Le Président du CIO évoque des pistes pour un changement de la procédure de candidature

Jeudi 02 mars, le Président du Comité International Olympique (CIO) est sorti du silence afin d’exprimer quelques pistes potentielles pour un changement de la procédure de candidature à l’organisation des Jeux.

L’ancien Président du Comité Olympique Allemand (DOSB) a ainsi répondu aux questions du quotidien d’Outre-Rhin, « Stuttgarter Nachrichten ».

Dans les colonnes de celui-ci, Thomas Bach aborde la course aux JO 2024 marquée par le récent retrait de Budapest (Hongrie) mais également le financement de l’événement olympique et le coût des candidatures pour les Villes Candidates et le cas échéant, de l’organisation pour les Villes Hôtes.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Il faut dire que l’année 2017 semble plus que jamais cruciale pour l’avenir du Mouvement Olympique ou tout du moins le modèle qui est actuellement tant décrié.

Après les retraits successifs de Boston (États-Unis), Hambourg (Allemagne), Rome (Italie) et donc Budapest (Hongrie), le CIO se retrouve dans une situation qu’il n’avait plus connu – dans le cadre des JO d’été – depuis les années 1980 lorsque Los Angeles (États-Unis) fut seule candidate pour les JO 1984 et lorsque Séoul (Corée du Sud) et Nagoya (Japon) se disputèrent l’organisation des Jeux de 1988.

Face à cette situation de crise ouverte, la Maison Olympique se doit donc de répondre aux critiques et d’adapter l’Agenda 2020 qui est à ce jour une réforme dont les fondements n’ont pas produit les effets escomptés.

Comme il l’avait déjà affirmé, Thomas Bach a indiqué dans son interview que « sans l’Agenda 2020, nous n’aurions pas eu un seul candidat pour les Jeux de 2024.

L’Agenda 2020 porte sur le coût de l’organisation des Jeux et sur la durabilité.

Ce que nous ne prévoyons pas en revanche, c’est le changement dans le processus de candidature en raison de recours formulés par des mouvements politiques anti-système. Ils développent des slogans relatifs au gigantisme et à l’argent.

Nous pouvons nous plaindre, mais cela ne change rien. Par conséquent, nous devons faire avec ».

Au cours des derniers mois, le Président de l’institution de Lausanne (Suisse) avait pointé du doigt la pression des mouvements politiques et des initiatives citoyennes contre les Jeux, notamment après le retrait de Boston et plus récemment, après celui de Rome.

Face à ce constat et à cette évidente menace – qui porte en elle l’argument référendaire – Thomas Bach estime que la procédure de candidature doit être modulée pour permettre à d’anciennes Villes Candidates de revenir dans le giron olympique sans se sentir lésées.

Bien sûr, ce propos du Président du CIO concerne particulièrement les villes du « Vieux Continent », berceau de l’Olympisme mais qui peine aujourd’hui à faire émerger des candidatures suffisamment solides pour arriver jusqu’à la ligne d’arrivée, autrement dit, jusqu’au scrutin olympique.

« L’Europe est le noyau du Mouvement Olympique. Il ne serait pas sage de l’ignorer.

Le processus, tel qu’il existe aujourd’hui, produit trop de perdants. Du fait de cette tendance, le nombre de candidats se réduit. Mais nous voulons trouver le meilleur hôte possible pour les Jeux Olympiques.

Dans le passé, des villes comme Paris ou Buenos Aires ont souvent candidaté. Cela n’est plus possible aujourd’hui, car la plupart de ceux qui ont renoncé ont dit au revoir au processus de candidature. Ce cercle doit être brisé.

Nous pouvons inciter les candidats à revenir une deuxième fois, et ne pas exiger d’eux qu’ils commencent le processus à zéro. Nous devons réduire le coût de candidature, et faire que chaque site qui a accueilli un événement mondial comme une Coupe du Monde ou un Championnat du Monde, soit réputé approuvé et répondre aux exigences des Fédérations Internationales » a notamment indiqué Thomas Bach.

En mars 2015, visite de la Commission d'évaluation du CIO à Zhangjiakou, site prévu par Pékin 2022 pour les épreuves de neige (Crédits - Pékin 2022)

En mars 2015, visite de la Commission d’évaluation du CIO à Zhangjiakou, site prévu par Pékin 2022 pour les épreuves de neige (Crédits – Pékin 2022)

Concrètement, une ville qui aurait candidaté à une Olympiade mais qui n’aurait pas obtenu le précieux sésame, pourrait retenter sa chance sans avoir à répondre aux mêmes exigences qu’une ville qui propose sa candidature pour la première fois.

L’aspect financier pourrait dès lors être un premier secteur impacté. Cela reviendrait par exemple à réduire une fois encore le montant des droits de candidature. Auparavant fixés à 650 000 dollars pour les Villes Candidates, ces derniers ont été abaissés à 250 000 dollars pour les prétendantes aux JO 2024.

L’apport de cette somme a en outre été échelonné en trois versements : 50 000 dollars en octobre 2015 ; 50 000 dollars en juillet 2016 ; et enfin 150 000 dollars en janvier 2017.

Avec ces pistes, l’idée d’une double attribution des Jeux de 2024 et 2028 – pourtant ouvertement évoquée par Thomas Bach – semble à présent mise de côté. Tout du moins pour l’instant ; un nouveau basculement n’étant pas à écarter d’ici le 13 septembre prochain, date d’élection de la Ville Hôte.

Sur ce point, il convient de rappeler – notamment à l’égard de celles et ceux qui espèrent une double attribution dans une course déjà bien engagée – les propos tenus par le Président du CIO en octobre 2014.

A cette époque, l’institution avait été ébranlée par les défections des Villes Candidates aux JO d’hiver de 2022. Une situation similaire à celle qui est en développement actuellement avec le maintien de Los Angeles et Paris.

« Le CIO s’en tient à ses engagements. Nous avons réalisé un appel à candidatures. Il existe une procédure claire et transparente. Nous allons suivre cette procédure avec deux candidats.

Aujourd’hui, nous sommes en plein milieu de la procédure et nous ne pouvons et ne voulons pas changer les règles, compte tenu du fait que nous avons encore deux candidatures très intéressantes avec une approche diversifiée » avait martelé Thomas Bach.

Ce dernier faisait alors référence aux candidatures de Pékin (Chine) et d’Almaty (Kazakhstan).

Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Thomas Bach, Président du Comité International Olympique ; et Tony Estanguet, coprésident du Comité de Candidature de Paris 2024 à l'occasion de l'opération "Nuit Blanche" 2016 (Crédits - Anne Hidalgo / Page Facebook)

Anne Hidalgo, Maire de Paris ; Thomas Bach, Président du Comité International Olympique ; et Tony Estanguet, coprésident du Comité de Candidature de Paris 2024 à l’occasion de l’opération « Nuit Blanche » 2016 (Crédits – Anne Hidalgo / Page Facebook)

Au cours de l’interview accordée à la presse allemande, cette délicate problématique de l’attractivité du Mouvement Olympique et des Jeux actuels n’a pas été l’unique sujet abordé par Thomas Bach.

Le leader du CIO est ainsi revenu sur la polémique des Jeux de Rio 2016 autour de l’exclusion des athlètes russes suite aux révélations du Rapport McLaren. Au-delà d’une justification de la prise de position du CIO, Thomas Bach a par ailleurs mentionné les relations de travail qu’il a pu avoir ou qu’il a avec les dirigeants politiques de ce monde.

Une équation périlleuse alors que l’institution du Baron Pierre de Coubertin s’est toujours posée en gardienne d’une certaine neutralité diplomatico-politique.

Cela se ressent évidemment dans l’appréciation des projets des Villes Candidates avec un discours parfaitement calibré et millimétré ; mais cela s’entend aussi au regard du positionnement du CIO sur les sujets brulants d’une actualité qui mêle souvent sport et politique.

« Nous avions dans le cadre des Jeux d’hiver de Sotchi 2014 une coopération très constructive [avec le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine]. A notre demande, il a ainsi veillé à ce que la loi hostile à l’homosexualité ne soit pas appliquée dans les zones concernés par les compétitions.

La relation de travail est la même que celle qui se construit avec tous les dirigeants des pays dans lesquels se déroulent les Jeux Olympiques. Et pour être clair : non, je n’ai pas discuté avec Vladimir Poutine de la question d’une sanction de la Russie au regard de la problématique du dopage » a déclaré Thomas Bach.

Mais comme une référence implicite à la politique souhaitée par le nouveau Président des États-Unis, Donald Trump, le dirigeant olympique ne s’est pas privé de marcher quelque peu sur le terrain politique en rappelant les idéaux de l’institution qu’il préside depuis septembre 2013.

Pour Thomas Bach, « le rôle des Jeux Olympiques est de construire des ponts et non d’ériger des murs. Nous observons avec inquiétude un monde qui semble de plus en plus conflictuel et qui nous rappelle dans sa forme, l’époque de la Guerre Froide.

Les Jeux Olympiques sont cependant le seul événement qui est encore capable de réunir le monde entier. Ceci est un fait que je constate et qui est encore présent dans les négociations politiques.

Nous avons besoin de messages plus positifs ».

Thomas Bach lors de la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014 (Crédits – Xinhua / CIO)

Thomas Bach lors de la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014 (Crédits – Xinhua / CIO)

Au-delà des déclarations et des postures, reste à présent à connaître les actes que l’institution centenaire pourrait être amenée à prendre.

Sur ce point précis, c’est aussi le leadership de Thomas Bach qui pourrait être mis à rude épreuve dans les mois qui viennent, lui qui a porté sur ses fonts baptismaux, la réforme de l’Agenda 2020, plus important mouvement de l’institution depuis l’adoption des mesures de la Commission « CIO 2000 » après le scandale relatif aux Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002.

Advertisements

JO 2024 : Réaction de Los Angeles au retrait de Budapest

Il n’est pas habituel qu’une Ville Candidate évoque publiquement le retrait d’une concurrente.

Pourtant, le Comité de Candidature de Los Angeles 2024 a publié ce vendredi soir un communiqué pour réagir à l’annonce des autorités hongroises de retirer le projet de Budapest 2024 de la course aux Jeux d’été.

Dans une déclaration d’une dizaines de lignes, Casey Wasserman salue ainsi le parcours de Budapest et met en perspective les mois à venir pour l’avenir du Mouvement Olympique.

(Crédits - Casey Wasserman / Page Twitter)

(Crédits – Casey Wasserman / Page Twitter)

« Nous sommes tous déçus de cette nouvelle, nous avons le plus grand respect pour l’approche pionnière de Budapest 2024 pour concevoir et promouvoir sa candidature, et nous sommes impatients de poursuivre notre amitié avec nos collègues hongrois.

Le monde entre dans une ère de changement sans précédent. C’est la ‘nouvelle réalité’ pour le Mouvement Olympique et cela appelle à une nouvelle réflexion.

Nous croyons plus que jamais que le Comité International Olympique (CIO) doit se concentrer sur la sélection d’une Ville Hôte 2024 pour redéfinir la durabilité, relier le Mouvement Olympique et ses avantages aux jeunes du monde entier comme jamais auparavant et encourager les futures villes à soumissionner pour l’organisation des Jeux.

Avec un soutien public de 88% et un soutien encore plus important de la part des jeunes de Los Angeles, notre candidature offre une solution innovante, à faible risque et véritablement durable pour aider à assurer l’avenir du Mouvement Olympique en 2024 et au-delà » a affirmé le Président de la candidature américaine.

La démarche de Los Angeles 2024 n’est pas anodine et est loin d’être dénuée d’intérêt.

Le retrait de la candidature de Budapest 2024 constitue en effet une rivale de moins dans la course aux JO et ce, après les retraits successifs de Hambourg 2024 et de Rome 2024.

Désormais, et à quelques mois du vote de la Ville Organisatrice, il apparaît essentiel pour les deux Villes Candidates encore en lice – Los Angeles et Paris – de sécuriser le rapport qu’elles ont avec les membres du CIO qui sont potentiellement favorables à leur projet respectif et surtout, de capter l’attention des électeurs indécis, ceux-là même qui pourront faire pencher la balance le jour-J.

Aussi, en vantant les mérites de la candidature hongroise, Los Angeles 2024 espère sans doute séduire les membres du CIO – peut-être une quinzaine – qui auraient pu apporter leur suffrage à Budapest dans le cadre de l’élection olympique du 13 septembre prochain.

(Crédits - LA 2024)

(Crédits – LA 2024)

Le contenu du communiqué de Los Angeles 2024 sera en tous cas étudié. Il n’est pas certain cependant que le CIO apprécie une telle démarche venant d’une candidature.

La pratique n’est toutefois pas nouvelle.

En novembre 2013, la candidature d’Oslo avait ainsi réagit au référendum de Munich dans le cadre de la candidature allemande aux Jeux d’hiver de 2022. Il y a peu, après le retrait de la candidature de Rome pour les JO 2024, Budapest avait envoyé un communiqué aux journalistes et médias avant de se rétracter et de retirer sa publication.

Pour limiter les prises de position et les déclarations des uns et des autres, le CIO s’appuie notamment sur le Code d’éthique et en particulier sur les Règles de Bonne Conduite pour la procédure de candidature éditées à l’attention des Villes Candidates.

L’Article 12 de ces Règles mentionne d’ailleurs que « chaque ville doit, en toute circonstance et à tout moment, respecter les autres villes ainsi que les membres du CIO et le CIO lui-même.

Les villes doivent s’abstenir de tout acte ou propos susceptible de ternir l’image d’une ville concurrente ou de lui porter préjudice. Toute comparaison entre villes est strictement interdite.

Pour assurer le respect entre les Villes Candidates, ces dernières ne participeront à aucun débat entre elles.

Aucune entente, coalition ou collusion entre les villes ou leur Comité National Olympique (CNO), destinée à influencer le résultat du vote de la Ville Hôte, n’est admise ».

JO 2024 : Les sportifs hongrois espèrent « une nouvelle candidature dans un avenir pas très lointain »

A l’instar des candidatures de Los Angeles et de Paris, le projet de Budapest 2024 avait instauré une Commission des Athlètes. Aujourd’hui, au lendemain de l’annonce du retrait de la candidature hongroise, les sportifs ont exprimé tristesse et regrets.

La déclaration de la Commission des Athlètes de Budapest 2024 – publiée sur le site Internet de la candidature – a été signée par la Présidente, Ágnes Kovács, le Président d’honneur, George Karpati, et plusieurs sportifs du pays ; Arlóy Sophie, John Becsey, Krisztián Berki, Peter Boronkay, Kinga Bota Attila Czene, Tamás Darnyi, Antal Dunai, Gyula Gál, GECS Tibor Zsolt Gyulay, Igaly Diana, Agnes Est Baiser Gergely Antal Kovács Győző Kulcsár, Hongrie Zoltan Janos Martinek, Timea Nagy, György Nébald Rácz Marianne, Krisztina Regőczy et Ákos Verecke.

Les membres de la Commission des Athlètes sous les drapeaux de la candidature et du Comité Olympique de Hongrie (Crédits - Budapest 2024)

Les membres de la Commission des Athlètes sous les drapeaux de la Ville de Budapest, du Comité Olympique de Hongrie et de la candidature olympique et paralympique (Crédits – Budapest 2024)

« Nous sommes tristes et déçus de manière indescriptible. La fin du rêve olympique et paralympique hongrois est une perte énorme pour notre pays. Dans un sprint compétitif unique nous avons été contraint de renoncer à la lutte finale.

Chacun de nous considère cette issue d’autant plus douloureuse qu’elle intervient peu de temps avant l’arrivée. En outre, la concurrence serrée représentait une chance sérieuse de gagner. Il est particulièrement douloureux de constater dès lors que Budapest ne prendra pas part à la finale de cette compétition, lors du scrutin de septembre à Lima (Pérou).

Des réactions nous sont parvenues. Non seulement auprès des athlètes, mais aussi à Budapest et dans tout le pays.

Nous savons tous qu’il ne faut pas perdre la foi après un échec. Les athlètes sont donc unanimes : il ne faut pas abandonner ! Nous avons participé à la préparation des documents de la candidature, en aidant l’équipe responsable. Nous avons vu beaucoup d’efforts et une connaissance approfondie pour créer de fantastiques plans pour la Hongrie. Voilà pourquoi nous sommes convaincus que la capitale hongroise fera une nouvelle offre dans un avenir pas très lointain et nous pensons que Budapest sera apte pour les Jeux Olympiques et Paralympiques ».

Signe que la fin approche pour l’ambition hongroise, le document a été rédigé uniquement en Hongrois.

Il faut dire que même en cas de poursuite de la candidature, les efforts immédiats de traduction n’auraient pas été réalisés, sans doute jusqu’à l’issue du référendum qui aurait eu lieu dans le courant du printemps.

Ainsi, le Comité de Candidature avait initialement prévu de rendre public cette semaine le troisième volet de son dossier technique, mais seulement en Hongrois et en Anglais. Sauf volonté d’informations, ce document ne devrait finalement pas être publié.

JO 2024 : Le retrait de Budapest est acté

Si aucun communiqué officiel n’a pour l’instant été publié par le Comité de Candidature de Budapest 2024, les autorités hongroises ont acté ce mercredi soir – comme c’était prévisible depuis la fin de semaine dernière – le retrait de la course à l’organisation des Jeux.

Contacté par « Sport & Société », le Comité de Candidature n’a souhaité faire aucun commentaire, précisant néanmoins qu’une communication interviendrait prochainement par l’intermédiaire du Comité Olympique de Hongrie (HOC).

Le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits - Budapest 2024)

De manière symbolique, le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits – Budapest 2024)

Ce retrait de Budapest apparaissait inéluctable après le pari réussi du mouvement contestataire « Momentum Mozgalom ». Ce dernier était parvenu entre mi-janvier et mi-février a collecté un nombre suffisant de signatures pour contraindre la Ville de Budapest à mettre en œuvre un référendum.

Bien que les signatures auraient mérité une vérification par la Commission électorale avant l’organisation d’un tel scrutin populaire, le nombre de documents collectés – plus de 266 000 signatures alors que la loi en exigeait 138 000 – fut suffisant pour faire vaciller la candidature de la capitale hongroise.

Plutôt que de risquer un camouflet face aux électeurs, le Premier Ministre Viktor Orbán et la Municipalité ont préféré mettre un terme à l’aventure olympique et paralympique, quelques mois seulement avant le scrutin olympique de Lima (Pérou), et avant les élections législatives de 2018 qui représente une échéance majeure pour la majorité gouvernementale actuelle.

Mais si le retrait de Budapest est évidemment un fiasco pour les autorités hongroises, il constitue surtout un terrible aveu d’échec pour le Comité International Olympique (CIO) et son Président, Thomas Bach.

Ce dernier avait fait de la réforme de l’Agenda 2020 le pilier de sa campagne pour la présidence de l’institution en septembre 2013. Depuis, il avait œuvré à mettre en place les 40 Recommandations de l’Agenda parmi lesquelles plusieurs mesures pour rendre le modèle olympique plus vertueux, grâce notamment à une réduction des coûts pour les candidatures.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l'Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits - CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Néanmoins, la communication du CIO a sans nul doute été insuffisante pour rassurer les Villes Candidates et plus encore, l’opinion publique.

De plus en plus soucieux de contrôler les grands projets qui engagent les deniers publics, les citoyens sont devenus de redoutables freins pour les candidatures aux Jeux et ce, alors même qu’ils devraient en être des porteurs.

Le retrait il y a peu de la candidature des Grisons (Suisse) pour l’investiture helvète pour 2026 n’en est que l’une des illustrations les plus évidentes, sans compter aussi l’abandon de Hambourg (Allemagne) pour 2024.

Désormais, la course olympique se jouera en présence de seulement deux Villes Candidates – alors qu’elles étaient cinq sur la ligne de départ le 15 septembre 2015 -, une situation inédite dans le cadre de l’attribution des Jeux d’été, depuis le milieu des années 1980 avec l’unique candidature de Los Angeles pour 1984 et le duel Séoul / Nagoya pour 1988.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines s’annoncent tumultueuses pour le CIO.

Thomas Bach avait récemment évoqué la possibilité d’effectuer un double vote le 13 septembre prochain, à savoir l’élection de la Ville Hôte de 2024 et l’élection de la Ville Organisatrice de 2028.

Mais cette perspective – qui se résumerait de fait à l’attribution d’une édition à Los Angeles et d’une autre à Paris – rencontre cependant la contestation de plusieurs membres de l’institution de Lausanne (Suisse), notamment au sein de la Commission exécutive.

Le modèle olympique devra en tous cas être remanié pour espérer attirer à nouveau les Villes Candidates et renouer ainsi avec une certaine attractivité. Le temps sera court ; l’année 2019 étant marquée logiquement par le lancement de la procédure pour les Jeux d’hiver de 2026.

JO 2024 : Budapest pourrait retirer sa candidature dès la semaine prochaine

Et si la Ville de Budapest renonçait à l’organisation d’un référendum concernant sa candidature olympique et paralympique ?

L’option semble en tous cas sur la table après les échanges tenus en fin de semaine entre le Maire de la capitale hongroise et le Premier Ministre.

Istvan Tarlós a en effet engagé des discutions avec les autorités gouvernementales et devrait à nouveau les consulter en début de semaine prochaine. Le Gouvernement devrait ensuite se réunir, tout comme le Conseil Municipal qui pourrait dès lors être amené à se prononcer sur un éventuel retrait de la candidature de Budapest.

Visuel du Stade Olympique (Crédits - Budapest 2024 / Brick Visual)

Visuel du Stade Olympique (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Bien que le projet de Budapest 2024 ait été au cœur de la campagne pour l’organisation d’un référendum, cette dernière a aussi suscité la mobilisation des opposants au Premier Ministre de la Hongrie.

Si un retrait devait intervenir mercredi 22 février, cela permettrait aux autorités locales d’éviter la tenue d’une consultation populaire plus que périlleuse, mais surtout, cela permettrait au Gouvernement de Viktor Orbán de contourner un probable fiasco à quelques mois des élections législatives de 2018.

Quoiqu’il en soit, la perspective d’un retrait semble aujourd’hui quasi-inéluctable, ce qui conduirait le Comité International Olympique (CIO) à devoir choisir – le 13 septembre prochain – entre deux Villes Candidates (Paris et Los Angeles).

Le Comité de Candidature a d’ailleurs annoncé ce samedi la suspension des contrats et ce, après plusieurs jours de flottement au cours desquels aucune initiative promotionnelle n’a été lancée sur Internet ou sur le terrain alors même que les Villes Candidates ont la possibilité de défendre leur projet respectif à l’échelle internationale depuis le 03 février.

« Au cours des dernières semaines, le projet de candidature est devenu un débat national.

L’unité politique en soutien à la candidature olympique hongroise s’est brisée. Si cette unité n’est pas rétablie dans un court laps de temps, Budapest n’aura aucune chance de battre deux des plus grandes villes que sont Paris et Los Angeles.

Jusqu’à ce que cette unité soit restaurée derrière la candidature de Budapest 2024, nous prenons la décision de suspendre les contrats, de ne pas émettre de nouvelles commandes et de ne pas utiliser le budget qu’il nous reste » a ainsi fait savoir la candidature hongroise dans un communiqué.

Pour le CIO, un nouvel abandon d’une Ville Candidate sonnerait comme un indéniable échec de sa stratégie de renouveau portée par l’Agenda 2020.

Avec seulement deux candidatures en lice pour les Jeux Olympiques d’été, l’institution de Lausanne (Suisse) se retrouverait confrontée à une crise sans précédent depuis les années 1980 lorsque Los Angeles fut seule en course pour l’accueil des Jeux de 1984 et lorsque deux villes furent sur les rangs pour les Jeux de 1988, Séoul (Corée du Sud) finalement élue, et Nagoya (Japon).

Pour les Jeux d’hiver, une telle situation s’était présentée il y a seulement deux ans, au moment où Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) s’étaient retrouvées dans un duel inattendue après les retraits des Grisons (Suisse), de Cracovie (Pologne), de Munich (Allemagne), d’Oslo (Norvège), de Stockholm (Suède) et de Lviv (Ukraine).

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Budapest comptait s’inspirer de Villes Hôtes passées pour concevoir un nouveau modèle olympique, loin des extravagances de certaines éditions récentes.

Dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société » en octobre 2016, le Président du Comité de Candidature avait d’ailleurs précisé cette ambition.

« Les Jeux Olympiques de Budapest seront l’occasion pour le Mouvement Olympique de se réengager avec des villes de taille moyenne, et de créer des opportunités à travers le monde.

Anvers, Amsterdam, Barcelone, Stockholm et Helsinki – villes semblables à Budapest – ont toutes accueilli les Jeux Olympiques avec un énorme succès.

Le plan de Budapest 2024 réintroduit ce modèle rafraîchissant de compacité, de Jeux intimes et intégrés dans la ville, et permettant l’accélération des projets existants.

Accueillir les Jeux Olympiques à Budapest permettra de restaurer l’héritage de ces Villes Olympiques moyennes » avait notamment affirmé Balázs Fürjes.

Cette ambition avait par la suite été mentionnée devant l’Assemblée Générale des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) réunie mi-novembre à Doha (Qatar).

La candidature de Budapest 2024 avait alors martelé un message clair : Budapest est la bonne ville, au bon moment.

JO 2024 : Interview pour « Radio Canada » concernant la perspective d’un référendum à Budapest

Tandis que la candidature de Budapest 2024 se retrouve de plus en plus fragilisée dans l’optique d’un référendum, « Radio Canada » a proposé hier soir un reportage sur cette perspective et plus largement, sur le devenir du modèle des Jeux Olympiques.

Ici Radio Canada

Interviewé par le journaliste Robert Frosi dans le cadre de l’émission « L’heure du monde », je vous propose de retrouver mon témoignage (entre 40:15 et 43:30 sur le lecteur).

– Un mouvement de jeunes opposants aux Jeux – le groupe « Momentum » – avait lancé une pétition pour la tenue d’un référendum sur cette candidature. Pour aller de l’avant, ce référendum a recueilli suffisamment de signatures pour qu’effectivement, on y aille.

J’en ai parlé avec Kévin Bernardi qui est l’auteur d’un Rapport sur les Impacts et l’Héritage des Jeux Olympiques, et qui m’a expliqué que les chances que ce référendum soit victorieux en Hongrie sont réelles.

En règle générale, sur des référendums relatifs à des questions olympiques, les partisans du retrait d’une candidature sont plus nombreux à se mobiliser que les partisans de la candidature en elle-même.

On l’a vu par exemple à Hambourg pour la candidature allemande pour 2024, on l’a aussi vu au cours des dernières années dans les Grisons pour la Suisse, on l’a vu également à Cracovie pour les JO 2022, etc… A chaque fois, on a des retraits de candidatures.

– Advenant le retrait de Budapest, il ne resterait plus que deux villes en lice pour les Jeux de 2024. Est-ce l’avenir des Jeux Olympiques qui est en train de se jouer en ce moment.

Il reste Paris et Los Angeles, deux candidates dans la tourmente – Paris qui se démène en ce moment avec un mini-scandale autour de leur slogan, et Los Angeles qui avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence a du plomb dans l’aile à cause des politiques restrictives de libre circulation – et pour Kévin Bernardi, il faut absolument que le message du Comité International Olympique (CIO) de redonner une dimension humaine aux JO passe, sinon, ça pourrait être effectivement la fin.

C’est vraiment une mission que devra mettre en œuvre le CIO pour arriver justement à avoir une communication suffisamment efficace pour à la fois convaincre l’opinion publique et à la fois, les villes potentiellement candidates et ce, pour éviter un désamour qui conduirait in fine à ne plus avoir de Villes Candidates.

JO 2024 : A Budapest, « Momentum Mozgalom » annonce avoir collecté plus de 266 000 signatures

Ce vendredi marque la fin officielle de la collecte de signatures par les partisans d’un référendum portant sur la candidature olympique et paralympique de Budapest (Hongrie).

Depuis un mois, le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses alliés ont sillonné la capitale hongroise afin de recueillir un minimum de 138 000 signatures. Ce chiffre – représentant 10% des électeurs inscrits – devait être atteint dans un délai strict afin de contraindre les autorités locales à organiser un référendum.

Aujourd’hui, le mouvement politique – qui a pu compter sur la mobilisation de 1 800 militants sur le terrain – a annoncé avoir collecté pas moins de 266 151 signatures.

(Crédits - Momentum Mozgalom)

(Crédits – Momentum Mozgalom)

Bien entendu, la Commission électorale de Budapest va désormais étudier chacune des signatures collectées pour en vérifier l’authenticité et la validité. D’ici 45 jours au plus tard, ladite Commission dévoilera le résultat de ses vérifications.

Si le nombre requis de 138 000 signatures et bel et bien atteint, les autorités n’auront d’autre choix que de procéder à la consultation des citoyens de Budapest.

D’après une enquête réalisée à la fin du mois de janvier, 62% des sondés ont mentionné leur opposition au projet pour les JO 2024, contre seulement 31% qui ont apporté un appui à la candidature.

Mais le plus inquiétant pour le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste que 79% des citoyens de Budapest sont favorables à un référendum et que 86% des sondés sont prêts à se rendre aux urnes dans le cas où une telle consultation viendrait à être mise en œuvre par les autorités municipales.

Au-delà de la seule candidature, les citoyens de Budapest seraient par ailleurs susceptibles d’exprimer une franche opposition à l’action politique actuellement menée par le Premier Ministre, Viktor Orban.

Une personnalité décriée dans et en dehors des frontières hongroises, mais surtout une personnalité de premier plan pour la candidature de Budapest 2024.

JO 2024 : La situation se complique du côté de Budapest

A deux jours de la fin de la collecte des signatures pour l’organisation d’un référendum, les opposants à la candidature de Budapest 2024 ont le vent en poupe.

Selon toute vraisemblance, le nombre de signatures exigé devrait être atteint d’ici le 17 février, ce qui conduirait les autorités locales à mettre en place une consultation populaire qui interviendrait durant le printemps.

Pour Budapest, l'arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits - Budapest 2024)

Pour Budapest, l’arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits – Budapest 2024)

D’ici-là, les enquêtes sondagières font état d’une réelle défiance à l’égard de la candidature olympique et paralympique de la capitale hongroise. Un premier sondage avait d’ailleurs conforté les partisans d’un référendum les 28 et 29 janvier. Un second sondage est venu par la suite confirmer la tendance.

Réalisé entre le 25 et le 31 janvier, ce sondage mené auprès de 1 000 personnes révèle des chiffres encore plus inquiétants pour le Comité de Candidature de Budapest 2024.

Ainsi, à l’échelle de la Hongrie, 45% des sondés se déclarent favorables à la candidature de Budapest, alors que 51% y sont opposés.

Dans le même temps, à l’échelle de la capitale, 62% des sondés affirment être opposés au projet pour les JO 2024, tandis que 31% seulement se prononcent en faveur de la candidature actuellement en compétition face à Los Angeles (États-Unis) et Paris (France).

D’autres données viennent par ailleurs renforcer les arguments des partisans à un référendum.

De fait, 74% des Hongrois se prononcent en faveur d’une telle consultation et 79% des citoyens de Budapest sont d’un avis similaire.

Mais surtout, 86% des sondés dans la capitale affirment être prêts à se rendre aux urnes si un référendum venait à être organisé dans les prochaines semaines.

JO 2024 : A Budapest, les partisans d’un référendum pourraient revendiquer 110 000 signatures à l’issue du week-end

Ce week-end du 04 et 05 février pourrait constituer un moment important de la campagne en vue de l’organisation d’un référendum à Budapest (Hongrie) consacré à la candidature olympique et paralympique de la ville.

En effet, après avoir annoncé la collecte de 70 000 signatures à la fin du mois de janvier – soit moins de quinze jours après le lancement de l’initiative populaire – le mouvement « Momentum Mozgalom » a revendiqué vendredi soir le seuil de 85 000 signatures.

Selon les projections du mouvement contestataire communiquées ce dimanche à « Sport & Société », le cap des 110 000 signatures devrait être franchi ce soir. Si cela se confirme, les partisans d’un référendum ne seraient plus qu’à quelques dizaines de milliers de signatures de l’objectif fixé par la loi.

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

Pour rappel, la tenue d’un scrutin référendaire à l’échelle de Budapest doit recueillir l’appui d’au moins 10% des citoyens inscrits sur les listes électorales, soit pour la capitale hongroise, 138 000 personnes.

Le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses partenaires ont jusqu’au 17 février pour parvenir à ce chiffre. Une fois atteint, nul doute que les porteurs de « NOlimpia » effectueront une intense campagne sur le terrain et les réseaux sociaux afin de garantir l’issue du scrutin.

Un « Non » des électeurs à la candidature de Budapest 2024 entraînerait l’inévitable retrait du projet de la course aux Jeux d’été et ce, comme ce fut le cas en novembre 2015 avec la candidature allemande de Hambourg 2024.

Cependant, comme le mentionnait cette semaine « Sport & Société », des doutes se sont faits jour concernant la véracité des propos de « Momentum Mozgalom » en ce qui concerne le nombre de signatures obtenues.

Selon une source locale, entre 30 000 et 35 000 signatures auraient pu être collectées, alors que les partisans de « NOlimpia » avaient annoncé le chiffre de 70 000. Si l’on affine ces données aux nouvelles estimations de « Momentum Mozgalom », ce serait un décompte potentiel de 50 000 à 60 000 signatures d’ici ce dimanche soir et non de 110 000.

(Crédits - Capture d'écran / Sport & Société)

(Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Une chose est sûre : que le chiffrage de « Momentum Mozgalom » soit ou non avéré, le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste particulièrement silencieux et ce, alors même qu’il a déposé le troisième et dernier volet technique de son projet au Comité International Olympique (CIO).

Élément non-négligeable et qui peut avoir son importance, contrairement à ces deux rivales – Los Angeles (États-Unis) et Paris (France) – Budapest n’a pas encore rendu public son dossier de candidature dans son intégralité.

A ce jour, soit 48h après le dépôt officiel au siège de l’institution de Lausanne (Suisse), seuls les deux premiers volets sont consultables sur la plateforme Internet de la candidature hongroise.

JO 2024 : Les Villes Candidates entrent dans la dernière ligne droite

Ce vendredi 03 février, le Comité International Olympique (CIO) a réceptionné à Lausanne (Suisse) le troisième volet du dossier technique des Villes Candidates à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Avec ce nouvel apport – après ceux du 17 février 2016 puis du 07 octobre 2016 – l’institution olympique et ses membres disposent à présents de l’intégralité de la vision des JO de Los Angeles (États-Unis), Budapest (Hongrie) et Paris (France).

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Pour les trois Villes Candidates encore en lice – elles étaient cinq le 15 septembre 2015 au lancement de la procédure de candidature par le CIO – l’étape la plus importante débute aujourd’hui.

En effet, conformément aux nouvelles règles édictées par le CIO au travers de son Agenda 2020, les Villes Candidates peuvent dès à présent effectuer leur campagne de promotion à l’échelle internationale. Cette possibilité était jusqu’alors écartée, les Villes devant se concentrer sur l’élaboration de leur projet et sur le dialogue et la concertation à l’échelle nationale.

« Avec la remise de la troisième partie du dossier de candidature, nous sommes désormais en mesure d’évaluer chaque projet dans son intégralité.

Depuis le lancement de la procédure de candidature, nous n’avons jamais cessé d’échanger avec les Villes et avons réellement pu voir leurs projets olympiques prendre forme.

L’enthousiasme continue de grandir alors que nous amorçons la dernière ligne droite de la compétition. Nous avons tous appris et tiré parti de la nouvelle philosophie mise en avant par l’Agenda Olympique 2020, et personnellement, je me réjouis de me rendre au printemps dans chacune de ces trois Villes » a fait savoir Frank Fredericks, Président de la Commission d’évaluation pour les JO 2024.

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Los Angeles sera la première des Villes Candidates à recevoir la Commission (23 au 25 avril), avant Budapest (10 au 12 mai) et enfin Paris (14 au 16 mai).

Dans les trois cas, le CIO prendra en charge les différents coûts – notamment ceux relatifs à la tenue des réunions de travail et à l’hébergement des membres de la Commission – et ce, alors que les Villes Candidates supportaient la majeure partie de ces derniers lors des précédentes candidatures.

Cet apport important de l’Agenda 2020 – qui se couple avec la publication des dossiers techniques uniquement en format électronique – permet dès lors d’envisager une réduction des coûts liés à la phase de candidature.

Des ajustements devront cependant être réalisés pour les prochaines échéances, l’Agenda 2020 n’ayant pas eu la pleine portée espérée par le CIO, avec le retrait de deux villes – trois si l’on englobe Boston – en l’espace de deux années.

Alors qu’auparavant les Villes Candidates devaient débourser 650 000 dollars au titre des droits de candidature, ce montant a été abaissé avec la nouvelle procédure.

A présent, ce sont 250 000 dollars qui sont exigés par le CIO aux Villes Candidates, une somme répartie de la manière suivante : un premier versement de 50 000 dollars en octobre 2015 ; un second versement de 50 000 dollars en juillet 2016 ; et un troisième versement d’un total de 150 000 dollars effectué en janvier 2017.

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits - IOC Flickr / R. Juilliart)

Frank Fredericks en octobre 2009 (Crédits – IOC Flickr / R. Juilliart)

Après la visite et l’inspection des sites par la Commission d’évaluation – qui sera précédée par une présentation sommaire des Villes lors de la Convention SportAccord, le 04 avril -, cette dernière tiendra une réunion d’information auprès des Villes Candidates, des membres du CIO et des Fédérations Internationales des sports olympiques d’été.

Cette réunion aura lieu à Lausanne du 11 au 12 juillet 2017 et précédera de deux mois à peine l’élection de la Ville Organisatrice des JO 2024, le 13 septembre à Lima (Pérou).

Les Villes Candidates auront dès lors quelques semaines pour peaufiner l’ultime présentation – dont les contours logistiques ont été inaugurés par les Villes Candidates aux JO 2022 avec notamment une nouvelle scénographie – qui pourra être déterminante afin de capter l’attention des derniers indécis.

Vue de la Salle de Présentation et d'Annonce (Crédits - CIO / Ubald Rutar)

Vue de la Salle de Présentation et d’Annonce (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

Bien sûr, la règle relative au scrutin ne changera pas par rapport aux éditions passées.

Ainsi, le Président du CIO ne participera pas au scrutin olympique, tout comme les membres affiliés aux Comités Nationaux Olympiques (CNO) dont une Ville est candidate.

Autrement dit, les trois membres américains – Larry Probst, Angela Ruggiero et Anita DeFrantz -, les deux membres hongrois – Pal Schmitt et Daniel Gyurta – et les deux membres français – Guy Drut et Tony Estanguet – ne seront pas autorisés à voter tant que la Ville Candidate dont ils sont proches est encore en course.

L’élection devrait être rapide, avec selon toute vraisemblance deux tours de scrutin.

Une égalité entre deux des Villes Candidates conduirait néanmoins à la tenue d’un tour intermédiaire ; ce fut le cas en 2013 pour les JO 2020 entre Madrid (Espagne) et Istanbul (Turquie).

Le retrait de l’une des Villes Candidates avant la date fatidique du 13 septembre serait de nature à réduire à un seul tour de scrutin le déroulement de l’élection, deux candidatures restant alors en lice.

La perspective d’un référendum à l’issue incertaine du côté de Budapest pose d’ores et déjà les bases de cette éventualité.