Paris 2024 : Le budget d’organisation dépasse les 4 milliards d’euros

Comme exposé à la fin novembre, la révision budgétaire autour des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 va aboutir à un rehaussement du budget d’organisation qui sera présenté le 12 décembre prochain lors de la dernière réunion du Conseil d’administration de Paris 2024 pour l’année 2022.

Visuel du futur Centre Aquatique Olympique (Crédits – Architectes: VenhoevenCS + Ateliers 2/3/4/ Image: Proloog)

A 600 jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de 2024, le Comité d’Organisation (COJO) poursuit ses efforts pour livrer l’événement dans les temps, avec les promesses de durabilité et de spectacle populaire portées en étendards.

Au cours des mois écoulés, plusieurs chantiers-clés ont d’ailleurs été engagés par Paris 2024, que ce soit sur le concept des Cérémonies, le slogan des Jeux, la billetterie ou encore les mascottes. Dans les mois à venir, d’autres actions seront menées et de nouvelles étapes seront franchies par les organisateurs, notamment sur le plan stratégique du marketing et plus spécifiquement des partenariats.

Ces derniers mois toujours, une révision budgétaire planifiée dans le cadre de toute organisation des Jeux, a permis d’identifier les recettes et les dépenses qui, in fine, impacteront à la hausse le budget d’organisation qui, l’an passé, avait été chiffré à 3,980 milliards d’euros et qui, désormais, s’établira à 4,380 milliards d’euros.

Cette hausse de 400 millions d’euros s’explique pour partie par les répercussions liées à l’inflation – pour 196 millions d’euros – et pour le reste en raison de dépenses sous-évaluées dans certains secteurs décisifs, comme la sécurité et en particulier la cybersécurité, et des coûts mal-anticipés.

(Crédits – Paris 2024)

Ces derniers concernent notamment les Cérémonies d’ouverture et de clôture, au nombre de quatre entre les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques, dont deux organisés dans un cadre urbain inédit à cette échelle, sur la Seine pour le premier événement, et au cœur de la Place de la Concorde pour le second.

Bien que la part budgétaire allouée à ces quatre rendez-vous majeurs s’inscrira à présent à 130 millions d’euros – contre 100 millions jusqu’à aujourd’hui -, le modèle choisi par Paris 2024 pour célébrer lesdits rendez-vous pourrait encore générer des dépenses supplémentaires dans les mois qui viennent, à mesure que le concept artistique et scénographique des Cérémonies sera travaillé par Thomas Jolly et ses équipes.

Il faut dire qu’en sortant du Stade Olympique à deux reprises, Paris 2024 a résolument voulu envoyer un signal fort, promettant des ouvertures spectaculaires destinées à impressionner le monde et à générer une audience in situ sans commune mesure avec les Cérémonies passées. Or, créer un show pour une arène de près de 80 000 places ne peut logiquement être mis en parallèle d’un spectacle imaginé sur un parcours de 6 kilomètres le long de la Seine ou sur la plus grande place de la « Ville Lumière ».

Les contraintes – diverses et variées – pourraient dès lors impacter le budget consacré aux Cérémonies qui, à ce stade, est de nature à apparaître comme quelque peu semblable à celui des Jeux de Londres 2012, et à peine plus conséquent que celui des Jeux de Tokyo 2020.

Visuel de la parade des athlètes lors de la Cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Paris 2024 sur la Place de la Concorde (Crédits – Paris 2024 / Florian Hulleu)

En dépit des dépenses nouvelles, Paris 2024 sera tout de même en mesure de soumettre à l’approbation de son Conseil d’administration, lundi 12 décembre prochain, un budget à l’équilibre.

De fait, pour compenser la hausse pré-citée de 400 millions d’euros, les organisateurs ont tâché d’établir un vaste plan d’économies touchant l’ensemble des directions de Paris 2024, tout en parvenant à dégager des recettes supplémentaires.

Concrètement, dans le domaine du marketing, et plus spécifiquement en ce qui concerne le Programme des Sponsors, le COJO estime aujourd’hui à 127 millions d’euros le gain complémentaire par rapport aux projections initiales et ce, en raison d’un taux de sécurisation et d’activation des partenariats plus avancé que prévu.

Alors que 66% de ces derniers avaient été engagés à la fin de l’année 2021, ce sont désormais plus de 80% qui l’ont été à l’approche de 2023, sachant que le seuil des 90% pourrait être officialisé dans les semaines à venir.

Avec ces recettes revues à la hausse, Paris 2024 entend désormais s’appuyer sur une manne financière issue des revenus de sponsoring de l’ordre de plus de 1,2 milliard d’euros.

Dans le même temps, la partie billetterie a également été révisée, avec cette fois-ci des recettes gonflées de 143 millions d’euros.

La réflexion menée sur la cartographie des sites et le fait que les jauges de ces derniers ont été affinées sont deux éléments permettant d’expliquer en partie ce nouveau chiffrage. De même, le COJO mise à présent sur un accroissement du prix des sessions sportives à forte demande, tout en maintenant son ambition de Jeux populaires et accessibles au plus grand nombre, avec 50% des quelques 10 millions de billets qui seront proposés à 50 euros ou moins.

Avec ces diverses révisions, la billetterie de Paris 2024 pourrait générer des recettes de l’ordre de 1,239 milliard d’euros.

Les organisateurs des Jeux ont par ailleurs pu apprécier une contribution publique plus conséquente que prévu à l’origine, avec pour les Jeux Paralympiques, une participation désormais sanctuarisée à hauteur de 171 millions d’euros, soit 71 millions de plus que ce qui fut annoncé jusqu’à présent.

Outre cet apport supplémentaire en provenance de l’État et des Collectivités Territoriales pour renforcer l’héritage sociétale de l’événement paralympique, un accompagnement plus poussé de certains aspects des Jeux sera mené par l’État, notamment en ce qui concerne le financement des voies olympiques (5 millions d’euros) ou encore l’installation du laboratoire pour les contrôles anti-dopage (3 millions).

Tony Estanguet, Président du Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024, et Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, lundi 25 juillet 2022 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Paris 2024 a enfin pu se satisfaire d’un rehaussement du soutien du Comité International Olympique (CIO) à l’effort global dans la perspective des Jeux.

Si ledit effort n’a rien de comparable à celui qui fut octroyé pour Tokyo 2020 dans le cadre du report d’un an lié à la crise sanitaire du Covid-19, Paris 2024 pourra tout de même compter sur une participation accrue de 19 millions d’euros.

Au total, l’institution de Lausanne (Suisse) fournira ainsi une enveloppe de 1,237 milliard d’euros, soit dans le détail, 750 millions d’euros au titre de sa contribution pour les organisateurs de l’événement planétaire, et plus de 487 millions d’euros au titre du Programme TOP, soit le programme des partenaires mondiaux du CIO.

L’effort de l’institution olympique doit par ailleurs être interprété à l’aune de la simplification et de l’assouplissement du cahier des charges et autres règles jusqu’alors en vigueur pour la planification et la livraison des Jeux.

En coopération, le CIO et Paris 2024 ont ainsi pu établir des économies sur les transports. La flotte de véhicules à disposition des organisateurs sera par exemple moins imposante qu’envisagée, avec 2 700 véhicules mobilisés contre 4 200, soit 10 millions d’euros de moins à dépenser. Les organisateurs ont aussi abandonné – en concertation avec Île-de-France Mobilités, le gestionnaire des transports franciliens – la promesse initiale de gratuité des transports en commun pour les détenteurs de billets d’accès aux compétitions qui aurait pu représenter une dépense de 45 millions d’euros.

Autre poste où des efforts sont attendus, celui – stratégique – relatif aux dépenses énergétiques avec plus de 25 millions d’euros d’économisés, ou celui – plus symbolique – portant sur l’ouverture des sites d’entraînement qui ne coïncidera pas nécessaire avec celle du Village des Athlètes. Lesdits sites devraient ainsi en grande partie ouvrir leurs portes dans les huit jours qui précéderont le début des épreuves, soit une économie de 1,6 million d’euros.

Visuel de l’Esplanade des Invalides, site hôte des épreuves paralympiques de para-tir à l’arc (Crédits – Paris 2024)

Le rehaussement du budget d’organisation des Jeux de Paris 2024 intervient dans une période charnière pour les parties au projet.

En effet, en abordant prochainement l’année 2023, les organisateurs s’engageront pleinement dans la dernière ligne droite avant la livraison de l’événement.

Dans cette perspective, Paris 2024 avait récemment exprimé sa volonté de ne pas se servir de façon trop significative de sa réserve pour aléas d’un montant de 315 millions d’euros. Aussi, les organisateurs ont à ce stade fait savoir qu’un matelas de sécurité de 200 millions d’euros était encore à disposition pour potentiellement palier à de nouvelles dépenses.

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