JO : Thomas Bach évoque la possibilité d’une candidature du Japon

A un peu plus d’un mois de son départ de la présidence du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach a entrouvert la voie à une nouvelle candidature du Japon et ce, alors que le pays reste marqué par le scandale de corruption révélé après les Jeux de Tokyo 2020, scandale ayant par la suite fortement impacté Sapporo dans la course aux Jeux d’hiver.

Vue du Sapporo Okurayama Ski Jump Stadium (Crédits – Sapporo Okurayama Ski Jump Stadium Official Website)

Alors que les prochaines éditions des Jeux d’été sont sanctuarisées jusqu’en 2032, que les prétendantes se bousculent déjà dans le portillon olympique pour les futures échéances estivales de 2036 jusqu’en 2044, et que les Jeux d’hiver sont dans le même temps sécurisés au moins jusqu’en 2034 – voire 2038 si d’aventure la Suisse confirme son engagement – le CIO reste en quête perpétuelle de candidates.

Régulièrement, l’institution olympique n’hésite pas en effet à véhiculer des encouragements au gré des déplacements et des déclarations de son Président, Thomas Bach qui, ces dernières années, a pu apprécier un attrait retrouvé pour l’accueil de l’événement planétaire. Ses prédécesseurs furent eux-aussi coutumiers du fait, notamment pour créer une certaine émulation et susciter une concurrence intéressante.

Aussi, la récente interview accordée par l’actuel leader olympique auprès de l’agence de presse nippone « Kyodo News » est une illustration de cette tactique bien réfléchie. Elle détonne néanmoins lorsque l’on s’aperçoit que ladite interview semble tracer la voie à une nouvelle candidature du Japon.

Il faut dire que le « Pays du Soleil Levant » s’est négativement distingué aux yeux du CIO depuis l’organisation des JO 2020.

Vue de la vasque olympique de Tokyo 2020 installée durant les Jeux sur l’Ariake Yume-no-Ohashi Bridge (Crédits – Tokyo 2020)

Si le pays a réussi à relever le défi d’accueillir les Jeux de Tokyo 2020 – reportés d’une année et frappés par les restrictions consécutives à la pandémie mondiale de Covid-19 – il a par la suite souffert des révélations concernant des soupçons et des faits de corruption liés à des entreprises ayant pu graviter autour des préparatifs des Jeux.

Ces révélations avaient en outre peu à peu paralysé la candidature de Sapporo pour l’organisation d’une future édition des Jeux d’hiver.

Ville Hôte des JO 1972, la cité nippone s’était lancée dans la course aux Jeux de 2026 avant d’être contrainte à l’abandon après la survenance d’un puissant séisme en 2018. Ces dernières années, Sapporo avait pourtant retenté sa chance, cette fois en visant l’édition de 2030.

Néanmoins, les allégations post-Tokyo 2020 révélées au grand jour avaient conduit à un affaiblissement durable de la candidature. Les porteurs de celle-ci ont bien essayé un temps d’écarter l’option de 2030 pour privilégier une autre échéance, sans que l’adhésion populaire et la confiance ne reviennent, amenant in fine à la sortie de route de la candidature.

Depuis, le CIO a procédé à une double attribution – 2030 pour les Alpes françaises et 2034 pour Salt Lake City – Utah (États-Unis) – et a même ouvert dans l’optique de l’édition 2038 une phase inédite de dialogue dit « privilégié » avec la Suisse désireuse de présenter un projet à l’échelle du pays dans son ensemble.

Dès lors, la prochaine fenêtre de tir pour le Japon pourrait désormais être 2042, sauf à envisager que la candidature helvète périclite d’ici 2027, année choisie par le CIO pour acter l’attribution des Jeux à la Suisse.

Comme l’évoque en tout cas celui qui préside le CIO depuis 2013 et qui quittera ses fonctions le 23 juin prochain au profit de Kirsty Coventry :

[Une future candidature est la bienvenue] si nous pouvons être certains, du côté du CIO, que ces pratiques commerciales, ce type de corruption, ont pris fin et ont été corrigés.

Nous comprenons ce qui s’est passé au Japon en raison des pratiques de certains hommes d’affaires nippons.

Nous espérons également que cela conduira à une clarification et à une adaptation des pratiques commerciales japonaises.

Katsuhiro Akimoto, Maire de Sapporo, et Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, le 07 août 2021 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Tout en encourageant à l’émergence d’un futur projet, le leader olympique adresse ouvertement une sérieuse mise en garde.

En somme, si le Japon entend à l’avenir replonger dans le bain des Jeux, il devra avoir fait le ménage au préalable.

Ce propos pourrait bien réveiller l’intérêt de Sapporo, qui fut un temps dans une position de favorite pour décrocher les anneaux olympiques au moment où Salt Lake City commençait à privilégier l’échéance de 2034.

Pour le CIO, le retour en grâce du Japon pourrait représenter une source de sécurité.

A l’instar de Salt Lake City, la région de Sapporo figure en effet parmi les rares pôles identifiés à travers le monde comme pouvant encore recevoir l’événement planétaire au cours des prochaines décennies eu égard à l’impact du réchauffement climatique.

Tandis que l’institution olympique entend poursuivre sa réflexion autour du modèle des Jeux d’hiver, la sécurisation de la manifestation quadriennale jusqu’en 2042 – voire même au-delà dans l’hypothèse d’une rotation future limitée entre deux ou trois régions de la planète – serait immanquablement une aubaine.

Reste à savoir à présent si Sapporo et le Japon ont le désir et la volonté de revenir sur le devant de la scène des Jeux.

En novembre 2023, le Gouverneur de la Préfecture d’Hokkaidō avait fait une déclaration pour clore un chapitre et poser les jalons d’une réflexion maîtrisée.

Ainsi que l’avait exprimé Naomichi Suzuki :

Je pense que nous devons faire une pause dans toute cette activité.

Il est nécessaire d’engager des discussions entre toutes les parties intéressées sur la manière dont le processus d’accueil [des Jeux] devrait être conduit après avoir examiné l’importance et les effets de la tenue des Jeux Olympiques d’hiver.

[…] Sapporo est une très bonne ville, même d’un point de vue mondial, pour accueillir les Jeux d’hiver, et jouit d’une très forte reconnaissance de la part du CIO et d’autres acteurs.


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