La Commission de Coordination et Paris 2024 sur la même longueur d’onde

Mercredi, la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) et le Comité d’Organisation de Paris 2024 ont tenu une réunion à distance pour faire un point dans l’avancement des différents chantiers à l’aune de la situation liée à la crise du Covid-19.

(Crédits – Philippe Millereau / KMSP / CNOSF)

En juin 2019, les membres de la Commission de Coordination du CIO avaient pu profiter du cadre ensoleillé de Marseille (Bouches-du-Rhône) pour inspecter les infrastructures de la Cité Phocéenne et pour constater les progrès dans la mise en œuvre du projet de Paris 2024.

Ce mercredi 03 juin 2020, changement radical de décor. En raison du contexte sanitaire actuel lié à l’épidémie de Covid-19, la réunion annuelle entre la Commission et les organisateurs des Jeux – la troisième du genre – s’est en effet déroulée dans un format réduit et inédit.

Au cours de ce rendez-vous par visioconférence, les membres de la Commission de Coordination présidée par Pierre-Olivier Beckers-Vieujant ont pu échanger avec Tony Estanguet, Président du Comité d’Organisation des Jeux (COJO), mais aussi avec Étienne Thobois, Directeur Général de Paris 2024, Denis Masseglia, Président du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) et Marie-Amélie Le Fur, Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF). Outre les leaders du monde sportif, des représentants des Collectivités associées au projet – Ville de Paris, Métropole du Grand Paris, Département de la Seine-Saint-Denis, Région Île-de-France – ont aussi répondu présent pour cette réunion d’importance qui a bien sûr fait mention de la crise due au Covid-19 et des répercussions possibles sur la préparation des Jeux.

Aussi, la Commission de Coordination a tenu à réitérer sa pleine confiance à l’égard du COJO, tant pour l’avancement du projet que pour les efforts déjà consentis. Comme l’a ainsi déclaré le Président de la Commission à l’issue de la visioconférence :

Paris continue d’afficher sa détermination à livrer un nouveau modèle à la fois innovant et responsable pour l’organisation des Jeux.

Le report de Tokyo 2020 à 2021 et l’appel lancé par notre Président [Thomas Bach] à ‘renforcer encore davantage les réformes de durabilité et de faisabilité de l’Agenda olympique 2020 avec une autre phase de la Nouvelle Norme’, donnent l’impulsion nécessaire à toutes les parties prenantes pour aller encore plus loin dans cette ambition.

Nous avons hâte d’étudier de nouvelles opportunités et d’innover dans la préparation des Jeux pour l’avenir.

Derrière ce propos caractéristique du langage olympique, il convient de comprendre que les préparatifs des Jeux de Paris 2024 devront dorénavant se focaliser pour partie sur la réduction des coûts et sur une optimisation du concept jusqu’à présent développé. Autrement dit, faire mieux en dépensant moins.

Pour exemple, et comme l’a souligné la Commission de Coordination, l’un des points d’effort portera notamment sur la réduction du nombre de lits nécessaires au sein du Village des Athlètes, avec une capacité ramenée de 17 000 à 14 000 lits et ce, même si l’héritage en termes de logements pour la Seine-Saint-Denis n’est pas remis en cause.

Par la suite, les efforts qui seront réalisés par les organisateurs nippons des Jeux de Tokyo 2020 – avec éventuellement un format adapté des Cérémonies d’ouverture et de clôture de l’événement – pourraient bien constituer une source d’inspiration pour Paris 2024 mais également pour les futurs hôtes des Jeux d’été comme d’hiver. Il conviendra sur ce point d’attendre les prochains développements et les discussions entre les parties engagées dans le report de l’édition 2020, notamment au travers du Comité de pilotage conjoint et des Groupes de travail instaurés à Lausanne (Suisse) et à Tokyo (Japon).

Visuel du Centre Aquatique Olympique avec en avant, la passerelle de franchissement de l’autoroute A1 en direction du Stade de France (Crédits – Architectes: VenhoevenCS + Ateliers 2/3/4/ Image: Proloog)

La réunion par visioconférence de la Commission de Coordination et du COJO de Paris 2024 a par ailleurs permis d’aborder la question du choix des sites pour les sports additionnels avec la mobilisation de Tahiti pour le surf et de la Place de la Concorde pour les sports urbains.

Elle a en outre permis de constater l’avancement des initiatives actées au cours des mois écoulés – dévoilement de l’emblème des Jeux de Paris 2024 en octobre 2019, lancement du Label « Terre de Jeux 2024 » ou encore le projet de « Club 2024 » – mais aussi et surtout des chantiers engagés depuis le dernier rendez-vous entre les deux instances l’an passé, des chantiers qui concernent en particulier deux sites sportifs prévus pour les Jeux de 2024.

De fait, les membres de la Commission ont pu prendre connaissance du projet d’aménagement du futur Centre Aquatique Olympique qui doit être bâti à Saint-Denis par un groupement piloté par Bouygues Bâtiment Île-de-France. Ils ont également été informés de l’attribution récente par la Ville de Paris du marché de conception, de construction et d’exploitation de l’Aréna de la Porte de la Chapelle qui doit être édifiée dans le 18e arrondissement au cœur d’un quartier pour lequel un vaste projet de réhabilitation urbaine est projeté indépendamment des Jeux.

Au-delà de ces travaux à venir dont la Commission de Coordination du CIO s’est d’ores et déjà félicitée, Paris 2024 a aussi exposé les prochaines étapes en ce qui concerne l’aménagement du Village des Athlètes à cheval sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et L’Île-Saint-Denis.

Visuel de la partie du Village des Athlètes de Paris 2024 sur L’Île-Saint-Denis (Crédits – Pichet-Legendre / My Lucky Pixel / Metrochrome / Advento)

Il faut dire que les derniers mois ont permis de franchir une succession d’étapes capitales pour ce chantier majeur du dispositif olympique et paralympique.

En effet, après l’enclenchement d’une première phase de démolition du côté de Saint-Ouen, les porteurs du projet ont attribué des lots pour la construction des divers bâtiments qui hébergeront les athlètes durant les Jeux avant d’accueillir de nouveaux habitants au sein d’un écoquartier-modèle. Avec l’attribution de ces lots, puis avec la signature des promesses de vente pour les secteurs D et E du futur ensemble immobilier et paysager, ce sont aussi les visuels de la partie du Village sur L’Île-Saint-Denis qui ont été présentés à la fin de l’année 2019.

En complément de ces actions, l’actualité autour du Village des Athlètes a également mis en exergue la volonté de Paris 2024 et des acteurs associés – dont la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO) – de mobiliser la Seine et de recourir massivement à des matériaux recyclés ou biosourcés pour bâtir les infrastructures où seront logés les compétiteurs.

Aujourd’hui, après un arrêt forcé des chantiers compte-tenu des mesures de confinement décidées sur l’ensemble du territoire français par le Président de la République et le Gouvernement sur les recommandations du Conseil scientifique, les travaux ont pu reprendre progressivement sans impacter outre-mesure le calendrier prévisionnel, que ce soit pour le Village des Athlètes ou pour les autres installations pré-mentionnées.

Présentation de l’emblème des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, lundi 21 octobre 2019 (Crédits – Philippe Millereau / KMSP / Paris 2024)

Dans les semaines à venir, la célébration de la Journée Olympique – le 23 juin – devrait prendre une tournure particulière et évidemment adaptée au contexte sanitaire, tout comme d’ailleurs le compte-à-rebours des quatre années restantes jusqu’à l’ouverture des Jeux, le 26 juillet.

Par la suite, les acteurs de Paris 2024 devraient poursuivre leurs démarches pour penser un modèle optimisé des Jeux avec, point non-négligeable, le souci de respecter les impératifs budgétaires et ce, même si la conclusion de futurs partenariats pourrait être retardée en raison de la situation financière des entreprises au sortir de deux mois d’activités en baisse ou à l’arrêt.

Conscient de cette situation et des répercussions possibles de cette dernière concernant le Programme des Sponsors – 1,2 milliard d’euros à la clé -, Paris 2024 entend toutefois maintenir le cap avec pragmatisme. Comme l’avait d’ailleurs récemment indiqué Michaël Aloïsio, Directeur de Cabinet de Tony Estanguet, au cours d’un briefing avec quelques médias :

Aujourd’hui, personne n’est capable de définir avec précision les conséquences de la crise à un an, deux ans, trois ans, ou à quatre ans. Par contre, on peut d’ores et déjà initier des réflexions sans attendre pour se donner des marges de manœuvre afin d’avoir plus de flexibilité au moment où l’on devra peut-être s’adapter. C’est la réflexion que nous menons depuis plusieurs semaines.

L’idée est de se dire comment nous pouvons conserver ce qui fait la force des Jeux – la diversité des sports, le côté inspirant de l’événement – tout en se redonnant des marges, notamment financières pour être capable de s’adapter.

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