Validée par les Alpes 2030, la carte des sites va désormais être présentée au CIO

Confirmant certaines positions, tout en consacrant le retour de Val d’Isère et l’arrivée de la Métropole de Lyon, la carte des sites des Alpes 2030 sera soumise à l’approbation du Comité International Olympique (CIO) ce lundi 22 juin 2026. Après de longs mois d’attente, de tensions et de bouleversements.

(Crédits – Alpes 2030)

La carte des sites des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver se dévoile enfin.

Profitant d’une séquence favorable, avec la présentation ce jeudi des emblèmes des Jeux et la tenue de la 146ème Session – extraordinaire – du CIO la semaine prochaine (24-25 juin), le Bureau Exécutif des Alpes 2030 de fait sanctuarisé les sites qui, sauf surprise, seront appelés à recevoir l’événement planétaire dans moins de quatre ans.

Au cours de la réunion de ce vendredi 19 juin 2026, ledit Bureau a validé la proposition qui va à présent être soumise à l’approbation du CIO dès ce lundi 22 juin.

Sur l’épineuse partie olympique, certains aspects demeurent préservés et n’ont pas été inquiétés au gré des discussions menées depuis l’attribution des Jeux à l’été 2024 et plus encore depuis l’adoption d’un « schéma préférentiel » l’an passé.

Ainsi, pour le pôle de la Haute-Savoie, le Grand-Bornand et La Clusaz seront en toute logique au rendez-vous des Jeux, les deux sites devant respectivement abriter le biathlon et le ski de fond.

Pour la Savoie, les épreuves de bobsleigh, de luge et de skeleton seront positionnées sur l’historique site de La Plagne, tel un clin d’œil aux Jeux d’Albertville 1992, dernière édition hivernale orchestrée dans l’Hexagone.

Concernant le reste du dispositif savoyard, les organisateurs se sont in fine entendus sur les mêmes bases que ce qu’ils avaient développé dans le cadre du « schéma préférentiel », à savoir un positionnement des compétitions de ski alpin à cheval sur Courchevel et Val d’Isère.

Édition 2023 du Critérium de la Première Neige à Val d’Isère, Savoie, France (Crédits – Club des sports de Val d’Isère)

Malgré un retour à la table des discussions rendu possible par un changement de gouvernance lors du dernier scrutin des élections municipales, Méribel reste donc sur le pas de la porte, elle qui fut à l’évidence écartée du dispositif pour faciliter le rayonnement de Val d’Isère, site de cœur de la légende du ski alpin tricolore, et acteur olympique de l’ombre dont la parole est toujours scrutée : Jean-Claude Killy.

Ce dernier s’était d’ailleurs ému de l’absence de Val d’Isère à la fin de l’année 2023 et ce, alors même que la station de la Tarentaise fut envisagée dès la présentation de la candidature pour la tenue des épreuves de slaloms féminin et masculin de ski alpin.

Comme l’avait exprimé avec force et conviction le triple Champion Olympique :

[Val d’Isère devrait rester sur la carte compte-tenu] de l’excellence de ses pistes et de ses infrastructures toutes existantes et rodées, son expertise de l’organisation, son histoire forte et sa passion pour le ski de compétition et l’Olympisme.

L’issue favorable à Val d’Isère était pourtant encore incertaine ces jours-ci, tant la pression s’était accentuée, avec un retour en force de Méribel et un investissement appuyé de certains acteurs politiques du projet alpin sur la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Aussi, sans doute conscient des soubresauts qui pourraient encore survenir au fil de l’avancée des préparatifs d’accueil des Jeux, le COJOP des Alpes 2030 a pris soin de préserver Méribel dans le cadre du communiqué publié à l’issue du Bureau Exécutif de ce jour :

Le COJOP tient à saluer l’engagement de l’ensemble des Collectivités Hôtes et des parties prenantes mobilisées dans ce travail, en particulier la candidature de Méribel.

Si le scénario retenu privilégie aujourd’hui Val d’Isère, Méribel demeure un partenaire important du projet Alpes 2030.

Le COJOP poursuivra ses échanges avec la station afin d’identifier les opportunités de valorisation et d’engagement qui pourraient s’inscrire dans la dynamique des Jeux.

Un propos qui laisse la porte entrouverte et qui ne condamne pas définitivement Méribel au rôle de spectatrice. Reste à savoir quel rôle pourrait désormais être dévolu à la station savoyarde qui espérait encore pouvoir composer le duo alpin avec Courchevel.

Façade Sud de la Halle Tony Garnier à Lyon (Rhône), probable site pour des épreuves de sports de glace des Jeux d’hiver des Alpes 2030 (Crédits – Halle Tony Garnier / Nicolas Tourancheau)

Au-delà de ces deux premiers clusters, la Région Auvergne-Rhône-Alpes sera également l’hôte des épreuves de glace et ce, conformément à la décision des Alpes 2030 de quitter Nice (Alpes-Maritimes) le mois dernier.

Si l’emplacement exact des compétitions – curling, patinage artistique, short-track et hockey-sur-glace – reste à définir, Lyon et ses alentours sont aujourd’hui assurés de faire partie du dispositif tricolore pour 2030. Une aubaine certaine pour la quatrième ville du pays qui, grâce à ce positionnement d’importance, sera à la pointe de la livraison des Jeux.

Plus au Sud cette fois, en Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, l’abandon de la piste niçoise à considérablement rebattu les cartes, avec désormais un seul et unique cluster d’accueil pour l’événement olympique de 2030.

De fait, le pôle du Briançonnais (Hautes-Alpes) est appelé à recevoir les épreuves freestyle, ainsi que le ski alpinisme, proposé comme sport additionnel des Jeux.

Le pôle précité se composera de Montgenèvre – déjà projetée en phase de candidature – et de La Salle-les-Alpes, commune dont le domaine skiable fait partie intégrante de la station de Serre-Chevalier.

Pour parachever enfin la carte des sites olympiques, le COJOP des Alpes 2030 a confirmé le positionnement de l’anneau du Thialf à Heerenveen (Pays-Bas) pour opérer les épreuves de patinage de vitesse.

Vue du Thialf, célèbre anneau de vitesse à Heerenveen, Pays-Bas (Crédits – Site officiel du Thialf)

Une option en dehors de la France qui fut évoquée dès la phase de candidature, le projet tricolore ne souhaitant pas agencer un anneau pérenne ou une structure temporaire de cette dimension, mais préférant miser sur un site expérimenté et reconnu à l’échelle mondiale. Avec ce choix, les Alpes 2030 prennent à leur compte la possibilité offerte à un Hôte par le CIO de s’allier avec un partenaire hors les frontières pour des raisons de topographie ou pour des considérations logistiques.

La proposition générale ainsi présentée par le Bureau Exécutif des Alpes 2030 reste néanmoins tracée en pointillés, le dernier mot devant revenir au CIO en sa qualité de maître des anneaux, le tout avec l’appui et l’expertise des Fédérations Internationales des sports olympiques d’hiver.

Aussi, comme l’a indiqué le COJOP dans son communiqué :

L’ensemble de ces propositions doivent faire l’objet de confirmations formelles par les différentes Collectivités Hôtes, y compris à l’étranger.

Des travaux techniques complémentaires avec les Fédérations Internationales et les Collectivités doivent permettre d’acter la distribution exacte des différents sports.

En attendant, la proposition alpine va être étudiée par le CIO et plus particulièrement à la Commission Exécutive, ce lundi 22 juin 2026. Par la suite, et sous réserve de l’accord de l’institution olympique, la carte des sites sera soumise aux voix devant l’Assemblée Générale du COJOP annoncée pour le 29 juin.

Capture d’écran du clip vidéo des Alpes françaises 2030 « Millième, notre vision » (Crédits – Alpes françaises 2030)

Parallèlement à la carte des sites olympiques, le Bureau Exécutif des Alpes 2030 a aussi abordé la problématique du cadrage des sites paralympiques.

Suivant une vision plus compacte du projet par rapport à la version initiale, les Alpes 2030 s’avancent ainsi avec un concept reposant sur un triptyque entièrement disposé en Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Comme évoqué ces derniers jours, Courchevel, La Clusaz et la Métropole de Lyon se partageront donc les épreuves paralympiques, sous réserve de la validation complète du dispositif par le Comité International Paralympique (IPC).

Alors que la première est destinée à orchestrer les compétitions de para-ski alpin et de para-snowboard, la seconde sera le théâtre du para-ski de fond et du para-biathlon, et la troisième abritera le tournoi de para-hockey-sur-glace, de même que les épreuves de curling-fauteuil.

Avec ce nouveau maillage, Méribel reste encore sur la touche, tandis que Montgenèvre se voit retirée du dispositif paralympique, les deux sites ayant au départ été envisagés pour le para-ski alpin d’un côté et le para-snowboard de l’autre.

Une cartographie resserrée pour des Jeux Paralympiques renforcés. L’espoir en tout cas des organisateurs qui acteront pleinement ce concept à l’issue de la phase d’approbation par l’IPC, soit peu ou prou au cours de la deuxième quinzaine du mois de juillet 2026.


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