Présidentielle 2022 : Des sportifs français s’engagent contre l’extrême droite

A moins de quinze jours du second tour de l’élection présidentielle française (24 avril 2022) et alors que l’extrême droite semble plus proche que jamais des portes du pouvoir, plusieurs dizaines de sportifs tricolores lancent un appel à voter pour le Président de la République sortant, Emmanuel Macron.

(Crédits – Sport & Société)

Réunis tous ensemble, ces sportifs représentent des médailles et des trophées à foison, ayant écrit, ou écrivant actuellement, certaines des plus belles pages du sport hexagonal.

De Marie-José Pérec, légende de l’athlétisme, à Antoine Dupont, récemment auréolé du titre de meilleur joueur de rugby à XV au monde, en passant par le cycliste Thibault Pinot, l’ancienne nageuse Laure Manaudou, ou encore le Champion Olympique de tennis-fauteuil, Michaël Jeremiasz, et la judokate Clarisse Adbégnénou, tous ont choisi de prendre la plume aujourd’hui pour s’engager dans la bataille du second tour de l’élection présidentielle.

Alors que la représentante du Rassemblement National, Marine Le Pen, est arrivée en second position lors du premier tour, ce dimanche 10 avril, avec des réserves de voix et une capacité à entrouvrir les portes du Palais de l’Élysée à l’extrême droite, ces sportifs – et citoyens avant tout – lancent de facto un appel à voter en faveur du Président sortant, Emmanuel Macron.

Sans forcément approuver la politique de ce dernier, la cinquantaine de sportifs signataires de la tribune, publiée ce jour par « Le Parisien » et « France Info », estiment que l’arrivée au pouvoir de la représentante de l’extrême-droite – vingt ans après le séisme politique provoqué par la présence au second tour de la Présidentielle 2002 de son père, Jean-Marie Le Pen – serait en contradiction avec les valeurs du sport et de l’Olympisme et ce, alors que la France se prépare à l’accueil des Jeux d’été de Paris 2024 et, quelques mois avant, de la Coupe du Monde de rugby 2023.

Ainsi qu’ils l’affirment notamment :

Nous, sportives et sportifs français de tous horizons et de toutes disciplines, ne pouvons imaginer que ce moment historique soit marqué du sceau d’une présidence d’extrême droite.

Si nous sommes pleinement conscients des difficultés que traversent de nombreux Français, nous avons la conviction que le vote pour un parti qui mettrait en danger les valeurs républicaines serait le pire des remèdes.

Le sport auquel nous croyons, celui des valeurs de l’olympisme, est fait d’amitié et de respect ; il est le lieu de la mixité. Il refuse toutes les discriminations.

Partout sur le territoire, dans nos villes, nos banlieues et nos campagnes, le sport est un remède puissant à l’exclusion.

Cette prise de position est d’autant plus importante qu’elle intervient à une époque où l’engagement en France de personnalités publiques dans la sphère politique est sujette à critique, encore davantage à l’heure des réseaux sociaux.

Aussi, et comme un signe supplémentaire que ce positionnement témoigne de l’inquiétude soulevée par le résultat de dimanche soir auprès d’une partie de la population française, les signataires sont aussi bien des sportifs retirés des compétitions, que des athlètes encore en activité.

Cet engagement peut en outre s’interpréter comme une volonté – certes moins prégnante – d’appuyer une certaine continuité dans la préparation des événements à venir au cours des prochaines années, en particulier concernant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, plus grande manifestation sportive jamais organisée sur le sol français.

Emmanuel Macron lors des Journées Olympiques de Paris 2024 organisées en juin 2017 (Crédits – Sport & Société)

De fait, Emmanuel Macron a été l’un des artisans de la candidature de Paris 2024, n’hésitant pas à recevoir les membres de la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) peu après son élection à la tête du pays, en mai 2017, et ayant déjà eu l’opportunité de s’entretenir à maintes reprises avec le Président de l’institution aux cinq anneaux, Thomas Bach.

Durant la campagne promotionnelle, l’actuel Chef de l’État avait d’ailleurs mouillé la chemise – comme sur le terrain éphémère de tennis aménagé sur le Pont Alexandre III lors des Journées Olympiques en juin 2017 – et s’était pleinement mobilisé auprès de la candidature, que ce soit lors d’un déplacement à Lausanne (Suisse) en juillet 2017, ou dans le cadre d’un message vidéo adressé aux membres du CIO au jour de la confirmation de la Ville Hôte, en septembre de la même année, à Lima (Pérou).

Du côté de Marine Le Pen, le soutien à la candidature de Paris 2024 avait été évoqué dès l’année 2015 et ce, notamment afin de rassurer les potentiels futurs interlocuteurs en cas de victoire du projet olympique et paralympique deux ans plus tard.

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