Engagée dans la course à l’investiture allemande en vue d’une possible candidature aux Jeux d’été, Munich sera la première des prétendantes à consulter sa population pour savoir si cette dernière accorde ou non son soutien à la perspective d’un retour des anneaux olympiques en Bavière, plus de 50 ans après l’édition de 1972.

Après les échecs de ses candidatures hivernales pour 2018 et 2022, respectivement stoppée lors du vote final devant la Session du Comité International Olympique (CIO) pour la première, et au cours d’un référendum pour la seconde, Munich renoue aujourd’hui avec sa quête des Jeux, désireuse de montrer aux yeux du monde la qualité de ses infrastructures et son savoir-faire en matière d’accueil de grands rendez-vous internationaux.
De fait, trois ans après des Championnats Européens couronnés de succès, la capitale bavaroise entend bien se démarquer de ses rivales – Berlin, Hambourg et la Région Métropolitaine Rhin-Ruhr – dans la course interne pour incarner une future candidature allemande pour les Jeux d’été de 2036, 2040 ou 2044.
Mais avant d’espérer incarner les espoirs allemands sur la scène olympique et alors que la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB) poursuit son travail en vue de fixer l’objectif sur l’une des échéances précitées, Munich doit d’abord convaincre ses habitants de l’opportunité et du bien fondé d’une telle entreprise, sachant que l’envergure des Jeux est bien différente de celle qu’elle était aux début de la décennie 1970, lorsque la ville fut sous le feu des projecteurs, 36 ans après l’édition olympique de Berlin 1936.

Aussi, un référendum est en passe de se tenir in situ le 26 octobre 2025, premier du genre pour les postulantes allemandes engagées.
Une étape cruciale pour Munich et un véritable test pour le DOSB qui est attendu au tournant après les déconvenues de la Bavière pour les JO 2018 et 2022, et les échecs de Berlin 2000 et plus récemment Hambourg 2024.
En cas de succès, la candidature bavaroise sortira immanquablement en position de force, elle qui mise sur un concept faisant la part belle à la durabilité et à l’héritage ; les sites des Jeux de 1972 étant évidemment au cœur du projet.
En cas d’échec en revanche, la candidature devrait se retirer de la course, laissant les trois autres prétendantes seules en piste avant que ces dernières ne consultent à tour de rôle leur propre population.
Mais avant la consultation référendaire du 26 octobre prochain, Munich a récemment lancé une large campagne promotionnelle, se déclinant tant par des affiches colorées – avec QR Code intégré – mettant en scène des athlètes allemands et vantant les mérites d’une candidature, que par une bannière créée pour afficher son soutien au projet sur les réseaux sociaux.
Les porteurs dudit projet ont en effet pleinement conscience que la bataille se jouera pour partie sur les réseaux sociaux qui, déjà en 2018 et 2022, furent grandement utilisés par les opposants aux candidatures hivernales et qui, encore une fois, sont et seront un support de communication majeur pour les détracteurs des Jeux à Munich et ailleurs.
Si l’usage des réseaux sociaux peut avoir une incidence et faire pencher la balance du vote dans un sens ou dans l’autre, tout comme la campagne visuelle en cours, les autorités mobilisées – avec notamment le Maire de Munich en personne – savent que cela ne sera pas nécessairement suffisant.
Le retentissant fiasco de Hambourg 2024 est en ce point toujours bien présent dans les mémoires.
La candidature alors sélectionnée par le DOSB au détriment de celle de Berlin, avait multiplié les initiatives sur le terrain, avec des manifestations pour créer les anneaux olympiques avec des centaines de personnes, l’évocation d’une piste d’athlétisme dans une station ferroviaire, ou encore l’installation d’une maquette en forme de Stade Olympique dans le hall principal de l’aéroport international de Hambourg.
D’autres initiatives parfois singulières avaient par ailleurs émergé sur Internet, avec notamment la vente d’un album de vignettes à collectionner ou celle d’un pin’s aux couleurs de la candidature.
Ces efforts n’avaient toutefois pas permis d’inverser une tendance défavorable constatée dès l’annonce des projections budgétaires du projet olympique et paralympique, ces dernières portant sur un engagement massif des deniers publics.
L’issue du référendum avait en suivant fait péricliter une candidature pourtant intéressante sur bien des aspects, en particulier dans sa vision d’une transformation urbaine et d’une régénération spectaculaire d’une partie de la zone portuaire.

Dans le cas de Munich, l’existence de la majeure partie des sites nécessaires à l’organisation des Jeux plaide en faveur d’une candidature et constitue un atout incontestable.
Pour preuve, pas moins de 89% des installations sportives projetées pour les Jeux sont situées dans un rayon de moins de 30 kilomètres du secteur où est planifié l’édification du Village des Athlètes au nord-est de Munich.
De surcroît, dans le seul périmètre du Parc Olympique hérité des JO 1972, les artisans de la candidature prévoient la tenue d’environ la moitié des compétitions, avec une compacité exceptionnelle dans une zone de plus de 2 kilomètres de long.
Avec de telles données, Munich peut se faire l’incarnation de Jeux à taille humaine, même si sur ce point, la concurrence de Hambourg pourrait être féroce, la cité portuaire de l’Elbe misant sur un concept de Jeux des courtes distances en cœur de ville.
Pour apprécier le projet olympique et paralympique de Munich en prévision de dire stop ou encore, les habitants ont en tout cas commencé à recevoir par voie postale le bulletin de vote accompagné d’une enveloppe pour, soit prendre part au scrutin via le procédé de vote par correspondance, soit attendre le 26 octobre, jour au cours duquel ils pourront se rendre aux urnes de 08h00 à 18h00 dans l’une des 106 circonscriptions où ils sont électoralement rattachés.
L’envoi des plis doit se poursuivre jusqu’au 05 octobre, sachant que pour les électeurs désireux de s’exprimer par correspondance, ces derniers auront jusqu’au 26 octobre à 18h00 pour retourner leur bulletin auprès des services concernés.
Il est à noter que dans l’hypothèse où un citoyen munichois ne recevrait pas son bulletin et son enveloppe lui permettant d’accéder au scrutin, il lui sera toujours possible d’effectuer une réclamation avant le 25 octobre 2025 à 12h00.
En savoir plus sur Sport & Société
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
