Profitant des célébrations entourant le Jour de l’Indépendance – soit la Fête nationale de l’Inde – le Premier Ministre, Narendra Modi, a réaffirmé la détermination du pays à décrocher l’obtention des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2036, tout en annonçant l’instauration d’une vaste campagne de détection de jeunes talents âgés de 5 à 15 ans.
Engagée dans la course aux JO 2036 depuis maintenant plusieurs années et ce, après avoir un temps songé à des échéances antérieures et avoir misé sur 2032, l’Inde sait que la concurrence internationale sera rude d’ici à la mi-2029, période à laquelle le Comité International Olympique (CIO) entérinera le choix du Futur Hôte.
D’ici-là néanmoins, plusieurs obstacles devront être franchis par chacune des candidates, et l’Inde entend bien être au rendez-vous.
Multipliant les déclarations au sujet de l’ambition olympique et paralympique du pays, Narendra Modi a d’ailleurs une fois encore évoqué la perspective des Jeux de 2036 et, avant cet événement, l’organisation à venir des Jeux du Commonwealth 2030, dans le cadre du discours prononcé à l’occasion du Jour de l’Indépendance.

Face à la foule massée en nombre au sein du Fort Rouge de New Delhi, le Premier Ministre indien a ainsi souhaité rappeler la position grandissante de l’Inde sur la scène sportive, insistant au passage aussi sur le potentiel de développement pour les années qui viennent.
Comme il l’a notamment évoqué en ce samedi 15 août 2026 :
« J’ai toujours dit : ‘Ceux qui pratiquent du sport s’épanouissent’. Lorsque j’évoque le concept de ‘Khelo, Khilo’ (Jouer pour s’épanouir), mes chers compatriotes, je veux dire ici que l’Inde s’affirme aujourd’hui sur la scène sportive mondiale. L’hymne national de l’Inde résonne désormais sur les podiums, et l’on voit le drapeau flotter fièrement.
Le programme TOPS a connu un immense succès.
Qu’il s’agisse des Jeux ‘Khelo India’, des Jeux Universitaires, des Jeux de plage, des infrastructures sportives, de l’encadrement, de la médecine sportive ou de la nutrition sportive, l’Inde progresse vers l’excellence dans tous ces domaines.
Pour les jeunes, même ceux qui ne deviendront pas eux-mêmes athlètes, un vaste champ d’opportunités s’ouvre au sein de l’écosystème de soutien au sport.
Les performances de l’Inde dans le monde du sport s’améliorent constamment, et nous avançons en tant que candidats sérieux pour accueillir les Jeux Olympiques de 2036″.

Mais derrière cet enthousiasme certain, le Premier Ministre n’en a pas oublié un point-clé, qui constitue à ce jour l’une des faiblesses de la candidature indienne, à savoir le manque de performances notoires aux Jeux et, plus globalement, dans une majorité de sports et de disciplines à travers les compétitions planétaires.
Pour preuve de cette carence, lors des Jeux de Paris 2024, la délégation du pays le plus peuplé au monde n’a raflé que 6 breloques – sans le moindre titre olympique – terminant de facto à la 71ème place au tableau des médailles.
Quatre ans auparavant, pour sa vingt-cinquième présence aux Jeux d’été, le géant asiatique avait fait un peu mieux, avec 7 médailles, dont un titre, et une 48ème place finale.
Un constat sévère pour un pays qui n’a passé le seuil des 100 athlètes qualifiés aux Jeux Olympiques qu’à partir de l’édition de Rio 2016.
Pour Paris 2024, ce nombre fut porté à 112 athlètes présents dans 16 sports. Bien loin des principales délégations internationales, et plus particulièrement de la Chine – grande rivale régionale – forte de 388 athlètes dans 33 sports durant l’édition française.
Aussi, misant pleinement sur la perspective des Jeux de 2036 pour palier à ce retard conséquent, l’Inde a décidé d’investir massivement pour assurer la détection de jeunes talents susceptibles de performer au cours des prochaines échéances olympiques et ce, à la manière dont la Chine a pu progresser au fil des Olympiades pour être au rendez-vous de ses Jeux à Pékin en 2008.
Ainsi que l’a exposé Narendra Modi :
« Les Jeux Olympiques comprennent une quarantaine de disciplines sportives, totalisant environ 325 à 350 épreuves. Et cela vous peinera de l’apprendre, mes chers compatriotes, mes jeunes amis : dans près des deux tiers de ces 325 épreuves, l’Inde ne participe même pas.
Nous sommes absents. Nous ne nous qualifions pas. Je vous mets au défi, je fais appel à vous et je sollicite votre soutien : nous avons décidé que nous voulions que les Jeux Olympiques de 2036 se tiennent en Inde.
Or, pour 2036, dans ces épreuves où l’Inde ne concourt pas aujourd’hui, ou ne se qualifie pas, et dans celles dont elle s’est tenue à l’écart, un immense potentiel – les trois quarts du champ des possibles – nous attend. L’Inde doit se concentrer sur ces domaines et, à cette fin, nous voulons également lancer une campagne de détection de talents.
Si nous avons besoin d’athlètes pour 2036, nous devons nous concentrer dès aujourd’hui sur ces jeunes garçons et ces jeunes filles âgés de 5, 10 ou 15 ans.
Par conséquent, une campagne de détection sera menée dans les villages, les villes et les écoles de tout le pays afin d’identifier des talents sportifs parmi les enfants âgés de 5 à 15 ans. Leurs aptitudes seront évaluées et ils bénéficierons ensuite d’un entraînement spécialisé pour devenir des athlètes accomplis, capables de représenter le pays ».

Une intention qui devra encore se matérialiser dans les faits, notamment par la création de structures consacrées à l’entraînement des futurs athlètes.
En 2024, en marge des Jeux en France, la boxeuse Nikhat Zareen avait d’ailleurs plaidé pour l’établissement de Centres de formation placés sous l’égide de l’Autorité Sportive Indienne (SAI) dans chacun des États composant le pays, tant pour assurer la détection des jeunes talents que pour accompagner les athlètes vers le haut-niveau.
Au-delà, la double Championne du Monde (2022 et 2023) avait aussi insisté sur la nécessité de disposer d’infrastructures sportives de qualité à travers le pays pour démultiplier les opportunités et mettre à niveau le sport indien.
Comme elle l’avait alors affirmé :
« La capitale de chaque État devrait avoir un bon stade et une politique sportive pour soutenir les jeunes athlètes qui n’ont pas de ressources financières stables.
En sponsorisant leur équipement au niveau local, en leur fournissant des entraîneurs de qualité et en leur donnant accès à des installations, nous pouvons leur donner un coup de pouce solide, les aider à atteindre le niveau senior et potentiellement rendre la nation fière ».

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