Face à une concurrence internationale fournie et devant composer avec un processus de sélection du Futur Hôte aux contours repensés par le Comité International Olympique (CIO), la candidature sud-coréenne cherche les conditions d’un sursaut qui lui permettra de passer au-delà de la crise qu’elle traverse depuis maintenant plusieurs semaines.
Alors que la Corée du Sud figure parmi les sept parties officiellement reconnues comme prétendantes à l’organisation des Jeux d’été de 2036, le gouvernement et le Comité National Olympique (KSOC) exhortent aujourd’hui les acteurs régionaux du dossier à parvenir à un accord dans l’intérêt de l’ambition du pays.
Pour préserver les chances de réussite dudit dossier, les autorités sud-coréennes espèrent ainsi une entente constructive dans les meilleurs délais entre la capitale, Séoul, expérimentée et qui dispose des réseaux utiles, et la Province du Jeollabuk-do qui, l’an passé, était parvenue à défaire la Ville Hôte des JO 1988 dans le cadre de la sélection interne.
Il faut dire que l’entrée concrète dans la course internationale renforce les enjeux et la nécessité de proposer au CIO un projet viable économiquement, solidement constitué, et en capacité in fine de répondre aux exigences de durabilité et d’accueil du plus grand événement sportif au monde.

Or, à ce stade, la Province du Jeollabuk-do demeure la candidate identifiée de la Corée du Sud sur la base d’un projet dévoilé fin 2025 ; projet qui associe pour partie Séoul et d’autres territoires. Mais consciente de son poids et de l’incertitude pesant aujourd’hui sur le dossier national dans sa globalité, Séoul peut être tentée de réclamer une plus grosse part du gâteau des Jeux afin d’effacer la déconvenue subie au printemps 2025.
En septembre dernier, les médias sud-coréens s’étaient notamment fait l’écho d’exigences supposées de la capitale qui réclamerait ainsi un repositionnement considérable du concept projeté, avec en particulier l’orchestration de la majeure partie des épreuves-clés dans les enceintes à disposition sur le territoire de Séoul, et la tenue in situ des Cérémonies d’ouverture et de clôture pour des Jeux qui interviendraient près de cinq décennies après les JO 1988.
Depuis, les discussions entre les parties – déjà opérées durant l’été – se sont poursuivies, mais selon un rythme qui ne semble pas satisfaire les acteurs nationaux qui ont donc récemment réaffirmé leur soutien à une candidature, tout en remettant Séoul et la Province du Jeollabuk-do face à leur responsabilité respective dans la bonne marche du projet.
D’ailleurs, une rencontre au sommet s’est tenue ce mardi 03 novembre 2026 au sein du Musée d’Art Moderne de Séoul, entre le Ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, Chae Hwi-young, et le Gouverneur de la Province du Jeollabuk-do, Lee Won-taek.
Comme l’a relevé le Ministre à l’issue de cet entretien qu’il souhaite porteur de sens pour la suite :
« Séoul ayant exprimé sa volonté de coopérer activement aux discussions relatives à l’organisation conjointe, un accord rapide entre les deux Collectivités locales est nécessaire, compte tenu du calendrier annoncé par le CIO pour la sélection du Futur Hôte des Jeux.
Une fois l’accord finalisé entre le Jeollabuk-do et Séoul, le Ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, et le Comité National Olympique soutiendront l’avancement rapide des procédures administratives ».
Preuve du désir d’accélération des discussions pour établir un cadrage sécurisé, le KSOC est également monté au créneau en milieu de semaine, soucieux de ne pas voir s’installer le sentiment d’une candidature mal préparée et en déroute.
Dans une déclaration officielle, reprise par le quotidien « The Chosun Daily », le KSOC a notamment fait savoir que :
« Suite à la confirmation par le CIO, le 02 novembre 2026, de la présence de sept candidats pour les Jeux d’été de 2036, le calendrier de sélection du Futur Hôte est désormais bien défini.
En tant que Comité National Olympique, nous prévoyons de poursuivre nos efforts de candidature, tant au niveau national qu’international, conformément au calendrier du CIO.
Nous sommes en contact étroit avec les institutions concernées pour accélérer la conclusion d’un accord d’organisation conjointe entre la Province du Jeollabuk-do et Séoul, tout en faisant progresser les discussions pratiques avec le CIO et les autres acteurs de la scène internationale. […]
Forts de l’héritage des Jeux Olympiques de Séoul 1988 et des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018, nous espérons accueillir les Jeux Olympiques de 2036 afin de créer une nouvelle opportunité pour le développement du sport sud-coréen et la diffusion des valeurs olympiques.
En tant que CNO, nous coopérerons étroitement avec le gouvernement, les Collectivités locales et le CIO pour mener à bien notre candidature ».

Le temps est compté.
Si la Corée du Sud ne veut pas se laisser distancer par les six concurrents que sont l’Allemagne, la Hongrie, la Turquie, le Qatar, l’Inde, et l’Afrique du Sud, elle devra démontrer un intérêt préservé dès ce mois de novembre 2026.
Comme l’a de fait annoncé le CIO, une présentation des projets de chaque postulant doit avoir lieu dans les jours à venir par visioconférence, avant que l’institution olympique n’engage la production d’une étude de faisabilité d’ici le mois de mars 2027.
Le rendez-vous de cet automne est donc déjà crucial pour chacun des prétendants, dont la préparation donnera à la fois le tempo des prochaines échéances, mais aussi sans doute une première indication quant aux forces et faiblesses en présence.
Toutefois, dans le cas de la Corée du Sud, la réalisation de nouvelles études sur le terrain pour jauger de la faisabilité d’un nouveau concept partagé entre les deux entités locales et l’examen des orientations budgétaires notamment, pourraient prendre plusieurs mois avant que le KSOC ne puisse statuer définitivement sur la figure de proue et la composante même de la candidature nationale.
Ainsi que l’avait d’ailleurs souligné un responsable du Ministère précité au mois de septembre dernier :
« Si le projet d’organisation est fondamentalement modifié, le processus de candidature doit, en principe, reprendre dès l’étape initiale de l’appel à candidatures géré par le KSOC ».
Dans cette optique et au-delà, les autorités sud-coréennes comptent s’engager avec détermination autour d’un projet à remodeler, pour lequel les contraintes administratives seront, en tout état de cause, facilitées, pour garantir une confirmation interne selon un calendrier resserré.

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