris entre 30 000 et 35 000 signatures.

L'organisation des Jeux Olympiques est aujourd'hui considérée comme un poids par les citoyens de Budapest (Crédits - HVG)

L’organisation des Jeux Olympiques est aujourd’hui considérée comme un poids par les citoyens de Budapest (Crédits – HVG)

Quoiqu’il en soit, la dynamique est clairement à l’avantage des opposants à la candidature de Budapest 2024 et un récent sondage semble d’ailleurs confirmer cette tendance, qui tranche avec les donnés d’un sondage dernièrement présenté par le Comité de Candidature.

Réalisés du 28 au 29 janvier 2017 par l’hebdomadaire « HVG »* – proche des réformateurs de Gauche opposés au Premier Ministre Viktor Orban, cette enquête fait état d’une défiance majeure à l’égard de la candidature olympique et paralympique.

Ainsi, 68% des sondés se déclarent opposés aux Jeux dans la mesure où ces derniers engendreraient des dépenses plus utiles sur d’autres postes d’activités. Cet argument est d’ailleurs l’un des points centraux du discours des opposants au projet de Budapest.

Dans le même temps, seuls 26% des sondés – issus de Budapest exclusivement – estiment que l’organisation des Jeux dans leur ville renforcerait le sentiment de fierté nationale pour le peuple hongrois.

Enfin, en cas de tenue d’un référendum à l’échelle locale, 54% des sondés voteraient pour le retrait de la candidature.

Ces chiffres devraient alerter une nouvelle fois le Comité de Candidature de Budapest 2024. Particulièrement silencieux depuis quelques jours, ce dernier pourraient se préparer à une campagne référendaire à haut risque.

En effet, si les opposants parviennent à recueillir le nombre de sésames requis par la loi électorale, la mise en œuvre d’une consultation populaire pourrait intervenir rapidement, avec une issue potentiellement éliminatoire pour la candidature.

En cas de rejet de la part des citoyens, les autorités locales et nationales n’auraient d’autre possibilité que de retirer le projet de la course à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Pour Budapest, l'arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits - Budapest 2024)

Pour Budapest, l’arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits – Budapest 2024)

Le CIO se retrouverait dès lors avec le maintien de deux candidatures, comme ce fut le cas entre Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) pour les JO d’hiver 2022.

Pour l’échéance 2024, Los Angeles (États-Unis) serait appelée à livrer la bataille finale avec Paris (France).

Une affiche de rêve mais que n’espère sans doute pas le CIO, car bien que ces deux mégalopoles ont la capacité évidente d’accueillir les Jeux, le retrait de Budapest sonnerait comme un indéniable aveu d’échec pour la réforme olympique de l’Agenda 2020.

* Sondage réalisé auprès de 600 personnes.

JO 2024 : Des doutes quant aux chiffres avancés par les partisans d’un référendum à Budapest

En début de semaine, les partisans d’un référendum relatif à la candidature olympique et paralympique de Budapest 2024 avaient avancé le chiffre de 70 000 signatures afin de démontrer la dynamique de la campagne pilotée par le mouvement « Momentum Mozgalom » au travers de l’initiative « NOlimpia ».

Toutefois, des doutes semblent s’installer quant à la véracité de l’information diffusée par le groupement de contestation. Ainsi, selon des informations obtenues par « Sport & Société », le nombre de signatures obtenues pourrait potentiellement être inférieur de moitié aux estimations avancées par « Momentum Mozgalom ».

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

« Je serais satisfait du succès de la campagne actuelle, mais je suis très sceptique quant aux chiffres annoncés par le mouvement.

J’ai une bonne idée du nombre de militants dont il dispose, du nombre d’endroits dans la ville où ces derniers recueillent les signatures, et du nombre de signatures que vous pouvez collecter à ces endroits précis.

Les chiffres ne correspondent pas aux annonces » a ainsi fait savoir cette source basée à Budapest (Hongrie).

Selon les estimations de cette dernière, entre 30 000 et 35 000 signatures auraient pu être collectées aux endroits établis par « Momentum Mozgalom ».

Cartographie des principaux points de rendez-vous des militants de NOlimpia (Crédits - NOlimpia Budapest)

Cartographie des principaux points de rendez-vous des militants de NOlimpia (Crédits – NOlimpia Budapest)

Quoiqu’il en soit, les partisans d’un référendum doivent obtenir 138 000 signatures d’ici le 19 février, et la bataille de la communication semble pour l’heure à l’avantage de « NOlimpia ».

Que les chiffres présentés en début de semaine soient exacts ou non, « NOlimpia » occupe le devant de la scène, avec de nouveaux rendez-vous militants sur le terrain et sur les réseaux sociaux, ce qui n’est pas le cas actuellement du Comité de Candidature de Budapest 2024.

Contacté par « Sport & Société », ce dernier n’a pas souhaité réagir à la campagne de mobilisation initié il y a quelques semaines, sans doute soucieux de suivre l’avancement de son propre projet et surtout de préparer au mieux la phase de promotion internationale qui s’ouvrira officiellement vendredi 03 février.

L’issue de la campagne référendaire pourrait en tous cas être cruciale pour la suite de la candidature, dans un cas comme dans l’autre.

« Si l’action échoue et que le nombre de 138 000 signatures, soit 10% des électeurs de Budapest, n’a pas été atteint, cela pourrait constituer un argument devant le Comité International Olympique » a d’ailleurs indiqué avec crainte la source de « Sport & Société ».

JO 2024 : Les partisans d’un référendum ont déjà collecté 70 000 signatures à Budapest

La candidature olympique et paralympique de Budapest 2024 parviendra-t-elle à conduire son projet jusqu’au 13 septembre 2017, date de l’élection de la Ville Hôte par le Comité International Olympique (CIO) ?

La mobilisation des partisans d’un référendum ouvre en tous cas la problématique.

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

Lancée officiellement jeudi 18 janvier, la mobilisation doit aboutir à la collecte de 138 000 signatures de citoyens de Budapest (Hongrie) avant la mi-février. Si le nombre de signatures exigé est atteint, les autorités devront dès lors étudier l’organisation d’un scrutin référendaire à l’échelle de la ville.

D’ores et déjà, le mouvement « NOlimpia » – directement inspiré de « NOlimpia Hamburg » et surtout de « NO Boston Olympics » – a fait savoir ce week-end que le chiffre des 70 000 signatures avait été franchi, ce qui laisse à penser que la barre des 138 000 paraphes pourrait être dépasser dans les quinze jours à venir.

Le succès rencontré par l’initiative de la jeune organisation politique – hostile au Premier Ministre Viktor Orban – « Momentum Mozgalom », peut d’abord s’expliquer par le nombre important d’abonnés sur les réseaux sociaux.

Sur la page Facebook de « NOlimpia », plus de 30 000 internautes suivent ainsi l’actualité du mouvement.

Ensuite, les derniers sondages menés à Budapest et en Hongrie démontrent la marge de manœuvre dont peut bénéficier l’opposition à la candidature et ce, à l’instar de celle qui fut en place à Boston (États-Unis) lorsque la ville du Massachusetts était candidate pour 2024, avant le repêchage de Los Angeles.

Le mouvement « NOlimpia » peut enfin compter sur un maillage territorial assuré par des dizaines de militants. Ces derniers quadrillent ainsi la capitale hongroise afin de collecter un maximum de signatures en un minimum de temps.

L’action menée jusqu’à présent porte ses fruits. En attendant peut-être une riposte des autorités et du Comité de Candidature.

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Pour l’heure, ces derniers s’appuient toujours sur un sondage favorable et le Conseil Municipal a récemment réitéré son soutien à la candidature. A l’approche du dépôt du troisième et dernier volet du dossier technique – le 03 février – les élus ont en effet voté à une très large majorité – 25 voix sur 29 – en faveur du projet olympique et paralympique.

Comme il l’avait mentionné dans le cadre d’une interview exclusive pour « Sport & Société », le Président de Budapest 2024 a d’ailleurs rappelé l’importance de l’Agenda 2020 du CIO pour les villes comme Budapest.

« Le nouveau programme olympique permet à une nouvelle génération de villes de taille moyenne d’accueillir les Jeux ; et cette nouvelle génération de villes moyennes créera de nouvelles possibilités pour le Mouvement Olympique.

Ce vote renforce encore plus notre candidature et avec le soutien écrasant du Gouvernement de Hongrie, cela nous permettra de livrer des Jeux magnifiques dans une ville qui est prête à les accueillir.

Budapest est la bonne ville au bon moment » a ainsi affirmé Balázs Fürjes, en faisant également une référence au slogan porté devant les Comités Nationaux Olympiques réunis en novembre 2016 à Doha (Qatar).