JO 2030-2034 : Près de 80% des habitants de l’Utah pour un retour des Jeux à Salt Lake City

Si Sapporo (Japon) occupe actuellement le statut de favorite dans la course aux Jeux d’hiver de 2030, et alors que Vancouver (Canada) a récemment repris des couleurs avec la présentation de son projet, Salt Lake City (Utah, États-Unis) continue pour sa part de caracoler en tête en ce qui concerne l’adhésion populaire.

Vue de la vasque rénovée des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002 (Crédits – Rice-Eccles Stadium)

Les Jeux d’hiver de 2002 restent un souvenir majeur dans la mémoire collective des habitants de Salt Lake City et de sa région. L’héritage matériel en est bien sûr l’une des raisons, tout comme la réussite organisationnelle et ce, après des mois chaotiques à l’aube de l’ouverture de l’événement dont l’Utah a célébré le vingtième anniversaire cette année.

Aussi, depuis que Salt Lake City ambitionne de se porter candidate pour une nouvelle édition des Jeux, les sondages affichent inlassablement un fort taux de soutien de la part de la population.

Un récent sondage est d’ailleurs venu confirmer cette tendance relevée ces dernières années.

Malgré une légère inflexion par rapport à de précédentes enquêtes respectivement menées en 2014 et en 2019, avec alors des données positives entre 82 et 87%, le sondage réalisée à la mi-juillet par le quotidien régional « Deseret News » et le Hinckley Institute of Politics de l’Université de l’Utah* montre ainsi que l’adhésion populaire reste au zénith.

De fait, pas moins de 79% des habitants de l’Utah approuvent la perspective d’un retour des Jeux sur leur territoire.

Dans le détail, 44% des sondés déclarent approuvaient fortement cette perspective, tandis que 35% déclarent y être favorables de façon plus mesurée. Face à cet engouement certain, seuls 16% des habitants désapprouvent ce projet – dont 8% de manière forte – et 5% ne se positionnent pas à ce stade.

Comme l’a affirmé Jason Perry, Directeur du Hincley Institute of Politics de l’Université de l’Utah dans ce qui s’apparente à un parfait résumé de la situation actuelle :

Dans un monde où les gens sont tellement divisés sur tout, ils sont unis par les Jeux Olympiques d’hiver. Quels que soient leur âge, leur sexe, leur parti ou leur affiliation politique, les habitants de l’Utah veulent que les Jeux Olympiques reviennent.

Il y a un esprit olympique qui n’a pas disparu.

Vue de l’Utah Olympic Park près de Park City (Crédits – Utah Olympic Legacy Foundation)

La publication de ce sondage intervient à un moment charnière dans le processus de candidature de Salt Lake City, qui est engagée dans la course depuis 2018, année de sélection par le Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC).

Bien que demeurant dans l’hésitation quant à l’échéance hivernale la plus appropriée entre 2030 et 2034, compte-tenu de la concurrence commerciale interne incarnée par les Jeux d’été de Los Angeles 2028, les partisans de la candidature américaine ne cessent de répéter que Salt Lake City et sa région sont d’ores et déjà prêts à accueillir de nouveau l’événement planétaire.

La récente visite d’un trio d’experts mandaté par le Comité International Olympique (CIO) et le déplacement au siège de l’institution d’une délégation notamment composée de la star du ski alpin, Lindsey Vonn, sont venus étayer cet argument par ailleurs développé par la classe politique de l’Utah qui encourage elle-aussi largement le projet.

A quelques mois de l’engagement du CIO dans une phase de dialogue ciblé avec une ou deux candidatures à partir de décembre 2022, préalablement à la désignation du futur hôte en mai 2023, le soutien populaire affiché par Salt Lake City pourrait venir bousculer le jeu actuellement dominé par Sapporo.

Si cette dernière peut capitaliser sur un projet responsable – misant grandement sur l’utilisation des sites hérités des Jeux de 1972, ainsi que ceux de l’édition de Nagano 1998 – et sur le succès des Jeux d’été de Tokyo 2020 organisés dans un contexte particulier, la cité nippone demeure affaiblie par un taux d’adhésion de sa population à peine au-dessus de la barre symbolique des 50%.

Même si le CIO pourrait être tenté de confier les anneaux olympiques une fois encore au Japon – certains évoquent ici un possible remerciement pour l’engagement sans faille de Tokyo 2020 et des autorités locales et nationales pour la tenue des Jeux durant la crise du Covid-19 – l’institution de Lausanne (Suisse) reste tout de même sensible au soutien populaire exprimé à l’égard de sa marque et de son événement-phare.

Le CIO pourrait également avoir à l’esprit le souvenir des années de réexamen continu du projet de Tokyo 2020 pour parvenir à contenir autant que possible l’inflation des dépenses et ce, indépendamment de la crise sanitaire.

Une chose est sûre, les dés sont encore loin d’être jetés.

D’ailleurs, Salt Lake City entend accroître dans les mois à venir la participation du public vis-à-vis de son projet. Après avoir célébré en grande pompe les vingt ans de l’édition 2002, les artisans de la candidature prévoient en effet l’établissement de plusieurs initiatives autour des sites sportifs à l’automne 2022, soit dans le « money-time » avant la décision de la Commission Exécutive de privilégier une ou deux candidatures.

* Sondage réalisé du 13 au 18 juillet 2022 auprès de 801 électeurs inscrits dans l’Utah. Marge d’erreur de plus ou moins 3,46 points de pourcentage.

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