Dans le cadre de sa campagne pour un troisième mandat à la tête de la capitale britannique, Sadiq Khan avait récemment évoqué la perspective d’une candidature aux Jeux d’été de 2040 et son intention d’étudier les conditions d’installation d’une telle entreprise, qui pourrait in fine faire de Londres, la première Ville Olympique quadruple hôte des Jeux, après les éditions de 1908, 1948 et 2012.

Avec plus de onze points d’avance sur sa rivale du Parti Conservateur, Sadiq Khan a été réélu cette semaine pour un troisième mandat historique en qualité de Maire de Londres, rassemblant sur son nom 43,8% des suffrages.
Après avoir remporté les clés de la capitale britannique en 2016 – prenant le relais du conservateur Boris Johnson – l’élu travailliste avait déjà été confirmé dans ses fonctions en mai 2021. Désormais, Sadiq Khan entend mettre en application ses engagements de campagne déclinés ces jours-ci au travers d’un Manifeste pour rendre la ville aux près de 9 millions d’habitants, plus juste, plus sûre, plus verte et plus prospère.
Parmi lesdits engagements figure d’ailleurs la promesse d’étudier et, le cas échéant, d’accompagner le développement d’une candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2040.
Si l’édile londonien avait un temps envisagé une candidature pour l’édition 2036, il semble à présent acquis que Londres visera davantage l’échéance suivante, sauf si le contexte permet de réviser le positionnement calendaire.
De fait, comme il l’a énoncé dans le cadre de son Manifeste de campagne qui place le sport comme un axe majeur de sa politique internationale, Sadiq Khan précise que :
Certaines des plus grandes réalisations sportives de Londres sont issues des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012. Nous avions alors assisté à la régénération du Parc Olympique, à la création de milliers d’emplois et, bien sûr, à la Cérémonie d’ouverture.
Je veillerai à ce que Londres connaisse à nouveau cet enthousiasme et ce succès, et j’étudierai une candidature pour les Jeux Olympiques et Paralympiques les plus verts en 2040.

La promesse de Jeux verts avait déjà été avancée par le Maire de Londres au cours de l’été 2022 et ce, en marge des célébrations entourant le dixième anniversaire des JO 2012.
Ainsi qu’il l’avait exposé :
Nous travaillons sur un plan pour ramener les Jeux Olympiques à Londres, et je vais vous dire pourquoi.
On a vu ces derniers jours les conséquences du changement climatique avec la canicule et les incendies. Ce dont nous avons besoin, c’est de nous assurer que les futurs Jeux seront verts et ce que nous faisons justement, c’est de travailler sur un plan pour avoir les Jeux les plus verts de tous les temps.
La grande chose à propos de Londres est que vous ne dépensez pas de carbone pour construire de nouveaux stades, de nouveaux endroits pour faire du vélo, de nouveaux endroits pour faire de la natation, car nous avons tout le kit.
Auparavant, Sadiq Khan avait eu l’opportunité d’aborder le sujet d’une nouvelle candidature à maintes reprises depuis 2019, et notamment dans le cadre de sa précédente campagne conduite dans la perspective de son second mandat municipal au printemps 2021.
Dans l’hypothèse où une candidature viendrait à se formaliser dans les mois à venir, Londres entrerait en concurrence avec un certain nombre de villes et de territoires qui se sont officiellement ou officieusement positionnés pour l’accueil des prochains Jeux d’été non-encore attribués, à commencer par l’édition de 2036.
L’entrée de la capitale britannique dans la course apporterait de surcroît une dynamique supplémentaire pour le nouveau modèle de sélection des Futurs Hôtes, alors que le Président du Comité International Olympique (CIO) s’est dernièrement satisfait du regain d’attractivité des Jeux auprès des potentiels candidats.

Sur ce point, l’Inde apparaît comme un outsider certain, le pays étant plus déterminé que jamais à recevoir dans les années futures l’événement planétaire sur son sol, malgré des faiblesses persistantes. En Asie toujours – qui constitue désormais un ancrage solide du Mouvement olympique – l’Indonésie est aussi sur la ligne de départ, tout comme la Corée du Sud et possiblement la Chine, ces deux pays ayant déjà respectivement accueilli les Jeux à deux reprises, dans une configuration estivale (Séoul 1988, Pékin 2008), puis hivernale (PyeongChang 2018, Pékin 2022).
Plus à l’ouest, la quête des Jeux est également une motivation pour la Turquie, le Qatar, éventuellement l’Arabie Saoudite et, pour le continent africain, l’Égypte.
Ailleurs dans le monde, des projets pourraient émerger du côté de la Hongrie, de la Pologne, de l’Espagne, voire même au niveau du Canada ou du Chili.
Si l’on considère plus particulièrement l’échéance de 2040, l’Afrique du Sud pourrait elle-aussi se mettre à rêver d’accueillir les Jeux d’été, qui interviendraient alors trente ans après la Coupe du Monde de football 2010 et quarante-cinq ans après la Coupe du Monde de rugby 1995, deux événements ayant profondément marqué le pays. Cette échéance de 2040 pourrait en outre être visée par l’Allemagne, même si 2036 représente une option en dépit des critiques quant au souvenir des JO 1936.

Pour Londres en tout cas, les infrastructures existent déjà en majorité, en grande partie localisées sur le périmètre du Queen Elizabeth Olympic Park, directement hérité des JO 2012 et dont la transformation se poursuit encore aujourd’hui.
Un nouveau concept olympique et paralympique ne s’appuierait dès lors que sur des aménagements temporaires et sur un nouveau Village des Athlètes qui laisserait en héritage un panel de logements à destination de la population.
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