JO 2026 : La ville de Sapporo se retire pour mieux revenir

Travaillant à un projet olympique et paralympique pour les Jeux d’hiver depuis quatre années, les autorités de Sapporo (Japon) ont finalement décidé de renoncer à présenter une candidature pour l’échéance de 2026, préférant concentrer leurs efforts sur la prochaine édition, à savoir 2030.

Ce retrait, annoncé conjointement par les autorités locales, le Comité Olympique du Japon (JOC) et le Comité International Olympique (CIO), serait principalement fondé sur les conséquences humaines et matérielles du tremblement de terre qui a affecté la Préfecture de Sapporo au début du mois de septembre.

(Crédits – CIO / Greg Martin)

Dans un communiqué, l’institution de Lausanne (Suisse) précise à cet effet que :

Le séisme a provoqué la mort de 41 personnes et causé des dommages considérables ; bon nombre d’habitants se trouvent encore dans des abris provisoires.

Pour cette raison, la ville de Sapporo, le Comité Olympique Japonais et le CIO ont convenu aujourd’hui que le CIO ne placerait pas Sapporo sur la liste des candidates à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2026.

La stratégie ainsi adoptée par Sapporo diffère quelque peu de celle prise par Tokyo dans l’optique des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2020.

A l’époque, la capitale nippone avait fait le choix de maintenir sa candidature après que le pays fut frappé par un important tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima au printemps 2011. Quelques mois plus tard, en septembre, le CIO avait officialisé la candidature nippone et des autres villes alors en course, tandis que Tokyo avait placé son projet des Jeux d’été comme vecteur de la reconstruction souhaitée du territoire et quête d’espoir pour la population. Ce message, martelé à maintes reprises – notamment par la Famille Impériale devant les membres du CIO – avait fini de convaincre l’institution déjà séduite par une ville expérimentée et disposant d’un solide dossier technique.

(Crédits – Sapporo 2026)

Aujourd’hui, le choix fait par Sapporo consiste donc à se concentrer sur la reconstruction, plutôt que de se lancer dans un projet olympique et paralympique dont le coût avait été chiffré entre 430 et 450 milliards de yens (3,28 à 3,44 milliards d’euros) dans le cadre d’une étude de faisabilité.

Il n’empêche, même si l’événement survenu en septembre a à l’évidence eu un impact sur la candidature, cette dernière semblait déjà fragilisée depuis plusieurs mois. Les autorités avaient en effet réduit la communication autour d’un éventuel projet, tout en envoyant des signaux de plus en plus insistants en direction d’un projet pour l’échéance de 2030.

Il faut dire que la perspective désormais imminente des Jeux de Tokyo 2020 a sans doute freiné l’enthousiasme des autorités locales, soucieuses de ne pas s’engager dans une course à l’issue incertaine et dont les préparatifs auraient pu perturber ceux de la capitale, aujourd’hui focalisée sur la dernière ligne droite avant l’ouverture des Jeux d’été.

Surtout, ce retrait de Sapporo devrait permettre aux autorités de travailler plus encore un dossier technique qui se basait en priorité sur les équipements hérités des Jeux de 1972.

En fin d’année 2016, les autorités avaient publié un document de 91 pages qui précisaient les modalités d’organisation d’un événement envisagé du 06 au 22 février (Jeux Olympiques) et du 06 au 15 mars 2026 (Jeux Paralympiques).

Selon ledit document, 90% des installations sportives auraient été situées à moins de 30 minutes du Village des Athlètes, offrant dès lors une compacité maximale au projet, dont l’élément clé n’était autre que le Sapporo Dome, équipement multifonctionnel appelé à devenir l’écrin des Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux.

(Crédits – Sapporo 2026)

En privilégiant dorénavant l’édition des Jeux de 2030, Sapporo rejoint une autre ville initialement intéressée par 2026.

Comme sa potentielle concurrente, Salt Lake City (Utah, États-Unis) avait d’abord proposer son expérience de Ville Hôte des Jeux pour accueillir à nouveau l’événement en 2026. In fine, entre l’attribution des Jeux d’été de Los Angeles 2028, la stratégie marketing souhaitée par le Comité Olympique des États-Unis (USOC), et la candidature voisine de Calgary (Canada), les autorités ont choisi de reporter la présentation d’une candidature à une échéance ultérieure.

2030 pourrait dès lors être une opportunité adéquate, à moins que l’USOC ne ferme définitivement la porte aux ambitions de la Ville Hôte des Jeux de 2002.

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