Une délégation d’élus du Queensland (Australie) s’est récemment rendue en Seine-Saint-Denis pour mesurer l’impact urbain des Jeux de Paris 2024 et l’héritage de ces derniers sur le territoire francilien et ce, alors que Brisbane se prépare à accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques en 2032.

Apprendre et s’inspirer des bonnes pratiques établies par les précédents Hôtes des Jeux.
Tel est le credo véhiculé ces dernières années par le Comité International Olympique (CIO) et adopté par les porteurs australiens du projet des JO 2032.
Dès la phase de candidature, Brisbane 2032 avait en ce sens cherché les clés de la réussite du concept des Jeux de Paris 2024, une délégation du Queensland ayant notamment eu l’occasion de se rendre dans la capitale française en septembre 2019 pour visiter certains sites-phares de l’édition tricolore – Roland Garros, Parc des Princes, Trocadéro, Champ-de-Mars, Tour Eiffel et Esplanade des Invalides – et de s’entretenir par ailleurs avec quelques représentants du Comité d’Organisation, parmi lesquels Étienne Thobois, Directeur Général de Paris 2024.
Plus de cinq ans après cette venue, et alors que les échanges se sont poursuivis de façon régulière entre les deux Hôtes des Jeux d’été 2024 et 2032, une nouvelle visite s’est opérée plus tôt ce mois-ci.
Des élus de Brisbane et du Queensland ont ainsi fait escale en Seine-Saint-Denis qui, l’été dernier, a abrité une partie des sites destinés aux compétitions, en plus d’être l’épicentre du Village des Athlètes en bordure de la Seine.
A cette occasion, Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental, Mathieu Hanotin, Maire de Saint-Denis, et Karim Bouamrane, Maire de Saint-Ouen, ont mené la visite en direction du Village bien sûr, mais aussi du Centre Aquatique Olympique édifié face au Stade de France, ainsi que dans et autour de la Gare Saint-Denis – Pleyel qui constitue l’un des ouvrages majeurs réalisés dans l’optique des Jeux au service de la modernisation des transports franciliens dans le cadre du vaste chantier du Grand Paris Express.

Le Maire de Brisbane n’a d’ailleurs pas manqué de saluer la qualité des infrastructures aménagées sur le territoire avant les JO 2024.
Comme l’a exposé Adrian Schrinner, l’une des figures historiques de la candidature puis du projet olympique et paralympique australien :
Nous avons été impressionnés par toutes les réalisations que nous avons vues ici.
C’est inspirant pour nous, et ça confirme notre intuition que les Jeux peuvent servir d’accélérateur pour de grands projets d’utilité publique.
Notre enjeu numéro un en termes d’héritage, ce sont clairement les transports. Il y a chez nous un trop grand usage de la voiture, dû notamment à une défaillance en matière de transports en commun. Nous voulons donc nous servir des Jeux pour développer notre système de transports publics.
Si la problématique des transports est un sujet important – et sensible – pour Brisbane 2032, celle de l’héritage social et sportif occupe également une place de choix pour les élus mobilisés lors de cette visite en France.
Aux côtés du Maire de Brisbane, l’édile de Logan espère ainsi se servir de l’expérience et des leçons de l’Olympiade française pour mettre à niveau les infrastructures existantes et, selon les besoins, bâtir de nouvelles installations pour le sport de haut niveau et la population.
Cela devrait en particulier se traduire par la construction du Logan Indoor Sports Centre qui, avec neuf terrains polyvalents et deux salles distinctes, pourra abriter du basket-ball, du volley-ball, du handball, du futsal, de la gymnastique, de l’escrime, du tennis de table, du badminton, du taekwondo, mais encore du rugby-fauteuil, du basket-fauteuil, ou du volley-ball assis.
Site d’entraînement planifié pour les JO 2032, l’équipement pourrait in fine – grâce à une jauge de 7 000 places – accueillir une partie des compétitions olympiques et paralympiques.
Aussi, comme a pu le souligner Jon Raven à l’issue de sa visite du Village des Athlètes :
Comme Saint-Denis, Logan est une ville périphérique populaire qui compte 230 cultures différentes. Et comme la Seine-Saint-Denis, nous souffrons d’un retard en termes d’équipements sportifs.
Face à leurs interlocuteurs, les élus de Seine-Saint-Denis ont quant à eux su insister sur la nécessité de capitaliser sur la venue des Jeux, rappelant au gré des étapes du parcours la place de ce territoire du Nord de Paris dans la cartographie des JO 2024 et l’empreinte laissée par les Jeux sur divers secteurs au-delà de la dimension sportive.
Ainsi que l’a affirmé Stéphane Troussel en guise de recommandation en souvenir des péripéties qui ont pu jalonné les préparatifs avec le remodelage du projet et des adaptations opérées en Seine-Saint-Denis, avec aussi une pointe critique à l’endroit du CIO :
Ne lâchez jamais rien sur l’héritage.
Les piscines, la rénovation des routes, les logements, tout ce qui restera après les Jeux, ce n’est pas la préoccupation du CIO, c’est la vôtre.

Au cours des sept prochaines années, les élus locaux et régionaux – et évidemment les autres acteurs du projet olympique et paralympique – devront immanquablement parvenir à des compromis pour finaliser les préparatifs et assurer la livraison des Jeux dans les temps.
Les années ayant suivi la désignation officielle de Brisbane 2032 ont surtout été marquées par une crise de gouvernance entre l’État Fédéral australien et l’État du Queensland, avec en filigrane la répartition de l’effort budgétaire, et par les polémiques quant à la localisation d’une partie des sites, au premier rang desquels le Stade Olympique dont l’emplacement demeure sujet à discussions.
Quoiqu’il en soit, la révision du projet reposant sur 85% de sites existants ou temporaires devrait permettre d’ici le mois de mars 2025 de mieux appréhender la carte des infrastructures afin que la préparation des Jeux puisse enfin entrer dans une phase opérationnelle.
D’ici 2032, élus et responsables du projet australien auront de toute façon l’occasion de renouveler des visites sur le terrain, que ce soit en France ou aux États-Unis avant et après les Jeux de Los Angeles 2028. Comme avec l’Hexagone, mais dans une dimension distincte eu égard aux concepts, une délégation du Queensland s’était d’ailleurs déjà rendue sur place pour mesurer les enjeux liés à l’accueil de l’événement planétaire.
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