JO 2036 : La Province du Jeollabuk-do balaye Séoul et représentera la Corée du Sud

A l’issue du processus interne de sélection de la candidature pour l’organisation des Jeux d’été de 2036, l’Assemblée Générale du Comité National Olympique de Corée du Sud (KSOC) a fait le choix du projet porté par la Province autonome du Jeollabuk-do (ou Jeolla du Nord) au détriment de celui incarné par la capitale du pays, Séoul.

Les porteurs de la candidature olympique et paralympique de la Province du Jeollabuk-do, Corée du Sud, pour les Jeux d’été de 2036 avec, au centre, Kim Gwan-young, Gouverneur de la Province, vendredi 28 février 2025 (Crédits – Gouvernement du Jeollabuk-do)

Lorsque l’ambition du Jeollabuk-do fut officiellement présentée aux yeux du monde en novembre 2024, les dirigeants de la Province autonome savaient pertinemment que la course ne serait pas aisée face à la concurrence de Séoul qui, outre son statut de capitale, disposait surtout de son expérience comme Hôte des Jeux d’été de 1988.

Pourtant, la candidature a pleinement su profiter de l’élan de nouveauté véhiculé par son projet pour parvenir à convaincre les délégués réunis ce vendredi 28 février 2025 dans le cadre de l’Assemblée Générale du KSOC.

L’ampleur du résultat du scrutin témoigne d’ailleurs de cette dynamique positive pour le Jeollabuk-do. Sur un total de 61 votes comptabilisés, la candidature provinciale a ainsi raflé 49 suffrages, Séoul ne recueillant que 11 voix.

Ce camouflet est d’autant plus saisissant que la capitale – qui avait avancé un concept entre héritage et sobriété – possédait de sérieux atouts.

Au-delà des arguments développés dans le cadre du processus de candidature, Séoul avait démontré une certaine détermination, elle qui fut le théâtre des JO 1988 et qui avait un temps souhaité s’investir avec la capitale nord-coréenne, Pyongyang, dans la perspective d’un projet commun pour les Jeux de 2032.

Les porteurs de la candidature olympique et paralympique de la Province du Jeollabuk-do, Corée du Sud, pour les Jeux d’été de 2036 avec, au centre, Kim Gwan-young, Gouverneur de la Province, vendredi 28 février 2025 (Crédits – Gouvernement du Jeollabuk-do)

In fine, la logique qui aurait voulu que Séoul s’impose a été balayée. De quoi satisfaire des autorités de la Province autonome du Jeollabuk-do qui avaient engagé une étude de faisabilité en juin 2023, avant d’initier une réflexion préparatoire quant à l’agencement des sites dans le courant de l’année passée.

La remise du projet au KSOC a ensuite permis à la Province de développer sa vision de Jeux partagés entre les territoires provinciaux et non centrés dans un périmètre restreint, prenant à la lettre l’approche adoptée ces dernières années par le Comité International Olympique (CIO) pour des Jeux plus vertueux, reposant davantage sur des installations existantes ou temporaires plutôt que sur de grands aménagements.

Cette semaine, la présentation même dudit projet devant les délégués du KSOC a d’ailleurs illustré cet état d’esprit, plusieurs leaders régionaux ayant de fait témoigné de leur soutien et de leur engagement à accompagner la candidature, à l’image de Kim Young-rok, Gouverneur de la Province du Jeollanam-do (ou Jeolla du Sud), Kim Tae-hum, Gouverneur de la Province du Chungcheongnam-do (ou Chungcheong du Sud), Kang Ki-jung, Maire de Gwangju, ou encore Hong-Jun-pyo, Maire de Daegu.

Ambitieux quant à la candidature, les dirigeants provinciaux le sont également au niveau de la réflexion budgétaire, avec un effort estimé à 10 290,05 milliards de wons (6,873 milliards d’euros).

Lors du dévoilement du projet l’an passé, les autorités avaient esquissé une participation du Gouvernement provincial pour quelques 2 027,8 milliards de wons (1,354 milliard d’euros), une contribution de l’État à hauteur de 2 620,2 milliards de wons (1,750 milliard d’euros), et une participation des pouvoirs publics locaux pour 736 milliards de wons (491,65 millions d’euros), sans compter bien sûr l’apport habituel du Mouvement olympique, via la contribution du CIO et de ses Partenaires Mondiaux (TOP).

Pour ces mêmes autorités, la perspective des Jeux se veut surtout un tremplin pour accroître la visibilité du territoire à l’échelle planétaire et pour assurer une croissance économique et des retombées positives dans bien des domaines, parmi lesquels les transports et le tourisme.

Selon les projections réalisées jusqu’alors, l’accueil des Jeux pourrait entraîner un effet de souffle d’au moins 40 000 milliards de wons au niveau national, soit 26,44 milliards d’euros, dont 27 000 milliards de wons (17,85 milliards d’euros) pour la seule Province du Jeollabuk-do.

Kim Gwan-young, Gouverneur de la Province sud-coréenne du Jeollabuk-do, après l’annonce de la sélection de la candidature aux Jeux d’été de 2036 par le Comité National Olympique de Corée du Sud, vendredi 28 février 2025 (Crédits – Gouvernement du Jeollabuk-do)

Si la marche pour l’investiture sud-coréenne apparaissait comme un challenge de taille, le principal défi reste aujourd’hui à relever.

L’alliance des territoires devra en effet se formaliser pour espérer convaincre le gouvernement sud-coréen d’appuyer cette entreprise olympique et paralympique pour 2036, et de crédibiliser encore davantage le projet avant que celui-ci ne soit officiellement soumis au CIO.

A ce stade, et tout en ayant conscience du chemin restant à parcourir, les porteurs du projet savourent leur performance.

Comme l’a affirmé en particulier Kim Gwan-young, Gouverneur de la Province autonome du Jeollabuk-do :

Le résultat de ce jour est un accomplissement de l’esprit, du dévouement et de la passion de notre population, et c’est un brillant succès.

Nous nous préparons soigneusement à ce que le Jeollabuk-do soit compétitif sur la scène internationale.

Nous unirons nos forces avec les villes associées et le reste du pays pour participer à cette compétition et pour faire en sorte que le Jeollabuk-do soit choisi comme Hôte des Jeux d’été de 2036.


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