JO 2036 : Une candidature de Londres pour stimuler le sport britannique ?

Agence gouvernementale chargée de l’investissement dans le sport olympique et paralympique Outre-Manche, UK Sport entend dès à présent mobiliser les autorités compétentes et les partenaires privés afin de créer les conditions d’une candidature de Londres à l’organisation des Jeux d’été de 2036.

Cette idée – exprimée aujourd’hui par la Directrice Générale de l’agence auprès du site Standard Sport – viserait avant toute chose à stimuler les investissements en faveur du sport de haut niveau et ce, afin de permettre au Royaume-Uni d’atteindre la première place au tableau des médailles à moyen terme.

Après un financement à hauteur de 550 millions de livres sterling (640,1 millions d’euros) pour la période précédent les Jeux de Tokyo 2020, UK Sport – dont la mission est assurée par la perception de taxes gouvernementales et de recettes issues de la loterie nationale – souhaiterait ainsi obtenir des garanties pour une enveloppe globale de 1 milliard de livres sterling pour le prochain cycle (1,16 milliard d’euros).

Liz Nicholl, Directrice Générale de UK Sport (Crédits – UK Sport)

Selon Liz Nicholl, un tel geste favoriserait la montée en puissance des athlètes britanniques qui, lors des Jeux de Rio 2016, avaient ramené 67 médailles, soit un niveau historique pour le Royaume-Uni depuis les Jeux de Londres en 1908.

Mais surtout, avec 29 titres glanés au Brésil, les athlètes de Sa Majesté avaient permis au Royaume-Uni de se hisser à la seconde place au tableau des médailles, derrière les États-Unis (46 titres ; 121 médailles) et devant la Chine (26 titres ; 70 médailles). Une progression exceptionnelle, d’autant plus lorsque l’on constate que, vingt-ans auparavant, durant les Jeux du Centenaire à Atlanta, les athlètes britanniques n’avaient remporté que 15 breloques, dont un seul titre.

Comme l’a ainsi précisé Liz Nicholl :

Le scénario de rêve consisterait à investir un niveau incroyable à long terme pour nous permettre de figurer au premier rang du tableau des médailles olympiques.

Il n’y a aucune raison pour que, si cette nation souhaitait être la première, nous ne le pourrions pas. Je pense vraiment que nous pourrions atteindre cet objectif si nous disposons des bonnes ressources.

Accueillir les Jeux Olympiques donnerait une plus grande concentration encore pour devenir les meilleurs au monde.

Pour acter cette perspective ambitieuse, UK Sport devrait d’abord obtenir toutes les garanties de la part des autorités gouvernementales et ce, alors que les regards sont aujourd’hui tournés en direction des négociations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne concernant la crise du Brexit.

Ensuite, en fonction du retour institutionnel, il faudrait encore convaincre la Ville de Londres de se porter à nouveau candidate, puis la British Olympic Association, qui du fait de son rôle de Comité National Olympique (CNO), est seule autorité compétente pour présenter un projet auprès du Comité International Olympique (CIO).

Comme le mentionne en effet la Règle 27.4 de la Charte Olympique :

Les CNO ont compétence exclusive pour sélectionner et désigner la ville qui peut présenter sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques dans leurs pays respectifs.

Le Texte d’application de la Règle 33 de ladite Charte précise en outre que :

Les autorités publiques compétentes d’une ville peuvent, avec l’approbation du CNO du pays concerné, soumettre une candidature à l’organisation des Jeux Olympiques, auquel cas la ville est considérée comme ville candidate.

Ces autorités et le CNO doivent garantir que les Jeux Olympiques seront organisés à la satisfaction du CIO et aux conditions exigées par celui-ci.

Vue d’une partie du Parc Olympique des Jeux de Londres 2012 (Crédits – Queen Elizabeth Olympic Park)

Quoiqu’il en soit, une potentielle candidature britannique bénéficierait de l’héritage des infrastructures bâties pour les Jeux de la XXXème Olympique en 2012. Au sein du Queen Elizabeth Olympic Park, plusieurs équipements majeurs demeurent en effet en place et ce, même si leur capacité globale a été réduite depuis sept ans afin d’adapter les lieux à de nouveaux usages.

D’une capacité initiale de 80 000 places, le Stade Olympique a par exemple connu une cure de jouvence après la clôture des Jeux pour atteindre le nombre plus adéquat de 57 000 places pour les rencontres de football du club résident de West Ham.

Le Centre Aquatique a pour sa part été reconfiguré avec la suppression des ailes monumentales qui avaient permis d’établir une capacité de 17 500 sièges au moment des festivités olympiques. Aujourd’hui, le site peut recevoir jusqu’à 3 500 spectateurs lors d’événements majeurs, comme les Championnats d’Europe de Natation en 2016. Au-delà du seul fait logistique, le succès de la reconversion se trouve aussi dans l’usage quotidien du site, avec l’accueil de nombreux groupes scolaires et la venue de plus de deux millions de visiteurs depuis 2014 et l’ouverture de l’équipement au public.

Vue des bassins et des tribunes du Centre Aquatique de Londres (Crédits – Zaha Hadid Architects)

Si les étapes sont encore longues avant le dépôt éventuel d’une candidature, force est de constater que cette dernière pourrait avoir de fortes chances de succès dans le cas où toutes les conditions pré-mentionnées seraient réunies.

Contrairement à la pratique passée qui voulait qu’une alternance tacite des continents soit en vigueur dans le cadre de l’attribution d’une édition des Jeux à l’autre, rien n’empêche aujourd’hui à ce qu’un même continent, voire même à ce qu’un même pays, obtienne l’organisation de l’événement à une intervalle resserrée.

Il faut dire que les temps ont changé dans l’univers olympique, avec une raréfaction constatée des candidatures – pour les Jeux d’hiver mais aussi pour les Jeux d’été – et une nouvelle philosophie du concept des Jeux adoptée par le CIO.

Ce dernier – qui se rendra à Pékin (Chine) en 2022 après y avoir été en 2008 – pourrait dès lors trouver des avantages non-négligeables dans la proposition londonienne. La tenue des Jeux en 2036 illustrerait ainsi la nouvelle vision du Mouvement Olympique, largement basée sur la durabilité, l’héritage et la maîtrise des coûts, un engagement actuellement à l’œuvre autour des préparatifs des Jeux de Paris 2024 et de Los Angeles 2028.

Dans le cas où Londres se porterait candidate et serait in fine désignée comme Ville Hôte – aux alentours de l’année 2029 -, la capitale britannique inscrirait son nom au sommet du palmarès olympique.

Après avoir été la première ville à accueillir les Jeux à trois reprises, elle deviendrait en effet la première ville de l’histoire à accueillir quatre Olympiades, après les éditions de 1908, 1948 et 2012.

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