JO 2030-2034 : Salt Lake City affiche une préférence

Alors que le processus décisionnel des Jeux d’hiver de 2030 suit son cours – même si l’attribution n’interviendra pas au printemps prochain comme initialement envisagé – la candidature américaine de Salt Lake City affiche désormais une préférence pour l’échéance de 2034, tout en se disant disponible pour 2030.

Vue de la vasque rénovée des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002 (Crédits – University of Utah)

Jusqu’à présent, la candidature de la Ville Hôte des JO 2002 était – volontairement et stratégiquement – restée évasive quant à l’échéance hivernale visée pour l’organisation d’une nouvelle édition des Jeux.

Cette semaine néanmoins, le Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC) a été plus explicite, montrant une préférence certaine pour l’édition 2034, plus favorable selon lui au regard des conditions et contraintes liées au marketing et à la proximité organisationnelle des Jeux d’été de Los Angeles 2028.

Ainsi que l’a affirmé Susanne Lyons, Présidente de l’USOPC, face aux médias présents à l’occasion de la visite de la Commission de Coordination du Comité International Olympique (CIO) dans la « Cité des Anges » :

En raison des parrainages et d’un certain nombre d’autres activités commerciales, il est plus compliqué d’organiser deux éditions des Jeux si proches l’une de l’autre.

Nous avons donc indiqué au CIO une préférence pour 2034.

Mais préférence ne veut pas dire pour autant abandon de l’ambition olympique et paralympique à plus brève échéance.

De fait, comme l’a exposé celle qui sera prochainement remplacée à la tête de l’USOPC par Gene Sykes, ancien Directeur Général de LA 2028 :

Il y a des défis supplémentaires pour 2030 en raison de la proximité avec les Jeux de Los Angeles, mais comme nous l’avons clairement indiqué au CIO, s’ils ont besoin de nous pour 2030, nous trouverons un moyen d’y parvenir.

Nous sommes très attachés à la question de l’année qui convient le mieux à toutes les parties prenantes.

La délégation du Comité Salt Lake City – Utah prend la pose devant les anneaux olympiques au siège du CIO, à Lausanne, Suisse, mercredi 15 juin 2022 (Crédits – Comité SLC – Utah)

Aussi, en maintenant la porte ouverte pour les JO 2030, Salt Lake City se positionne en partenaire de confiance vis-à-vis de l’institution de Lausanne (Suisse) qui constate actuellement les difficultés de Sapporo (Japon) à convaincre plus largement encore l’opinion publique dans un contexte judiciaire défavorable pour Tokyo 2020, mais également le retard de Vancouver (Canada) dans l’alignement par rapport à ses concurrentes.

Dès lors, et bien que les critiques des autorités américaines en amont et lors des Jeux de Pékin 2022 ont pu froisser le CIO, ce dernier ne serait pas mécontent – loin de là – de parvenir à un accord avec la candidature de l’Utah, forte d’un taux d’adhésion populaire au zénith, d’un soutien institutionnel constant et de la qualité de ses infrastructures héritées des JO 2002.

D’ailleurs, comme un ultime message subliminal à l’égard du CIO, la Présidente de l’USOPC n’a pas manqué de rappeler la préparation optimale de Salt Lake City pour reprendre en main le flambeau des Jeux.

Ainsi qu’elle l’a affirmé au sujet du calendrier décisionnel récemment bouleversé :

Cela ne change pas grand chose pour nous, parce que je pense que notre niveau de préparation est tel que si les discussions ont lieu demain, nous serons dans le même état que pour des discussions conduites dans six mois.

Cela donne à certaines des autres villes en lice un peu plus de temps, je suppose, pour déterminer ce qu’elles doivent faire.

Le Président du CIO, Thomas Bach, lors d’une visite à Los Angeles, à l’été 2022 (Crédits – IOC / Greg Martin)

A l’instar de précédentes périodes charnières dans l’histoire du Mouvement Olympique, l’USOPC montre à nouveau sa capacité à répondre présent si, le moment venu, un appel est formulé à son endroit.

Par le passé, l’instance américaine avait déjà « sauvé » le CIO au moment de positionner Los Angeles pour les JO 1984, dans un contexte de Guerre Froide marqué par le boycott des Jeux de Moscou 1980 et des candidatures alors en déshérence.

Plus récemment, et après le retrait soudain de Boston, le projet de Los Angeles 2024 avait été remis sur le devant de la scène avant que l’abandon successif des candidatures en présence ne place la « Cité des Anges » dans une négociation à trois, avec le CIO et Paris 2024.

Avec habileté, la candidature californienne avait alors obtenu les JO 2028, bénéficiant au passage d’une contribution financière conséquente de la part du CIO et d’un engagement inédit pour la jeunesse.

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