JO 2030 : Sapporo fragilisée par les soupçons autour de Tokyo 2020

Alors que les investigations judiciaires se poursuivent du côté de sponsors et d’anciens responsables du Comité d’Organisation des Jeux de Tokyo 2020, la candidature olympique et paralympique de Sapporo 2030 connaît actuellement une baisse de régime susceptible d’ouvrir prochainement un boulevard à sa première concurrente qui n’est autre que Salt Lake City (Utah, États-Unis).

Vue du Sapporo Okurayama Ski Jump Stadium (Crédits – Sapporo Okurayama Ski Jump Stadium Official Website)

Dans une course aux Jeux, tout est toujours possible.

L’ancien modèle de sélection des Villes Hôtes l’a démontré à maintes reprises lorsque les favoris d’un temps étaient finalement balayés dans la dernière ligne droite ou au moment du scrutin décisif. Le nouveau modèle limite certes les risques de dérapages, mais ne laisse tout de même personne à l’abri d’une sortie de route.

Aussi, alors que Salt Lake City a longtemps dominé la course aux JO 2030, la Ville Hôte des Jeux d’hiver de 2002 avait peu à peu perdu du terrain au profit de Sapporo, elle-aussi Ville Hôte d’une édition hivernale passée (1972) et surtout auréolée du succès des Jeux d’été de Tokyo 2020 où elle fut associée pour la tenue de quelques épreuves.

Cependant, les choses sont peut-être en passe de changer, à mesure que les déboires judiciaires autour de Tokyo 2020 et des soupçons de corruption se font jour dans la presse nippone et que, par ricochet, l’opposition à une nouvelle organisation olympique sur le territoire national ne soit en capacité de gagner en visibilité. Ces deux éléments sont aussi à mettre en parallèle avec le fait que les sondages peinent à décoller au-delà des 50% d’opinions favorables à une candidature hivernale.

De surcroît, la presse locale s’est fait l’écho en ce début de semaine de l’annulation de la visite du Maire de Sapporo au siège du Comité International Olympique (CIO) programmée plus tard ce mois-ci, ce qui renforce aujourd’hui le constat d’une lente mais inexorable perte de vitesse de celle qui faisait jusqu’à présent figure de favorite.

En effet, si officiellement ladite annulation résulterait d’un conflit d’agendas concernant notamment le Président du Comité Olympique Japonais (JOC), il semble davantage probable qu’elle soit la conséquence de la polémique autour de Tokyo 2020 et des répercussions que cette dernière pourrait avoir dans les semaines à venir.

Il faut dire que le timing est particulièrement délicat pour la candidature nippone, le CIO devant enclencher la phase de dialogue ciblé avec une ou plusieurs candidatures à compter du mois de décembre 2022, préalablement à l’élection du futur hôte en mai 2023.

Soucieuse de redorer son image de marque, avec la mise en œuvre d’une batterie de réformes ces dernières années, l’institution olympique pourrait d’ailleurs chercher à se détacher d’une candidature indirectement impacter par les « affaires » de Tokyo 2020.

Vue de la vasque rénovée des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002 (Crédits – Rice-Eccles Stadium)

Dès lors, il est parfaitement envisageable d’imaginer que Salt Lake City fasse son grand retour sur le devant de la scène, elle qui bénéficie d’une adhésion populaire massive avoisinant les 80%, qui dispose de sites fonctionnels et performants, mais également de la promesse d’investissements de mise à niveau des infrastructures, sans compter bien sûr l’engagement de la classe politique.

Habile stratège, Salt Lake City n’a eu de cesse ces derniers mois de se dire ouvertement disponible pour l’édition 2030, tout en ne fermant pas la porte à l’échéance 2034.

Si l’étroitesse du calendrier entre les Jeux de Los Angeles 2028 et une possible édition américaine en 2030 continue de peser dans les discussions internes en ce qui concerne la problématique du marketing, une potentielle proposition en provenance du CIO ne pourrait à coup sûr être refusée.

Les semaines qui viennent s’annoncent capitales pour Sapporo et, de facto, pour Salt Lake City qui coche toutes les cases et qui offre une sécurité bienvenue pour l’institution de Lausanne (Suisse).

A l’inverse, Vancouver (Canada) – autre Ville Hôte (2010) à nouveau en lice dans une course aux anneaux olympiques – souffre actuellement de l’absence d’engagement formel des autorités provinciales et fédérales et ce, malgré un récent regain de confiance entre hausse du taux d’adhésion et dévoilement du concept et des orientations budgétaires.

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