Si la Ville Hôte des Jeux d’hiver 2010 décidait de sauter le pas d’une candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2036, l’appui populaire serait modérément au rendez-vous à en croire un récent sondage.

Un temps candidate pour accueillir les Jeux d’hiver à l’horizon 2030, Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) avait finalement été contrainte de se retirer de la course face à des considérations politiques et, en filigrane, une opinion publique à l’avis fluctuant.
Aussi, alors que les conditions ne sont plus aujourd’hui réunies pour envisager une telle entreprise en Colombie-Britannique, la publication d’une enquête sondagière par Research Co.* est venue relancer l’idée d’une candidature, non pas pour l’accueil des Jeux d’hiver, mais pour celui des Jeux d’été de 2036. Une possibilité déjà évoquée par le passé, que ce soit à l’échelle de Vancouver et sa région, ou au niveau d’autres territoires du Canada, avec notamment l’option d’une alliance Montréal-Toronto esquissée en début d’année 2021.
Pour Vancouver, la tendance actuelle fait apparaître un avis global mitigé, même si davantage de sondés se positionnent favorablement sur la question d’une éventuelle candidature.
Concrètement, 49% des personnes interrogées qui résident en Colombie-Britannique ont déclaré que Vancouver devrait s’engager sur la piste des JO 2036, tandis que 40% ont exprimé un avis opposé. Au-delà de cette dualité marquée, 11% des sondés n’expriment pas à ce stade une quelconque opinion.
Sans surprise, les plus jeunes se montrent plus enthousiastes que leurs aînés, avec ici 61% des 18-34 ans qui affichent une opinion favorable pour la mise en œuvre d’une candidature pour 2036. Chez les 35-54 ans, cette opinion n’est en revanche partagée que par 48% des sondés. Un chiffre qui chute à 42% chez les plus de 55 ans.
Autre enseignement intéressant à noter, en tenant compte des données ethniques, 63% des sondés parmi les populations issues des Quatre Premières Nations encouragent le développement d’une candidature, sachant que la réconciliation constituait une priorité pour les porteurs du projet pensé pour les JO 2030. Les personnes ayant des origines sud-asiatiques sont également particulièrement sensibles à l’idée d’une candidature, 76% des sondés y étant ainsi favorables.
Ces chiffres sont en tout cas à mettre en perspective avec les résultats d’un précédent sondage déjà réalisé par Research Co. et dont la publication date du 21 novembre 2022.
A ce moment-là, les habitants de la Province de Colombie-Britannique affichaient une certaine défiance, avec alors 45% d’opposants à l’idée d’une candidature estivale de Vancouver, 42% étant en revanche favorables à une initiative pour les JO 2036.
Le gain de popularité engrangé depuis ce sondage ne doit toutefois pas être interprété comme une volonté claire des habitants d’appuyer un projet qui n’est même pas à l’ordre du jour, au niveau de la Ville de Vancouver, de la Province ou de l’État fédéral. Le Mouvement olympique et paralympique canadien ne semble pas non plus envisager pour l’instant l’établissement d’une candidature qui surviendrait après le retrait contraint de Vancouver pour les JO 2030, et avant cela, de Calgary pour l’édition 2026.

Sur le plan des Jeux d’été, la dernière tentative canadienne à avoir été matérialisée par le dépôt officiel d’un projet remonte à la fin des années 1990 / début des années 2000, avec le projet porté par Toronto pour les JO 2008.
La capitale de l’Ontario – qui aurait pu se positionner pour 2024 – avait alors affronté la concurrence de Pékin (Chine), Paris (France), Osaka (Japon) et Istanbul (Turquie).
Dans cette course, Toronto avait toutefois été distancée dès le premier tour de scrutin, le 13 juillet 2001, ne récoltant que 20 suffrages contre 44 pour la capitale chinoise, grandissime favorite. Ce score avait permis à la candidature canadienne de se maintenir au second tour, prenant l’avantage sur Istanbul (17 voix), Paris (15) et Osaka (6). Au tour suivant, Pékin rafla néanmoins la mise en confortant son statut par 56 voix, contre 22 pour Toronto, 18 pour la capitale française, et 9 pour Istanbul.
Quelques années auparavant, Toronto avait tenté une première approche sur la scène olympique, visant ainsi l’organisation des Jeux du Centenaire (1996).
Là-encore, la concurrence fut rude, avec la présence d’Athènes (Grèce), Atlanta (Géorgie, États-Unis), Manchester (Royaume-Uni), Belgrade (Serbie) et Melbourne (Australie).
Dans le cadre du scrutin olympique, Athènes et Atlanta marquèrent de leur empreinte respective l’ensemble du processus, la première devançant la seconde au premier (23 voix contre 19) et au second tour (23 voix contre 20), la ville américaine recollant ensuite au score au troisième tour (26 suffrages chacune) avant de prendre les commandes au quatrième (34-30) pour in fine s’imposer largement au cinquième tour (51-35).
Face à ces deux favorites, Toronto parvint à tenir jusqu’au quatrième tour, avec 14, 17, 18 et 22 voix portées sur sa candidature, lui permettant d’osciller entre la troisième et la quatrième place. Derrière, Belgrade fut sortie d’entrée de jeu (7 voix), avant que Manchester ne soit écartée au deuxième tour (5), Melbourne quittant pour sa part la course à l’issue du troisième tour de table (16).
Hormis ces candidatures infructueuses, les espoirs du Canada pour l’obtention des Jeux d’été furent précédemment orchestrés par Montréal, lauréat des anneaux olympiques pour l’édition 1976, et qui tenta avant l’aventure pour les Jeux de 1972 finalement attribués à Munich (Allemagne) après deux tours de scrutin ayant mis en ballottage Madrid (Espagne) et Détroit (Michigan, États-Unis) en plus de Montréal et de Munich.
La cité bavaroise avait fait la course en tête au premier (21 voix) devant Madrid (16), Montréal (16) et Détroit (6), avant de l’emporter au tour suivant par 31 voix contre 15 pour la candidature canadienne et 13 pour la capitale espagnole.
Plus de deux décennies auparavant, le Canada aurait pu figurer parmi les candidats aux Jeux de 1940 qui ne furent jamais organisé en raison de la situation géopolitique en Asie et des répercussions de la Seconde Guerre Mondiale. Pour cette échéance, Montréal et Toronto avaient en effet un temps exprimé un intérêt pour présenter une candidature avant d’y renoncer.
* Sondage réalisé par Research Co. du 15 au 17 avril 2024 auprès de 801 habitants de Colombie-Britannique âgés de plus de 18 ans. Marge d’erreur de plus ou moins 3,5 points de pourcentage.
En savoir plus sur Sport & Société
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
