JO 2036 : En intégrant Séoul, le Jeollabuk-do esquisse son concept géographique

Après avoir présenté il y a tout juste un an sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2036, la Province sud-coréenne du Jeollabuk-do poursuit son travail de développement d’un projet qui devrait en toute logique mobiliser plusieurs territoires du pays, parmi lesquels la capitale, Séoul, Hôte des Jeux d’été en 1988.

Vue de la Porte de la Paix Mondiale, à l’entrée du Parc Olympique de Séoul, Corée du Sud (Crédits – KSPO&CO)

Si l’année 2024 fut celle de la conception d’une candidature dans la course interne à la désignation d’une figure de proue pour représenter la Corée du Sud sur la scène internationale dans la quête des JO 2036, l’année 2025 a été celle de l’affirmation de l’ambition de la Province autonome du Jeollabuk-do (ou Jeolla du Nord).

Au cours du premier trimestre en effet, ladite Province remporta à une écrasante majorité le scrutin qui l’opposa à Séoul, pourtant forte de son statut de capitale de la Corée du Sud et de son rôle dans la diplomatie et les échanges régionaux en Asie, sans compter surtout son rôle passé de Ville Hôte des JO 1988.

Le 28 février dernier, l’Assemblée Générale du Comité National Olympique de Corée du Sud (KSOC) s’engagea ainsi par 49 suffrages en faveur du projet présenté par le Jeollabuk-do, la candidature de Séoul ne recueillant alors que 11 voix.

Depuis cette date historique pour le territoire provincial, les leaders du projet ont poursuivi leur réflexion afin de concevoir une candidature capable de rivaliser avec les autres postulantes mondiales à l’organisation des Jeux d’été de 2036.

Parmi les objectifs fixés pour cette année, les porteurs de la candidature avaient notamment coché sur leur calendrier un indispensable déplacement au siège du Comité International Olympique (CIO).

Orchestré en avril 2025, ce déplacement a dès lors permis à une délégation officielle composée du Président du KSOC, Ryu Seung-min, du Gouverneur de la Province autonome du Jeollabuk-do, Kim Gwan-young, et de la Directrice de la division sportive internationale au Ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, Myung Soo-hyun, de rencontrer le Président de l’institution alors en exercice, Thomas Bach, et de formaliser de surcroît l’entrée pleine et entière dans la phase de dialogue continu.

Avec cette démarche, la Corée du Sud se positionna de manière déterminée pour tenter de raviver la flamme des Jeux, après l’édition de 1988 et celles des Jeux d’hiver de PyeongChang 2018 et des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Gangwon 2024.

En s’engageant de la sorte, les autorités provinciales démontrèrent en outre leur volonté de proposer un concept dépassant le cadre traditionnel d’une capitale, souvent centre des festivités, pour ici mettre en scène un projet d’envergure régionale, sur le modèle de ce qu’ont pu instaurer le Queensland et Brisbane en Australie dans l’optique des JO 2032, mais aussi suivant un cadrage répondant aux nouvelles exigences du CIO où l’utilisation de l’existant ou de sites temporaires est désormais le maître-mot de l’organisation des Jeux.

Intervention de Ryu Seung-min, Président du Comité National Olympique de Corée du Sud devant la Commission de Futur Hôte du Comité International Olympique pour les Jeux d’été, mardi 08 avril 2025 à Lausanne, Suisse (Crédits – Gouvernement du Jeollabuk-do)

Les mois écoulés ont d’ailleurs été consacrés à l’affirmation de cette vision des Jeux reposant sur un slogan, déployé lors de l’entrée en scène du Jeollabuk-do : « Au-delà des limites de chacun, une nouvelle harmonie ».

Mais si la proposition globale initialement développée par la Province autonome se fondait sur l’intégration de 22 sites existants, avec aussi le concours de stades et d’arènes à édifier de manière durable, en privilégiant en particulier l’usage du bois pour 11 enceintes temporaires, les discussions menées ces derniers mois ont amené les porteurs de la candidature à revoir en partie leur concept.

Certes, des échanges avaient déjà eu lieu de façon plus ou moins formelle avec d’autres territoires comme la Province du Chungcheongnam-do – ou Chungcheong du Sud – et des villes comme Gwangju et Hongseong alors susceptibles d’accueillir les épreuves de natation, de water-polo, de natation synchronisée, de plongeon, mais encore de tir-à-l’arc ou de tennis, et la candidature s’était montrée ouverte à des négociations avec Séoul et ce, bien que cette dernière déclina l’invitation jusqu’au scrutin décisif du KSOC.

Concrètement, et ainsi que l’ont fait savoir les autorités provinciales, ce jeudi 13 novembre 2025, pas moins de 51 stades et arènes sud-coréennes sont aujourd’hui ciblés pour composer le projet olympique et paralympique, dont 32 dans la seule Province du Jeollabuk-do, sachant qu’au moins huit sports et disciplines inscrits au programme des Jeux sont désormais positionnés à Séoul.

Ce nouveau paradigme résulte des consultations réalisées avec le Gouvernement Métropolitain de Séoul, ainsi qu’avec l’Agence Nationale de Promotion du Sport, et le KSOC, pour rendre la candidature la plus compétitive possible.

Localisation de Jeonju, capitale de la Province autonome du Jeollabuk-do, située à environ 2h30 au sud de Séoul, Corée du Sud (Crédits – Google Maps)

Pour la capitale, cette intégration bienvenue permet de décrocher quelques-uns des sports-phares des Jeux.

Ainsi, les épreuves d’athlétisme se tiendraient dans l’enceinte du Stade Olympique. Implanté au cœur du Jamsil Sports Complex, le site fut le théâtre des Jeux Asiatiques de 1986, avant d’être l’écrin principal des JO 1988.

Outre le Jamsil Olympic Stadium, la candidature sud-coréenne mise également sur l’orchestration de plusieurs compétitions dans et autour du vaste complexe multi-sports pour lequel une rénovation sera achevée d’ici les Jeux. Les sites du Parc Olympique seraient notamment concernés.

Comme en 1988, la gymnastique s’installerait ainsi au KSPO Dome (15 000 places), tandis que le tournoi de handball se partagerait entre cette structure et le SK Olympic Handball Gymnasium (6 500 places) utilisé lors des JO 1988 pour les épreuves d’escrime.

Si le Jamsil Indoor Swimming Pool pourrait aussi être de la partie grâce à sa jauge non-négligeable de 8 000 sièges, la Jamsil Arena (11 000 places) serait quant à elle consacrée pour la tenue du tournoi préliminaire de basketball ; sport qui figurait déjà dans cette enceinte en 1988, tout comme le volleyball.

Outre l’imposant complexe sportif bordant le fleuve Han, la candidature prévoit aussi la mobilisation pour le tournoi de volleyball de la Jangchung Arena (4 500 places) – hôte du judo et du taekwondo en 1988 – et de la future Seoul Arena, dont la construction assurera à terme une capacité supplémentaire de 20 000 places.

Le Seoul Olympic Park Tennis Center est quant à lui projeté pour le tournoi de tennis, et le Vélodrome serait le théâtre des épreuves de cyclisme sur piste. Enfin, des matchs du tournoi olympique de football pourrait se tenir dans l’écrin du Seoul World Cup Stadium (66 700 places) édifié dans la perspective de la Coupe du Monde 2002.

Visuel du Jamsil Sports Complex de Séoul, Corée du Sud, avec, au centre, le Jamsil Stadium, Stade Olympique des JO 1988 (Crédits – Populous)

Au-delà de la capitale sud-coréenne, le projet olympique et paralympique du Jeollabuk-do propose le déroulement des épreuves de natation dans la future enceinte du Centre Aquatique de Jeonju, la capitale provinciale.

Jeonju serait par ailleurs le cadre des compétitions de tir-à-l’arc au sein du traditionnel village de Jeonju Hanok. Les épreuves de skateboard, de basketball 3×3 et de BMX pourraient quant à elles se dérouler dans le périmètre de l’Université nationale de Chonbuk. Ailleurs dans la Province, la plage de Byeonsan à Buan sera le théâtre du triathlon, et plusieurs autres villes pourraient être incorporées au dispositif, parmi lesquelles, Gochang, Imsil, Jangsu, ou encore Muju.

En dehors des frontières de la Province, Daegu abriterait de son côté les compétitions de tir dans l’enceinte de l’International Shooting Range, tandis que Gwangju pourrait recevoir des matchs du tournoi de football (40 200 places), ainsi que les dernières rencontres du tournoi de baseball et le tournoi préliminaire de softball, dans l’hypothèse bien sûr où ces deux sports – additionnels aux Jeux de Los Angeles 2028 – seraient à nouveau au programme.

Si tel devait être le cas, le premier pourrait avoir lieu au Gwangju-Kia Champions Field (20 500 places) et le second au Gwangju Mudeung Baseball Stadium.

Visuel de la Seoul Arena, Séoul, Corée du Sud (Crédits – Seoul Metropolitan Government)


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