JO 2036-2044 : Hambourg présente son concept de Jeux des courtes distances

Contrainte de se retirer de la course aux Jeux de 2024 après avoir vu son projet balayé à l’issue d’un référendum, Hambourg (Allemagne) présente aujourd’hui un modèle repensé où l’offre de sites existants ou temporaires se conjugue avec une extrême compacité du dispositif imaginé pour une future édition de l’événement planétaire.

Visuel du Stade Olympique projeté par la candidature de Hambourg, Allemagne, pour une future édition des Jeux d’été (Crédits – Hamburg+)

En mars 2015, après plusieurs mois d’une intense campagne, Hambourg avait réussi l’exploit d’éliminer Berlin lors du processus de sélection interne lancé par la Confédération Allemande des Sports Olympiques (DOSB), devenant alors la ville allemande en lice pour tenter de décrocher l’organisation des Jeux d’été de 2024.

La ville portuaire des bords de l’Elbe avait alors su apporter un certain vent de fraîcheur, tant dans l’approche de son projet que dans sa manière de communiquer autour d’une candidature ayant massivement utilisé les réseaux sociaux, se tournant également en direction de la jeunesse et misant aussi sur la promotion grandeur nature lors de manifestations populaires.

Néanmoins, en tardant à présenter les projections budgétaires de son projet jusque dans les dernières semaines avant la tenue d’un référendum, Hambourg 2024 s’était retrouvée dans une inconfortable position, le revers électoral infligé en novembre 2015 soldant in fine une aventure sans doute mal préparée malgré des propositions pertinentes, notamment en ce qui concernait le réaménagement urbain alors envisagé pour le secteur de la zone portuaire.

Cartographie des sites de l’Olympic Park City pensé par Hambourg, Allemagne, pour une future candidature aux Jeux d’été (Crédits – Hamburg+)

Près de dix ans après cette déconvenue, Hambourg se remet aujourd’hui à rêver en grand de l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.

La deuxième ville d’Allemagne – partie prenante du processus lancé ces derniers mois par le DOSB en vue de déposer une candidature aux JO 2036, 2040 ou 2044 – a ainsi dévoilé les contours d’un concept complètement remodelé, alliant les installations existantes à des projets de développement du territoire, le tout dans un esprit de durabilité et d’intégration dans l’environnement paysager.

Si la précédente candidature avait avancé l’idée de Jeux principalement orchestré dans un rayon de 10 kilomètres, Hambourg promeut désormais un concept encore plus ambitieux où la ville deviendrait une arène sportive à ciel ouvert.

De fait, sur 38 sites identifiés, le nouveau projet olympique et paralympique repose sur la promesse de mobiliser 87% de sites existants et 13% de sites temporaires, sachant surtout que 82% de ces sites seraient situés dans un rayon de seulement 7 kilomètres en plein cœur de la ville.

Pour tenir cette ambition, Hambourg entend principalement s’appuyer sur deux pôles que seraient l’Olympic Park City et l’Olympic Park Altona, ce dernier étant par ailleurs appelé à recevoir le Village des Athlètes.

Visuel du stade temporaire destiné au beach-volley sur le site de l’Heiligengeistfeld à Hambourg, Allemagne (Crédits – Hamburg+)

Pour le premier cluster, quatre endroits distincts se répartiraient pas moins de 17 sports olympiques et 13 sports paralympiques.

Dans le détail, le Parc des Expositions de Hambourg accueillerait en ses divers pavillons, les tournois de badminton (Hall A1 – 5 000 places) et de tennis de table (Hall B7 – 5 000), ainsi que les phases préliminaires du tournoi de basketball (Hall B6 – 10 000). La boxe (préliminaire – Hall A4 – 6 000), le judo (Hall A3 – 8 000), le taekwondo (Hall B6 – 5 000), la lutte (Hall A3 – 8 000), l’escrime (Hall B5 – 8 000), l’haltérophilie (Hall H – 5 000), mais encore la gymnastique rythmique (Hall A1 – 5 000) se dérouleraient aussi sur ce site. Durant les Jeux Paralympiques, ce même équipement abriterait le para-badminton, la boccia, l’escrime-fauteuil, le goalball, la para-haltérophilie, le rugby-fauteuil, le para-taekwondo et le para-tennis de table.

Les abords du lac Binnenalster et de Rathausmarkt – la place centrale de Hambourg – hébergeraient quant à eux le tournoi de basket 3×3 (4 000 places), ainsi que les épreuves de tir-à-l’arc, de cyclisme sur route et de triathlon, promettant aux compétiteurs et aux spectateurs de vivre les Jeux en cœur de ville. Ce secteur accueillerait par la suite le para-tir-à-l’arc, le para-cyclisme sur route, et de para-triathlon.

Toujours dans le périmètre ultra-compact de l’Olympic Park City, les autorités locales prévoient la tenue des épreuves de hockey-sur-gazon au niveau du Millerntor Stadion (20 000 places) et les compétitions olympiques de BMX freestyle et de beach-volley (15 000 places), sans compter le tournoi de cécifoot lors des Jeux Paralympiques dans le cadre d’enceintes temporaires aménagées sur le site d’Heiligengeistfeld qui accueille chaque année la grande foire du Hamburger Dom.

Cartographie des sites de l’Olympic Park Altona pensé par Hambourg, Allemagne, pour une future candidature aux Jeux d’été, avec notamment la présence du Village des Athlètes (Crédits – Hamburg+)

Concernant le second cluster, Hambourg compte mobiliser la Barclays Arena (13 000 places) pour les épreuves de gymnastique artistique et de trampoline, ainsi que pour les phases finales du tournoi olympique de basketball. Le tournoi paralympique de basket-fauteuil élirait lui aussi domicile dans cet écrin.

Outre la Barclays Arena, Hambourg prévoit de mettre à contribution le plus grand stade de son territoire.

Certainement inspirée par Paris 2024 avec la Paris La Défense Arena et par Los Angeles 2028 avec le SoFi Stadium, la candidature hambourgeoise entend ainsi solliciter le Volksparkstadion (57 000 places) pour y établir les épreuves de natation dans une configuration à définir mais qui promet d’ores et déjà une jauge d’au moins 17 500 places. L’aménagement d’une toiture au moins amovible au-dessus de la structure existante assurerait par ailleurs l’organisation des compétitions de plongeon et de natation synchronisée.

Adjacent à cette infrastructure, un nouveau stade serait édifié pour abriter les épreuves d’athlétisme avec une jauge de 60 000 places.

Alors que Hambourg avait projeté un stade modulable lors de sa candidature aux JO 2024, les élus locaux entendent aujourd’hui doter la ville d’une nouvelle structure moderne – indépendamment des Jeux et moyennant un coût prévisionnel d’au moins 500 millions d’euros – qui deviendrait l’écrin du club de football du Hambourg SV et qui servirait aussi dans le cadre de programmes à destination des scolaires et dans l’accueil d’événements culturels.

Visuel du Volksparkstadion de Hambourg, Allemagne, configuré pour les épreuves de natation (Crédits – Hamburg+)

Au-delà de ces deux clusters-clés, mais toujours dans un rayon de 7 kilomètres assurant une centralité optimale de son dispositif, Hambourg propose l’organisation des compétitions de cyclisme sur piste et de BMX racing dans le cadre du Parc des Sports Eimsbüttel où un vaste plan de modernisation est engagé par les autorités locales et où doit être en particulier construit un nouveau vélodrome de 5 000 places qui servirait aux épreuves précitées et au para-cyclisme sur piste.

Le tennis et le tennis-fauteuil résideraient logiquement sur le site du Rothenbaum Stadion qui abrite annuellement l’Open de Hambourg sur les circuits ATP (500) et WTA (250). A noter qu’à l’image de ce que Paris 2024 a pu proposer avec l’emblématique Stade Roland Garros, le site de tennis de Hambourg serait également hôte des rencontres finales de boxe (10 000 places).

Le volleyball élira domicile quant à lui du côté de l’Elbdome, nouvelle enceinte multifonctionnelle de 8 000 places dont les autorités locales ont déjà programmé la construction pour à terme servir aux sports collectifs indoor.

La natation en eau libre aurait pour cadre l’Außenalster – faisant face au lac Binnenalster précité – tandis que le pentathlon moderne pourrait avoir lieu dans le secteur de Kleiner Grasbrook (10 000 places), tel un clin d’œil au projet de 2024 dans lequel le site portuaire devait abriter les grandes infrastructures des Jeux comme le Stade Olympique et le Centre Aquatique Olympique.

Ces sites – au nord et à l’est de l’Olympic Park City – seraient par ailleurs complétés par le Derby-Park de Klein Flottbek (16 000 à 25 000 places). Implanté au sud de l’Olympic Park Altona, ce site existant accueillerait l’ensemble des épreuves d’équitation et de para-équitation.

Plus au sud encore, à la limite du rayon des 7 kilomètres dans lequel sont donc projetés la grande majorité des compétitions, Hambourg propose la tenue du tournoi de water-polo dans le cadre de l’Island Park Hall (5 000 places) dans le secteur verdoyant d’Inselpark.

Deux autres sites seraient en outre localisés à l’extérieur de ce rayon, mais néanmoins dans le périmètre de la ville, à savoir les collines de l’Harburger Berge pour les épreuves de VTT (2 000 places), et le Regattastrecke Dove Elbe (12 000 places) pour l’aviron et le canoë-kayak course en ligne. Le site serait ensuite l’écrin du para-canoë-kayak et du para-aviron. Il est à souligner en revanche que pour des raisons logistiques, le canoë-kayak slalom pourrait être localisé sur le site de Markkleeberg (Land de la Saxe).

Concernant les autres sports inscrits au programme des Jeux, le parcours de Gut Kaden, à 25 kilomètres de Hambourg pourrait héberger le tournoi de golf, alors que Kiel serait de nouveau de la partie – comme ce fut le cas pour la candidature aux JO 2024.

La ville portuaire du Land de Schleswig-Holstein donnant sur la mer Baltique abriterait ainsi les compétitions de voile (35 000 places), mais également les tournois de handball et de rugby à 7, dans les enceintes de la Wunderino Arena (10 000 places) et du Kiel Holstein Stadion (25 000 places).

Comme pour toute édition des Jeux, le tournoi olympique de football prendrait place pour sa part dans plusieurs villes et Länder du pays : Münster en Rhénanie du Nord-Westphalie avec le LVM-Preußenstadion (19 200 places), Magdebourg dans le Land de Saxe Anhalt avec l’Avnet Arena (30 000 places), Fribourg-en-Brisgau dans le Bade-Wurtemberg avec l’Europa Park Stadion (34 700 places), Hanovre dans le Land de Basse-Saxe avec la Heinz-von-Heiden-Arena (45 000 places), Leipzig dans le Land de la Saxe avec la Red Bull Arena (47 000 places), et enfin Nuremberg en Bavière avec le Max Morlockstadion (50 000 places).

Visuel du Village des Athlètes pensé dans le cadre de l’Olympic Park Altona par Hambourg, Allemagne (Crédits – Hamburg+)

Véritable promesse d’une scène sportive ouverte sur la ville, le concept développé par Hambourg pour accueillir les Jeux d’été – avec peut-être une préférence pour l’édition 2040 – se fonde aussi sur l’intégration du Village des Athlètes dans son environnement urbain.

Installé dans l’écrin de l’Olympic Park Altona, le site bénéficierait d’un large accès sur la zone boisée composant le quartier, et offrirait dès lors des conditions d’hébergement propices à la détente, tout en étant à proximité immédiate des principaux sites destinés à la réception des épreuves.

Le Village pourrait d’ailleurs à lui seul héberger 82% des athlètes durant les Jeux, des structures annexes étant à envisager en parallèle du côté de Kiel et des villes abritant le football.

A l’issue des Jeux, le vaste complexe résidentiel serait transformé en une imposante Cité des Sciences, devenant alors un espace de vie moderne et fonctionnel pour les étudiants et les chercheurs.

Carte des sites olympiques et paralympiques dans et aux alentours de Hambourg, Allemagne, pour une future édition des Jeux d’été (Crédits – Hamburg+)

En soumettant son concept à l’appréciation du DOSB, Hambourg espère parvenir à réitérer sa performance du printemps 2015 avec surtout la volonté de réussir à passer le cap de la consultation populaire.

Orchestrée le 26 octobre prochain du côté de Munich, cette consultation devrait avoir lieu au plus tard à la fin du mois de mai 2026 pour Hambourg, le DOSB laissant les territoires candidats choisir le moment opportun pour obtenir – ou non – l’adhésion de leurs citoyens.

Il faudra pour Hambourg éviter les écueils de la précédente candidature, en particulier concernant la présentation tardive des projections financières qui, eu égard à l’importance de ces dernières, avait considérablement fragilisé le projet soumis au référendum de novembre 2015. Il faudra aussi – et comme pour les autres prétendantes allemandes – affiner le projet en y ajoutant les sports non-encore localisés (surf, escalade, etc.) en fonction des consultations à poursuivre entre les décideurs locaux et les acteurs sportifs.

En revoyant en tout cas son concept et en privilégiant l’utilisation maximale de sites existants et temporaires, ou dont l’aménagement est programmé indépendamment des Jeux – ce qui est le cas de l’Elbdome ou du Stade Olympique – Hambourg s’inspire directement de Paris 2024 dans l’approche de Jeux intégrés dans la ville.

La candidature pourrait même éventuellement reprendre l’idée d’organiser les Cérémonies en plein air. Avant la capitale française, la ville allemande avait envisagé une telle démarche dès mars 2015, avec une déambulation des délégations dans des embarcations le long de l’Elbe.


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