Intéressée par la perspective d’un retour des Jeux sur son sol après l’édition estivale de Séoul 1988 et l’échéance hivernale de PyeongChang 2018, la Corée du Sud est actuellement confrontée à des doutes quant à la viabilité du projet centré autour de la Province du Jeollabuk-do pour les Jeux de 2036. Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour maintenir ou non la candidature.
Positionnée dans la course aux JO 2032 – avec un temps l’idée de s’allier avec la Corée du Nord pour un projet inédit sur le plan sportif et historique sur le plan diplomatique -, puis à nouveau au diapason de la course pour l’édition de 2036 qui mobilise plusieurs prétendantes à l’échelle mondiale, la Corée du Sud s’est élancée dès 2024, au travers des ambitions respectives de la capitale, déjà Ville Hôte de l’événement aux cinq anneaux par le passé, et de la Province du Jeollabuk-do.
Cette dernière a depuis réussi l’exploit de s’imposer dans la cadre de la sélection interne, raflant ainsi la mise face à Séoul lors de l’Assemblée Générale du Comité National Olympique de Corée du Sud (KSOC) qui consacra le 28 février 2025 la dynamique provinciale par 49 suffrages contre seulement 11 pour Séoul.

Quelques semaines plus tard, la candidature sud-coréenne désignée fit son entrée au sein de la Maison olympique à Lausanne (Suisse). L’occasion pour les leaders de ladite candidature de présenter à l’institution leur vision des Jeux et d’exposer les premiers contours du projet.
Une esquisse du concept géographique des Jeux de la Province du Jeollabuk-do fut ensuite dévoilée à l’automne 2025, forte de la mobilisation prévisionnelle de quelques 51 arènes et stades à travers le pays, dont 32 sur le seul périmètre provincial.
Ce dévoilement a de surcroît permis de tracer la perspective d’une intégration de Séoul au sein du dispositif et ce, malgré le fait que la capitale sud-coréenne ait été balayée de la course aux Jeux quelques mois auparavant.
Mais en dépit des consultations menées auprès du Gouvernement Métropolitain de Séoul, mais également de l’Agence Nationale de Promotion du Sport, et bien sûr du KSOC, la candidature semble désormais patiner en raison de plusieurs écueils qui fragilisent l’ambition du pays et pourraient in fine conduire au retrait pur et simple du projet.
En effet, le nouveau Gouverneur de la Province, Lee Won-taek, installé à ce poste en juillet 2026, estime nécessaire de concrétiser une alliance stratégique avec Séoul, faute de quoi le projet ne sera pas en mesure de pouvoir rivaliser avec la forte concurrence internationale.
Une position qui rejoint directement celle des autorités sud-coréennes qui pressent aussi les parties en présence de sceller un accord-cadre quant à la répartition des sites, certes, mais surtout quant au partage des responsabilités et des coûts opérationnels, alors que le Jeollabuk-do devait jusqu’à présent s’appuyer sur des infrastructures existantes dont la capitale aurait pu autoriser l’utilisation pour palier aux propres carences du territoire provincial.
Aussi, le Gouverneur a récemment pris attache auprès du Vice-Ministre délégué à la Culture, aux Sports et au Tourisme, Kim Dae-hyun, comme cela a d’ailleurs été confirmé par les autorités provinciales le 09 août 2026. Des autorités qui se tournent à présent en direction du Gouvernement Métropolitain de Séoul pour espérer pouvoir consacrer l’alliance territoriale souhaitée, avec une réunion évoquée pour les prochaines semaines.
Reste à savoir quelle sera la place accordée à Séoul dans le dispositif remodelé, entre un simple appui logistique ou une co-organisation pleinement identifiée susceptible de reléguer au second plan les sites du Jeollabuk-do.
Reste à savoir aussi dans quelle mesure les déboires judiciaires auxquels est confronté le Maire de Séoul, Oh Se-hoon – concernant des frais de sondages -, pourraient impacter les discussions, surtout en cas de départ contraint de l’édile.

Si la balle est dans le camp de Séoul, l’arbitre de la rencontre demeure le Gouvernement sud-coréen dont la décision est autant attendue que redoutée.
Le temps est toutefois compté.
Comme l’a fait savoir le quotidien « Korea JoongAng Daily » :
« Le Ministère prévoit de prendre une décision finale aux alentours du 04 octobre, après avoir examiné divers facteurs : réalisme des coûts, importance de la charge financière pour les Collectivités locales, plans de transport pour des Jeux géographiquement dispersés et capacité à achever les infrastructures nécessaires dans les délais impartis ».
Les porteurs de la candidature olympique et paralympique se veulent cependant rassurants à ce stade.
Ainsi que l’a indiqué Kim Jong-pil, représentant du Comité en charge de la candidature :
« Les discussions techniques avec les autorités de Séoul progressent bien.
Une coopération avec Séoul est, dans une certaine mesure, incontournable, car les infrastructures d’hébergement et les grands équipements ne peuvent pas être construits du jour au lendemain.
Nous comprenons également que le Ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme estime que la Corée du Sud pourrait gagner en compétitivité dans le processus de candidature si Séoul y prenait part ».
De premiers indices quant à la refonte de la candidature pourraient en tout cas émerger de la réunion en visioconférence planifiée pour le 20 août prochain entre les représentants provinciaux, ceux du KSOC et du Ministère, et avec le concours de la Commission de Futur Hôte du CIO.

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