Paris 2024 fait le choix de Thomas Jolly comme Directeur Artistique des Cérémonies

A moins de deux ans de l’ouverture des Jeux d’été de Paris 2024, le calendrier s’accélère progressivement pour les organisateurs, qui ont officialisé aujourd’hui l’identité du Directeur Artistique des Cérémonies et qui se préparent à plusieurs échéances-clés d’ici la fin de l’année 2022.

(Crédits – Paris 2024 / Florian Hulleu)

Comme pour chaque Olympiade qui se prépare, différents temps-forts viennent ponctuer les préparatifs, d’autant plus à l’approche de l’événement planétaire.

Aussi, en ce qui concerne Paris 2024, le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) s’engage aujourd’hui dans un intense dernier trimestre 2022 au cours duquel des annonces majeures seront présentées. Une façon de créer une dynamique porteuse jusqu’à l’ouverture des Jeux, le 26 juillet 2024.

A cette date et surtout avant, le Directeur Artistique des Cérémonies de Paris 2024 sera à pied d’œuvre pour offrir au monde un spectacle inédit, en dehors des standards traditionnels. Pour ce rendez-vous planifié sur les berges de la Seine, le long d’un linéaire de 6 kilomètres entre le Pont d’Austerlitz et le Pont d’Iéna – avec un point d’orgue au niveau du Trocadéro, face à la Tour Eiffel – le COJO a décidé de faire confiance à un jeune acteur et metteur en scène, en la personne de Thomas Jolly.

Âgé de 40 ans, ce natif de Rouen (Seine-Maritime) a été choisi par Paris 2024 à l’issue d’un long processus de réflexion autour du message souhaité et de l’ambition affiché des organisateurs pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, mais également pour les trois autres Cérémonies qui viendront ceinturer l’événement puis les Jeux Paralympiques avec, pour ces derniers, une ouverture envisagée Place de la Concorde.

Aussi, comme l’a exposé Thierry Reboul, Directeur de la Marque, des Événements et des Cérémonies de Paris 2024 au cours d’un briefing organisé avec les médias :

On cherche en général un univers, et il y a plusieurs possibilités sur cette direction artistique. Cela peut se traduire par un chorégraphe, comme Philippe Decouflé (Albertville 1992), un réalisateur, comme ce fut le cas à Londres avec Danny Boyle, mais on peut aussi prendre des univers différents et choisir le leadership à l’un de ces univers.

Notre conviction, assez rapidement concernant les Cérémonies en ville, a été de chercher un profil plutôt spécialisé dans le spectacle vivant.

Pour autant, avant d’arriver à cette réflexion, nous avons vu environ 70 profils que nous sommes allés chercher dans l’ensemble des domaines cités.

A l’aune de cette réflexion et des éléments dégagés au travers des entretiens réalisés, le profil de Thomas Jolly a été identifié comme étant le plus à même de révolutionner les codes des Cérémonies, et particulièrement ceux des Cérémonies d’ouverture qui auront lieu au cœur de la « Ville Lumière », loin du cadre et de l’acoustique d’un Stade Olympique.

Pour Thierry Reboul, le choix du COJO s’explique pour plusieurs raisons ainsi détaillées :

Premièrement, Thomas Joly représente ce spectacle vivant.

Deuxièmement, il est aussi tenant de la jeune garde théâtrale, et ce mouvement et cette jeunesse nous ont intéressé.

Troisièmement, il a aussi déjà fait preuve d’audace – en dépit de son jeune âge – et c’est une caractéristique qui nous intéresse beaucoup, avec également sa capacité à mêler une connaissance à la fois classique, à la fois plus pointue, et une capacité grand public.

Portrait de Thomas Jolly, choisi par Paris 2024 pour être Directeur artistique des Cérémonies (Crédits – Olivier Metzger / Modds)

Le challenge s’annonce particulièrement relevé. Il marquera à n’en pas douter la carrière déjà prolifique de Thomas Jolly qui a débuté le théâtre dès 1993, avant de rejoindre l’option théâtre du lycée Jeanne d’Arc à Rouen, puis les bancs de l’Université de Caen (Calvados) pour suivre et décrocher une Licence d’études théâtrales, avant d’intégrer la première promotion de la compagnie de la Cité Théâtrale (ex-ACTEA).

Plus tard, dès 2003, Thomas Jolly entre à l’École Nationale Supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Bretagne à Rennes (Ille-et-Vilaine), sous la direction de Stanislas Nordey. Cette période, riche en enseignements, l’amènera par la suite à fonder sa propre compagnie en Normandie, « La Piccola Familia ».

Les mises en scène se multiplient progressivement, entre « Arlequin poli par l’amour » de Marivaux en 2006, « Toâ » de Sacha Guitry trois ans plus tard – qui sera notamment récompensé du Prix du public au Festival Impatience organisé au Théâtre de l’Odéon à Paris -, mais encore « Piscine (pas d’eau) » de Mark Ravenhill en 2011.

A l’aube d’une nouvelle décennie, Thomas Jolly s’illustre dans des œuvres singulières qui, rétrospectivement, peuvent pour partie expliquer le choix de Paris 2024.

De fait, avec Le Trident – Scène Nationale de Cherbourg-Octeville, le metteur en scène élabore le spectacle déambulatoire « Une nuit chez les Ravalet », ainsi que deux spectacles-concerts accompagnés de l’ensemble baroque « Les Cyclopes », à savoir « Pontormo » en 2008 et « Musica Poetica » en 2011.

Mais surtout, à partir de 2010 et quatre années durant, il porte à la scène « Henry VI » du célèbre dramaturge britannique, William Shakespeare, dans une trilogie de quelques 18 heures qui fera l’événement lors du Festival In d’Avignon en 2014.

Cette audace lui vaudra plusieurs récompenses, parmi lesquelles le Molière 2015 de la mise en scène, ou encore le Prix Beaumarchais – Le Figaro 2014, et le Grand Prix de l’Association Professionnelle de la Critique.

En 2015, une autre œuvre de Shakespeare inspire Thomas Jolly, avec « Richard III », dans lequel il est à la fois metteur en scène et interprète.

Les deux pièces shakespeariennes donnent en outre naissance à deux créations travaillées et raccourcies, conçues comme un revers ou un miroir déformant, à savoir pour la première citée, « H6m2 » et pour la seconde « R3m3 ».

Ces dernières années, l’artiste normand a collaboré à deux reprises avec France Télévisions, d’abord avec « Les chroniques du Festival d’Avignon », programme court diffusé en 2016, puis « Le Théâââtre », une mini-série diffusée en 2018. Sur ces deux années, il concevra également deux créations pour le Festival d’Avignon, avec « Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse » et « Thyeste » de Sénèque en ouverture de la 72ème édition du célèbre festival.

Fort d’une expérience théâtrale certaine, Thomas Jolly a aussi eu l’occasion de mettre en scène de l’opéra, comme « Fantasio » d’Offenbach à l’Opéra Comique en 2017, ainsi que de la comédie musicale.

Dirigeant Le Quai – Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire depuis janvier 2020, il est d’ailleurs actuellement à l’œuvre sur la mise en scène de la comédie musicale culte de Michel Berger et Luc Plamondon, « Starmania », dont le spectacle doit se tenir dès l’automne 2022 sur la Seine Musicale à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), avant une tournée en France.

Visuel de la Seine olympique pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024 (Crédits – Paris 2024 / Florian Hulleu)

Pour Paris 2024, Thomas Jolly devra mettre en mouvement son imagination, avec le souci – qui ajoute à la complexité des Cérémonies d’ouverture – de penser une animation et une narration artistique qui soit à la fois spectaculaire pour le public présent in situ et pour les centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde.

Dans les mois à venir, le fraîchement désigné Directeur Artistique des Cérémonies devra s’entourer d’équipes venant d’univers variés et ce, dans le but de créer un spectacle unique mêlant chorégraphies et show musical dans une ambiance festive et au sein d’un cadre urbain comme imposante toile de fond.

En 2024, le résultat pourrait être à la mesure de l’ambition affichée par Paris 2024 : populaire et grandiose à la fois.

Si les jauges de spectateurs restent encore à déterminer avec précision, le COJO avance tout de même sur la question de la billetterie.

Concernant la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, les précieux sésames seront ainsi proposés à la vente à compter du mois de mai 2023, avec sur les quais bas, un premier prix annoncé à 90 euros et un prix maximal qui devrait reprendre les standards de ces dernières années en se rapprochant, voire en dépassant, la somme de 2 500 euros.

Sur les quais hauts de la Seine en revanche, les spectateurs pourront accéder au spectacle gratuitement. Sur ce point, les organisateurs n’ont pas manqué de faire mention que les quais hauts pourront rassembler quatre à cinq fois plus de spectateurs que sur les quais bas selon les configurations actuellement étudiées. Une manière de montrer que l’événement planétaire sera le plus accessible qui soit.

Pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques cette fois, la Place de la Concorde pourrait être sanctuarisée au cours de la prochaine réunion du Conseil d’administration de Paris 2024.

A cette occasion – le 20 octobre – les membres dudit Conseil feront état des discussions menées avec le Comité International Paralympique (IPC) qui, appréciant le fait de sortir du stade, cherche néanmoins à obtenir des garanties quant à l’accessibilité du site parisien et à la jauge possible de la plus grande place de la capitale française (8 hectares).

Sur le papier, au moins 30 000 personnes pourraient venir s’installer dans des tribunes temporaires, mais les discussions en cours pourraient aboutir à un rehaussement de l’ambition afin de profiter au maximum d’un écrin patrimonial aussi exceptionnel, en contrebas des Champs-Élysées.

Pour la billetterie des Cérémonies paralympiques, il faudra attendre quelques mois de plus après celle consacrant notamment les Cérémonies olympiques, les organisateurs annonçant ainsi l’automne 2023 pour pouvoir se procurer des places.

La scénographie envisagée dans les Jardins du Trocadéro, face à la Tour Eiffel, pour le point d’orgue de la Cérémonie d’ouverture des Jeux (Crédits – Paris 2024 / Florian Hulleu)

D’ici la fin de l’année, plusieurs autres rendez-vous préparatoires importants viendront ponctuer l’actualité de Paris 2024, comme l’a précisé Michaël Aloïsio, Directeur de Cabinet du Président du COJO, Tony Estanguet.

Ainsi, mercredi 05 octobre 2022, le parcours du marathon des Jeux de Paris 2024 sera dévoilé et fera à n’en pas douter la part belle des plus belles vues sur les monuments de la « Ville Lumière ». Ce tracé attendu sera par ailleurs le même que celui du « marathon pour tous » qui aura lieu au moment des JO et qui sera ouvert au public détenteur d’un dossard.

Trois jours plus tard, dimanche 08 octobre, Paris 2024 donne rendez-vous sur la Place de la Bastille pour célébrer la première Journée Paralympique, en présence du Président de l’IPC, Andrew Parsons, et d’une pléiade de para-athlètes mobilisés pour sensibiliser et initier jeunes et moins jeunes à la pratique du handisport.

Par la suite, à la mi-octobre, des éléments de compréhension du futur Programme des Volontaires de Paris 2024 seront présentés, avant que, sur la semaine du 07 novembre, ne soit dévoilée la mascotte des Jeux.

Enfin, moins d’un mois plus tard, à compter du 1er décembre 2022, les inscriptions pour la billetterie de Paris 2024 seront officiellement ouvertes selon des modalités préalablement exposées.

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