A l’issue d’un processus décisionnel maintes fois bouleversé, le Comité International Olympique (CIO) a officiellement attribué l’organisation des Jeux d’hiver de 2030 aux Alpes françaises et ce, tout en conditionnant l’effectivité de ce choix à la transmission prochaine des garanties non-encore fournies par les pouvoirs publics à ce jour.

Les Jeux d’hiver s’apprêtent à faire leur retour en France, après les éditions de Chamonix 1924, Grenoble 1968 et Albertville 1992, confortant la place de l’Hexagone parmi les grandes nations olympiques.
Avec cette perspective, le pays est aujourd’hui en mesure de réceptionner une deuxième édition olympique et paralympique, moins de six ans après l’orchestration des Jeux d’été de Paris 2024 dont l’ouverture aura lieu ce vendredi 26 juillet.
Une promesse et une prouesse que peu de pays ont réalisé jusqu’alors.
Exception faite des Jeux opérés sur la première moitié du XXe siècle et jusqu’en 1994 où les Jeux d’été et d’hiver étaient organisés la même année et, potentiellement, dans un même pays, les États-Unis sont à ce jour les seuls à avoir réussi ce défi organisationnel dans un laps de temps aussi contraint, avec les éditions de Lake Placid 1980 et de Los Angeles 1984, puis d’Atlanta 1996 et de Salt Lake City 2002. Le « Pays de l’Oncle Sam » réitérera d’ailleurs cette performance dans les années à venir, avec la tenue des Jeux d’été de LA 2028, puis celle des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2034.
La délégation #AlpesFrancaises2030, conduite par le Président de la République française @EmmanuelMacron, arrive à la 142e Session du CIO.
Aujourd’hui, les membres du CIO vont élire les hôtes des Jeux olympiques & paralympiques d’hiver 2030 et 2034.@FranceOlympique pic.twitter.com/WL7XKMzM2k
— IOC MEDIA (@iocmedia) July 24, 2024
Mais bien que la France puisse se satisfaire de décrocher une fois de plus la timbale olympique et paralympique – après des décennies de disette au gré des échecs successifs de Paris 1992, Lille 2004, Paris 2008, Paris 2012 et Annecy 2018 – l’attribution effective de l’événement hivernale de 2030 reste cependant conditionnée à la fourniture des garanties indispensables pour boucler le dossier.
Car en raison du contexte politique et institutionnel singulier – consécutif à la dissolution de l’Assemblée Nationale décidée au début du mois de juin par le Chef de l’État avec la convocation d’élections législatives anticipées dans la foulée – les autorités françaises n’ont pour l’heure pas été en mesure d’apporter lesdites garanties, à commencer par la garantie de l’État qui devra être signée par le futur Premier Ministre.
Aussi, une nouvelle phase capitale s’ouvre désormais pour le projet tricolore, au moment où la 142e Session du CIO s’est prononcée par 84 voix contre 4 et 7 abstentions en faveur des Alpes françaises 2030.
Ainsi que l’a précisé le Président de la Commission de Futur Hôte pour les Jeux d’hiver, Karl Stoss, quelques minutes avant l’enclenchement du vote d’attribution, ce mercredi 24 juillet 2024 depuis le Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris (17e arrondissement) :
[Sur] la soumission des garanties financières par l’État et la confirmation d’un partenariat public contribuant au budget d’organisation par les deux Régions – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur – et le gouvernement français […], la délégation française a réaffirmé son engagement à fournir ces garanties dès que le nouveau gouvernement sera en capacité de le faire.
Nous avons reçu des lettres des deux Régions clarifiant l’engagement de chaque partie, comme demandé par la Commission Exécutive.
De facto, le CIO ne contresignera pas en l’état le fameux contrat-hôte dont un exemplaire a été signé au nom du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), l’institution restant dans l’attente de la réception des garanties pour apposer son visa.
Sur le plan du calendrier, ladite réception portant sur la garantie de l’État – ou garantie de livraison des Jeux – devra intervenir d’ici le 1er octobre 2024, dernier délai. Par la suite, cette garantie majeure devra être approuvée par le Parlement français d’ici le 1er mars 2025 au plus tard, préfigurant de surcroît l’adoption envisagée d’une loi olympique et paralympique sur le modèle de ce qui a été fait en prévision de Paris 2024.
Comme l’a en tout cas souligné le Président du CIO, Thomas Bach, qui s’était entretenu mardi 16 juillet avec le Président de la République, Emmanuel Macron, avant de retrouver celui-ci pour l’ouverture de la 142e Session, ce lundi 22 juillet :
Nous sommes témoins de l’engagement plein et entier du Président de la République et des Présidents des deux Régions.
Nous sommes maintenant dans une situation où, d’un côté, nous avons pleinement confiance en nos amis français, et d’un autre côté, nous avons la responsabilité d’assurer la livraison des Jeux Olympiques d’hiver dans l’intérêt des athlètes et de toutes les parties prenantes.
Après des discussions prudentes avec les autorités françaises, la Commission Exécutive du CIO est arrivée à la conclusion que la meilleure solution pour cette situation extraordinaire est une élection sous conditions.
En filigrane, se dessine donc l’éventualité d’un retrait des JO 2030 à la France dans l’hypothèse où cette dernière ne serait pas en capacité de répondre aux exigences de l’institution olympique. Il faudrait alors que le CIO sélectionne un autre Hôte, ce qui conduirait à la remise en route d’un processus forcément réduit en raison des contraintes calendaires.
Un scénario possible et à considérer, même si Emmanuel Macron est venu en personne épauler les représentants de la candidature au cours de la dernière présentation du projet avant le vote olympique et ce, pour réaffirmer l’engagement des autorités à poursuivre la dynamique insufflée par Paris 2024 et que le Chef de l’État entend faire perdurer.
A la tribune, le Président de la République s’est en ce sens voulu confiant et rassurant à l’égard du CIO. Comme il l’a notamment déclaré :
Je confirme le plein engagement de la nation française, et vous assure que je demanderai au prochain Premier Ministre d’inscrire non seulement cette garantie, mais aussi une loi olympique dans les priorités du nouveau gouvernement.
Il y a 7 ans, nous avons pris le même engagement et nous l’avons tenu. Nous ferons de même.
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